Alberto Fabra
personnalité politique espagnole
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Alberto Fabra Part (prononcé en espagnol : [alˈβɛɾto ˈfaβɾa ˈpaɾt]), né le à Castellón de la Plana, est un homme politique espagnol membre du Parti populaire (PP). Il est président de la Généralité valencienne de à .
| Alberto Fabra | ||
Alberto Fabra, en 2015. | ||
| Fonctions | ||
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| Député aux Cortes Generales | ||
| En fonction depuis le (2 ans, 7 mois et 2 jours) |
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| Élection | ||
| Circonscription | Castellón | |
| Législature | XVe | |
| Groupe politique | Populaire | |
| Député au Parlement valencien | ||
| – (20 jours) |
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| Élection | 28 mai 2023 | |
| Circonscription | Castellón | |
| Législature | XIe | |
| Groupe politique | Populaire | |
| Successeur | José Giner | |
| – (8 ans, 1 mois et 18 jours) |
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| Élection | 27 mai 2007 | |
| Réélection | 22 mai 2011 23 mai 2015 |
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| Circonscription | Castellón (2007-2015) Valence (2015) |
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| Législature | VIIe, VIIIe et IXe | |
| Groupe politique | Populaire | |
| Successeur | Blanca Garrigues Francés | |
| Sénateur aux Cortes Generales | ||
| – (8 ans et 5 jours) |
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| Élection | ||
| Réélection | ||
| Circonscription | Communauté valencienne | |
| Législature | Xe, XIe, XIIe, XIIIe et XIVe | |
| Groupe politique | Populaire | |
| Président de la Généralité valencienne | ||
| – (3 ans et 11 mois) |
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| Gouvernement | Fabra | |
| Législature | VIIIe | |
| Coalition | PP | |
| Prédécesseur | Francisco Camps | |
| Successeur | Ximo Puig | |
| Président du Parti populaire de la Communauté valencienne | ||
| – (4 ans et 8 jours) |
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| Élection | ||
| Réélection | ||
| Secrétaire général | Antonio Clemente Serafín Castellano |
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| Prédécesseur | Francisco Camps | |
| Successeur | Isabel Bonig | |
| Maire de Castellón de la Plana | ||
| – (6 ans, 5 mois et 28 jours) |
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| Élection | ||
| Réélection | ||
| Coalition | PP | |
| Prédécesseur | José Luis Gimeno (es) | |
| Successeur | Alfonso Bataller | |
| Biographie | ||
| Nom de naissance | Alberto Fabra Part | |
| Date de naissance | ||
| Lieu de naissance | Castellón de la Plana (Espagne) | |
| Parti politique | Parti populaire | |
| Diplômé de | Université polytechnique de Valence | |
| Profession | Architecte technique | |
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| Présidents de la Généralité valencienne Maires de Castellón de la Plana |
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| modifier |
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Après 14 ans dans l'exécutif municipal, il est élu en maire de Castellón de la Plana. Il est reconduit en et , sécurisant la majorité absolue dont dispose le Parti populaire. Il entre parallèlement en au Parlement valencien, une première pour le maire de la capitale provinciale.
Il est nommé en coordonnateur général du Parti populaire de la Communauté valencienne par Francisco Camps, alors mis en difficulté par l'affaire Gürtel. Il apparaît peu à peu comme un de ses successeurs potentiels. Après que Camps a été renvoyé devant un tribunal pour corruption, il le remplace effectivement en à la présidence du gouvernement et du PP de la Communauté valencienne, quelques semaines après les élections autonomiques. Il mène alors une politique de rigueur qui se traduit par une grève historique des pharmaciens, de nombreuses manifestations de personnes en situation de handicap et la fermeture brutale de l'audiovisuel public.
Candidat à sa succession lors des élections autonomiques de 2015, il préserve la première position du Parti populaire mais perd la majorité absolue dont jouissait celui-ci depuis 16 ans, au profit des partis de gauche et centre gauche. Il renonce alors à présider le PPCV, cède le pouvoir au socialiste Ximo Puig et entre au Sénat sur désignation de l'assemblée parlementaire régionale.
Il intègre le comité exécutif du PP en et retrouve un siège de député régional en . Deux mois plus tard, il est élu député aux Cortes Generales.
Vie privée
Alberto Fabra Part naît à Castellón de la Plana le [1]. Sa mère, Maruja Part, est originaire de Gandia, dans la province de Valence[2]. Il n'appartient pas à la famille de Carlos Fabra, homme politique conservateur de la province de Castellón[3].
Au cours de ses études, il fait la rencontre de Cristina Fortanet Gómez, qu'il épouse en . Le couple a deux enfants, un fils né en et une fille née en . Ils divorcent en , bien que Cristina Fortanet ne le souhaite pas[4]. Il se remarie sept ans plus tard, en , avec la présentatrice de télévision Silvia Jato[5].
Jeunesse et ascension politique
Études et débuts en politique
Alberto Fabra suit ses études secondaires au collège Herrero, puis au lycée Francisco-Ribalta, tous deux sis à Castellón de la Plana. Il s'inscrit ensuite à l'université polytechnique de Valence (UPV), dont il ressort diplômé en architecture technique en [6].
Il entreprend en parallèle son parcours politique : il adhère en aux Nouvelles générations (NNGG), le mouvement de jeunesse de l'Alliance populaire (AP), et fait la connaissance de Gerardo Camps et Esteban González Pons, ainsi que de Francisco Camps par leur intermédiaire[7]. Il devient par la suite président de la section municipale, puis de la fédération provinciale des NNGG[6].
Conseiller municipal de Castellón
Alberto Fabra se présente aux élections municipales du à Castellón de la Plana, sur la liste du Parti populaire (PP) conduite par José Luis Gimeno (es). Le PP ayant remporté le scrutin et mis fin à 12 ans de pouvoir socialiste, José Luis Gimeno le nomme conseiller délégué à la Jeunesse et à l'Environnement. Il le promeut adjoint au maire avec la délégation aux Travaux publics, deux ans plus tard[7].
Il prend la délégation des Services publics en [7]. En , il est désigné premier adjoint au maire, délégué à l'Urbanisme et porte-parole du groupe des élus du Parti populaire[1]. Il met en œuvre plusieurs révisions du plan local d'urbanisme (PGOU), assure le développement de la cité universitaire de l'université Jacques-Ier et des lotissements de la Marjaleria et du Sensal[8].
Maire de Castellón de la Plana
Élection et réélection

Le maire José Luis Gimeno annonce le aux différents groupes politiques de son conseil municipal — y compris le sien — sa prochaine démission en vue de prendre la direction de la Cité de la langue, un projet encore indéfini porté par la Généralité valencienne. Il révèle cette information au public le lendemain, lors d'une conférence de presse où il apparaît flanqué d'Alberto Fabra, appelé à lui succéder[9]. Il est effectivement élu par le conseil municipal le suivant, devenant le premier maire élu en cours de mandat depuis ; assistent à la séance le vice-président et cinq membres du gouvernement régional valencien, la maire de Valence Rita Barberá et le sous-délégué du gouvernement espagnol dans la province de Castellón[10].
Dès l'été , la direction municipale du Parti populaire indique qu'il sera candidat à un nouveau mandat lors des élections municipales du 27 mai 2007[11]. Alors que les sondages indiquaient une possible alternance après seize années de pouvoir du Parti populaire, Alberto Fabra conquiert une cinquième majorité absolue avec 14 élus sur 27 au conseil municipal, soit un siège et 1 000 voix de moins que Gimeno quatre ans auparavant[12],[13]. Le , il est réélu maire lors de la séance constitutive de la nouvelle mandature avec le seul soutien de ses édiles[14].
Il est de nouveau proclamé candidat à sa succession le par le comité électoral provincial du PP, dans la perspective des élections municipales du 22 mai suivant[15]. Le scrutin est marqué par la sixième victoire consécutive du Parti populaire, dont la liste remporte 15 conseillers sur 27, un de plus que lors du mandat précédent, tout en perdant environ 1 400 votes par rapport aux élections de 2007[16]. Avec la maire d'Alicante Sonia Castedo, largement réélue également, il représente la génération émergente face à Rita Barberá, au pouvoir depuis vingt ans mais qui obtient son plus mauvais résultat depuis celui de [17]. Alberto Fabra est investi pour un troisième mandat le , au cours de la séance d'installation des nouveaux élus municipaux, marquée par l'absence du chef de file socialiste Juan María Calles — appelé à démissionner par son parti du fait de ses mauvais résultats — et une manifestation publique des « Indignés » devant l'hôtel de ville[18].
Bilan
Le bilan d'Alberto Fabra à la mairie de Castellón est contrasté. Selon une analyse réalisée lors de son départ en par El País, il n'a réalisé aucun des grands travaux promis comme la construction d'un nouvel hôtel de ville, d'un palais des congrès, du rectorat de l'université internationale de Valence et la réalisation de 3 000 logements sociaux. Les projets bâtimentaires portés conjointement avec l'université Jaume I restent lettre morte. Son plan local d'urbanisme (Plan General de Ordenación Urbana, PGOU) a été annulé par le Tribunal suprême. En termes de mobilités, il n'a pas finalisé le boulevard périphérique ni ouvert le prolongement de la ligne de bus à haut niveau de service TRAM, mais il a mis en place le vélopartage Bicicas, qui a permis de soulager la circulation dans une commune très encombrée. L'établissement pour personnes dépendantes touchées par la maladie d'Alzheimer, un handicap mental ou une déficience neurologique, terminé en , n'est pas ouvert faute de budget accordé par la Généralité valencienne, envers qui il se montre peu critique. Le taux de chômage atteint 25 % de la population active alors qu'il était quasi-inexistant en . Il est enfin mis en cause par des associations d'habitants pour avoir augmenté les impôts au-delà de l'inflation[19].
Cadre du Parti populaire valencien
Dans la perspective des élections autonomiques du 27 mai 2007, le président de la Généralité valencienne Francisco Camps impose qu'Alberto Fabra soit investi en 9e position sur la liste conduite par Alejandro Font de Mora dans la circonscription de Castellón. Sa candidature, ratifiée officiellement le par le comité électoral, constitue une surprise — puisque la composition de la liste était largement connue dans la presse et qu'il n'y figurait pas — et une première, car jamais le maire de la capitale provinciale n'avait postulé à l'assemblée de la communauté autonome[20]. Il est élu député à l'issue du scrutin.

Après que la direction nationale du Parti populaire a imposé en à Francisco Camps de remplacer le secrétaire général du Parti populaire de la Communauté valencienne (PPCV) Ricardo Costa, mis en cause dans l'affaire Gürtel, puis a suspendu ce dernier de sa condition de militant[21],[22], le président de la Généralité convoque le une réunion du comité exécutif régional afin de procéder à un remaniement de la direction du PPCV[23]. Au cours de cette rencontre, Francisco Camps annonce la création de plusieurs nouveaux postes à responsabilité, dont celui de coordonnateur général qu'il confie à Alberto Fabra, chargé de l'unification du discours politique[24],[25].
À l'occasion d'une conférence de presse qu'il tient cinq semaines après sa nomination, Alberto Fabra fait savoir que « Francisco Camps est le seul pronostic sûr, aujourd'hui comme demain » pour conduire le PPCV aux élections autonomiques, alors que son nom apparaît au sein de l'appareil du parti comme un potentiel successeur[26]. À l'approche du scrutin de , le maire de Castellón, très apprécié par la direction nationale du PP, est de nouveau évoqué comme remplaçant du président de la Généralité, notamment du fait de son absence totale d'implication dans l'affaire Gürtel, pour laquelle Francisco Camps est mis en examen pour corruption passive[27],[28]. Le , Francisco Camps annonce qu'Alberto Fabra sera tête de liste du PPCV pour les élections au Parlement valencien dans la province de Castellón[29].
Président de la Généralité valencienne
Successeur de Francisco Camps

Le , cinq semaines après avoir été reconduit au pouvoir, Francisco Camps annonce sa démission à venir de la présidence de la Généralité et du PPCV, peu après qu'un juge d'instruction l'a renvoyé devant un tribunal pour « corruption » dans un dossier baptisé « l'affaire des costumes »[30]. Quelques heures après, le comité directeur régional (Junta directiva regional) soutient la proposition de Camps de porter Alberto Fabra à la direction du gouvernement autonomique et de la branche régionale du PP : il bénéficie à la fois du soutien de la secrétaire générale nationale María Dolores de Cospedal, des présidents des trois fédérations provinciales et du refus de la maire de Valence Rita Barberá — favorite de Mariano Rajoy — de postuler[31].
Il s'engage deux jours plus tard, lors d'une rencontre avec des journalistes, à rendre public l'ensemble des marchés publics conclus entre l'administration de la communauté autonome et les entreprises du réseau de corruption de l'affaire Gürtel ainsi qu'à rencontrer les proches des victimes de l'accident de métro du 3 juillet 2006 à Valence. S'il prend le contrepied de son prédécesseur dans les deux cas, il défend en revanche que les députés régionaux mis en examen conservent leur mandat au nom de la présomption d'innocence mais se montre plus précautionneux concernant le cas personnel de Francisco Camps[32].
Accession au pouvoir et gouvernance
Alberto Fabra prononce le son discours d'investiture devant le Parlement valencien. D'une durée d'environ 30 min, prononcé en alternance entre le castillan et le valencien, il promeut un plan d'austérité de 700 millions € centré sur la santé, l'éducation, les investissements et la réorganisation des services publics[33]. Il obtient le jour-même la confiance du Parlement par 55 voix pour et 43 voix contre, bénéficiant du seul soutien du Parti populaire et devenant alors le premier président de la Généralité issu de la province de Castellón[34]. Il prête serment et entre en fonction le lors d'une cérémonie dans l'hémicycle parlementaire en présence du ministre de l'Éducation Ángel Gabilondo mais sans représentant de la direction nationale du PP[35].
Il est remplacé le par son dauphin Alfonso Bataller à la mairie de Castellón[36], dont il avait démissionné trois jours plus tôt[37].
S'il reconduit initialement le gouvernement de dix conseillers nommé par son prédécesseur[38], il se défait peu à peu de son héritage. Ainsi, il renouvelle le plusieurs postes de hauts responsables et hauts fonctionnaires, éjectant notamment deux proches amies de Camps ainsi que le frère de l'associée de l'épouse de l'ex-président[39]. Le suivant, il orchestre un important remaniement de son exécutif qui supprime deux départements (consellerias) sur dix, ne maintient que trois conseillers nommés par Camps et renforce ceux — José Císcar et Serafín Castellano — qui avaient fait très tôt le choix de se ranger derrière Fabra après son accession au pouvoir[40],[41].
Comme il s'y était engagé, il reçoit le six représentants de l'association des victimes de l'accident du métro de Valence de 2006, aux côtés de trois conseillers[42]. Si aucun accord n'est conclu, les représentants des victimes saluent une rencontre « aimable » et l'attitude « ouverte au dialogue » des responsables[43]. Trois ans plus tard, le , l'association des victimes appelle à la démission d'Alberto Fabra, qu'elle accuse de ne pas avoir « demandé pardon » après qu'un juge a ordonné la réouverture du dossier et qu'il a mis en examen trois cadres de l'entreprise publique Ferrocarrils de la Generalitat Valenciana (FGV)[44].
Exercice du pouvoir
Politique budgétaire
En , le gouvernement valencien annonce un plan de réduction des dépenses des entreprises publiques de l'ordre de 400 millions €, notamment par la création de la Corporació Pública Empresarial Valenciana (ca) (en français : « Corporation publique des entreprises valenciennes », CPEV), qui permettra de rassembler les fonctions support des différentes sociétés détenues par la Généralité valencienne, ainsi que par la réglementation stricte des rémunérations des cadres dirigeants et la suppression de 30 postes d'encadrement au sein de la Ràdio Televisió Valenciana (RTVV)[45]. L'exécutif indique dix jours plus tard que le projet de loi de finances pour prévoira une baisse des dépenses de l'ordre de 10 %, soit 1,4 milliard €, mais Alberto Fabra s'engage à ne pas toucher aux traitements de la fonction publique[46]. Le , le Parlement valencien adopte, avec les seules voix du PP, le projet de loi de finances pour , qui prévoit une baisse de la dépense publique de 6,4 % à 15 milliards €, l'effort se concentrant principalement sur les entreprises publiques, dont le budget global baisse de 32,2 %[47].
L'exécutif régional présente en un plan d'austérité de 2,26 milliards €, répartis entre 1,22 milliard € de baisse de la dépense publique et 1,03 milliard € de hausse des recettes. Concrètement, l'impôt sur le patrimoine est rétabli, les droits de mutation sont relevés d'un point de pourcentage, une nouvelle taxe environnementale sur les entreprises ainsi que des frais de justice sont instaurés. La gestion des services administratifs, logistiques, techniques et sociaux de 18 des 24 territoires du système de santé est privatisée. Dans le domaine de l'éducation, les frais d'inscription à l'université augmentent de l'ordre de 50 %, le nombre maximum d'élèves dans les classes est relevé de 20 % et le nombre d'heures d'enseignement est augmenté. Enfin, le gouvernement annonce supprimer 40 des 46 entreprises publiques dépendant de la Généralité et licencier ainsi 5 000 salariés sur un total de 110 000[48],[49]. L'annonce de ce plan intervient deux mois après que l'agence de notation S&P, imitant Moody's, a dégradé la note de la dette de la Communauté valencienne de « qualité moyenne inférieure » à « spéculatif »[50].
Le budget de la communauté autonome pour , adopté le , prévoit une nouvelle baisse des dépenses à hauteur de 9,1 %, soit un total de 13,94 milliards € et le même niveau que la chute des recettes. L'administration générale voit son budget reculer de l'ordre de 7 %. Seul le département de l'Intérieur (conselleria de Gobernación) voit son budget progresser de 1,7 %[51]. Le , le Parlement ratifie le projet de loi de finances pour , qui comprend une hausse des dépenses de l'administration de 6,2 %, la création d'un impôt sur le secteur bancaire et autorise le gouvernement à prendre les mesures nécessaires pour assurer la fermeture de Ràdio Televisió Valenciana (RTVV)[52]. La loi de finances pour , adoptée le , prévoit une nouvelle hausse des dépenses publiques à hauteur de 6,6 %, amenant le budget de la communauté autonome à 18 milliards €[53].
À la fin de l'année , la dette publique de la Communauté valencienne atteint 37,376 milliards €, ce qui équivaut à 37,9 % de son PIB et ce qui en fait la deuxième communauté autonome la plus endettée d'Espagne après la Catalogne[54]. Cela correspond à une hausse de 82,7 % par rapport au niveau d'endettement de , lors de l'arrivée de Fabra au pouvoir, qui s'établissant à 20,547 milliards €[55].
Gestion sociale critiquée
En raison des impayés de la Généralité valencienne, l'ordre des pharmaciens convoque pour le une grève[56] qui voit 98 % des officines de la province de Valence baiser le rideau[57]. L'exécutif n'ayant versé qu'une seule des six mensualités de retard, un nouveau mouvement de fermeture est convoqué, le , à partir du [58]. Durant plus de deux semaines, cette grève devient la plus longue de l'histoire de cette profession en Espagne[59]. L'ordre y met fin après que le Conseil de la Généralité valencienne a formellement adopté un échéancier précis s'appuyant sur les aides issus du fonds de soutien budgétaire mis en place par l'État (Fondo de Liquidez Autonómica, FLA)[60].
La politique de dépendance, qui combine retard de paiements, mise en place d'un ticket modérateur et baisse du montant des aides, est elle aussi critiquée. Plusieurs centaines voire milliers de personnes en situation de handicap manifestent en [61], [62], , ceinturant le bâtiment du Parlement valencien à cette occasion[63], [64], [65], [66] et [67]. En , des personnes en situation de handicap, leurs proches et des travailleurs du secteur s'enferment dans des centres d'accueil pour protester contre la politique du gouvernement Fabra[68]. Les syndicats UGT et CCOO convoquent le une grève des salariés du secteur de l'autonomie, qu'ils annoncent être suivie à 90 % dans la province d'Alicante et à 75 % dans celles de Castellón et de Valence[69]. Le tribunal supérieur de justice de la Communauté valencienne (TSJCV) prononce le l'annulation du décret instituant le ticket modérateur pour les services d'assistance aux personnes âgées ou en situation de handicap[70] que l'exécutif autonomique avait instauré à partir du [71].
Fermeture de l'audiovisuel public
La direction générale de la Ràdio Televisió Valenciana (RTVV) annonce le un plan de sauvegarde de l'emploi (expediente de regulación de empleo, ERE) concernant 1 295 des 1 695 salariés du service public audiovisuel ainsi qu'un plan de restructuration afin de faire face à une dette de 1,3 milliard €[72]. Le , le tribunal supérieur de justice de la Communauté valencienne annule le plan social, considérant qu'il constitue une « violation des droits fondamentaux et des libertés publiques », ce qui provoque une manifestation de joie spontanée au siège de la RTVV, à Burjassot[73].

À peines quelques heures plus tard, le gouvernement régional annonce la fermeture de la RTVV. L'exécutif justifie son choix par la décision du TSJCV, dont elle chiffre le coût à 72 millions € en plus du budget habituel de fonctionnement de l'audiovisuel public. Affirmant ne pas pouvoir assumer ces dépenses, la Généralité valencienne déclare avoir « l'obligation de donner la priorité aux services de base et de garantir une santé, une éducation et des services sociaux de qualité, universels et gratuits »[74]. Alberto Fabra intervient personnellement le lendemain pour assumer la décision, qu'il présente comme « non-négociable » et « la plus difficile de son mandat », affirmant qu'il ne sera pas « celui qui abondera 40 millions € pour respecter l'arrêt » du TSJCV et qu'« aucune école ou aucun hôpital ne sera fermé ni aucune personne dans le besoin laissée de côté pour préserver la RTVV »[75]. Sur les réseaux sociaux, une ancienne journaliste dénonce alors la politisation de l'antenne au profit du Parti populaire tandis que la porte-parole de l'intersyndicale évoque un gaspillage budgétaire du fait de dépenses disproportionnées[76]. Le , le groupe populaire au Parlement valencien dépose une proposition de loi qui abroge la loi relative au statut de la RTVV et permet au gouvernement de procéder à la fermeture[77]. Ce texte est adopté le par 49 voix contre 42, l'opposition de gauche votant contre, puis est publié dans une édition spéciale du Diari Oficial de la Generalitat Valenciana (DOGV), ce qui assure son entrée en vigueur immédiate[78].
Réélection contestée à la présidence du PP

Dans la perspective du XVIIe congrès national du Parti populaire, Alberto Fabra est désigné en , conjointement à Ignacio Diego et Alicia Sánchez-Camacho, pour rédiger les nouveaux statuts du parti[79]. Ils proposent notamment que tout responsable du parti faisant l'objet d'un procès soit l'objet d'une procédure disciplinaire, une proposition ratifiée à l'unanimité des délégués[80]. En revanche, les trois co-rapporteurs s'opposent à l'examen de l'amendement du porte-parole parlementaire à l'Assemblée de Madrid Íñigo Henríquez de Luna, soutenu par la présidente de la communauté de Madrid Esperanza Aguirre, qui modifiait le mode d'élection du président du PP, qui n'est donc pas soumis aux délégués[81]. Ce congrès est pour lui l'occasion de préserver le niveau de représentation du PP valencien avec huit membres au sein du comité exécutif, tout en remplaçant l'ancien vice-président de Camps, Vicente Rambla (es), par son propre bras droit, José Císcar, ainsi que l'ex-ministre José María Michavila par Susana Camarero, issue de la province de Valence mais sans lien avec Rita Barberá[82].
Lors du XIIIe congrès du Parti populaire de la Communauté valencienne (PPCV) à Alicante le , Alberto Fabra est réélu président avec 81,3 % des voix et 18,7 % de bulletins blancs. À l'exception de la première élection de Francisco Camps en , c'est la première fois depuis plus de deux décennies que l'élection est acquise avec moins de 98 % des voix des délégués. Selon El País ce résultat traduit un malaise interne alimenté par le président de la députation de Valence Alfonso Rus, qui aurait perçu la nomination de Serafín Castellano au poste de secrétaire général comme le début de manœuvres pour l'éjecter de la présidence de l'institution et du PP de la province de Valence. Aucun des trois prédécesseurs d'Alberto Fabra à la présidence de la communauté autonome — Eduardo Zaplana, José Luis Olivas et Francisco Camps — n'assiste à la journée d'ouverture du congrès. Toujours d'après El País, le rapport de gestion du secrétaire général sortant Antonio Clemente laisse une sensation de vide parmi les délégués, puisque ce dernier passe rapidement aussi bien sur le travail de son prédécesseur Ricardo Costa, destitué en en raison de l'affaire Gürtel, que de Francisco Camps[83]. Dans son discours de clôture, il esquisse une autocritique face aux affaires et rappelle les revendications historiques du PPCV en matière de financement régional et d'accès à la ressource en eau devant le président de Galice Alberto Núñez Feijóo et le président des îles Baléares José Ramón Bauzá mais en l'absence de tout dirigeant national[84].
Il annonce le son intention de procéder à un remaniement de son gouvernement et de la direction régionale du PP en raison des mauvais résultats enregistrés dans la Communauté valencienne lors des élections européennes[85]. Le , il annonce s'être entendu avec les trois présidents provinciaux du PP et la maire de Valence pour remplacer Serafín Castellano au secrétariat général par Isabel Bonig[86]. Cette nomination est ratifiée le par le comité directeur, mais Isabel Bonig prend le titre de « coordonnatrice générale » avec les fonctions dévolues au secrétariat général, qui reste vacant[87].
Défaite en 2015

Dès , Alberto Fabra indique qu'il sera candidat à sa succession à l'occasion des prochaines élections autonomiques, prévues en [88]. Pourtant, selon El País, cette candidature ne va pas de soi au début de l'année , dans la mesure où la maire de Valence Rita Barberá, le président de la députation de Valence Alfonso Rus et le vice-président de la Généralité José Ciscar doutent de son profil en cas de défaite et semblent préférer la numéro deux du PPCV Isabel Bonig comme solution de remplacement[89]. Finalement, le , la secrétaire générale nationale María Dolores de Cospedal informe Alberto Fabra qu'il sera bien chef de file électoral[90], un mois après que Mariano Rajoy avait refusé de le soutenir lors d'un déplacement à Valence[91]. L'élaboration des listes de candidats ne génère pas de tension particulière au sein de l'appareil du Parti populaire, Alberto Fabra étant parvenu à imposer son conseiller aux Finances Juan Carlos Moragues en 3e position sur la liste dans la circonscription de Valence qu'il conduit, où Alfonso Rus a par ailleurs fait investir plusieurs proches, tandis que José Císcar — dans la circonscription d'Alicante — et que Javier Moliner Gargallo (es) et Isabel Bonig — dans la circonscription de Castellón — ont fait de même[92].
Lors des élections régionales, le PPCV s'effondre : il perd 600 000 voix sur les 1,2 million remportés quatre ans auparavant par Francisco Camps, ce qui lui accorde 31 députés sur 99. Avec 24 députés de moins qu'en 2011, il perd la majorité absolue dont jouissait le Parti populaire depuis 16 ans. L'ensemble des forces de gauche et centre gauche totalisant 55 députés, le PPCV est renvoyé dans l'opposition pour la première fois depuis 20 ans[93]. Deux jours après le scrutin, Alberto Fabra assume devant le comité directeur régional du PPCV la responsabilité des résultats qu'il qualifie de « décevants » et annonce la nécessité de « renouveler les idées et les personnes », actant qu'il ne sera pas candidat à un nouveau mandat de président du PP dans la communauté autonome[94]. Le suivant, le socialiste Ximo Puig est investi président de la Généralité valencienne à l'issue d'une session au cours de laquelle Alberto Fabra s'est dit « fier » de son bilan[95].

Le , le comité électoral régional du PP l'investit candidat à un mandat de sénateur désigné par le Parlement aux côtés de Rita Barberá, défaite aux élections municipales à Valence[96]. Il est élu au Sénat le suivant avec 31 voix favorables, correspondant à l'effectif du groupe du Parti populaire[97]. Il annonce, le , son intention de renoncer sous quelques jours à la présidence du Parti populaire de la Communauté valencienne[98]. Il est remplacé le par Isabel Bonig, issue de l'« aile dure » et présentée comme la Thatcher valencienne, lors d'une réunion conjointe du comité exécutif et du comité directeur en présence de María Dolores de Cospedal[99]. D'après El Mundo, Alberto Fabra avait exprimé une préférence pour la désignation de María José Catalá, mais Cospedal, Carlos Fabra, Alfonso Rus et José Císcar ont imposé le choix de Bonig[100].
Il remet le sa démission de son mandat de député régional, qui revient à Blanca Garrigues Francés[101].
Après la présidence de la Généralité
Le , après le placement d'Eduardo Zaplana en détention provisoire, il devient le seul ancien président de la Généralité valencienne issu du Parti populaire à ne pas être inquiété par la justice. Il déclare alors qu'il s'agit d'une « situation inconfortable » qu'il n'avait « pas réclamée »[102]. Il est réélu sénateur par le Parlement valencien le , recevant les 19 voix du groupe du Parti populaire[103].
Très proche d'Alberto Núñez Feijóo, il est nommé membre du comité exécutif national du PP par ce dernier à l'occasion du XXe congrès national, organisé en à Séville[104]. Environ six mois plus tard, la présidente du PP dans la province de Castellón Marta Barrachina (ca) se montre enthousiaste à l'idée qu'il prenne la tête de liste dans la circonscription électorale pour les élections autonomiques du 28 mai 2023[105]. Il est formellement investi le en première position de la liste des candidats de Castellón, prenant la tête d'une candidature renouvelée à 70 % par rapport à celle de 2019[106].
Le , à la suite de l'annonce de la convocation d'élections générales anticipées le , il est investi par le comité électoral national en tête de liste dans la circonscription de Castellón[107]. Élu au Congrès des députés, il renonce le à son mandat de député autonomique, les deux étant constitutionnellement incompatibles, et le cède à José Giner[108]. Il est porté le à la présidence de la commission parlementaire de la Défense, qui revenait au groupe populaire dans le cadre de la répartition des postes au sein des bureaux des commissions[109]. Il est confirmé en au sein du comité exécutif du PP par Alberto Núñez Feijóo dans le cadre du XXIe congrès[110].
Il renonce en , de sa propre initiative, à présider la commission parlementaire de la Défense après que son fils a été recruté par une entreprise travaillant dans ce secteur, évoquant un risque de conflit d’intérêts. Il prend alors la présidence de la commission conjointe au Congrès et au Sénat dédiée aux affaires de l'Union européenne et échange ainsi son poste avec celui du député du PP Francisco Conde (es)[111].
Synthèse des résultats électoraux
- Ne sont mentionnés ici que les résultats des élections pour lesquelles Alberto Fabra était tête de liste.
Élections générales
Élections autonomiques
Élections municipales
| Année | Parti | Circonscription | Résultats | |||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Voix | % | Sièges | ||||
| 2007[112] | PP | Castellón de la Plana | 36 168 | 47,91 | ||
| 2011[112] | PP | Castellón de la Plana | 34 707 | 46,60 | ||
