Giovanni Angelo Becciu

prélat catholique italien From Wikipedia, the free encyclopedia

Giovanni Angelo Becciu est un cardinal italien né le à Pattada en Italie. Il est substitut pour les Affaires générales de la secrétairerie d’État du Saint-Siège, du au , et ainsi le « numéro deux » du premier et plus important dicastère de la Curie romaine.

Naissance (77 ans)
Pattada (Italie)
Ordination sacerdotale par Francesco Cogoni
Créé
cardinal
par le pape François
Faits en bref Biographie, Naissance ...
Giovanni Angelo Becciu
Image illustrative de l’article Giovanni Angelo Becciu
Angelo Becciu en 2018.
Biographie
Naissance (77 ans)
Pattada (Italie)
Ordination sacerdotale par Francesco Cogoni
Cardinal de l'Église catholique
Créé
cardinal
par le pape François
Titre cardinalice Cardinal-diacre de S. Lino
Démission
Évêque de l'Église catholique
Ordination épiscopale par le card. Angelo Sodano
Dernier titre ou fonction Préfet émérite de la Congrégation pour la Cause des Saints
Préfet de la Congrégation pour la Cause des Saints
Substitut pour les Affaires générales de la secrétairerie d'État
Nonce apostolique à Cuba (en)
Nonce apostolique en Angola (en) et à Sao Tomé-et-Principe (en)
Archevêque titulaire de Rusellae (de)

Blason
« Duc in altum »
« Avance en eau profonde » Lc 5,4
(it) Notice sur vatican.va
(en) Notice sur catholic-hierarchy.org
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Préfet de la Congrégation pour la Cause des Saints depuis le , il démissionne de sa fonction et de « tous les droits liés au cardinalat » le et se voit retirer son droit de vote au conclave.

En , il est renvoyé devant un tribunal pénal pour détournement et mauvaise gestion des fonds du Vatican, notamment liés à l’achat d’un immeuble luxueux à Londres. En , il est condamné à 5 ans et demi de prison par le tribunal de l'État de la Cité du Vatican.

Biographie

Formation

Originaire de Sardaigne et ordonné prêtre pour le diocèse d'Ozieri le , Angelo Becciu a poursuivi sa formation à l'Académie pontificale ecclésiastique. Il fait son entrée au service diplomatique du Saint-Siège le . Il est membre du mouvement des Focolari dans la branche des évêques amis du mouvement[1]. Outre l’italien, il parle français, anglais, espagnol et portugais.

Diplomate

Il a été au service des nonciatures apostoliques en République centrafricaine, Soudan (en), Nouvelle-Zélande (en), Liberia (en), Royaume-Uni, France, États-Unis.

Le , le pape Jean-Paul II le nomme nonce apostolique en Angola (en). Le , il est consacré évêque par le cardinal Angelo Sodano, qui est alors secrétaire d'État. Le , le pape Benoît XVI le nomme nonce apostolique à Cuba (en).

Substitut pour les Affaires générales

Le , le pape Benoît XVI le nomme substitut pour les Affaires générales de la secrétairerie d’État[2]. Il remplace à ce poste Fernando Filoni, nommé le même jour préfet de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples.

Comme substitut pour les Affaires générales, il est l’un des plus proches collaborateurs du pape[2] et un personnage central de la Curie romaine : « Avec le préfet de la Maison pontificale, il est l'intermédiaire habituel entre le Saint-Père et ceux qui désirent s'adresser à lui. […] Responsable du chiffre et des passeports […] Les distinctions honorifiques sont aussi de son ressort. […] En cas de vacance du siège apostolique, il dirige la secrétairerie d’État et doit en répondre devant le Sacré Collège des cardinaux[3]. »

Le , il est confirmé en même temps que les autres supérieurs de la Secrétairerie d'État dans ses fonctions de substitut pour les affaires générales par le pape François[4], le secrétaire d'État étant remplacé par Pietro Parolin[5].

Le le pape François le nomme son « délégué personnel » chargé du « renouveau spirituel et moral de l'Ordre [souverain de Malte] et, en particulier, de ses membres qui ont professé le vœu d'obéissance, chasteté et pauvreté » et qu'il charge du statut des « membres profès, afin qu'il réalise pleinement le but « de promouvoir la gloire de Dieu par la sanctification des membres, le service à la foi et du Saint Père et l'aide du prochain » » envisageant ainsi une révision de la constitution de L'Ordre[6].

Cardinal

Le , le pape François annonce au cours de l'Angélus qu'Angelo Becciu sera créé cardinal avec treize autres prélats lors d'un consistoire qui se tiendra le [7]. Il prendra les fonctions de préfet de la Congrégation pour la Cause des Saints en , annonce le Saint-Siège le [8], et quitte son poste de substitut de la secrétairerie d’État[2]. Il préside la cérémonie de béatification des dix-neuf martyrs d'Algérie à Oran, le [9].

Scandale financier

En , la justice du Vatican enquête sur une transaction jugée suspecte : l’investissement de 150 millions à 200 millions d'euros par la secrétairerie d’État en dans un luxueux immeuble londonien[2]. Le Vatican a finalement revendu l'immeuble de 17 000 m2 situé dans le quartier huppé de Chelsea, dont l'acquisition à un prix surévalué et grevé d'une hypothèque cachée aurait lourdement entaché sa réputation. L'affaire a notamment mis en évidence l'utilisation imprudente du Denier de Saint-Pierre, la grande collecte annuelle de dons dédiés aux actions caritatives du pape. Selon le procureur du Vatican, Angelo Becciu aurait fait perdre entre 130 et 180 millions d'euros à l'administration centrale du Saint-Siège[10].

En , une enquête est diligentée par l’Autorité d'information financière (AIF). Un mois plus tard, le pape François évoque « des problèmes de corruption » avec cette transaction[2]. Les médias italiens L'Espresso et La Repubblica, évoquent un enrichissement familial bénéficiant à l'entourage du cardinal[2].

Le , le pape François accepte la démission d'Angelo Becciu de sa fonction de préfet de la Congrégation pour les causes des saints, ainsi que sa renonciation à « tous les droits liés au cardinalat »[2],[11], en particulier celui de voter au conclave qui élira le prochain pape[2] sans que le Vatican ne donne officiellement de raison à cette démission. À la date de celle-ci, Angelo Becciu n'a que 72 ans, à trois ans encore de l'âge de la retraite canonique, fixé à 75 ans. La presse[2] interprète cette démission comme une sanction et fait le lien avec le soupçon de corruption[2],[12],[13],[14]. Il est le deuxième cardinal à renoncer à ses droits et prérogatives cardinalices pendant le pontificat du pape François, après le cardinal Keith O'Brien le .

Le , Angelo Becciu attaque en diffamation le magazine L'Espresso[15],[16] devant le tribunal civil de Sassari, demandant dix millions d'euros d'indemnisation[17]. Débouté de sa plainte, il est condamné à s'acquitter des frais de procédure chiffrés à quarante mille euros[17].

« Procès de Londres »

Le , il fait partie des dix personnes dont le Saint-Siège annonce le renvoi devant son tribunal pénal, pour détournement de fonds, abus de pouvoir et subornation de témoin. Le cardinal se dit « victime d’un complot »[18],[19]. Le procès, dit « procès de Londres », s'ouvre le [20].

En , au cours de la dixième audience, le prélat clame son innocence et dénonce le « massacre médiatique » dont il est victime[21]. En , Becciu affirme que le pape François l'a réintégré dans ses fonctions de cardinal[22], ce à quoi le Vatican rétorque que le cardinal est simplement invité au consistoire mais sans que lui soit restitué son droit de vote au conclave[23], précisant que « dans toutes les statistiques, le cardinal Giovanni Angelo Becciu est compté parmi les non-électeurs (alors qu’il aura 80 ans le ) »[23].

En , la presse italienne révèle que trois jours avant l'ouverture du « procès de Londres »[24], avec l’une de ses proches, le cardinal a, dans une tentative de se couvrir, enregistré à son insu le pape au cours d'une conversation téléphonique passée peu après la lourde opération chirurgicale du souverain pontife[25] et portant sur le déblocage de fonds liés à une rançon[26].

En , lors d'une audience du procès, il apparaît que le cardinal Becciu a tenté, dès , de contraindre le pape de l’innocenter, ce à quoi ce dernier oppose alors une sèche fin de non recevoir, arguant dans un courrier rendu public que l'opacité d'une « attribution spontanée et imprudente de ressources financières détournées de leurs objectifs typiques » menée par Becciu « ne peut être couvert par le secret d’État pour des raisons de sécurité, ni ne peut être soumis au secret pontifical », refusant ainsi de le blanchir et recommandant de « laisser la justice vaticane faire son travail »[24].

Le , le procureur du tribunal de l'État de la Cité du Vatican requiert une peine de sept ans et trois mois de prison à son encontre[10].

Le , il est condamné en première instance pour fraude, à 5 ans et demi de prison et à une amende de 8 000 euros par le tribunal de l'État de la Cité du Vatican[27],[28].

Conclave de 2025

Lors du conclave prévu pour élire le successeur du pape François, le cardinal Giovanni Angelo Becciu estime pouvoir participer aux votes, en indiquant qu'« il n'y a pas eu de volonté explicite de m'exclure du conclave ni de demande de renonciation explicite par écrit de ma part »[29]. En préparation du conclave, le Bureau de presse du Saint-Siège a publié une liste des cardinaux électeurs, en y indiquant que le cardinal Becciu n'en faisait pas partie. Dans une déclaration au journal L'Unione Sarda, le cardinal Becciu estime que cette liste n'a « pas de valeur juridique »[30],[31]. Le , il renonce à participer au conclave, à la suite de la publication de deux courriers signés par le pape François[32],[33], ce dont le collège des cardinaux prend acte le [34].

Distinctions

Succession apostolique

Giovanni Angelo Becciu a ordonné les évêques suivants[39] :

  • Évêque Almeida Kanda (pt) (2005)
  • Évêque Mateus Tomás (pt) (2009)
  • Évêque Antonio Mura (it) (2014)
  • Évêque Corrado Melis (it) (2015)

Annexes

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