Alexandre de Moraes

juriste, juge et homme politique brésilien From Wikipedia, the free encyclopedia

Alexandre de Moraes, né le à São Paulo, est un juriste, juge et homme politique brésilien[1]. Ministre de la Justice de 2016 à 2017 sous la présidence de Michel Temer, il est nommé par ce dernier en 2017 au Tribunal suprême fédéral, lequel le désigne le pour siéger au Tribunal supérieur électoral (TSE), dont il devient président le .

PrédécesseurTeori Albino Zavascki
Vice-présidentCármen Lúcia
PrédécesseurEdson Fachin
SuccesseurCármen Lúcia
Faits en bref Fonctions, Juge du Tribunal suprême fédéral brésilien ...
Alexandre de Moraes
Illustration.
Alexandre de Moraes en 2022.
Fonctions
Juge du Tribunal suprême fédéral brésilien
En fonction depuis le
(9 ans)
Prédécesseur Teori Albino Zavascki
Président du Tribunal supérieur électoral

(1 an, 9 mois et 18 jours)
Vice-président Cármen Lúcia
Prédécesseur Edson Fachin
Successeur Cármen Lúcia
Ministre brésilien de la Justice et de la Sécurité publique[a]
[b]
(9 mois et 10 jours)
Président Michel Temer
Gouvernement Temer
Prédécesseur Eugênio Aragão
Successeur José Levi Mello do Amaral Júnior (intérim)
Osmar Serraglio
Biographie
Nom de naissance Alexandre de Moraes
Date de naissance (57 ans)
Lieu de naissance São Paulo (Brésil)
Nationalité Brésilienne
Parti politique PSDB (2015-2017)
Diplômé de Université de São Paulo
Profession Avocat
Religion Catholicisme
Fermer

Biographie

Origines, vie personnelle et études

Alexandre de Moraes est le fils d'un avocat et d'une femme au foyer[2]. Marié à une avocate et père de trois enfants, il est un « pur produit de l’élite de São Paulo »[réf. nécessaire]. Il suit des études à la faculté de droit de l'université de São Paulo, dont il sort diplômé en 1990[2],[3], avant d’en devenir docteur en droit public puis post-doctorant en droit constitutionnel. En 1991, il arrive premier au concours du ministère public de São Paulo[2].

Carrière professionnelle

Procureur durant une décennie, il publie en 1997 un livre de droit constitutionnel vendu à plus de 700 000 exemplaires[2].

Il est professeur associé à l’université de São Paulo et exerce un magistère à l’université presbytérienne Mackenzie. Il enseigne également à l’École supérieure du ministère public de São Paulo et à l’École paulista de la magistrature[4].

Carrière politique

Engagé à droite, il a été membre du Parti de la social-démocratie brésilienne (PSDB). En 2002, il est nommé secrétaire à la Justice de l’État de São Paulo par le gouverneur Geraldo Alckmin. En 2005, il intègre le Conseil national de justice créé par le président Lula. En 2007, il devient secrétaire aux Transports de la municipalité de São Paulo, dirigée par Gilberto Kassab. En 2015, Geraldo Alckmin, réélu gouverneur de l'État de São Paulo, le nomme secrétaire à la Sécurité publique ; il est critiqué par la gauche brésilienne pour ses méthodes musclées pour réprimer les mouvements sociaux[5]. En 2016, il devient ministre de la Justice du Brésil au sein du gouvernement par intérim de Michel Temer[2],[3].

Comme ministre, il défend une politique de « tolérance zéro ». Il dénonce les supposées « attitudes criminelles » des mouvements de gauche et justifie les violences policières. Il est au centre d'une controverse lorsque le quotidien Estadão publie une enquête affirmant qu'il est intervenu pour défendre la coopérative Transcooper, suspectée d’être liée au principal groupe de trafiquants de drogue du Brésil, le Premier commando de la capitale (PCC), ce qu'il nie[3].

Juge au Tribunal suprême fédéral

Le , alors qu'il est ministre de la Justice, le président Michel Temer[6] le nomme juge au Tribunal suprême fédéral, en remplacement du juge Teori Zavascki, victime d'un accident d’avion. Il est confirmé par le Parlement le et prend ses fonctions le suivant[2].

Sous la présidence de Jair Bolsonaro, il est rapporteur des principales enquêtes visant directement le chef de l’État ou son cercle proche. Cela lui vaut de fortes inimitiés avec le pouvoir en place, qui le décrit comme le « mensonge personnifié ». Jair Bolsonaro adresse au Sénat une demande en destitution du juge[7] qui est rejetée au nom de la séparation des pouvoirs[8], tandis qu'Alexandre de Moraes est visé quotidiennement par des menaces de mort puis par des manifestations de partisans du chef de l’État. Les rapports entre Jair Bolsonaro et Alexandre de Moraes s'améliorent ensuite grâce à une médiation de Michel Temer[3].

Président du Tribunal supérieur électoral

Alexandre de Moraes joue un rôle déterminant pendant la période tendue du processus électoral et post-électoral de 2022 et 2023. Ainsi, dès le , lors du second tour de la présidentielle, il ordonne l’arrêt immédiat d’une opération de la police routière destinée à empêcher les habitants du Nordeste, bastion du Parti des travailleurs, de se déplacer vers les bureaux de vote[5]. Le , alors que de nombreuses routes sont bloquées par des éléments pro-Bolsonaro contestant la victoire de Lula acquise le , il ordonne à la police routière fédérale de mettre un terme aux blocages sous peine d’une amende de 100 000 réaux par heure à l’encontre de son directeur général, dont l’engagement bolsonariste est notoire[9]. Ces blocages, déclare-t-il, résultent d’une « action coordonnée de groupes organisés » et de fait il est « impérieux d’identifier immédiatement les personnes impliquées et d’adopter des mesures d’urgence pour réprimer ces comportements »[10].

Le , Alexandre de Moraes remet, conformément au code électoral, le diplôme du TSE signé de sa main au président élu Luiz Inácio Lula da Silva et au vice-président élu Geraldo Alckmin. Au-delà d’une cérémonie protocolaire, cette remise de diplôme atteste que les candidats ont été effectivement élus par le peuple et qu’ils sont habilités à exercer leur mandat dès la cérémonie d’investiture du suivant[11].

Mais les partisans de l'ancien président ne désarment pas. Le , des milliers de bolsonaristes convergent vers la place des Trois-Pouvoirs à Brasilia et se livrent à un saccage en règle des bâtiments abritant les institutions : le pouvoir exécutif (palais du Planalto), le législatif (Congrès national) et le judiciaire (Tribunal suprême fédéral). En sus des décisions d’urgence prises par l’exécutif, Alexandre de Moraes promulgue une mesure de suspension du gouverneur du District Fédéral, Ibaneis Rocha, pour une durée initiale de trois mois[12]. Dans son arrêté, Moraes fait état d’une attitude « intentionnellement omissive » dudit Rocha, ajoutant « qu’absolument rien ne justifiait le manquement et la connivence du secrétaire à la sécurité publique et du gouverneur du District fédéral avec des criminels qui avaient précédemment annoncé qu’ils commettraient des actes de violence contre les Pouvoirs constitués »[13].

Il dirige l’enquête sur le projet de coup d’État en 2022 de Jair Bolsonaro qui aboutit en à une condamnation à 27 ans de prison de l'ancien président. Les États-Unis de Donald Trump ont tenté d'obtenir l'abandon des poursuites en exerçant de fortes pressions sur le système judiciaire brésilien[14]. Des taxes de 50 % sur les produits brésiliens sont imposées et les juges du Tribunal suprême fédéral sont visés par des sanctions du département du Trésor américain. Leurs cartes bancaires internationales leur ont été retirées, ainsi que leur visa américain[5],[15]. Après le procès, les Etats-Unis placent également sous sanctions l’épouse d'Alexandre de Moraes, Viviane Barci de Moraes, ainsi qu’une des entreprises familiales. Le Trésor américain a annoncé le gel de tous leurs avoirs aux États-Unis et interdit aux citoyens et sociétés américaines de faire des affaires avec eux, sous peine de poursuites. Le gouvernement américain a fait savoir que d’autres proches du juge pourraient aussi être « ciblés »[16].

Notes et références

Voir aussi

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