Anne d'Halluin
héritière du XVIIe siècle en France
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Anne, duchesse d'Halluin (parfois orthographié Hallwin), qui mourut en 1641, était issue d'une illustre maison originaire de Flandres. Le duc de Saint-Simon parle d'elle dans ses Mémoires, à propos d'une situation originale, qui illustre un point de droit nobiliaire. En effet, selon le droit nobiliaire français, il ne peut y avoir deux titres identiques portés avec un même nom de terre. En d'autres termes, il ne peut y avoir deux ducs de X ou deux barons de Y. Il convient d'attendre la mort du titulaire pour que l'héritier porte à son tour le titre. Mais Anne va, à son corps défendant, créer une situation assez inédite[1],[2].
Henry de Nogaret de La Valette
| Décès | |
|---|---|
| Conjoints |
Charles de Schomberg (à partir de ) Henry de Nogaret de La Valette |
| Parentèle |
Charles d’Halluin (grand-père paternel) |
Mariages successifs de la duchesse
Comme héritière de sa maison, elle hérite du duché de son grand-père (son père, Florimond d'Halluin, marquis de Piennes et de Maignelais, étant mort avant son propre père en 1592). Elle fut mariée fort jeune (en 1606) avec Henri de Nogaret de La Valette, comte de Candale, qui fut confirmé duc et pair d'Halluin après son mariage, par lettres de , enregistrées le . Il sera reçu au Parlement en tant que pair de France ().
Mais en 1620, « ces époux s'étant brouillés, et n'ayant point d'enfants, ils s'étaient accordés à faire casser leur mariage », selon les termes mêmes de Saint-Simon. C'est alors qu'Anne prend un second mari, le futur maréchal Charles de Schomberg, et les choses se compliquent.
Conséquences du remariage selon le droit nobiliaire
Le nouveau mari administre logiquement le duché, par son mariage, et obtient aisément du roi le droit de porter le titre de duc et pair d'Halluin (lettres du ). Le premier mari entendait pourtant conserver le titre et les prérogatives de duc d'Halluin, car, comme le dit Saint-Simon : « les rangs et les honneurs acquis par titre ne se perdent point ». Voilà donc deux ducs d'Halluin vivants. Nogaret fit opposition au nouveau duché devant le Parlement, d'abord en vain[3]. Comme la préséance entre les ducs était liée à leur ancienneté, le premier duc d'Halluin (Nogaret) eut le pas sur le second (Schomberg) à la Cour et aux cérémonies où ils se trouvaient ensemble.
Plus curieux : au Parlement, c'est le premier arrivé des deux ducs d'Halluin qui prenait place, car le Parlement ne reconnait qu'un seul titulaire. L'autre, venant après, se voyait abordé par le Premier Huissier qui l'informait que le duc d'Halluin siégeait, ce qui suffisait à lui faire entendre raison. Il n'y eut, semble-t-il, jamais de difficulté ni d'éclat déplacé en cette affaire complexe d'étiquette.
Ce ne fut pas toujours le cas pour la duchesse d'Halluin, fort jalouse de ses droits. Lors du mariage de Gaston de France (frère de Louis XIII), célébré à Nantes en , « les dames voulurent marcher en leur rang, ce qui fut cause d'une grande contestation qui arriva entre mesdames les duchesses d'Halllwin et de Rohan, lesquelles en vinrent des paroles aux poussades et aux égratignements. La contestation fut jugée sur le champ, en faveur de madame de Hallwin, comme duchesse de plus ancienne pairie »[4].
Quant à Nogaret, il ne tarda pas à obtenir le titre (personnel et honorifique) de duc et pair de Candale, dès le , ce qui semble avoir mis fin à son opposition[5].
La duchesse Anne d'Halluin n'eut pas d'enfants de ses deux époux. Elle mourut à Nanteuil en suite à la variole, et fut inhumée au couvent des Capucins de Paris[6]. Charles de Schomberg épousa Marie de Hautefort en 1646. Il mourut de la pierre à Paris le , sans hoirs[7].