Giovanni Angelo Becciu
prélat catholique italien
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Giovanni Angelo Becciu est un cardinal italien né le à Pattada en Italie. Il est substitut pour les Affaires générales de la secrétairerie d’État du Saint-Siège, du au , et ainsi le « numéro deux » du premier et plus important dicastère de la Curie romaine.
cardinal par le pape François
| Giovanni Angelo Becciu | ||||||||
Angelo Becciu en 2018. | ||||||||
| Biographie | ||||||||
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| Naissance | Pattada (Italie) |
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| Ordination sacerdotale | par Francesco Cogoni | |||||||
| Cardinal de l'Église catholique | ||||||||
| Créé cardinal |
par le pape François | |||||||
| Titre cardinalice | Cardinal-diacre de S. Lino | |||||||
| Démission | ||||||||
| Évêque de l'Église catholique | ||||||||
| Ordination épiscopale | par le card. Angelo Sodano | |||||||
| Dernier titre ou fonction | Préfet émérite de la Congrégation pour la Cause des Saints | |||||||
| Préfet de la Congrégation pour la Cause des Saints | ||||||||
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| Substitut pour les Affaires générales de la secrétairerie d'État | ||||||||
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| Nonce apostolique à Cuba (en) | ||||||||
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| Nonce apostolique en Angola (en) et à Sao Tomé-et-Principe (en) | ||||||||
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| Archevêque titulaire de Rusellae (de) | ||||||||
| – | ||||||||
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| « Duc in altum » « Avance en eau profonde » Lc 5,4 |
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| (it) Notice sur vatican.va | ||||||||
| (en) Notice sur catholic-hierarchy.org | ||||||||
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Préfet de la Congrégation pour la Cause des Saints depuis le , il démissionne de sa fonction et de « tous les droits liés au cardinalat » le et se voit retirer son droit de vote au conclave.
En , il est renvoyé devant un tribunal pénal pour détournement et mauvaise gestion des fonds du Vatican, notamment liés à l’achat d’un immeuble luxueux à Londres. En , il est condamné à 5 ans et demi de prison par le tribunal de l'État de la Cité du Vatican.
Biographie
Formation
Originaire de Sardaigne et ordonné prêtre pour le diocèse d'Ozieri le , Angelo Becciu a poursuivi sa formation à l'Académie pontificale ecclésiastique. Il fait son entrée au service diplomatique du Saint-Siège le . Il est membre du mouvement des Focolari dans la branche des évêques amis du mouvement[1]. Outre l’italien, il parle français, anglais, espagnol et portugais.
Diplomate
Il a été au service des nonciatures apostoliques en République centrafricaine, Soudan (en), Nouvelle-Zélande (en), Liberia (en), Royaume-Uni, France, États-Unis.
Le , le pape Jean-Paul II le nomme nonce apostolique en Angola (en). Le , il est consacré évêque par le cardinal Angelo Sodano, qui est alors secrétaire d'État. Le , le pape Benoît XVI le nomme nonce apostolique à Cuba (en).
Substitut pour les Affaires générales
Le , le pape Benoît XVI le nomme substitut pour les Affaires générales de la secrétairerie d’État[2]. Il remplace à ce poste Fernando Filoni, nommé le même jour préfet de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples.
Comme substitut pour les Affaires générales, il est l’un des plus proches collaborateurs du pape[2] et un personnage central de la Curie romaine : « Avec le préfet de la Maison pontificale, il est l'intermédiaire habituel entre le Saint-Père et ceux qui désirent s'adresser à lui. […] Responsable du chiffre et des passeports […] Les distinctions honorifiques sont aussi de son ressort. […] En cas de vacance du siège apostolique, il dirige la secrétairerie d’État et doit en répondre devant le Sacré Collège des cardinaux[3]. »
Le , il est confirmé en même temps que les autres supérieurs de la Secrétairerie d'État dans ses fonctions de substitut pour les affaires générales par le pape François[4], le secrétaire d'État étant remplacé par Pietro Parolin[5].
Le le pape François le nomme son « délégué personnel » chargé du « renouveau spirituel et moral de l'Ordre [souverain de Malte] et, en particulier, de ses membres qui ont professé le vœu d'obéissance, chasteté et pauvreté » et qu'il charge du statut des « membres profès, afin qu'il réalise pleinement le but « de promouvoir la gloire de Dieu par la sanctification des membres, le service à la foi et du Saint Père et l'aide du prochain » » envisageant ainsi une révision de la constitution de L'Ordre[6].
Cardinal
Le , le pape François annonce au cours de l'Angélus qu'Angelo Becciu sera créé cardinal avec treize autres prélats lors d'un consistoire qui se tiendra le [7]. Il prendra les fonctions de préfet de la Congrégation pour la Cause des Saints en , annonce le Saint-Siège le [8], et quitte son poste de substitut de la secrétairerie d’État[2]. Il préside la cérémonie de béatification des dix-neuf martyrs d'Algérie à Oran, le [9].
Scandale financier
En , la justice du Vatican enquête sur une transaction jugée suspecte : l’investissement de 150 millions à 200 millions d'euros par la secrétairerie d’État en dans un luxueux immeuble londonien[2]. Le Vatican a finalement revendu l'immeuble de 17 000 m2 situé dans le quartier huppé de Chelsea, dont l'acquisition à un prix surévalué et grevé d'une hypothèque cachée aurait lourdement entaché sa réputation. L'affaire a notamment mis en évidence l'utilisation imprudente du Denier de Saint-Pierre, la grande collecte annuelle de dons dédiés aux actions caritatives du pape. Selon le procureur du Vatican, Angelo Becciu aurait fait perdre entre 130 et 180 millions d'euros à l'administration centrale du Saint-Siège[10].
En , une enquête est diligentée par l’Autorité d'information financière (AIF). Un mois plus tard, le pape François évoque « des problèmes de corruption » avec cette transaction[2]. Les médias italiens L'Espresso et La Repubblica, évoquent un enrichissement familial bénéficiant à l'entourage du cardinal[2].
Le , le pape François accepte la démission d'Angelo Becciu de sa fonction de préfet de la Congrégation pour les causes des saints, ainsi que sa renonciation à « tous les droits liés au cardinalat »[2],[11], en particulier celui de voter au conclave qui élira le prochain pape[2] sans que le Vatican ne donne officiellement de raison à cette démission. À la date de celle-ci, Angelo Becciu n'a que 72 ans, à trois ans encore de l'âge de la retraite canonique, fixé à 75 ans. La presse[2] interprète cette démission comme une sanction et fait le lien avec le soupçon de corruption[2],[12],[13],[14]. Il est le deuxième cardinal à renoncer à ses droits et prérogatives cardinalices pendant le pontificat du pape François, après le cardinal Keith O'Brien le .
Le , Angelo Becciu attaque en diffamation le magazine L'Espresso[15],[16] devant le tribunal civil de Sassari, demandant dix millions d'euros d'indemnisation[17]. Débouté de sa plainte, il est condamné à s'acquitter des frais de procédure chiffrés à quarante mille euros[17].
« Procès de Londres »
Le , il fait partie des dix personnes dont le Saint-Siège annonce le renvoi devant son tribunal pénal, pour détournement de fonds, abus de pouvoir et subornation de témoin. Le cardinal se dit « victime d’un complot »[18],[19]. Le procès, dit « procès de Londres », s'ouvre le [20].
En , au cours de la dixième audience, le prélat clame son innocence et dénonce le « massacre médiatique » dont il est victime[21]. En , Becciu affirme que le pape François l'a réintégré dans ses fonctions de cardinal[22], ce à quoi le Vatican rétorque que le cardinal est simplement invité au consistoire mais sans que lui soit restitué son droit de vote au conclave[23], précisant que « dans toutes les statistiques, le cardinal Giovanni Angelo Becciu est compté parmi les non-électeurs (alors qu’il aura 80 ans le ) »[23].
En , la presse italienne révèle que trois jours avant l'ouverture du « procès de Londres »[24], avec l’une de ses proches, le cardinal a, dans une tentative de se couvrir, enregistré à son insu le pape au cours d'une conversation téléphonique passée peu après la lourde opération chirurgicale du souverain pontife[25] et portant sur le déblocage de fonds liés à une rançon[26].
En , lors d'une audience du procès, il apparaît que le cardinal Becciu a tenté, dès , de contraindre le pape de l’innocenter, ce à quoi ce dernier oppose alors une sèche fin de non recevoir, arguant dans un courrier rendu public que l'opacité d'une « attribution spontanée et imprudente de ressources financières détournées de leurs objectifs typiques » menée par Becciu « ne peut être couvert par le secret d’État pour des raisons de sécurité, ni ne peut être soumis au secret pontifical », refusant ainsi de le blanchir et recommandant de « laisser la justice vaticane faire son travail »[24].
Le , le procureur du tribunal de l'État de la Cité du Vatican requiert une peine de sept ans et trois mois de prison à son encontre[10].
Le , il est condamné en première instance pour fraude, à 5 ans et demi de prison et à une amende de 8 000 euros par le tribunal de l'État de la Cité du Vatican[27],[28].
Conclave de 2025
Lors du conclave prévu pour élire le successeur du pape François, le cardinal Giovanni Angelo Becciu estime pouvoir participer aux votes, en indiquant qu'« il n'y a pas eu de volonté explicite de m'exclure du conclave ni de demande de renonciation explicite par écrit de ma part »[29]. En préparation du conclave, le Bureau de presse du Saint-Siège a publié une liste des cardinaux électeurs, en y indiquant que le cardinal Becciu n'en faisait pas partie. Dans une déclaration au journal L'Unione Sarda, le cardinal Becciu estime que cette liste n'a « pas de valeur juridique »[30],[31]. Le , il renonce à participer au conclave, à la suite de la publication de deux courriers signés par le pape François[32],[33], ce dont le collège des cardinaux prend acte le [34].
Distinctions
Chevalier grand-croix de l'ordre du Mérite de la République italienne ( sur proposition du conseil des ministres[35])
Grand officier de l'ordre de l'Étoile de Roumanie (Décret du du président Klaus Iohannis[36])
Commandeur de la Légion d'honneur (par l'ambassadeur Philippe Zeller le [37])
Chapelain conventuel grand croix ad honorem de l'ordre souverain de Malte ( par le lieutenant de grand maître Giacomo Dalla Torre del Tempio di Sanguinetto[38])