Agogique
légères modifications de rythme ou de tempo dans l'interprétation d'un morceau de musique
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L’agogique (nom féminin ; du grec ἀγωγή (« impulsion, tempo ») dérivé de l'allemand Agogik) est un néologisme créé par le musicologue Hugo Riemann en 1884[1] (en corrélation avec la dynamique, ou intensité sonore : piano, forte, etc.), pour désigner les légères oscillations du tempo ou du rythme dans l'interprétation, qui n'apparaissent pas dans la notation du morceau de musique, en opposition à une exécution stricte et mécanique.
Caractéristiques
L'agogique peut être une accélération, un ralentissement, une césure rythmique au sein d'un morceau. Elle est par conséquent une part importante de l'interprétation. Elle peut s'apparenter au rubato et emprunter à la tradition des notes inégales. L'agogique relève du compositeur lorsque ce dernier porte les indications sur la partition, mais surtout de l'interprète dans ce qu'il imprime lui-même à l'œuvre. Elle exprime alors la singularité de l'interprétation vivante d'une œuvre.


Le mot « agogique » peut aussi se référer aux indications de mouvements d'un mouvement entier : Allegro, Andante, Adagio, etc.
Par extension, le terme s'applique à « la théorie du mouvement dans l'exécution musicale[1] ».
Dans certaines fonctions syntaxiques, telles le climax d'un mouvement, les transitions, l'exposition de thèmes secondaires, les réminiscences ainsi que les conclusions (rallentendo par exemple) ne deviennent évidentes que par une agogique, aussi minime soit-elle physiquement[2].
Des témoignages sonores de Bartok (Abend auf dem Lande) et Debussy (enregistrements de 1917), offrent la preuve que « la compensation du rubato est loin d’être un mythe dans la pratique de la performance du début du XXe siècle[3]. »
L'Agogique est également une caractéristique des interprètes de jazz ; les mélodies en rubato, jouées sur un accompagnement ininterrompu et régulier, ont été utilisées par Hoagy Carmichael et la chanteuse Dinah Shore[2].
Autre sens
Le mot, dans un sens différent, est utilisé au Moyen Âge par Martianus Capella (Ve siècle), pour désigner le mouvement ascendant de la mélodie.