Alfred Nobel

chimiste, industriel et fabricant d'armes suédois From Wikipedia, the free encyclopedia

Alfred Bernhard Nobel /'alfrəd 'bɛɳhɑ:ɖ noˈbɛ:l /, né le à Stockholm en Suède et mort le à Sanremo en Italie[1], est un chimiste, industriel et fabricant d'armes suédois. Dépositaire de plus de 350 brevets scientifiques de son vivant[1], dont celui de la dynamite[2], invention qui a fait sa renommée et sa fortune. Il fonde l'entreprise KemaNobel en 1871, et rachète l'entreprise d'armement Bofors en 1894.

Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata
Paroisse de Jakob et Johannes (d) (Stockholm)Voir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 63 ans)
Sanremo (Italie)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Alfred Bernhard NobelVoir et modifier les données sur Wikidata
Faits en bref Naissance, Décès ...
Alfred Nobel
Portrait photographique d'Alfred Nobel.
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata
Paroisse de Jakob et Johannes (d) (Stockholm)Voir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 63 ans)
Sanremo (Italie)Voir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom de naissance
Alfred Bernhard NobelVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Domiciles
Activités
Famille
Père
Mère
Karolina Andriette Ahlsell (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Robert Nobel
Ludvig Nobel
Emil Oskar Nobel (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Membre de
Maître
Personne liée
Sofie Hess (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions
Œuvres principales
signature d'Alfred Nobel
Signature.
Tombe d'Alfred Nobel à Stockholm.
Fermer

Dans son testament, il légua son immense fortune pour la création du prix Nobel. L'élément chimique nobélium a été appelé ainsi en son honneur.

Biographie

Alfred Bernhard Nobel est le troisième fils d'Immanuel Nobel (1801-1872) et d'Andriette Ahlsell Nobel. Membre de la famille Nobel comportant de nombreux ingénieurs, il descend d'Olof Rudbeck (1630-1702), l'un des scientifiques suédois les plus connus du XVIIe siècle, auteur de l'ouvrage de science-fiction Atlantis[3]. Le père de Nobel est un ancien élève de l'Institut royal de technologie de Stockholm, ingénieur et inventeur qui a construit des ponts et des bâtiments et a expérimenté différentes façons de briser la roche. Il instruit et encourage ses enfants à apprendre dans ce domaine.

À la suite d'une infortune dans son pays natal, Immanuel Nobel y fait faillite et s'installe à Saint-Pétersbourg[4], dans l'Empire russe, en 1838. Sa famille l'y rejoint en 1842, quand Alfred a neuf ans. Son père y invente le contreplaqué moderne et y fonde une entreprise de mines marines. Désormais prospère, la famille peut engager des tuteurs privés pour ses enfants et Alfred excelle dans ses études, en particulier en chimie et en langues, atteignant la maîtrise de l'anglais, du français, de l'allemand et du russe[5].

En 1850, Alfred Nobel quitte la Russie pour passer un an à Paris et étudier au Collège de France, sous la direction de Théophile-Jules Pelouze, ancien maître d'Ascanio Sobrero, qui a découvert la nitroglycérine trois ans auparavant, et qu'il rencontre également. En 1851, à l'âge de 18 ans, Alfred part aux États-Unis, où il étudie la chimie pendant un an et travaille pendant une courte période avec John Ericsson. Il rentre à Saint-Pétersbourg en 1852, où il travaille dans l'usine paternelle, qui va faire faillite en 1859, se trouvant sans commandes après la fin de la guerre de Crimée. La direction de l'usine est confiée par les créanciers à son frère, Ludvig Nobel (1831-1888), qui, plus tard, fondera, en Russie, la Machine-Building Factory Ludvig Nobel et, avec son frère aîné Robert, Branobel, à Bakou, future plus grande entreprise pétrolière du monde, et deviendra l'un des hommes les plus riches et les plus puissants de Russie.

Alfred, avec son frère cadet Emil(sv) et ses parents, rentre en Suède et commence à travailler sur les explosifs dans un petit laboratoire du domaine familial d'Heleneborg, à Stockholm. Toutefois, frustré dans son désir d'être un homme de lettres, il rédige à cette période, en anglais, des poèmes de qualité littéraire modeste et entame deux romans restés inachevés, Brothers and Sisters et In Lightest Africa[6].

Durant des siècles, la poudre à canon est restée le seul explosif puissant. En 1838, Théophile-Jules Pelouze a découvert la nitrocellulose, puis Sobrero, en 1847, la nitroglycérine. En 1862, Alfred Nobel construit une petite usine pour se consacrer à la fabrication de la nitroglycérine. Plusieurs explosions ont lieu dans l'usine d'Heleneborg[7], dont une particulièrement désastreuse qui, le , coûte la vie à cinq personnes dont Emil, son jeune frère[2].

Alfred s'attelle, donc, à rendre l'usage de la nitroglycérine moins dangereux, et est le premier à réussir à maîtriser sa puissance explosive. Il découvre accidentellement, par sérendipité, que, lorsque la nitroglycérine est mélangée à un solide inerte et absorbant appelé Kieselguhr[8] (terre de diatomée ou célite), elle devient beaucoup plus sûre à transporter et à manipuler, l'explosion nécessitant l'usage d'un détonateur. Il met au point le « détonateur breveté Nobel » en 1865. La dynamite est entièrement mise au point en 1866 et fait l'objet d'un brevet d'invention du en Angleterre et du en Suède[9]. Il l'utilise pour la première fois, le [10] 1867, dans une carrière à Redhill, en Angleterre (Surrey). En 1871, il fonde KemaNobel, une des entreprises à l'origine d'AkzoNobel.

Alfred Nobel réside à Paris puis à Sevran, en Seine-et-Oise , à partir de 1875. En 1876, il rencontre une comtesse autrichienne de dix ans sa cadette, Bertha Kinsky, qui est sa secrétaire pendant deux semaines. Il noue avec la future pacifiste une forte amitié et entretient une correspondance assidue jusqu'à sa mort, nourrissant ainsi ses convictions pacifistes et philanthropiques.

Il invente, à nouveau par sérendipité, la gélignite, un explosif plus pratique d'emploi et plus puissant que la dynamite : s'étant blessé au doigt dans son laboratoire, Nobel soigne la plaie en appliquant du collodion (gel de nitrocellulose). Réfléchissant à la composition du pansement liquide, il a l'idée de mélanger la nitroglycérine avec ce collodion. Composée de nitroglycérine (93 %) et de collodion (7 %), la gélignite (blasting gelatin) ou « dynamite extra Nobel » (brevet de 1875) n'est autre que la dynamite gomme ou dynamite plastique (à ne pas confondre avec le plastic), utilisée dans les travaux sous-marins.

Le , il acquiert le château dit « La Maison du Fayet », une maison bourgeoise du XVIIIe siècle à Sevran[11]. Sevran est, à l’époque, un village de 500 habitants, qui abrite, depuis 1873, « d’éminents pyrotechniciens qui pratiquent leurs recherches dans les bâtiments de la poudrerie nationale »[12]. Dans son laboratoire, construit pour ses expériences et situé derrière la maison, il consacre des recherches acharnées sur la poudre sans fumée. Sa « ballistite », poudre sans fumée améliorée inventée en 1887, est mise au point secrètement dans la Poudrerie nationale. Dans les années 1870 et 1880, Nobel a construit un réseau d’usines dans toute l’Europe pour fabriquer de la dynamite et a formé un réseau de sociétés pour produire et commercialiser ses explosifs.

Ce serait la publication erronée par Le Figaro de sa nécrologie, en (il est confondu avec son frère, Ludvig, qui vient de mourir à Cannes), condamnant son invention de la dynamite, qui le décide à laisser une meilleure image de lui au monde après sa mort. La nécrologie affirmait ainsi : « Le marchand de la mort est mort. Le Dr Alfred Nobel, qui fit fortune en trouvant le moyen de tuer plus de personnes plus rapidement que jamais auparavant, est mort hier »[13],[1],[14]

Fatigué par les lourdeurs administratives françaises[Selon qui ?] et une violente campagne de presse contre lui qui lui reproche d'avoir vendu les droits de la ballistite au gouvernement italien, Alfred Nobel va s'installer dans la villa Nobel, à Sanremo, en Italie, en 1891, ce qui ne fait qu'irriter les milieux nationalistes français, l'Italie étant l’alliée des ennemies de la France, l’Autriche-Hongrie et l’Allemagne[15]. En 1893, il s’intéresse à l’industrie suédoise de l’armement, et l’année suivante, il achète une ferronnerie à Bofors, dans le Varmland, qui deviendra la célèbre usine d’armement Bofors.

À sa mort en 1896, son empire commercial mondial est composé de plus de 90 usines fabriquant des explosifs et des munitions. Outre les explosifs, Nobel a fait beaucoup d'autres inventions, dans des domaines divers tels que la soie artificielle ou le cuir et il a enregistré plus de 350 brevets dans différents pays[1].

Le  au Cercle suédois et norvégien de Paris, 242, rue de Rivoli, dans des locaux où son bureau est toujours conservé[16]  Alfred Nobel met un point final à son testament en léguant la quasi-intégralité de sa fortune pour la création d'un fonds dont les intérêts doivent être redistribués « à ceux qui au cours de l'année écoulée auront rendu à l'humanité les plus grands services » dans cinq domaines : la paix ou la diplomatie, la littérature, la chimie, la physiologie ou la médecine et la physique[17] : c'est la naissance du Prix Nobel. La fortune qu'il laisse ainsi est de 31,5 millions de couronnes suédoises de l'époque, ce qui est estimé à 1,7 milliard de couronnes suédoises de 2013 (179 millions d'euros)[18]. Resté célibataire toute sa vie et sans enfant, saint-simonien prônant la récompense en fonction du mérite et condamnant l'institution de l'héritage qui abandonne l'utilisation des instruments de production au hasard de la naissance[19], Alfred Nobel lègue tout de même près d'un million de couronnes suédoises, réparties principalement entre les deux fils de son frère aîné Robert Nobel, mais aussi ses nièces, d’anciens employés et des amis[20],[21].

Alfred Nobel, lui-même de caractère pessimiste et mélancolique, a songé à créer un établissement d'euthanasie pour les personnes désireuses d'en finir avec l'existence[22]. Ainsi a-t-il proposé à Francesco Crispi, président du Conseil italien, la somme de trois millions de lires afin de créer à Rome ou à Milan un établissement d'euthanasie pour ceux qui étaient fatigués de vivre ; là, au terme d'un repas somptueux, ils seraient définitivement endormis par des parfums agréables au son d'une douce musique[23]. Sa vie quotidienne était celle d'un homme solitaire et ascétique, bien qu'hôte très courtois et à l'esprit incisif. Il avait la réputation d'un esprit libéral, bien que s'opposant au suffrage féminin et à l'attitude paternaliste vis-à-vis de ses employés[1].

Il meurt d'un accident vasculaire cérébral le , dans les bras d'un domestique, à Sanremo et est enterré au cimetière du Nord à Stockholm.

Distinctions

Postérité

Hommages

  • Le , à l'initiative de la fondation Nobel, une statue en bronze d'Alfred Nobel, réalisée par les sculpteurs Sergeï Alipov (ru) et Pavel Chevtchenko (ru), est inaugurée sur un quai de la Grande Nevka à Saint-Pétersbourg, ville où a résidé Alfred Nobel[24].
  • Pour le centenaire de sa mort, une œuvre du sculpteur sevranais Christian Kazan, intitulée L’Élévation, est érigée place Gaston-Bussière, place centrale de Sevran, le . Autour de la sculpture sont disposées cinq colonnes qui symbolisent les cinq prix Nobel et les cinq lettres du nom du savant. Mille messages de paix, rédigés par les écoliers sevranais, ont été déposés dans un coffre scellé au pied de la sculpture[25].

Rues

On trouve des rues ou voies Alfred-Nobel dans plusieurs villes, telles que :

Divers

  • Il existe une université Alfred Nobel à Dnipro (Ukraine)[26]

Médiagraphie

Bibliographie

Filmographie

Notes et références

Filmographie

Voir aussi

Related Articles

Wikiwand AI