Alexandre Legentil

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Alexandre Félix Legentil, né le à Paris 3e et mort le à Larbroye, est un homme d’affaires français.

Décès
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LarbroyeVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Alexandre Félix LegentilVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Faits en bref Président Société de Saint-Vincent-de-Paul, Vice-président Société philanthropique ...
Alexandre Legentil
Portrait photographique de Nadar.
Fonctions
Président
Société de Saint-Vincent-de-Paul
Vice-président
Société philanthropique
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 67 ans)
LarbroyeVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Alexandre Félix LegentilVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Domicile
Activités
Père
Conjoint
Marie-Louise Marcotte d'Argenteuil (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Propriétaire de
Petit-Château de Saint-Ouen (d), Au Petit Saint-Thomas (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Membre de
Distinction
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Propriétaire des grands-magasins de tissus « Au Petit Saint-Thomas » au 33 rue du Bac à Paris, il est l’un des deux initiateurs du projet de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre à Paris.

Biographie

Fils de Charles Legentil, héritier des filatures à Rouen et à Paris, régent de la Banque de France, pair de France sous la monarchie de Juillet et président de la Chambre de commerce de Paris, et de Stéphanie Sanson, fille de Joseph Sanson, directeur de la Compagnie des Indes, et sœur du régent de la Banque de France, Alexandre Sanson-Davillier, qui l’élève pieusement, Alexandre entre, à 12 ans, au collège Bourbon[1], et réfute l’enseignement de Rousseau pour embrasser le catholicisme social-libéral, dont le professeur de littérature étrangère en Sorbonne et fondateur de la société de Saint-Vincent-de-Paul, Frédéric Ozanam, est l’un des principaux penseurs[2].

Ayant hérité de la gestion du grand-magasin « Au Petit Saint-Thomas », créé par son père et son grand père, son père Charles s'aperçoit très vite que son fils n'a pas la bosse du commerce de détail et embauche un nouveau directeur rencontré en Normandie, nommé Simon Mannoury. Ancien colporteur, Mannoury a des idées révolutionnaires pour l'époque en innovant grâce à de nouvelles pratiques commerciales : politique de bas prix, articles très bon marché, prix fixes et affichés, vente par correspondance, expositions temporaires, livraison à domicile en fiacre. À la fin des coupons de tissu, il brade le restant de tissus : les soldes étaient nées. Il a même l'idée d'installer dans les spacieuses galeries du magasin un âne pour promener les enfants des clientes. Il emploiera un vendeur, devenu ensuite célèbre : Aristide Boucicaut.

Alexandre, qui apprécie beaucoup Simon Mannoury, l’encourage à continuer dans la voie du commerce dans l'esprit de Saint Thomas d'Aquin. Devenu président de la société de Saint-Vincent-de-Paul, il en assure la gestion jusqu'à sa mort, en 1889. Il récolte les fonds nécessaires pour acheter un vaste terrain et il y fait construire en 1856 des salles de classe et des salles de réunion, un réfectoire et une chapelle ; des bâtiments encore existants le long de l'église Saint-Vincent-de-Paul à Paris.

Étude pour le portrait de Madame Legentil, d’Ingres.

Vice-président de la Société philanthropique et propriétaire du "Petit-Château" à Saint-Ouen dit « château Necker » pour avoir appartenu au financier Jacques Necker, il épouse Marie, une des filles de Charles Marcotte d'Argenteuil. Cousins du peintre Jean-Auguste-Dominique Ingres et de son épouse Delphine Ramel, Marie et Alexandre sont portraiturés en 1846 à la mine de plomb par l'artiste, représentés en fiancés en tenue de campagne au château du Poncelet, propriété des Marcotte d'Argenteuil.

Secrétaire de l'Exposition universelle de 1855, il collabore en 1860 à l'élaboration du Traité du commerce avec l'Angleterre.

En 1862, Marie Legentil (1828-1920) fonde la Société d'enseignement professionnel des femmes afin de leur assurer formations artistiques et techniques. Elle n'a pas de postérité et se consacrera jusqu'à sa mort en 1920 tant à l'éducation sociale des jeunes femmes démunies, qu'aux enfants et petits-enfants de Henry Panckoucke, Philippe Marcotte de Quivières, Edme Bochet, Jacques-Raoul Tournouër, Jean-Louis Lacroix dit Lacroix de Niré.

Marie hérite du château familial de son grand-père Marcotte, le château de Larbroye près de Noyon, où Alexandre Legentil installera de nombreux souvenirs ainsi que sa bibliothèque. Cette demeure sera entièrement dévastée lors de la Première Guerre mondiale et nombre des souvenirs des Legentil y seront détruits.

À partir de 1866, il participe aux travaux de la Société d'encouragement pour l'industrie nationale. En 1873, il offre son château de Saint-Ouen aux Oblats de Saint François de Sales, puis se retire à Larbroye près de Noyon, sur les terres Marcotte, où il installe sa bibliothèque. Il y mène une vie d'études en traduisant saint Thomas d'Aquin et Alphonse-Marie de Liguori.

Le Vœu national

Le « Vœu national » est une confrérie patriotique et spirituelle dans le but de réaliser la consécration nationale de la France au Sacré-cœur.

Réfugié à Poitiers durant l'occupation de Paris par les Prussiens en 1870, Alexandre Legentil rédige à Poitiers, en janvier 1871, un vœu personnel[3], qui s'achève par la promesse « de contribuer à l'érection à Paris d'un sanctuaire dédié au Sacré-Cœur de Jésus[4] », puis lance, en compagnie de son beau-frère Hubert Rohault de Fleury et avec le soutien du cardinal Pie, le projet de construction de l'église du Sacré-Cœur (basilique mineure depuis 1919), qui prend tout son sens après la défaite franco-prussienne, le traumatisme patriotique de la perte de l’Alsace-Lorraine et les ravages de la Commune de Paris. Les promoteurs de la construction font ensuite appel à l'Assemblée Nationale afin que l'église soit reconnue comme étant d'utilité publique. Après des débats houleux, la loi d’utilité publique est votée le .

Le cœur d'Alexandre Legentil est déposé dans la crypte de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, où il est encore présent aujourd'hui.

Publications

  • (de) Reise durch Süddeutschland, Nürnberg, München, Stuttgart : Erinnerungen (1852)
  • Observations sur les modifications proposées à la loi du , relative aux brevets d'invention (1856)
  • De la loi sur les brevets d'invention
  • Réponse de A.-F. Legentil aux attaques dirigées contre lui par M. Normand, au sujet de questions d'économie politique
  • Rapport lu à l'assemblée de conférences de la maison Saint-Charles, le (1872)
  • Méditations à l'usage des membres des conférences de Saint-Vincent de-Paul (1865)
  • Élévations sur les litanies du saint nom de Jésus (1892)
  • Méditations à l'usage des membres des conférences de Saint-Vincent de-Paul (1903)
  • À M. le rédacteur en chef du "Journal des économistes"
  • De la condition des apprentis à Paris et des principales œuvres qui tendent à l'améliorer
  • Extrait du "Compte rendu de l'assemblée générale des comités catholiques des 4, 5 et ". Rapport sur l'érection d'une église votive au sacré cœur de Jésus, par M. Legentil ; et discours sur la restauration du principe catholique dans la société française , par le R. P. de Damas Texte imprimé / Paris Impr. de Lainé (s. d.,)
  • Société de Saint-Vincent-de-Paul. Œuvre du patronage des apprentis et des jeunes ouvriers. Histoire d'une maison de patronage, rapport lu à l'assemblée de conférences tenue dans l'église Saint-Germain-l'Auxerrois, le... (1881)
  • Rapport sur l'érection d'une église votive au Sacré-Coeur de Jésus, par M. Legentil, et Discours sur la restauration du principe catholique dans la Société française, par le R. P. de Damas. [Suivi d'une lettre de Mgr Guibert.]

Traductions

  • Charles de Hock, L'Administration financière de la France, 1858.
  • Franz Gerhard Wegeler et Ferdinand Ries, Notices biographiques sur L. van Beethoven, suivies d'un supplément, 1862.

Notes et références

Bibliographie

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