3I/ATLAS
comète interstellaire
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3I/ATLAS, désignation provisoire C/2025 N1 (ATLAS) et désignation temporaire A11pl3Z, est une comète interstellaire, découverte par ATLAS Chile (W68) le .
| Catégorie | Comète interstellaire |
|---|
| Date | |
|---|---|
| Découvert par | ATLAS Chile (W68) |
| Désignation | C/2025 N1 (ATLAS) ; A11pl3Z |
Description
Avec une trajectoire hyperbolique, 3I/ATLAS est le troisième objet interstellaire découvert traversant le Système solaire à 69 km/s (248 400 km/h) ou à 0,023 % de la vitesse de la lumière.
Les observations sont cohérentes avec une comète active composée d’un noyau glacé solide et d’une chevelure (coma) formant un nuage de gaz et de poussières glacées s’échappant du noyau.
La taille du noyau de 3I/ATLAS est incertaine car sa lumière ne peut pas être facilement séparée de celle de la chevelure[2]. Des images du télescope spatial Hubble suggèrent que le diamètre du noyau de 3I/ATLAS est compris entre 0,32 et 5,6 km, le scénario le plus probable étant que ce diamètre est inférieur à 1 km. L’activité cométaire est probablement due au Soleil qui réchauffe le noyau, sublimant les glaces en gaz qui s’échappent et entraînent des poussières depuis la surface pour former la chevelure.
Des observations du télescope spatial James Webb montrent que 3I/ATLAS est exceptionnellement riche en dioxyde de carbone et contient de petites quantités de glace d’eau, de vapeur d’eau, de monoxyde de carbone et de sulfure de carbonyle[2]. Des observations au Very Large Telescope indiquent aussi que 3I/ATLAS émet du gaz cyanure et de la vapeur de nickel atomique à des concentrations similaires à celles observées pour des comètes du Système solaire[3].
L'analyse du spectre lumineux de la queue de la comète révèle une concentration de CO₂ plus élevée que la moyenne des comètes du Système solaire. Cette observation laisse supposer une formation dans un disque protoplanétaire plus froid ou chimiquement distinct de celui qui a donné naissance à la Terre[4].
En outre, la comète présente un rapport nickel/fer plus élevé, qui suggère une naissance dans une région moins riche en métaux lourds[5].
L'âge de la comète est estimé à 7 milliards d'années[6].
Observations et suivi

Depuis sa découverte le , 3I/ATLAS fait l’objet d’un suivi intensif par plusieurs observatoires :
- Suivi photométrique : sa magnitude en bande V est passée de ≃ 18,0 lors de la découverte à ≃ 17,5 le , signe d’une activité croissante de la coma[7].
- Rotation et forme du noyau : des variations photométriques à l’Observatoire du Teide suggèrent une période de rotation d’environ 8 h et une amplitude de ~ 0,3 mag, compatible avec un noyau allongé[8].
Origine
Observations scientifiques
Les observations au 7 juillet dessinent un portrait cohérent :
- Origine interstellaire : trajectoire hyperbolique (e ≈ 6,15) et vitesse à l’infini (≈ 58 km/s) confirment qu’elle n’est pas capturée par le Système solaire.
Hypothèse sensationnaliste
Dans un article publié le 17 juillet 2025 sur la plateforme ouverte arXiv[9] , l'astrophysicien Abraham Loeb de l'université d'Harvard, qui avait déjà participé à la découverte de Oumuamua en 2017, explore les possibilités que l'origine de 3I/ATLAS ne soit pas naturelle mais « technologique...(et) possiblement hostile ». L'objet interstellaire présente en effet 12 caractéristiques anormales (au 18 novembre 2025) pour une comète, comme sa trajectoire, sa taille, sa luminosité, sa vitesse ou encore sa composition chimique, la caracteristique rectiligne des jets.
Il convient toutefois de souligner qu'Abraham Loeb a écrit un livre affirmant péremptoirement que l'objet interstellaire Oumuamua était un vaisseau spatial extraterrestre. Une méthodologie discutable a été employée par ce chercheur, pourtant financé par des fonds publics, si bien que le président de la Société française d'astronomie et d'astrophysique craint que la recherche de buzz nuise à la crédibilité de la science[10].
Caractéristiques
C'est le troisième objet interstellaire connu et, parmi ces trois, celui qui a de loin à la fois la trajectoire la plus excentrique, avec une excentricité de 6,15 ± 0,17[11], et la vitesse à l'infini la plus grande, environ 58 km/s[12]. Les premières analyses donnent un âge estimé à 7 milliards d'années, soit plus ancien que le Soleil[13]. En comparaison avec les autres objets interstellaires, contrairement à 1I/ʻOumuamua (sans coma) et à 2I/Borissov (coma puissante), 3I/ATLAS présente un niveau d’activité intermédiaire, avec une coma visible mais moins étendue que Borissov.
Trajectoire
La trajectoire de 3l/ATLAS épouse étroitement le plan de l’écliptique (inclinaison de 5°, rétrograde), suivant ainsi la même orientation générale que les planètes en orbite autour du Soleil. La Terre parcourant son orbite autour du Soleil approchera l'objet interstellaire à 1,8 unité astronomique (environ 269 millions de kilomètres)[14] le 19 décembre 2025.
La comète, provenant de la direction de la constellation du Sagittaire, est passée le 29 à 11 h 15 ± 00:01 UT, à la vitesse maximale de 68,34 km/s par rapport au Soleil, à son périhélie, le point le plus proche du Soleil, à une distance de 1,356 5 ua (environ 203 millions de kilomètres), soit entre l'orbite de la Terre et celle de Mars[14].
La comète s'est approchée de Mars le 3 octobre à 29 millions de kilomètres (0,19 ua) ; cinq jours après son passage au périhélie, elle est passée le 3 novembre à 97 millions de kilomètres (0,65 ua) de Vénus ; elle sera au plus proche de la Terre le 19 décembre 2025 à 269,1 millions de kilomètres (1,80 ua) ; le 16 mars 2026 elle passera à 53 millions de kilomètres (0,35 ua) de Jupiter[15].
L'ESA a publié une infographie présentant la trajectoire de la comète[16]. Elle franchira l'orbite de Mars le 25 novembre, avant de quitter le Système solaire.
Galerie
1er juillet 2025
- Images de découverte du Asteroid Terrestrial-impact Last Alert System.
2 juillet 2025
- Imagé à distance à Río Hurtado, Chili
- Avec une coma floue et allongée, imagée par le Télescope Canada-France-Hawaii
- Au Deep Random Survey au Chili
3 juillet 2025
- Photo composite dans le domaine visible et proche infrarouge par le Gemini North telescope.
- Mouvement à travers un champ d'étoiles, vu par Gemini North. L'aspect coloré de la traînée de la comète est dû au fait que le télescope a changé de filtre lumineux pendant l'observation de la comète.
4 juillet 2025
- 3I/ATLAS se déplaçant dans un champ d'étoiles, vu par le Very Large Telescope de l'ESO].
- Image détaillée de 3I/ATLAS par le Very Large Telescope (les étoiles du champ ont été retirées après empilement)
21 juillet 2025
- 3I/ATLAS imagée par le télescope spatial Hubble le 21 juillet 2025[18],[2]. Il s'agit d'une image en fausses couleurs, où une teinte bleue est appliquée pour rendre plus visibles les détails les moins lumineux.
- 3I/ATLAS se déplaçant dans un champ d'étoiles, vu par le télescope spatial Hubble.
- Autres images de 3I/ATLAS prises par le télescope spatial Hubble
- Images du télescope spatial Hubble de 3I/ATLAS se déplaçant sur un fond d'étoiles
27 août 2025
- Photo couleur de 3I/ATLAS par Gemini South Observatory. Les étoiles sont des traînées colorées dues à la poursuite de la comète[3]
- La même image de 3I/ATLAS par Gemini South, mais superposée à une image stationnaire d'étoiles et de galaxies, obtenue à la fin des observations.
- Vidéo time lapse de Gemini Sud de 3I/ATLAS en mouvement sur fond d'étoiles et de galaxies.