André Le Troquer
résistant et homme politique français
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André Le Troquer, né le à Paris 17e[1] et mort le à Andilly (Val-d'Oise), est un homme d'État français, résistant, président de l'Assemblée nationale de 1954 à 1955, puis de 1956 à 1958.
| André Le Troquer | ||
André Le Troquer en 1948. | ||
| Fonctions | ||
|---|---|---|
| Président de l'Assemblée nationale | ||
| – (2 ans, 8 mois et 10 jours) |
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| Élection | 24 janvier 1956 | |
| Législature | IIIe (Quatrième République) | |
| Prédécesseur | Pierre Schneiter | |
| Successeur | Jacques Chaban-Delmas (Ve République) | |
| – (11 mois et 29 jours) |
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| Élection | 12 janvier 1954 | |
| Législature | IIe (Quatrième République) | |
| Prédécesseur | Édouard Herriot | |
| Successeur | Pierre Schneiter | |
| Ministre de l'Intérieur | ||
| – (4 mois et 17 jours) |
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| Président du gouvernement | Félix Gouin | |
| Gouvernement | Gouin | |
| Prédécesseur | Adrien Tixier | |
| Successeur | Édouard Depreux | |
| Député français | ||
| – (12 ans et 7 jours) |
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| Élection | 10 novembre 1946 | |
| Réélection | 17 juin 1951 2 janvier 1956 |
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| Circonscription | 3e de la Seine | |
| Législature | Ire, IIe et IIIe (Quatrième République) | |
| Groupe politique | SOC | |
| – (1 an et 21 jours) |
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| Élection | 21 octobre 1945 | |
| Réélection | 2 juin 1946 | |
| Circonscription | Seine | |
| Législature | Ire Constituante IIe Constituante |
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| Groupe politique | SOC | |
| – (4 ans, 1 mois et 8 jours) |
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| Élection | 3 mai 1936 | |
| Circonscription | Seine | |
| Législature | XVIe (Troisième République) | |
| Groupe politique | SOC | |
| Prédécesseur | Charles Péchin | |
| Successeur | Circonscription supprimée | |
| Ministre de la Défense nationale | ||
| – (1 mois) |
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| Président | Léon Blum | |
| Gouvernement | Blum III | |
| Prédécesseur | Félix Gouin | |
| Successeur | François Billoux | |
| Président du conseil municipal de Paris | ||
| – (1 an, 3 mois et 7 jours) |
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| Élection | 20 mars 1945 | |
| Prédécesseur | Pierre Taittinger (indirectement, Vichy) | |
| Successeur | Henri Vergnolle | |
| Conseiller général de la Seine | ||
| – (8 ans) |
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| Circonscription | 6e et 8e secteurs | |
| Prédécesseur | René Laignel | |
| Successeur | Jean-Marie Teitgen | |
| – (21 ans) |
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| Circonscription | Quinze-Vingts | |
| Prédécesseur | Pierre-Amédée Morel | |
| Successeur | Laurent Lucq | |
| Biographie | ||
| Date de naissance | ||
| Lieu de naissance | 17e arrondissement de Paris (France) | |
| Date de décès | (à 79 ans) | |
| Lieu de décès | Andilly (France) | |
| Nationalité | Française | |
| Parti politique | SFIO | |
| Diplômé de | Collège Stanislas | |
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Biographie
Première Guerre mondiale
André Le Troquer a été décoré de la croix de guerre pour sa participation à la Première Guerre mondiale d’où il était revenu mutilé[2]. Un éclat d'obus lui avait fait perdre l'usage de sa main droite, d'où le port systématique d'un gant en public. Les caricaturistes et journalistes semblent être toujours restés extrêmement discrets sur cette infirmité, même lors de l'affaire des Ballets roses. À l'époque, se moquer d'un ancien combattant aurait fait scandale[N 1].
Carrière politique

Militant socialiste, élu député de Paris en 1936[2], il siège par la suite à l'Assemblée nationale de 1945 à 1958. André Le Troquer se prononce en contre la demande d'armistice. Il prend alors publiquement position en faveur de « la destitution du maréchal Pétain et du général Weygand »[3]. Il s'embarque le à Bordeaux avec d'autres parlementaires sur le paquebot Massilia à destination de l'Afrique du nord pour continuer la lutte, et arrive à Casablanca le , soit deux jours après la signature de l'armistice du 22 juin 1940.
En 1942, avec Félix Gouin, il défend Léon Blum lors du procès de Riom[2]. Traqué par la Gestapo, il vit quatorze mois dans la clandestinité, préside le Comité directeur de la SFIO et siège au Conseil national de la Résistance[3]. Après être passé en Angleterre, il siège à l'Assemblée consultative d'Alger avant d'être nommé commissaire à la Guerre et à l'Air puis commissaire délégué à l'Administration des territoires métropolitains libérés au sein du Comité français de libération nationale[3]. Il est avec le général de Gaulle à la libération de Paris et descend à ses côtés les Champs-Élysées en [3].
Au printemps 1945, avant même l'ouverture du procès du maréchal Pétain (le ), il suggère que la condamnation à mort soit suivie d'une cérémonie solennelle à l'Arc de Triomphe au cours de laquelle un simple troupier dégraderait le Maréchal et briserait son bâton. L'idée n'est pas retenue[4]. Président du conseil municipal de Paris de 1945 à 1946[5],[6], il devient ministre de l’Intérieur du au dans le gouvernement Gouin et ministre de la Défense nationale dans le 3e gouvernement de Léon Blum du au . Vice-président de l'Assemblée nationale, il est président par intérim du Congrès à Versailles lors de l'élection de René Coty à la présidence de la République en .
En tant que président de l'Assemblée nationale, il joue un rôle important lors des événements de - qui marquent le retour du général de Gaulle au pouvoir — auquel il tente en vain de s'opposer. Il se rend avec Gaston Monnerville, président du Conseil de la République, à Saint-Cloud pour un entretien « décisif » avec le général de Gaulle visant à s'assurer que son retour s'effectuera conformément aux pratiques constitutionnelles[7]. Il lit aux députés le message de René Coty — qu'il désapprouve — annonçant qu'il a « fait appel au plus illustre des Français » et qui menace de démissionner en cas de refus de l'Assemblée d'investir le Général de Gaulle ; dans cette hypothèse avortée, Le Troquer aurait assuré l'intérim de la présidence de la République, conformément à l'article 41 de la Constitution. Il préside les séances du au (débats sur l’investiture à de Gaulle et pouvoirs pour élaborer une nouvelle Constitution).
Battu aux élections législatives de , il quitte la vie politique active en 1960 et appelle à voter « non » au référendum du sur l’Algérie.
Affaire des Ballets roses
En 1959 éclate l'affaire dite des « Ballets roses ». André Le Troquer, mis en cause — en compagnie notamment de sa maîtresse Elisabeth Pinajeff, artiste peintre et fausse comtesse roumaine —, adresse à l'hebdomadaire Aux écoutes du monde une lettre où il oppose aux « allégations publiées un démenti sans réserve, catégorique, absolu[8] ». Poursuivi pour « attentat aux mœurs en excitant, favorisant ou facilitant habituellement la débauche ou la corruption de la jeunesse »[9], il est condamné le à un an d'emprisonnement avec sursis et à une amende (3 000 francs) en relation avec l'affaire, alors que ses comparses sont punis bien plus lourdement (jusqu'à cinq ans de prison ferme). Le tribunal a tenu compte du « long passé de services rendus » par André Le Troquer et n'a pas voulu « accabler un vieil homme[8]». La condamnation est confirmée en appel le .
Mort

André Le Troquer meurt peu après, en . Il est incinéré et ses cendres sont déposées au funérarium du cimetière du Père-Lachaise (87e division, case 2654).
Hommages
André Le Troquer est évoqué dans le 199e des 480 souvenirs cités par Georges Perec, dans son texte Je me souviens.
Décorations
Bibliographie
- Benoît Duteurtre, Ballets roses, Paris, 2009