Alice Recoque

ingénieure et informaticienne française détentrice de brevets From Wikipedia, the free encyclopedia

Alice Maria Arnaud, Alice Arnaud

Décès
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Alice Recoque, née Arnaud le à Cherchell (Algérie[a]) et morte le (à 91 ans) à Ballainvilliers (France), est une informaticienne française.

Elle s'est notamment illustrée dans le domaine de l'architecture des ordinateurs. En 1959, elle participe au développement du mini-ordinateur CAB 500, puis devient cheffe de projet pour la conception et l'industrialisation du mini-ordinateur Mitra 15, principale réussite du Plan Calcul au début des années 1970, avant de passer à des recherches sur les architectures parallèles et l'intelligence artificielle. Plus tard, en 1978, elle participe à la création de la CNIL. Autrice de prospectives visionnaires concernant les postes de travail informatiques et le développement de l'intelligence artificielle, son rôle est toutefois longtemps minimisé ou effacé.

Biographie

Image externe
photo d'Alice Recoque en 2016 sur le site du SIF

Enfance et études

Alice Maria Arnaud naît le à Cherchell en Algérie[1],[2]. La branche maternelle de sa famille y a immigré en 1842, en raison des promesses d'installation possible, et est rapidement sortie de la pauvreté, avant que les mères de la lignée ne deviennent veuves chacune à leur tour. La mère d'Alice, Germaine, devenue orpheline de père, abandonne la préparation de l'école normale pour devenir institutrice. Elle épouse Georges Arnaud, un distillateur et courtier en vins. Ensemble ils ont deux enfants, le premier étant Jacques, né en 1927. Alice montre beaucoup d’intérêt pour la physique en observant le fonctionnement de l’alambic de son père[3]. En 1940, avec l'arrivée de la guerre, la mère d'Alice paye sa franchise à l'encontre du maire de la ville qu'elle accuse d'être trop proche du régime de Vichy. Elle est rétrogradée de son poste de directrice d'école, et mutée à Alger, tandis que son père reste sur place pour ses affaires. Alice Arnaud a alors la possibilité de préparer la voie d'entrée en sixième par concours, et réussit à avoir une place dans un lycée éloigné. En 1942, son frère meurt d'une méningite foudroyante, maladie dont elle gardera la crainte toute sa vie[bib 1].

Plus tard, au lycée, elle se découvre une passion pour les mathématiques grâce à une professeure qu'elle remerciera pour son influence le jour de ses 100 ans. Elle prépare le baccalauréat, sans égards pour la maladie qui lui fait perdre une année, ou pour les pressions sociales qui s'alarment que les femmes puissent préférer être bachelières que « jeunes filles »[b]. En 1947, une fois obtenu son second baccalauréat, elle est poussée par sa tante et son oncle maternel habitant à Paris à choisir la rare bonne école d'ingénieurs ouverte aux filles, l'École supérieure de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris (ESPCI), et avec l'accord de ses parents restés en Algérie, intègre le lycée Chaptal pour une classe préparatoire[bib 2].

Après deux ans en classes préparatoires, Alice est reçue 4e au concours d’entrée[3] en 1950 dans la 69e promotion de l'ESPCI[4], une pro motion de 40 élèves dont 6 femmes[3]. Elle choisit la spécialisation « électronique » et obtient le diplôme d'ingénieure en 1954[1]. La même année, en juillet, elle épouse Robert Recoque, élève-ingénieur de sa promotion[bib 3].

Carrière dans l'industrie informatique

Société d'électronique et d'automatisme

En 1954, elle entre à la Société d'électronique et d'automatisme (SEA), entreprise fondée six ans plus tôt par François-Henri Raymond, qui construit les premiers ordinateurs français[1].

Elle y participe à différents projets. Grâce à ses connaissances acquises sur les cycles d'hystérésis rectangulaires, elle est tout d'abord affectée à la réalisation de mémoires à tores de ferrite pour le CAB1011, ordinateur installé l'année suivante au service dit « du chiffre » du SDECE[bib 4]. Elle participe, avec Dimitri Starynkévitch, ensuite au développement du mini-ordinateur CAB 500 (1959), premier ordinateur de bureau conversationnel, en collaboration avec Françoise Becquet[5], avec qui elle travaille sur l'intégration du symmag[bib 5], un composant de calcul basé lui aussi sur les tores magnétiques[6], breveté par la société[bib 5].

Elle travaille ensuite sur le calculateur industriel CINA et codirige le projet CAB 1500, lié aux machines à pile intégrant un ou plusieurs compilateurs Algol (étendu ou non)[7].

Compagnie internationale pour l'informatique

Le mini-ordinateur CII Mitra 15, en version de simple module d'entrée de gamme.
Le mini-ordinateur CII Mitra 15, en version de simple module d'entrée de gamme.

Après l'absorption de la SEA par la Compagnie internationale pour l'informatique (CII), créée dans le cadre du plan Calcul fin 1966, elle est écartée des responsabilités techniques par la direction[1],[8] car le projet CAB 1500 qu'elle pilotait est supprimé, au cours d'une fusion où le calcul scientifique et le process control, « plutôt l’apanage de la SEA », deviennent parents pauvres d'une « politique de produits » plus orientés « gestion ». Elle passe alors « quelques années » dans les laboratoires de recherches de la CII, dirigés par J.-Y. Leclerc, en vue d'approfondir les fondamentaux concernant l'évolution à venir de l'architecture des ordinateurs, ce qui lui permet de réfléchir à une structure qui se démarquerait de la gamme Iris, en cours de réalisation, afin d'anticiper « un environnement temps réel »[9].

Elle y mène une réflexion poursuivant celle du projet CAB 1500 abandonné en 1966, vers « une petite machine conversationnelle, préfiguration de l’informatique personnelle » en mettant l’accent sur l’environnement périphérique (console de visualisation, machine à écrire électrique, etc.)[prim 1]. Séduite, la CII lui demande de la représenter dans un projet baptisé MIRIA, dirigé par Paul-François Gloess, nommé directeur de recherches à l'INRIA, avec qui elle avait travaillé dix ans à la SEA, et auprès duquel la CII la détache pendant quelques mois avant de lui confier le projet complet[prim 1]. Pierre Guichet y a vu un moyen de donner naissance à la gamme Mitra 15, dont le prédécesseur, le 10010, "très précurseur" n'avait pas eu l’essor commercial suffisant[9].

Mitra 125 : panneau frontal
Mitra 125 : panneau frontal.

Les besoins de la CII dans le domaine des petits ordinateurs se précisant, elle confie à Alice Recoque ce projet « de la conception à l’industrialisation, en passant, par l’étude et le développement »[9], avec des « diodes au germanium, le silicium n’ayant pas encore totalement convaincu »[prim 1], visant des applications industrielles et scientifiques, et complétant, via le nouveau logiciel Transiris, permettant de distribuer le calcul en réseau, la gamme de gros et moyens ordinateurs Iris 80, en partie dédiés aux applications de gestion. Ce projet (nom de code « Q0 ») donne rapidement naissance à la gamme Mitra et Alice Recoque est nommée « responsable recherche et développement » de la division « Petits ordinateurs et systèmes associés » de la CII[10],[11],[12].

Cette gamme a comporté plusieurs modèles, d’abord les Mitra 15 (Mitra 15-20 et Mitra 15-30) sortis en 1972 ; puis le Mitra 125, conçu par une nouvelle équipe en 1975, avec des capacités d’adressage étendues[11], et enfin le Mitra 225. Au total, près de 8 000 exemplaires du Mitra 15 ont été vendus[13] dont une partie était encore utilisée à la fin des années 1990.

Commercialisé dès 1971[14], apprécié pour ses performances, sa robustesse et sa fiabilité, le Mitra 15 a été conçu dès l’origine pour être adaptable à des domaines d'application très divers, grâce à un système de microprogrammation innovant. Le rôle de l’État dans le succès du Mitra 15 est aussi évoqué[15]. Il a piloté des missiles ou des navires et calculé des expériences scientifiques, mais avant tout piloté des systèmes de sécurité des centrales nucléaires au moment du déploiement[14].

Visant le contrôle-commande de processus industriels ou le calcul scientifique, il a vite été adapté aux transmissions de données, que ce soit dans les systèmes propriétaires CII et ceux de d'Unidata ou comme nœud du réseau Cyclades[11], l'un des ancêtres d'Internet, et dans l’enseignement secondaire[13] (opération ministérielle conduite en 1972 dite « Expérience des 58 lycées »).

En France l'administration des Télécommunications a beaucoup utilisé la famille des calculateurs Mitra : les Mitra 15 ont équipé les commutateurs téléphoniques de la présérie E10N4 entre 1972 et 1976, puis les Mitra 125 ont équipé les commutateurs téléphoniques E10N3 à partir de 1976 et enfin les Mitra 225 ont équipé les commutateurs téléphoniques E10N1 à partir de 1981 jusqu'au remplacement en 1996 desdits calculateurs dont la fabrication des derniers exemplaires à Villeneuve d'Ascq a cessé en 1993.

Absorption de la CII par Honeywell-Bull

À la suite de l'absorption de la CII par Honeywell-Bull, Alice Recoque, qui mène des recherches sur les architectures massivement parallèles (notamment les multi-microprocesseurs), devient responsable des relations avec la recherche et l'enseignement supérieur. À ce titre, outre les aspects fonctionnels de ces relations, elle participe à des jurys ou à des directions de thèses[16],[17].

Centre national de la recherche scientifique et CNIL

En 1982, elle est nommée membre de la commission d'informatique du Comité national de la recherche scientifique (qui définit la politique du CNRS dans ce secteur[10]).

Elle est choisie pour rédiger le chapitre sur l'architecture des ordinateurs dans la publication de référence Techniques de l'ingénieur[prim 2].

Participant dès 1978 à la réunion qui fonde la CNIL, elle exprime ses inquiétudes et la nécessité de mettre en place un garde-fou contre « le pouvoir de surveillance accru des entreprises et des États »[1].

Projet intelligence artificielle

En , le groupe Bull la nomme directrice de la mission « Intelligence artificielle » (IA)[1], découverte lors d'un voyage au Japon. Elle en étend la notion, jusque-là cantonnée à certains aspects de la programmation informatique, à l'ensemble des méthodes et techniques visant à étudier le comportement de l'homme pour le comprendre et le reproduire[18]. Au cours de cette mission, menée en relation étroite avec des organismes de recherche publics tels que l'INRIA, Alice Recoque conduisant la stratégie qui mobilise plus de 200 personnes[19], définit la gamme de produits que Bull devra développer pour proposer à ses clients une offre cohérente en matière d'intelligence artificielle[prim 3],[20]. Y figurent, notamment, le développement d'une grammaire en Prolog II, destinée à comprendre les écrits formulés en langage naturel (en français), la conception du langage orienté objet KOOL (Knowledge representation Object-Oriented Language, développé en Lisp pour des machines SPS-7 de Bull (dérivées des SM-90 du CNET), destiné à la représentation du savoir et enfin, divers systèmes experts[20].

Autres responsabilités

De 1983 à 1986, elle est membre de la « section 08 » (Informatique, Automatique, Signaux et Systèmes) du Comité national du CNRS.

En 1989, elle est nommée membre associée du Conseil général des ponts et chaussées ; en 1993 cette nomination est renouvelée pour trois ans[21].

En 1990-1992 elle est membre  d'abord en tant que secrétaire scientifique, mais très vite à part entière  du comité d'évaluation du projet européen de traduction automatique Eurotra (en), puis de la commission d'étude qui en découle ; les deux commissions travaillant sous l'égide de la présidence d'André Danzin (pour la Commission européenne[22]).

Recherche et enseignement

Alice Recoque a créé et assuré, pendant 20 ans, l'enseignement de structure des ordinateurs à l'ISEP[23]. Elle a également enseigné l'informatique dans d'autres écoles telles que l’École centrale, l'École supérieure d'électricité[24], l'ESIEE Paris[bib 6] et l'Institut catholique de Paris[25].

Vie familiale

Alice Recoque donne naissance à sa première fille, Françoise, en 1957, dont elle partage l'éducation avec la présence active de son époux, Robert. Quelques semaines après la naissance de leur seconde fille, Claire, en 1960, son mari est hospitalisé pour problèmes cardiaques, et se voit attribuer un pronostic de vie de cinq ans. Ce pronostic ne se réalisant pas, ils conçoivent ensuite Pierre, né en 1968. En mars 1971, Robert Recoque meurt d'une crise cardiaque et elle assume alors seule l'éducation de leurs trois enfants[bib 7].

Notoriété de son vivant

De son vivant, dès 2018, elle acquiert une notoriété comme figure historique de l'informatique en France. En avril, l'association Femmes & Sciences la fait figurer dans un livret « 40 femmes scientifiques remarquables du XVIIIe siècle à nos jours »[26],[27].

En juillet 2018, un long portrait lui est consacré dans le quotidien Le Figaro dans le cadre d'une série d'été sur les femmes ayant marqué l'histoire de l'informatique. L'historien de l’informatique Pierre-Éric Mounier-Kuhn s'y inquiéte que les travaux d’Alice Recoque aient tardé à être reconnus, parce qu’on parle peu des ingénieurs en France et qu’il s’agit d’une femme, ce qui pose des problèmes de notoriété : « En France, on parle peu de nos ingénieurs, surtout dans un domaine compliqué comme l'informatique. A fortiori quand il s'agit de reconnaître les travaux d'une femme : il a fallu batailler pour empêcher Wikipédia de supprimer la notice sur Alice Recoque ! »[1].

En 2019, l'association Femmes et sciences réalise le projet Mendeleïeva lors de la fête de la science pour le 150e anniversaire de la parution du tableau périodique des éléments de Mendeleïev[28]. Ce jeu est destiné à déconstruire les stéréotypes et encourager les filles à faire des sciences. La carte Si, pour l'élément Silicium, est à l'effigie d’Alice Recoque[29].

Mort et hommages

Le , Alice Recoque meurt à Ballainvilliers dans le département de l'Essonne[2],[30].

Photo d'un ordinateur avec un brouillon de trois lignes d'Alice Recoque sur Wikipédia. Aux alentours, des livres, des feuillets de publications, un code wifi et un livret pour guider dans la rédaction.
Création de la page Wikipédia d'Alice Recoque lors d'un atelier Femmes de science en 2014.

Le 1er février 2021, une nécrologie parue sur le site de l'École supérieure de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris, dont Alice Recoque était diplômée, mentionne le difficile débat d'admissibilité mené en 2015 sur Wikipédia à propos de son article biographique créé un an plus tôt, et affirme qu'elle mériterait « une reconnaissance plus matérielle, plus officielle et plus volontariste qu'une page Wikipédia »[31].

En novembre 2022, dans le cadre des séminaires « Histoire de l’Informatique et du numérique » du Conservatoire national des arts et métiers, la carrière d'Alice Recoque est longuement retracée comme celle d'une des « Quatre pionniers français de l'informatique ». Cette présentation accompagnée de nombreuses archives évoque également la place des femmes dans ce secteur[32].

En 2023, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, la CNIL la présente comme faisant partie des 8 femmes qui ont marqué l’histoire du numérique. Mésestimées ou oubliées, ces femmes ont toutes été confrontées à des stéréotypes de genre dans le monde de l’informatique et de l’innovation. Elle y figure aux côtés d'Ada Lovelace créatrice de l'algorithme, la mathématicienne de la NASA Grace Hopper, la cryptographe Hedy Lamarr, Katherine Johnson spécialiste des calculs de trajectoire à la NASA, Stephanie Shirley créatrice d'une entreprise de logiciels informatiques, Margaret Hamilton développeuse de logiciels pour le MIT et la NASA, Roberta Williams, conceptrice de jeux vidéo[33].

En mars 2024, Marion Carré, experte en intelligence artificielle et cofondatrice de Ask Mona, publie un livre-enquête biographique sur le parcours professionnel d'Alice Recoque. Le livre porte le titre du chapitre introductif, Qui a voulu effacer Alice Recoque ?, dans lequel l’autrice décrit le débat d'admissibilité de l'article Wikipédia sur Alice Recoque, dont la notoriété est contestée. Marion Carré souligne que c'est sans doute en raison d'une misogynie ambiante que la page a failli être effacée de Wikipédia[34], en l'absence (à cette époque) de sources médiatiques ou en ligne consacrées à sa vie ou son oeuvre, et au terme d'un débat conclu sur absence de consensus. Pour France Inter, dans ce débat, « Alice Recoque est jugée avec plus de sévérité en raison de son genre qui nourrit une suspicion la concernant » et la biographie (parue sous forme d'énigme policière) : « Qui a voulu effacer Alice Recoque ? »[bib 6] devrait lui permettre d'« obtenir la place qu’elle mérite pour la postérité »[34]. Pour Le Nouvel Économiste, cet ouvrage est aussi une réponse à l'invisibilisation des femmes scientifiques[35].

En décembre 2024, les pouvoirs publics français décident de baptiser de son nom le nouveau supercalculateur exaflopique européen destiné à être hébergé au Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives. Le choix de lui donner son nom n’est pas anodin, puisqu'elle est une des premières en France à avoir envisagé une IA générative[36]. Financé par les gouvernements français et néerlandais ainsi que par l'entreprise commune européenne EuroHPC[14], ce supercalculateur exaflopique, dont il existe peu d'exemplaires dans le monde en 2026, est considéré comme le fleuron de la production d’Eviden, une usine du Groupe Atos installée à Angers. Le nouveau supercalculateur « Alice Recoque » pourra effectuer plus d'un milliard de milliards de calculs à la seconde[37].

En mars 2025, pour la Journée internationale des droits des femmes, la direction interministérielle du numérique mentionne Alice Recoque dans la liste des 9 femmes pionnières du numérique et s'étonne du manque de notoriété faite à cette pionnière de l'intelligence artificielle. Elle y figure en bonne place aux côtés d'Ada Lovelace, Jean E. Sammet, Margaret Hamilton, Karen Spärck Jones, Mary Allen Wilkes, Hedy Lamarr, Sophie Wilson et Joan Clarke[38].

En 2026, Alice Recoque fait partie des 72 femmes scientifiques[39] dont le nom doit figurer sur la tour Eiffel avec les 72 savants hommes qui y figurent déjà depuis 1889[40].

Brevets

Alice Recoque est l'autrice de nombreux brevets dès le début de sa vie professionnelle, seule ou en collaboration :

  • FR70039E : Circuits à noyaux magnétiques saturables, brevet pris le [brev 1].
  • FR1160445 : Circuits de transfert et manipulation d'informations binaires, brevet demandé le [brev 2].
  • FR1166836 : Circuits de commutation à noyaux magnétiques, brevet demandé le [brev 3].
  • Magnetic core switching devices, Electronique & Automatisme, [brev 4]
  • Multiple peripheral coupled data processor system. Compagnie Internationale pour l'Informatique, [brev 5].
  • Hierarchised priority task chaining apparatus in information processing systems. Compagnie Internationale Pour L'Informatique, [brev 6].
  • Bi-processor data handling system including automatic control of exchanges with external equipment and automatically activated maintenance operation, [brev 7].
  • FR2344093 : Système de gestion cohérente d'une hiérarchie de mémoires, CII : FR2344093[brev 8].

Publications

  • A. Recoque et F. Becquet, CAB 500 : petite calculatrice arithmétique scientifique, Chiffres, tome 2, no 2, 1959.
  • Microprogramming in a Small Computer, NATO Advanced Summer School on Microprogramming, St.Raphael, France, .
  • (en) « Survey of Main Trends in Computer Hardware Architecture », dans Simon H. Lavington, Information Processing 80, Proceedings of IFIP Congress 80, Tokyo, Japan - October 6-9, 1980 and Melbourne, Australia - October 14-17, North-Holland/International Federation for Information Processing, , p. 115-125
  • A. Recoque, Structure interne des ordinateurs, Techniques de l'ingénieur. Informatique, 1984
  • « Qu'est-ce que l'intelligence artificielle ? », in I.A. et bon sens, Paris, coll. F.R. Bull, 1991, p. 93
  • Danzin A., S. Allén, H. Coltof, A. Recoque, H. Steusloff, and M. O'Leary, Eurotra Programme Assessment Report (Rapport Danzin), Commission of the European Communities, .
  • Towards a european language infrastructure Report by A. Danzin and the Strategic Planning Study Group for the Commission of the European Communities, 1992 (A. Recoque, membre du Groupe) [lire en ligne].
  • « Miria a validé l’ordinateur personnel avant qu’IBM ne le découvre », Code source, no 3 « Année 1969 », (lire en ligne [PDF]) Code source est l'hebdomadaire des 40 ans de l'INRIA, paru en 2007 (chaque numéro portant sur une année).
  • Alice Recoque, « Microprogrammation et machines virtuelles », Journées d'étude sur les recherches en structures de machine et architecture des systèmes, rennes, 13-14 novembre 1972
  • Alice Recoque, « Architecture multiprocesseur », Journées d’études sur les structures dépendant d'un groupement de multiprocesseurs, Saint-Pierre de Chartreuse, 22-23 novembre 1973
  • Alice Recoque, « Le multiprocessing pourquoi et comment ? », Section française « Computer » de l'IEEE,
  • Alice Recoque, « Mitra 15 an example of handling peripherical unit by specific multiprogramming », Special Review of Euro-Micro,
  • Alice Recoque, « Architecture à processeurs composants », Congrès AFCET, Gif-sur-Yvette,

Distinctions

Alice Recoque est nommée au grade de chevalier dans l'ordre national du Mérite par décret du paru au Journal officiel du , sur proposition du ministre de l'Industrie en qualité de « Délégué scientifique dans une société ». Par décret du paru au Journal officiel du , elle est promue au grade d'officier sur proposition du ministre de la Recherche et de la technologie en qualité de « chargée de mission dans une société »[41].

Elle est membre d'honneur de la Société informatique de France[42].

Une carrière représentative des freins professionnels des femmes

La biographie d'Alice Recoque publiée par Marion Carré en 2024 sous le titre Qui a voulu effacer Alice Recoque ?, analyse son parcours, et relève des éléments communs aux carrières scientifiques de plusieurs autres femmes.

Selon Marion Carré, bien souvent, le choix d'une filière d'études peu courante, ici des études scientifiques, à une époque où le sort attendu des femmes d'un niveau social privilégié était de se consacrer à leur mari, n'a été rendu possible que grâce à un travail personnel acharné, à une rencontre avec une professeure de mathématiques inspirante, et au soutien d'un proche qui, par ses encouragements et ses relations, lui a permis à la fois de ne pas s'autocensurer, d'envisager comme possible un tel futur et d'aplanir des difficultés administratives. Le choix d'entamer une carrière après ses études, contrairement à ses collègues de promotion, et malgré l'opposition de ses beaux-parents, tient probablement au caractère très affirmé de sa mère et à son exemple, ainsi qu'au soutien de son époux[bib 8].

Par la suite, Alice Recoque a témoigné de l'absence de misogynie parmi ses responsables hiérarchiques, mais fait état de difficultés des hommes sous ses ordres à accepter d'être dirigés par une femme, comme s'ils se sentaient « atteints dans leur chair ». Elle a aussi constaté que la carrière de ses collègues masculins, qu'elle considérait comme moins compétents, était nettement plus rapide que la sienne. Bien que son expertise soit unanimement reconnue, celle-ci n'entraînait pas les mêmes effets : les postes les plus prestigieux qui lui ont été proposés sur la seconde partie de sa carrière relevaient en fait d'un rôle d'éminence grise dénuée de tout pouvoir hiérarchique, dotée d'un pouvoir occulte mais sans responsabilités explicites[c],[43],[bib 9]. S'ajoute à ces traitements différenciés une forme d'effacement : Marion Carré cite en exemple un papier d'Alice Recoque de 1982, visionnaire sur ce que devrait être l'informatique personnelle dans le futur, avec des postes de travail « capables de traiter le texte, l'image, la voix » ; pouvant « mémoriser l'ensemble des travaux en cours (agenda, documents en cours d'élaboration, messages, etc.) générer toute sorte de caractères et de graphismes, procurer avec la base d'archivage un interface intelligente ». Ce papier, qui décrit un ordinateur proche des ordinateurs actuels, est toutefois signé du nom de son PDG, son nom à elle n'apparaissant pas[bib 10].

Cette invisibilisation est telle que, très ironiquement, alors que Recoque avait justement élaboré une prospective visionnaire en matière d'intelligence artificielle, ChatGPT est incapable de donner la moindre information sur elle en 2024, à partir d'une base de données mise à jour en 2022[bib 11]. Pour Marion Carré, Alice Recoque partage un sort commun avec de nombreuses autres femmes scientifiques très souvent diminuées, ignorées, ou voyant leurs collègues masculins crédités des travaux à leur place, dans ce qui a été décrit comme l'effet Matilda[bib 12].

Pour approfondir

Bibliographie

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Ressource radiophonique

Liens externes

Notes et références

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