Al-Mushafî
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Abu-al-Hassan Ja'far ibn Uthman Al-Mushafî, mort en 983, est un vizir berbère du calife Al-Hakam II.
| Abu al-Hassan Ja‘far ibn Uthman al-Mushafî | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Hajib et Vizir du calife Al-Hakam II | |
| – (17 ans) |
|
| Prédécesseur | Ja‘far ibn Abd al-Raḥman As-Ṣaqlabi |
| Successeur | Al-Manzor |
| Biographie | |
| Date de naissance | vers 915 |
| Lieu de naissance | Valence |
| Date de décès | |
| Lieu de décès | Cordoue |
| Nationalité | Berbère, Andalou |
| Profession | Vizir, Hajib, Poète |
| Religion | Islam |
| Résidence | Az-Zahra |
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Ascension
Ja‘far ibn Uthman ibn Naṣr ibn Qawi ibn ʿAbd-Allah ibn Kusayla était originaire d'une famille berbère de Valence. Le calife Abd al-Raḥman III avait choisi Uthman, le père de Ja‘far, comme précepteur du prince héritier Al-Ḥakam II. Grâce à cette proximité, Ja‘far jouit très tôt de la faveur du futur calife, qui le nomma son intendant particulier.
Abd al-Raḥman III le désigna ensuite comme gouverneur de l’île de Majorque. Lorsque Al-Ḥakam II monta sur le trône sous le nom d’Al-Ḥakam II Al-Mustanṣir bi-llah, il confirma Ja‘far dans ses fonctions d'intendant et de vizir, puis lui confia également la charge de chef de la police de Cordoue (saḥib al-shurṭa)[1]. Après la mort du chambellan (ḥajib) Ja‘far ibn Abd al-Raḥman As-Ṣaqlabi, il fut nommé à son tour ḥajib, devenant ainsi le principal responsable des affaires de l’État[2].
En 967, il choisit celui qui allait devenir Al-Manzor pour administrer les biens de la favorite Subh et de son fils.
Mort d'Al-Hakam II
Durant les deux dernières années du règne d’al-Ḥakam II, période marquée par la maladie du calife, Ja‘far exerça de fait la direction du gouvernement[3].
En 976, Al-Mushafi dirigea l’opération visant à déjouer le complot des eunuques slaves du palais califal (Saqaliba), qui projetaient de placer Al-Mughirah, frère d'Al-Hakam sur le trône à la mort du calife, à la place du fils et héritier désigné de ce dernier, Hisham II. Le complot se solda par l’exécution d’Al-Mughira par les hommes d'Al-Manzor et par l’accession au pouvoir de Hisham III Al-Mu'ayyad, âgé de douze ans, placé sous la régence de sa mère Subh[4].
Al-Mushafi et Al-Manzor continuèrent d'œuvrer ensemble dans le but d’éliminer progressivement l’influence des Saqaliba à la cour. À l’issue de cette consolidation du pouvoir, l’autorité réelle dans le califat omeyyade de Cordoue se trouva concentrée entre Ja‘far, Al-Manzor, et Ṣubḥ, la mère du jeune calife[5].
Plusieurs de ses fils et neveux furent d’ailleurs nommés à d’importantes charges administratives sous son patronage[6].
Chute
Cependant, Al-Manzor sut tirer parti de ses liens étroits avec Subh, la mère du jeune calife, ainsi que de la détérioration des relations entre Ja'far Al-Mushafi et Ghalib An-Nasiri, gouverneur de Medinaceli et commandant de l’armée du thaghr septentrional (frontières militaires avec la Castille, le Leon et la Navarre). Cette rivalité provenait des accusations portées par Ja‘far al-Mushafî contre Ghâlib, qu’il tenait pour responsable du relâchement de la défense des frontières septentrionales du califat face aux offensives des royaumes chrétiens après la mort du calife Al-Hakam II.
Al-Manzor chercha alors à s’allier à Ghalib en épousant sa fille, Asmâa, que Ja‘far al-Mushafi avait lui-même demandée en mariage pour son fils Muhammad. Grâce à l’influence de Subh, Al-Manzor obtint du jeune calife un décret destituant Muhammad ibn Ja‘far al-Mushafi de sa charge de gouverneur de Cordoue, et le remplaçant par lui-même, tout en le nommant également commandant de l’armée de la capitale. Il fit ensuite promulguer un autre décret confiant à son beau-père Ghalib An-Nasiri la fonction de Hajib, aux côtés de Ja‘far al-Mushafi, réduisant ainsi considérablement l’autorité de ce dernier[7].
Le 13 Sha‘bân 367 H (soit en ), survint la chute de Ja‘far al-Mushafî : le calife Hisham II, sous l'influence de sa mère Subh et d'Almanzor, promulgua un décret le révoquant de la charge de Hajib et ordonna son arrestation, ainsi que celle de ses fils et de plusieurs de ses proches, dont les biens furent confisqués. Al-Manzor, devenu tout-puissant, fit subir à Ja‘far de durs traitements[8] : il le fit même emmener enchaîné lors de ses expéditions militaires[9], avant de le faire enfermer dans une prison du palais de Madinat Az-Zahrâ. Il y demeura plusieurs années, jusqu’à sa mort en 372 H (983)[8], soit empoisonné, soit étranglé selon les sources. Son corps fut rendu à sa famille dans un état pitoyable[9].
Poésie
Ja'far al-Mushafi était un poète éloquent, auteur de nombreux poèmes célèbres qui ont été transmis par les ouvrages historiques, y compris des œuvres relevant de la poésie amoureuse (ghazal) et d'autres ou ils exprime son chagrin après sa disgrâce et son emprisonnement[10].