Annette Chalut

résistante et médecin française From Wikipedia, the free encyclopedia

Annette Brigitte Weill, épouse Chalut, née le à Paris[1] et morte le [2] à Luzarches (Val-d'Oise)[3], est une résistante française active pendant la Seconde Guerre mondiale, qui a participé à une filière d'évasion de prisonniers juifs. Arrêtée, elle est déportée en Allemagne, mais reviendra des camps de concentration en 1945. Elle deviendra alors médecin. De 1999 à 2015, elle est présidente du Comité international de Ravensbrück.

Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 97 ans)
LuzarchesVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Annette Brigitte WeillVoir et modifier les données sur Wikidata
Surnom
Warnod 
Faits en bref Naissance, Décès ...
Annette Chalut
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 97 ans)
LuzarchesVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Annette Brigitte WeillVoir et modifier les données sur Wikidata
Surnom
Warnod 
Nationalité
Activité
Résistante
Médecin
Présidente du comité international de Ravensbrück
Autres informations
Conflit
Lieux de détention
Distinction
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Biographie

Annette Weill est la fille de Pierre Weill, né en 1894[4], ancien combattant de 1914-1918, évadé puis blessé, résistant en 1942-1944, déporté, tué en 1944 à Auschwitz[5],[6], et d'Emma Alexandre (1904-1969)[7].

Résistance

Au début de la Seconde Guerre mondiale son père sert auprès de l'armée anglaise, comme interprète ; il est arrêté en à cause de ses origines juives, puis relâché en grâce à son épouse[8]. Il prend alors la décision de participer à la Résistance[2]. La famille passe en zone libre et s'installe à Clermont-Ferrand[2].

Étudiante en médecine, Annette Weill souhaite y poursuivre ses études et y passer la suite de ses examens, son Certificat d'études physiques, chimiques et biologiques (PCB), mais son dossier a été égaré, ou prétendu tel, et la faculté refuse de lui communiquer ses résultats[2],[5]. Son père, furieux, cherche une ville où elle pourrait poursuivre ses études, et où il pourrait œuvrer dans la Résistance ; ils s'installent alors à Toulouse[2],[5]. Elle peut y passer son PCB[6]. Son père, parlant allemand, devient secrétaire de l'aumônier catholique des internés de la zone libre[5]. Les Allemands ayant envahi la zone en , ils veulent déporter les Juifs qui sont prisonniers dans les camps français. Soutenus par l'évêché et couverts par l'aumônerie catholique, Annette, sa sœur et leur père procurent des faux papiers aux prisonniers juifs, les aident à s'échapper, à se cacher, et à passer la frontière pour certains[5],[6]. Entrée ainsi dans la Résistance, elle prend le pseudonyme « Warnod »[9].

Dénoncés, le père et la sœur d'Annette sont arrêtés le , et déportés à Auschwitz, leurs faux papiers ayant été découverts[5]. Le père sera gazé en , mais la sœur reviendra en [5]. La mère et la plus jeune sœur, cachées, ont échappé à la déportation[5].

Arrestation et déportation

Photo en noir et blanc d'un groupe de femmes en travail forcé, en uniforme rayé
Annette Weill est déportée à Ravensbrück en mai 1944[10].

Annette Weill est arrêtée elle aussi le , interrogée de façon musclée par la Gestapo, et emprisonnée pendant deux mois à la prison Saint-Michel à Toulouse[11],[6]. Mais ses faux papiers sont suffisamment trompeurs et son identité juive n'est pas découverte[5]. Elle est d'abord internée au fort de Romainville[12], puis déportée le en train pour Ravensbrück[1],[13]. Elle y est enregistrée sous le numéro matricule 39031[14].

Elle est ensuite transférée au kommando de Hanovre-Limmer, qui dépend du camp de Neuengamme[13]. Obligée de travailler pour une usine allemande de fabrication de masques à gaz, elle et ses camarades en ralentissent la production et refusent les primes et les avantages en nature[6]. Pour Noël 1944, elles se débrouillent pour organiser une messe de minuit puis des spectacles récréatifs, des friandises et des décorations qui leur remontent le moral[6].

Annette Weill est ensuite emmenée à Bergen Belsen[13]. Elle en est libérée le [13], mais elle préfère rester pour soigner ceux qui ne peuvent pas encore rentrer. Elle-même ne pèse plus que trente-cinq kilos[5].

Témoignages, responsabilités

Après la guerre, elle témoigne au procès de Ravensbrück, à Rastatt[9]. Elle devient plus tard Annette Chalut par son mariage[9]. Elle est médecin généraliste, membre de la commission médico-sociale de la Fondation pour la mémoire de la déportation[15]. Elle est également médecin-conseil de l'Association nationale des anciennes déportées et internées de la Résistance (Adir), de 1990 à 2006[8].

Elle s'implique largement dans les préparations du Concours national de la résistance et de la déportation, et témoigne souvent auprès des jeunes[11],[6].

Annette Chalut est entre 1999 et 2015 la présidente du comité international de Ravensbrück[9],[13].

Distinctions

Notes et références

Bibliographie et autres sources

Liens externes

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