Allen Klein

entrepreneur américain From Wikipedia, the free encyclopedia

Allen Klein, né le à Newark (New Jersey) et mort le à New York[1], est un homme d'affaires américain et un dirigeant de label discographique, principalement connu pour sa gestion agressive et controversée du répertoire musical de grands groupes de rock, comme les Rolling Stones et les Beatles (après la mort de Brian Epstein).

Décès
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New YorkVoir et modifier les données sur Wikidata
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Formation
Upsala College (en)
Weequahic High School (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Allen Klein
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Biographie
Naissance
Décès
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Formation
Upsala College (en)
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Il est considéré comme l'un des acteurs provoquant la fin des années 1960, comme mouvement culturel, avec la récupération des droits du catalogue des Rolling Stones et l'histoire de l'album Let It Be des Beatles (avec les bandes confiées à Phil Spector) comme une des raisons de leur dissolution.

Biographie

Avec les Rolling Stones

Au printemps 1965, le contrat entre les Rolling Stones, leur label Decca et la société Impact Sound — créée par son producteur, Andrew Loog Oldham, et son associé Eric Easton, pour gérer les droits d'auteur — n'est pas renouvelé car ces deux derniers se sont fâchés à ce sujet[2]. Oldham, le jeune manager du groupe qui joue un rôle majeur dans l'image du groupe[3],[4], doit alors chercher un nouvel associé. Peu après la sortie de (I Can't Get No) Satisfaction, leur premier numéro un aux États-Unis, le groupe autorise Oldham d'engager Allen Klein pour renégocier le contrat du groupe avec Decca Records.[5] Il obtient auprès de Decca un nouveau contrat à hauteur de 700 000 $ par an, dont une avance de 600 000 $, et un nouveau contrat séparé avec London Records, la filiale américaine de Decca, pour ce même montant. De plus, l'homme d'affaires modifie les parts des droits d'auteurs du groupe en passant de 6 à 7% (et réduit ainsi la part aux producteurs), tout en renonçant à sa commission.[6][7]Ainsi, le groupe était assuré d'être payé plus que les Beatles[8]. Klein propose aux Stones une garantie minimale d’un million de dollars, payable sur 20 ans afin de réduire leur imposition, pour qu’ils deviennent leur éditeur musical, se fiant à sa confiance dans le duo de compositeurs Jagger-Richards. Il organise également une tournée et une promotion d’une ampleur sans précédent pour la tournée américaine des Stones en 1965, organisée pour la promotion de l’album Out of Our Heads[9].

Jagger, qui avait fait des études en économie[10], se méfie peu à peu de Klein, notamment en raison de sa capacité à s'immiscer dans les affaires financières toujours plus florissantes du groupe et à en tirer profit. Par exemple, en 1968, Klein rachète très avantageusement la part d'Oldham - qui a démissionné un an plus tôt - dans le groupe pour 750 000 $[11],[12],[13],[14]. Dès 1968, les Stones, préoccupés par la gestion de leurs finances par Klein, font appel à un cabinet d'avocats pour enquêter, et Jagger engage le banquier d'affaires Prince Rupert Loewenstein comme conseiller financier personnel[15]. En 1969, Mick Jagger tente de dissuader en vain les Beatles d'engager Klein pour gérer les affaires du groupe[16]. En 1970, à l'occasion de la renégociation de leur contrat avec Decca, le groupe engage Loewenstein à la place de Klein comme manager[17].

La rupture entre Klein et les Rolling Stones engendre des années de litiges. En 1971, les Stones poursuivent Klein au sujet des droits d'édition américains. L'affaire se règle à l'amiable l'année suivante : les Stones reçoivent 1,2 million de dollars correspondant à la totalité des royalties américaines perçues jusqu'alors (soit l'avance de 1,25 million de dollars versée par Decca aux Stones en 1965 et que Klein retenait depuis août 1965)[18]. Cependant, les Stones ne peuvent rompre leur contrat avec Klein, qui détient 2 millions de dollars supplémentaires, payables sur 15 ans, officiellement pour des raisons fiscales. La société de Klein, ABKCO, conserve les droits d'édition de la musique des Stones[19], et Klein amasse une fortune grâce à l'album le plus vendu du groupe, Hot Rocks 1964-1971[18].

Par la suite, en 1972, Klein affirme que certaines chansons de l'album Exile on Main Street ont été composées alors que les Stones étaient encore sous contrat avec ABKCO. En conséquence, ABKCO acquiert les droits sur les chansons litigieuses et peut publier un autre album des Rolling Stones, More Hot Rocks (Big Hits and Fazed Cookies)[20]. En 1974, des négociations concernant les royalties aboutissent au versement de 375 000 $ aux Stones et à la sortie par ABKCO d'un autre album des Rolling Stones, Metamorphosis[21]. En 1975, de nouveaux procès et négociations se soldent par le versement d'un million de dollars aux Stones pour non-paiement de leurs royalties par Klein, et par la sortie de quatre albums des Rolling Stones[22]. En 1984, Jagger et Richards intentent un procès à ABKCO pour rupture de leur contrat d'édition en raison du non-paiement de leurs royalties. Le juge encourage les deux parties à parvenir à un accord[23].

Ce n'est qu'en 1986, au moment où l'apparition du CD génère d'importants profits pour l'industrie musicale, que les relations entre Klein et les Rolling Stones s'améliorent[24], au point de travailler ensemble en 2002 sur la compilation anniversaire Forty Licks et la tournée Licks, célébrant le 40e anniversaire du groupe, où des chansons appartenant à ABKCO sont intégrées. Les Stones acceptent un plan de paiement sur cinq ans proposé par le fils de Klein, Jody[25]. En 2003, Klein négocie avec Steve Jobs pour que les chansons des Rolling Stones d'ABKCO soient disponibles sur iTunes.

Dans les années 1990 et 2000, Allen Klein est également connu comme le personnage à l'origine de toutes les disputes légales autour du titre Bitter Sweet Symphony de The Verve, contenant un sample d'une composition orchestrale d'Oldham inspirée de The Last Time des Rolling Stones — lui même très largement inspiré d'une interprétation des Staple Singers — récupérant les droits du titre des Verve et l'utilisant pour de nombreuses publicités au niveau mondial[26],[27].

Avec les Beatles

Le , la direction d'Apple, maison de disques des Beatles, annonce que ceux-ci verront leurs affaires gérées par Allen Klein. En mars, Klein entame des négociations avec NEMS[28] pour dégager les Beatles de leur contrat, cette société ne leur étant plus utile et touchant encore des royalties sur leurs activités. Allen Klein devient le manager des Beatles contre l'avis de Paul McCartney qui refusera toujours de signer le moindre contrat avec lui. D'ailleurs, Mick Jagger a tenté en vain de dissuader le groupe de l'engager[16]. L'homme d'affaires américain fait le ménage chez Apple Corps et renégocie de façon très avantageuse les contrats de distribution avec EMI au Royaume-Uni et Capitol Records aux États-Unis.

Il décide aussi, en , suivi en cela par John Lennon et George Harrison, de confier au producteur américain Phil Spector les bandes du projet Get Back, enregistrées plus d'une année auparavant, pour qu'il produise le disque Let It Be à sa façon. Paul McCartney à qui personne n'a demandé son avis, se met en colère en écoutant le résultat, et interpelle Allen Klein par courrier (« Ne refaites plus jamais ça ! ») et évoque cette histoire en annonçant sa séparation du groupe le comme une des raisons de son départ. À la fin de cette année-là, il lance un procès contre ses trois anciens camarades afin de prononcer la dissolution juridique des Beatles et, avant tout, de se débarrasser d'Allen Klein[29],[30].

Par la suite, Allen Klein détourne les fonds du concert de charité organisé par George Harrison en 1971 en faveur du Bangladesh, et voit ainsi les relations rompues avec les trois anciens Beatles qui l'avaient engagé à l'époque[31].

Mort

Allen Klein décède à l'âge de 77 ans des suites de la maladie d'Alzheimer.

Notes et références

Annexes

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