Alain Prochiantz

neurobiologiste français From Wikipedia, the free encyclopedia

Alain Prochiantz, né le à Paris, est un chercheur en neurobiologie et professeur au Collège de France dont il devient l'administrateur de 2015 à 2019.

Naissance
Nationalité
française
Activité
Faits en bref Administrateur du Collège de France, 2015-2019 ...
Alain Prochiantz
Alain Prochiantz lors du forum « L’année vue par les sciences » organisé par France Culture le 13 février 2016
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Administrateur du Collège de France
-
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Biographie

Alain Prochiantz est un ancien élève de l'École normale supérieure (1969). Après une thèse de science obtenue en 1976 dans le domaine de la traduction génétique, il s'oriente vers la neurobiologie en travaillant avec Jacques Glowinski et devient chargé de recherche (1978-1981) puis directeur de recherche (1982-2007) au CNRS[1]. Il obtient la direction du département de Biologie de l'École normale supérieure qu'il conserve jusqu'en 2006 pour devenir titulaire de la chaire « Processus morphogénétiques » du Collège de France en 2007[1].

Il est par ailleurs membre de l'Académie des sciences depuis le [2] et président du Comité de la recherche de la Fondation pour la recherche médicale (FRM). En 2011, il reçoit pour l'ensemble de ses travaux le Grand Prix de l'Inserm[3],[4].

Alain Prochiantz est également l'auteur de nombreux articles scientifiques et livres sur le cerveau ; il participe à des mises en scène de théâtre à caractère scientifique avec son ami Jean-François Peyret. Ensemble, ils collaborent à l'écriture de la pièce Ex vivo / In vitro, créée au théâtre de la Colline en .

Alain Prochiantz est élu par ses pairs administrateur du Collège de France à partir du . Thomas Römer lui succède le .

Apports scientifiques

Alain Prochiantz travaille depuis le début des années 1980 dans le domaine de la neurobiologie moléculaire, notamment sur les processus de morphogenèse et de différenciation cellulaire nerveuse. Il réalise ses premiers travaux d'importance au Collège de France avec Jacques Glowinski sur le développement et la maturation in vitro des neurones dopaminergiques du mésencéphale[5],[6],[7].

Son laboratoire ayant déménagé à l'École normale supérieure, il s'intéresse ensuite aux signaux moléculaires responsables de certains processus de morphogenèse neuronale et souligne en particulier dès 1991 le rôle des homeoboxes de certains facteurs de transcription[8],[9] (mais également de différentes protéines de la matrice extracellulaire comme la ténascine[10], les glycoaminoglycanes[11]...) dans ces phénomènes.

Comme cela était alors totalement admis dans la communauté scientifique, il propose que des cascades de régulation de gènes homéotiques (de la famille Hox) sont potentiellement impliquées dans de nombreuses étapes de la différenciation neuronale, de la croissance des neurites, de la polarité neuronale... Cependant, allant à l'encontre d'un certain nombre de connaissances, voire de dogmes dans le domaine de la biologie moléculaire, il rapporte que des domaines de facteurs de transcription, voire de protéines entières comme la protéine Hox5, peuvent être internalisés dans une cellule[12],[13] et émet dès lors l'idée de la possible sécrétion d'un facteur de transcription donné par une cellule nerveuse A pouvant être internalisé par une cellule B voisine et avoir un effet biologique sur celle-ci. Pour clairement démontrer cela, il s'intéresse avec son équipe à l'homéoprotéine Engrailed de la famille des gènes Hox impliquée dans la morphogenèse des structures cérébrales et démontre que celle-ci présente également une localisation intracellulaire dans les vésicules de sécrétion[14].

La première publication clé soutenant cette théorie se fait en 1998 avec la démonstration in vitro qu'une grande proportion du facteur de transcription nucléaire Engrailed est effectivement sécrété dans le milieu extracellulaire par des cellules Cos et recapturé par les neurones en coculture agissant comme potentiel messager peptidique intercellulaire[15]. Ces articles ont été publiés dans de bons journaux de biologie mais pas de premier plan car les données étaient relativement contestées par la communauté scientifique[16]. Ces découvertes prendront quelque temps pour être reconnues[17]. Son équipe démontre par la suite l'implication des protéines Engrailed-1/2 dans le développement et la survie des neurones dopaminergiques en utilisant des modèles de souris hétérozygotes (En1+/-) pour celles-ci[18] et en proposant un mécanisme d'action sur l'activation transcriptionnelle des sous-unités Ndufs1 and Ndufs3 du complexe I de la chaîne respiratoire mitochondriale[19].

Alain Prochiantz continue ses travaux en génétique évolutive du développement et oriente ses recherches vers les aspects physiologiques de ses découvertes moléculaires fondamentales notamment pour la compréhension des processus de plasticité neuronale et de guidage axonal[16].

Prix et distinctions

Ouvrages

Notes et références

Liens externes

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