Xe millénaire av. J.-C.
millénaire
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Le Xe millénaire av. J.-C. couvre la période allant de 10000 à Ce millénaire voit les prémices de l'agriculture au Proche-Orient, où certaines populations se sédentarisent dans des villages permanents et collectent des céréales sauvages. Dans la plupart des autres régions de l'Ancien Monde, cette période fait partie du Mésolithique, période de chasseurs-cueilleurs qui précède le Néolithique.

17e à 15e millénaires AP |
XIIe millénaire av. J.-C. |
XIe millénaire av. J.-C. |
Xe millénaire av. J.-C.
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IXe millénaire av. J.-C. |
VIIIe millénaire av. J.-C. |
VIIe millénaire av. J.-C.
Évènements
- : début de l'Holocène, époque géologique qui succède au Tardiglaciaire du Pléistocène supérieur[2]. La fonte des glaciers provoque une élévation spectaculaire du niveau de la mer qui atteint son niveau actuel il y a environ 6 000 ans. Le réchauffement climatique permet à la flore et à la faune d'occuper des territoires jusqu'alors inhospitaliers. Les déserts qui occupaient plus de la moitié des surfaces entre les tropiques reculent, car l'eau libérée par les glaciers alimente des pluies abondantes. Les conditions de vie deviennent plus douces et les ressources végétales sont plus abondantes et plus variées, ce qui favorise des populations plus nombreuses et plus sédentaires. Période humide au Sahara, d'environ 10000 à [3].
- Vers : début de la Révolution néolithique. L'agriculture apparait dans diverses régions du globe entre 8500 et [4].
Afrique
- Avant : la céramique apparait à Ounjougou, au Mali, au cours de la première moitié du millénaire. Elle est utilisée par des chasseurs-cueilleurs dans une région où les conditions climatiques de plus en plus humides favorisent la mise en place de savanes tropicales. Une économie de collecte sélective et intensive de graminées sauvages apparait. À partir du VIIIe millénaire av. J.-C. apparaissent, associées à la céramique, des meules et des molettes utilisées pour le broyage des grains[5].
Amérique
- De 10000 à : recul de la calotte glaciaire en Amérique du Nord. Multiplication des habitats humains. Les chasseurs nomades utilisent des lances dotées de pointes en pierre de type Folsom pour la chasse au mammouth et au gros gibier. La plupart des espèces de la mégafaune disparaissent[6] (mammouths, paresseux terrestres, félins, bœufs musqués, chameaux…).
- De 10000 à : Culture de Lauricocha, chasseurs-cueilleurs des Andes. Pointes de flèche et peintures rupestres représentant des scènes de chasse. Rituels d'inhumation caractéristiques.
- De 10000 à : occupation humaine attestée du secteur de Little Salt Spring (en), en Floride. Découverte d'une pointe de bois utilisée pour tuer une tortue géante. Le pieu est daté au carbone 14 de 12 030 ± 200 ans avant le présent et la carapace de la tortue de 13 450 ± 190 ans[7].
- Vers 9900 - : Luzia, squelette fossile humain découvert à Lagoa Santa au Brésil, en 1974-1975[8]. L'ADN des quelque 250 squelettes et crânes découverts sur le site de Cerca grande, situé dans le karst de Lagoa Santa dans le Minas Gerais, confirme les origines paléo-indiennes de ces populations du Brésil.
Asie et Pacifique
- Vers : la montée des eaux de la mer (fin de l'ère glaciaire) chasse les populations vers des refuges plus en hauteur en Asie du Sud-Est. Le plateau continental du Sunda est submergé par les flots et de nombreuses iles et estuaires nouveaux sont formés, triplant la longueur totale des côtes. De nouvelles grottes karstiques sont occupées vers , en particulier la grotte de Nam Tun et la grotte de Tham Hoi au Vietnam, la grotte de Padah-lin en Birmanie. Les outils en pierre trouvés appartiennent à la culture hoabinhienne[9].
- Vers : découverte de restes de fruits et de légumes possiblement cultivés (amandes, Terminalia, bétel, fèves, pois, gourde (raphia lagenaria), châtaignes d'eau, poivre, madhuca, canarium, aleurites et cucumis) dans la Spirit Cave, site de la culture hoabinhienne, à 60 km au nord de Mae Hong Son, à la frontière entre la Birmanie et la Thaïlande[10],[11].
- Vers : le site de Nanzhuangtou, dans le Hebei, livre des traces de Setaria italica (millet des oiseaux) et de millet commun (Panicum miliaceum)[12]. C'est le plus ancien site connu montrant des céréales sauvages, suivi par ceux de Donghulin (9000-7000), Zhuannian (9300-8300), Lijiagou et Bianbiandong (8500-6900) au nord et Shangshan au sud (9400/8000-6600)[13]. La chasse et la cueillette y dominent toujours, mais la collecte des plantes comestibles, la production de poteries et l’habitat sédentaire s’accroissent. L’outillage lithique est dominé par les microlithes, la pierre polie restant rare (ciseaux à bois). Des meules, très présentes, sont utilisées pour broyer des plantes sauvages (millet, riz, noix, racines, tubercules)[14].
- Montée des eaux en Australie. Les zones côtières sont inondées. Les hommes doivent coloniser l’arrière-pays aride. L’assèchement des lacs entraine une concentration de leurs établissements le long des principaux fleuves et rivières. Ils y récoltent le millet sauvage dont ils broient les graines avec des meules de pierre.
Proche-Orient
- De 10000 à :
- Le Khiamien, qui tire son nom du site d'El Khiam en Cisjordanie, occupé entre 10000 et , s'intercale entre le Natoufien et les débuts de l'agriculture au Proche-Orient.
- Premières figurines féminines dans les tombes de Mureybet, en Syrie. La présence de bucranes et de cornes dans les maisons atteste une vénération particulière envers le taureau. Selon Jacques Cauvin, ce serait une mutation culturelle, « la révolution des symboles », qui préfigureraient l'émergence du culte de la femme et du taureau, attesté aux époques postérieures[15].
- Tell Qaramel, situé à 25 km au nord d'Alep, en Syrie, occupé depuis , livre cinq tours rondes de pierre, les plus anciens vestiges d'édifice public connus, construites vers [16].
- De 9500 à :
- Les fouilles du site de Jerf el Ahmar, en Syrie, montrent une intensification de l’exploitation des céréales sauvages (restes de céréales carbonisées, utilisation de la balle comme dégraissant dans la terre à bâtir, espaces de stockage et meules). Les céréales (orge, engrain, seigle) ne portent pas de marque de domestication, mais la présence de semences d’adventices indique qu’elles seraient déjà cultivées (agriculture « prédomestique »)[17].
- Utilisation du plâtre (cuisson entre 100 °C et 200 °C) et de la vaisselle blanche. Technique de la chaux (cuisson entre 750 °C et 850 °C) à Beidha, dans le Néguev. Essai de cuisson de la terre à Mureybet, sans lendemain[18].
- Début de la construction du site de Göbekli Tepe, près de Şanlıurfa, en Turquie, le plus ancien sanctuaire monumental connu[19]. Il est constitué d'un tell (colline artificielle) haut de 15 mètres et de vastes enclos circulaires délimités par des piliers en pierre dont beaucoup sont gravés de figures d'animaux. Les plus anciens vestiges sont datées de [20].
- Introduction probable du sanglier à Chypre par les premiers occupants de l’ile[21].
- Les sites plus tardifs de Jéricho (pollens de blé amidonnier domestique) et de Tell Aswad (amidonnier, lentille et pois) participent aux débuts de l'agriculture. Disparition des sites temporaires et développement des villages, qui atteignent 2 ou 3 hectares[18].
Europe
- 10 500-9 000 av. J.-C. : cultures Hensbacka en Suède (Bohuslän), Fosna (10 000-9 000 av. J.-C.) et Komsa (9 500-8 000 av. J.-C.) en Norvège. Ces premières populations de pêcheurs et de chasseurs utilisent de grossiers instruments de silex et possèdent des barques de peau à armature de bois. Elles semblent être arrivées du sud (Ahrensbourgien)[22].
- 10 000-9 000 av. J.-C. : début de la transgression néoeuxine. La mer Noire est alors un lac géant d'eau douce qui lentement s’assèche jusqu'à être à 110 m au-dessous du niveau de la Méditerranée. Après la fin de l'ère glaciaire, les glaciers ont commencé à fondre entraînant avec eux une montée des eaux. Entre 10 000 et 9 000 av. J.-C., elles atteignent les Dardanelles (-78 m) et le Bosphore (-40 m) pour se répandre dans la Méditerranée qui elle-même reflue dans la mer Noire. Une hypothèse catastrophiste suppose un débordement de la Méditerranée dans le Pont Euxin vers 6100 av. J.-C., inondant de vastes plaines en quelques années[23]. Cette théorie est aujourd'hui remise en cause[24].

- 9 800-6 400 av. J.-C. : culture de Maglemose (chasseurs-pêcheurs) sur les rives de la mer du Nord et du lac baltique Ancylus[22]. Microlithes, industrie osseuse (hameçons), burins, apparition de tranchets en silex. Habitations groupées autour des lacs et sur les rives de divers fleuves. Civilisation côtière, se développant d’abord au bord de la mer, avec possibilité de migration vers l’intérieur des terres.
- 9600-8600 av. J.-C. : Préboréal[25]. Fin du Laborien, dernière phase de l'Épipaléolithique européen[26].
- 9600-5200 av. J.-C. : période mésolithique en Europe : le retrait des glaciers libère d'immenses zones basses qui s'inondent et où s'épanouissent une flore et une faune nouvelles, faciles à cueillir et à chasser (vers 8300 av. J.-C.). Usage accru de l'outillage microlithique. Invention de l’arc (arc de Holmegaard), des vanneries et de pirogues creusées dans des troncs d’arbres par les derniers chasseurs-cueilleurs du mésolithique (site de Noyen-sur-Seine)[27]. Les cultures mésolithiques européennes ont été regroupées en trois techno-complexes : le techno-complexe septentrional comprend la Grande-Bretagne, la Scandinavie, la Pologne et la Lituanie (Maglemosien, Kongemosien, cultures de Star Carr, de Duvensee (en), d’Ertebølle, de Janislawice...) ; le techno-complexe nord-oriental couvre les Pays-Baltes, le nord-ouest de la Pologne, la Biélorussie, la plaine russe et la Sibérie jusqu'à l'Oural (cultures de Kunda, de Kama et de Yangelka) ; le techno-complexe occidental regroupe la Grande-Bretagne, les Pays-Bas, le sud de l'Allemagne, une partie de la République tchèque et de l'Autriche, la Suisse, la France, l'Espagne et le Portugal (Sauveterrien, Tardenoisien ou Beuronien et Castelnovien)[28]. La population européenne est alors estimée entre 600 000 et 3,8 millions de personnes, pour une population mondiale estimée entre 5 et 10 millions[29].
- L’exode du renne à la suite de l’adoucissement climatique entraîne l’adaptation à de nouvelles techniques de chasse. Le renne ne compte plus que pour 3 % dans les espèces chassées par les occupants de la Grotte de la Vache (Pyrénées)[30].
- Culture de Klosterlund (de) dans le Jutland central (Danemark) de la fin du Préboréal à 7 000 av. J.-C., phase précoce de la culture de Maglemose ; trace de tribus de chasseurs venus du sud-est ; fabrication de harpons, d’objets en corne et d’os, apparition des premières véritables haches de silex[31].