Andreas
scénariste et dessinateur de bande dessinée allemand
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Andreas, de son vrai nom Andreas Martens, né le à Weißenfels (République démocratique allemande), est un illustrateur et auteur de bande dessinée.
Biographie
Après avoir vécu à Weißenfels où il est né, Andreas déménage avec ses parents pour Düsseldorf en 1965.
À la fin des années 1960, à l'occasion d'un voyage en Grande-Bretagne, il découvre les comics Marvel[1], et se sent attiré par la narration et la mise en page.
Années de formation
En 1972, ratant la date des inscriptions de l'Institut Saint-Luc à Bruxelles, il commence ses études artistiques à l'Académie des beaux-arts de Düsseldorf. Il y passe un an.
En 1973, Andreas quitte l'Allemagne pour se rendre en Belgique afin d'y étudier, pendant trois ans, à l'Institut Saint-Luc[2]. Il y rencontre Philippe Berthet, Antonio Cossu et Philippe Foerster avec qui il travaille en atelier — l'atelier R de Claude Renard[3] — en 1977. Durant la seconde année d'étude, il suit en parallèle les cours d'Eddy Paape à l'Académie de Saint-Gilles pendant deux ans. C'est auprès de Paape qu'Andreas apprend « les bases de la narration, du dessin, la composition d'une planche[4] ». Andreas travaille en tant qu'assistant avec Paape pendant un an et demi, sur Udolfo (Andreas faisant le crayonné) et la série Luc Orient.
Premières publications
Il publie sa première bande dessinée dans la revue le 9e Rêve[5] en 1978 : le récit court Schizo[6]. Il débute en participant aux revues (À suivre), Tintin et Métal hurlant[7].
En 1978, il crée le personnage de Rork, qu'il propose au journal Tintin, dont le rédacteur en chef est alors André-Paul Duchâteau[4]. En 1980, il reçoit le prix Saint-Michel pour le premier tome de cette série intitulé Fragments[8]. En 1982, Andreas arrête provisoirement la série.
Son premier album publié est Révélations posthumes en 1980 aux éditions Bédérama (réédition Delcourt, 1990[6]), avec François Rivière comme scénariste. C'est un recueil de quatre histoires imaginaires sur les écrivains H. P. Lovecraft, Agatha Christie, Jules Verne, et Pierre Loti, parues dans la revue (À suivre) et utilisant la technique de la carte à gratter[6].
En 1984, les aventures de Rork sont reprises dans deux albums dans la collection « Histoires et Légendes » des éditions Le Lombard. L'éditeur demande à Andreas de continuer la série, et lui offre un contrat pour un cycle de cinq albums[4]. Cette série s'achèvera en 1993 avec la publication de Retour.
En 1995, Andreas collabore au one shot Styx, scénarisé et dessiné par Philippe Foerster[6]. Il en réalise l'encrage, l'album paraît au Lombard, dans la collection « Signé »[6].
Séries longues – Capricorne, Arq
Depuis 1997, il travaille principalement sur ses deux plus longues séries : Capricorne (une vingtaine d'albums plus les intégrales en réédition) pour les éditions du Lombard[9] et Arq (18 tomes en 2015) pour celles de Delcourt.
Depuis 2001, Andreas délègue la colorisation de la série Capricorne à Isabelle Cochet[10]. En 2006, le partenariat se pérennise, Isabelle Cochet participe au dessin de l'album Quintos[11],[12],[13]. En 2019, notamment, paraît l'album L'Argentine (Futuropolis)[14],[15]. Dans cet album, Andreas délaisse les hachures pour faire place aux couleurs d'Isa Cochet[16]. Selon BD Gest' : « Découpage impeccable et imparable […], trait épuré à l’extrême complété par une mise en couleurs surprenante, l’ensemble est audacieux et, heureusement, parfaitement au point[17]. ».
En 2001, le festival de bande dessinée Quai des Bulles de Saint-Malo lui a remis le prix Bonnet d'âne[18].
En 2002, il participe à Donjon dirigée par Lewis Trondheim et Joann Sfar en dessinant La Carte majeure de la série Monster dans la collection « Humour de rire » des éditions Delcourt[6].
En 2023 paraît le beau-livre L’Art fantastique d’Andreas[19] à la fondation hollandaise Sherpa (Haarlem).
Selon Patrick Gaumer dans le Dictionnaire mondial de la BD :
« Son inspiration « lovecraftienne », son graphisme « gothique » […] en font l'un des plus prodigieux artiste du 9e art[6]. »
Vie privée
En 1978, il emménage en France, d'abord à Paris puis à Saint-Brieuc (1982), à Rennes (1995) et enfin à Loyat dans le Morbihan (2008)[20]. Son installation dans l'Ouest de la France influence son inspiration artistique[6].
Influences
Littérature et bande dessinée
Andreas apprécie à la fois H. P. Lovecraft, Edgar Allan Poe et la série noire dans les thèmes qu'il aborde[21], graphiquement, il se dit influencé en particulier par des dessinateurs de comics et cite entre autres Bernie Wrightson[8], Joe Kubert, Neal Adams[8] et Richard Corben[22], mais aussi Barry Windsor-Smith ou Alex Toth. Dans sa jeunesse, il se passionne pour Joe Kubert, Bernie Wrightson, Neal Adams, John Buscema et Jim Aparo[4].
Dans un entretien publié en 2012, il déclare son intérêt pour des auteurs américains comme Stuart Immonen, John Romita Jr., Bryan Hitch, Greg Capullo, Alex Maleev, Pasqual Ferry, Chris Bachalo ou Toby Cypress[4].
L'architecture
Dès le premier épisode de Rork (Un siècle pour une maison, publié en 1978), ou dans des albums comme Le Cimetière de cathédrales, ou New York (qui présente un New York coupé en deux), les architectures tiennent une place importante dans l'œuvre d'Andreas. Le journaliste Antoine Guillot relève ce motif dans le personnage récurrent de Low Valley, qui utilise des pouvoirs de télékinésie pour désassembler (voire réassembler) des édifices. Dans une interview, Andreas déclare qu'avant de faire de la bande dessinée, il voulait devenir architecte[1]. Dans l'album Le Triangle rouge, il rend hommage à l'architecte américain Frank Lloyd Wright.
Publications
Albums de bande dessinées
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Collectifs
- Le 9e Rêve no 1/5[30], Édition Louis Musin, Bruxelles, , 116 p. — contribution récit Schizo[6] (5 pages).
- Pepperland 1970 1980, Pepperland, Bruxelles, 1980
Scénario et dessin : collectif dont Andreas - Couleurs : noir et blanc, - À l'aube de la liberté, Dargaud, , 59 p., 24 × 32 cm (ISBN 2-205-03889-3),
- Comix 2000, L'Association, 2000, 2 048 p., 16 × 24,5 cm, noir et blanc (ISBN 2-84414-022-X),
- Entre chats, Delcourt, Paris,
Scénario : collectif - Dessin : collectif dont Andreas - Couleurs : quadrichromie - (ISBN 2-906187-33-X),Contribution : récit court Le Cauchemar (3 planches muettes, dessin, scénario, couleurs directe : Andreas) + 2 illustrations couleur et noir et blanc. - La Fabrique Delcourt a dix ans (Delcourt, ), 72 p., 23 × 32 cm, noir et blanc (ISBN 2-84055-091-1),Contribution : récit sans titre : (1 planche noir et blanc, scénario, dessin : Andreas).
- Norte Sur, éd. Ikusager (Espagne), 1989, 80 p., 24 × 30,5 cm,Contribution : récit El Regreso (8 planches, couleur directe : Andreas).
- Paroles de parloirs, scénario de Éric Corbeyran, Delcourt, coll. « Encrages », , 141 p., 16,5 × 23 cm, noir et blanc (ISBN 2-84789-309-1),Contribution : récit Le Temps de la réflexion (4 planches d'après un texte de Rachida).
- Pourquoi j'aime la bande dessinée ?, Delcourt, Paris, juin 2006
Scénario : collectif - Dessin : collectif dont Andreas - Couleurs : noir et blanc - (ISBN 2-7560-0442-1),Contribution : récit sans titre : (1 planche noir et blanc, scénario, dessin). Édité à l'occasion des 20 ans de la maison d'édition. Témoignage de leur amour pour le 9e art de ceux qui créent et lisent la bande dessinée d’aujourd’hui. Vendu au profit de la Croix-Rouge[31].
En revues et journaux
Dans Tintin
- Chlorophylle contre les rats noirs (d'après Raymond Macherot, 2 pages dans Tintin[32] no 316 en 1981, hommage rendu)
- Les Oubliés (9 planches parues dans Super Tintin no 18 en 1982 avec le personnage de Rork)
- Les Aventures mystérieuses et rocambolesques de l'agent spatial, feuilleton collectif des auteurs du journal (1 planche dans Tintin no 559 en 1986),
- Le Sauveur du crétacé (2 pages dans Tintin no 619 en 1987 avec le personnage de Rork)
Dans Je bouquine
- Jane Eyre adaptation en bande dessinée du roman éponyme de Charlotte Brontë dans Je bouquine[33],[6] no 24 en 1986
- dans Je bouquine no 46 en 1987
Autres magazines et fanzines
- Doublures (scénario de François Rivière, 3 pages dans (À suivre)[34] Hors-Série John Lennon en 1981), hommage au chanteur disparu
- L'Ouvrier disparu (scénario de Gérard Santi, 4 pages dans la revue Viper no 1 en 1981)
- Le Pirate, pastiche (1 planche) dans Spirou[35] no 2236 en 1981
- Changeons d'air (3 pagesdans (À suivre)[34] hors-série Rythm n'bulles en 1986)
- X-20 (10 pages dans la revue Conséquences no 13/14 en 1990)
- Les Lettres, dessins Andreas et Cossu, scénario Michel Jamsin, 6 pages dans la revue Brazil no 2 en 1994
- L'Ours, scénario Jean-Luc Cornette, 5 pages parues dans Pavillon Rouge no 5 en 2001, et compilé dans Dérives 2[36],[37],[38] (Delcourt, 2017)
Para-BD
L'univers graphique d'Andreas se décline sous différentes formes, ainsi l'artiste réalise des portfolios, sérigraphies, ex-libris[39], posters, marque-pages, cartes ou cartons[40]. Il réalise également des affiches de festivals de bande dessinée[33].
Portfolios
Illustrations
- Couverture de Sans dessus dessous[42] de Jules Verne (Glénat, 1978)
- Couverture de Forceurs de blocus de Jules Verne (Glénat, 1978)
- Couvertures des 6 premiers volumes de Le Cycle des épées de Fritz Leiber (éditions Temps futurs) :
- Couverture de Conspirations[43], jeu de rôle, éd. Halloween Concept, coll. « septembre 1995 », 159 p. (ISBN 2-910529-09-6)
Expositions
- Les Arcanes d'Andreas, Musée des Beaux-Arts d'Angoulême du au .
Réception
Récompenses
- 1980 :
prix Saint-Michel[8] de l'espoir pour Rork t. 1 Fragments ; - 1985 :
prix du meilleur dessin décerné par la Chambre belge des experts en bande dessinée pour La Caverne du souvenir[44] ; - 1999 :
prix Bob Morane[8] pour Capricorne t. 3 Deliah ; - 2001 :
prix Bonnet d'âne au Quai des bulles[18]. - 2022 : le site BD Gest' le fait entrer dans le panthéon de la BD par le Hall of Fame franco-belge[45].
Postérité
Andreas a eu une influence sur Algésiras et Vincent Henin[46].