André Vilfeu

personnalité politique française From Wikipedia, the free encyclopedia

André Vilfeu, né le à Laval (Mayenne) et mort le au Mans (Sarthe), est un avocat, magistrat, homme politique boulangiste français.

CirconscriptionSarthe
LégislatureVe (Troisième République)
PrédécesseurCirconscription supprimée
Faits en bref Fonctions, Député français ...
André Vilfeu
Illustration.
André Vilfeu en 1896.
Fonctions
Député français

(3 ans, 11 mois et 2 jours)
Élection 22 septembre 1889
Circonscription Sarthe
Législature Ve (Troisième République)
Prédécesseur Circonscription supprimée
Successeur Anselme Rubillard
Biographie
Nom de naissance André Marie Édouard Vilfeu
Date de naissance
Lieu de naissance Laval (France)
Date de décès (à 45 ans)
Lieu de décès Le Mans (France)
Nationalité Française
Père Édouard Vilfeu
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Biographie

Carrière militaire et engagement patriotique

Fils d'Édouard Vilfeu, André Vilfeu devance l’appel de sa classe[1] et s’engage dans l'Armée de la Loire lors de la Guerre franco-prussienne de 1870. Il participe aux batailles de Coulmiers, Patay et du Mans[2], se distinguant comme l’un des plus jeunes officiers des mobiles de la Mayenne[3].

Carrière judiciaire et politique

André Vilfeu entre dans la magistrature comme substitut, d’abord à Laval, puis Mayenne[4] en 1874 puis en 1876 au Mans. Il démissionne en [2] pour s’installer comme avocat au Mans, où il se fixe[1], et devient bâtonnier de l’ordre. Il est également conseiller municipal du Mans[2] et conseiller général du 3e canton du Mans de 1892 à 1896.

En 1889, il se prononce à cette époque pour la révision et se présente comme candidat à la fois du comité conservateur et du comité boulangiste[2]. Il est élu député de la 1e circonscription du Mans au premier tour, avec 12 619 voix contre 8 343 pour le député sortant Alphonse Le Porché, républicain. Il siège à droite et soutient le général Georges Boulanger, prônant la révision de la Constitution et la convocation d’une Constituante.

Député boulangiste

Au cours de la législature où il siégea, André Vilfeu fut un parlementaire très actif[1]. Membre de diverses commissions, il participa notamment en 1890 à celle des patentes[1]. Il traitait de sujets variés, comme la législation civile et pénale : il fut rapporteur sur des projets ou propositions concernant la protection des femmes contre certains abus liés à la puissance maritale, ainsi que sur le droit de récusation des jurés[1].

Il prend part aux débats en 1891 sur une proposition d’aide judiciaire devant les tribunaux de paix, et en 1892 sur un projet concernant les Conseils de prud'hommes[1]. Il s’intéressait aussi aux questions de santé publique, à la pratique de la pharmacie, aux pensions militaires et aux enjeux liés au travail. Il est aussi intéressé par la question des fruits secs destinés à la fabrication du vin, participant aux débats tant lors des discussions budgétaires que lors de l’étude du projet du tarif général des douanes[1].

Dans le domaine du travail, il intervint en 1890 lors de discussions sur des propositions relatives aux syndicats ouvriers, au travail des enfants, des filles mineures et des femmes dans les établissements industriels — il demanda notamment la suppression des inspecteurs du travail — et en 1893 sur une proposition concernant l’assurance obligatoire contre les accidents du travail[1].

Campagne de 1893

Le , pendant la campagne des législatives du Mans, lors d'une réunion entre les électeurs avec les candidats dans une salle comble composée de monarchistes nostalgiques et de radicaux, et de républicains. Ces derniers ont amené Édouard Prudhomme de La Boussinière, doyen de la Libre Pensée (il a 82 ans). Anselme Rubillard se présente contre André Marie Édouard Vilfeu, député sortant, destitué de son poste de substitut de l'empire par le régime républicain. Edouard de La Boussinière prend alors la parole et déclare :

« Citoyens, par ma naissance, j'appartiens à la noblesse, mais je ne fais plus partie que d'une grande famille, la famille républicaine. Je ne suis pas connu de beaucoup d'entre vous car j'ai longtemps été en exil. Vous permettrez de prendre la parole à un ancien proscrit qui a sacrifié à la République sa fortune et sa liberté. Citoyen Vilfeu, vous avez dit aux républicains : il n'y a rien qui nous sépare. Si, il y a un abîme entre nous, cet abîme, c'est votre cléricalisme. Citoyen Vilfeu, je vais vous poser trois questions, répondez-y franchement : Voulez-vous l'instruction laïque par l'état ? Voulez-vous la suppression des congrégations ? Si un coup d'état était tenté, jurez-vous à la face des électeurs de descendre dans la rue, ceint de votre écharpe, un fusil à la main, pour défendre la République ? »

André Vilfeu, empêtré par ses réponses approximatives, perdit ce jour les élections au profit de Rubillard. Le boulangisme, affaibli depuis la disparition de son chef, a rapidement perdu de son influence. Au premier tour, André Vilfeu est éliminé face au maire du Mans, Rubillard, qui a obtenu 10 049 voix contre 9 803, parmi 26 239 inscrits et 20 085 votants.

Prises de position et influence

André Vilfeu est une figure marquante du parti conservateur et catholique. Il défend les idées d’ordre, de défense religieuse et de conservation sociale, avec un talent oratoire reconnu. Il est aussi un acteur important du mouvement révisionniste et plébiscitaire, aux côtés de figures comme Paul Déroulède.

Vie personnelle et décès

Il épouse Amélie-Blanche de Reiset, petite-fille du vicomte Marie Antoine de Reiset, fille d'Antoine Justin Henry, vicomte de Reiset (1815-1869) et de Blanche Deschamps du Mery de Guitterie[5], née du Méry de Guitterie. Elle décèdera en 1920[6] au Château de la Guitterie (Mayenne). Le couple a une fille. André Vilfeu meurt prématurément à 45 ans, des suites d’une maladie cardiaque[2], laissant une forte impression dans la ville du Mans et au-delà. Ses obsèques, célébrées à l'Église Notre-Dame de la Couture du Mans, rassemblent une foule nombreuse, en présence de personnalités politiques et judiciaires. Il est inhumé à Laval. Paul Déroulède, dans une lettre à Gaston Galpin[7], souligne son rôle dans le parti révisionniste plébiscitaire et son engagement pour la souveraineté nationale.

Sources

Liens externes

Notes et références

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