Nexa Technologies
entreprise française
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Nexa Technologies est une entreprise française du secteur de la cyberdéfense, issue de la scission d'Amesys en 2012, une société de services en ingénierie informatique française fondée en 1979 et développant son activité principalement sur les marchés de la défense et de l'aéronautique, des télécommunications, du transport, de l'énergie, de l'industrie, des réseaux, de la sécurité et de la microélectronique. Elle est une filiale de l'éditeur français de logiciels d'analyse ChapsVision depuis 2022.
2012 : scission d'Amesys, création de Bull ISS et Nexa Technologies
2021 : rachat par Elektron, puis par ChapsVision
2023 : Nexa Technologies devient RB 42 au sein de ChapsVision
| Nexa Technologies | |
Logo de Nexa Technologies. | |
| Ancien nom | Amesys, Advanced Middle East Systems[1] |
|---|---|
| Création | |
| Dates clés | 2007 : I2E devient Amesys 2012 : scission d'Amesys, création de Bull ISS et Nexa Technologies 2021 : rachat par Elektron, puis par ChapsVision 2023 : Nexa Technologies devient RB 42 au sein de ChapsVision |
| Fondateurs | Philippe Vannier |
| Personnages clés | Philippe Vannier, Stéphane Salies, Olivier Bohbot |
| Forme juridique | Société par actions simplifiée[2] |
| Siège social | 30, rue Galilée, Paris |
| Direction | Olivier Bohbot |
| Actionnaires | |
| Activité | Sécurité nationale, télécommunications, transport, conseil en systèmes et logiciels informatiques (d)[2] et secteur aéronautique et spatial |
| Société mère | ChapsVision (via Flandrin Technologies) |
| Filiales | Intellexa (coentreprise) |
| SIREN | 751 230 681 |
| Site web | nexatech.fr |
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Le groupe français, « hautement controversé » dans le « secteur français de la surveillance » selon le quotidien Le Monde, a été au cœur du Predator Files, un scandale politico-judiciaire centré autour du logiciel espion Predator du consortium Intellexa, qui a permis à des régimes autoritaires et même démocratiques de surveiller et espionner la population, des avocats, des journalistes, des opposants politiques, des personnalités politiques, des universitaires dans l’Union européenne, aux États-Unis et en Asie. Ses dirigeants avaient notamment été mis en examen pour « complicité de torture » et de « disparition forcée »[3],[4]. En 2006, la société, sous le nom d'Amesys, également controversée, avait déjà été épinglée pour son logiciel de surveillance Eagle, vendue à la Libye de Mouammar Kadhafi[5],[6].
En 2021, Nexa Technologies est reprise par sa société sœur Elektron[7], qui sera par la suite racheté en janvier 2022 par le groupe français ChapsVision, à travers Flandrin Technologies, sa division cyber[8],[9]. Elle est depuis intégrée à ChapsVision, renommée « RB 42 » en mars 2023 et recentrée sur la cybersécurité, abandonnant la surveillance[10],[11],[12].
Présentation
I2E puis Amesys (1979–2012)
Amesys est une filiale du groupe Crescendo Industries, dirigée par Philippe Vannier et créée début 2007 par fusion de deux filiales du groupe : I2E et Artware.
Le , Amesys est intégrée dans le groupe Bull, société française spécialisée dans l'informatique professionnelle, quand Crescendo Industries entre dans le capital de Bull. Philippe Vannier, PDG d'Amesys, devient alors PDG du groupe Bull[13].
Amesys réunissait neuf cents employés, répartis entre onze entreprises, dans toute la France (Aix-en-Provence, Paris, Toulouse, Grenoble, Rennes, Sophia Antipolis, Montpellier, Lyon, Strasbourg, Bordeaux) ainsi qu'à l'étranger (Luxembourg, Canada, Allemagne, Suisse et Singapour). Son activité englobait l'ingénierie et l'intégration de systèmes complexes, le développement matériel, logiciel (notamment au travers la marque BEN Marine) et de technologies informatiques, le conseil en hautes technologies et l'assistance technique.[réf. nécessaire].
En 2012, Amesys, alors filiale de Bull, se scinde en deux entités, l'une est intégrée à Bull et renommée « Bull ISS », et l'autre, centrée sur la cybersécurité et Eagle, le logiciel dédié à l'interception de données sur Internet, devient Nexa Technologies[14]. La société est créée par l'ancien directeur commercial d'Amesys Stéphane Salies, également à l'origine de la société Advanced Middle East Systems (AMES)[15]. Bull sera ensuite racheté par le groupe Atos en 2014.
Nexa Technologies (2012–2022)
En 2021, Nexa Technologies cède ses activités à sa société sœur française Elektron[16], rachetée ensuite en 2022 par ChapsVision[17].
Procédures judiciaires
Affaire de la vente de technologies de surveillance à la Libye
En , plusieurs sites d'information, dont Reflets.info[18] et Owni.fr[19] mettent en lumière la compromission de la société Amesys dans une affaire d'espionnage liée au régime libyen, dirigé par le colonel Kadhafi[20]. Le de la même année, un reportage du Wall Street Journal précise les faits[21]. Des documents rendus publics par l'ONG Wikileaks détaillent les moyens techniques mis en œuvre[20]. L'entreprise a en effet vendu des technologies de surveillance qui ont permis au chef de l'État libyen de faire surveiller, traquer, éliminer ses opposants et, d'organiser l'écoute de l'ensemble des communications sur les réseaux internet et de téléphonie mobile et satellitaire en Libye[20],[22],[23]. La Fédération internationale des ligues des droits de l'homme et la Ligue des droits de l'homme mettent en cause Amesys et portent plainte contre X à Paris, le [24]. En , une entrevue du directeur commercial d'Amesys Bruno Samtmann compare la responsabilité d'Amesys dans les vies humaines mises en danger en Libye du fait de l'usage de cette technologie de surveillance à la responsabilité d'un vendeur de stylo dans les textes écrits avec ce stylo[25],[26].
Le , Bull annonce se séparer de sa filiale Amesys, commercialisant le logiciel Eagle mis en cause. Deux nouvelles sociétés, AMESys et Nexa Technologies, sont créées par l'ancien directeur commercial d'Amesys. Le logiciel Eagle, renommé « Cerebro », est cédé à l'entreprise Advanced Middle East Systems (AMESys), société écran créée pour l'occasion basée aux Émirats arabes unis[15] qui travaille en Libye avec Abdallah Senoussi comme interface commerciale, condamné en France par contumace pour terrorisme dans le cadre de l'explosion du vol UTA 772 qui a fait 170 morts dont 54 français[27]. Cette cession ne donne lieu à aucune autorisation d'export car le Premier ministre français, Jean-Marc Ayrault, indique alors qu'il s'agit d'un « matériel grand public »[15]. Nexa Technologies[28],[29] vend une solution logicielle qui reprend le système de surveillance fourni au colonel Kadhafi. Un de ses clients est l'Égypte dirigée par le général Abdel Fattah al-Sissi[30].
Le , une information judiciaire à l'encontre d'Amesys est ouverte à Paris pour complicité d'actes de torture[31]. L'enquête est confiée à un juge du pôle spécialisé dans les crimes de guerre, les crimes contre l'humanité et les génocides du tribunal de grande instance de Paris. Le chef de complicité d'actes de torture se justifie par le fait que la technologie livrée en Libye permettait à Mouammar Kadhafi et son régime de placer sous surveillance toute la population libyenne, afin de repérer les opposants, qui étaient arrêtés, mis en prison et torturés.
Dans un rapport de l'association Reporters sans frontières accuse Amesys de faire partie des « sociétés ennemies d'internet », notamment du fait de son implication en Libye[32],[33].
Le journal Le Nouvel Observateur révèle, le , qu'Amesys est partie prenante dans la création du fichier TES, une base de données d'environ soixante millions d'enregistrements, gérée par le ministère de l'Intérieur et qui rassemble les données personnelles et biométriques des Français pour la gestion des cartes nationales d'identité et des passeports français[34].
Plusieurs cadres et dirigeants ayant travaillé pour Amesys sont mis en examen en pour « complicité d’acte de torture »[35]. En , la chambre d'instruction de la Cour d'appel de Paris confirme la mise en examen de l'entreprise et de ses anciens dirigeants Philippe Vannier (président jusqu'en 2010) et Olivier Bohbot (président de Nexa depuis 2014), et annule celle de deux anciens employés[36],[37]. En , la Cour d'appel de Paris annule la mise en examen de l'entreprise et 4 cadres pour les placer sous le statut de témoin assisté. Elle a « en revanche rejeté les requêtes en nullité portant sur la procédure elle-même et renvoyé le dossier à la juge d’instruction chargée du dossier pour qu’elle poursuive ses investigations »[38].
En , le média d'investigations Reflets.info révèle que la Justice a saisi des communications datant du entre l'ancien chef de projet de Eagle et son ancien assistant, où ils envisageaient de poser une bombe pour faire exploser le véhicule du rédacteur en chef de Reflets.info, qui avait révélé la collaboration d'Amesys avec des dictatures. Le média révèle que depuis, cet assistant est devenu chef de bureau adjoint du bureau environnement industriel à l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information, et un autre de ses collègues, est devenu chef du pôle conception et expertise du bureau infrastructure et support dans la même agence. Thierry Breton ex-président d'Atos, aurait aussi protégé Philippe Vanier, l'ex-président d'Amesys, en le nommant responsable l’activité cybersécurité et en le faisant entrer au conseil d'administration de l'entreprise. Les présidents de la République française Nicolas Sarkozy, François Hollande et Emmanuel Macron ont protégé l'entreprise dans son activité, exploitée par la direction générale du Sécurité extérieure (DGSE)[27],[39].
Vente de logiciel espion sans autorisation
En , le consortium de journaliste European Investigative Collaborations révèle que l'entreprise Nexa a effectué une démonstration en à Madagascar du logiciel espion Predator, développé par l'entreprise Cytrox et officiellement vendu à des fin de lutte contre le terroriste et le crime organisé. L'enquête judiciaire sur cette entreprise a découvert qu'un cadre de l'entreprise avait sur son téléphone un rapport confidentiel sur Roland Rasoamaharo, journaliste d'investigation malgache critique du pouvoir, ce qui laisse penser que cette démonstration avait un « usage politique » du logiciel. L'entreprise l'aurait ensuite vendu à ce pays en , avant d'obtenir une autorisation, à la suite de pressions de la présidence malgache qui craignait un coup d'État. Le système aurait été livré à l'ambassade de Madagascar à Paris pour éviter tout contrôle, et aurait donné lieu à l'arrestation d'une vingtaine de personnes dont deux ressortissants français au moins. La vente a ensuite été finalisée officiellement par l'entreprise britannique Signum intelligence. L'entreprise Nexa a servi d'intermédiaire pour la vente de ce logiciel à la Libye, l’Égypte, le Vietnam, qui est accusé d'avoir espionné l'ambassadrice d'Allemagne aux États-Unis, et la présidente du parlement européen. L'enquête révèle comment Nexa a utilisé sa filiale Advanced Middle East Systems, aux Émirats arabes unis, pour contourner des contrôles à l'exportation[40].