Anthony Epstein
pathologiste britannique
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Sir Michael Anthony Epstein, né le à Londres et mort le [1],[2], également connu sous le nom d'Anthony Epstein[3], est un pathologiste et universitaire britannique. Il est l'un des découvreurs du virus d'Epstein-Barr, avec Yvonne Barr et Bert Achong[4],[5],[6],[7],[8],[9],[10],[11].
Trinity College
Middlesex Hospital Medical School (d)
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St Paul's School Trinity College Middlesex Hospital Medical School (d) |
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| Distinctions | Liste détaillée Prix Paul-Ehrlich-et-Ludwig-Darmstaedter () Bristol-Myers Squibb Award for Distinguished Achievement in Cancer Research (d) () Leeuwenhoek Lecture () Commandeur de l'ordre de l'Empire britannique () Prix Leopold-Griffuel () Prix Gairdner () Knight Bachelor () Médaille royale () Membre de l'Academy of Medical Sciences (en) |
| Sir |
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Vie privée
Anthony Epstein est né le 18 mai 1921[12],[13] et a fait ses études à la St Paul's School[14] de Londres, au Trinity College de Cambridge et au Middlesex Hospital Medical School. Il suit ensuite une formation médicale à l’hôpital du Middlesex à Londres. C’est en tant que chirurgien qu’il va servir pendant deux ans en Inde, de 1945 à 1947, au sein du Royal Army Medical Corps. De retour à Londres, il rejoint l’institut Bland Sutton à l’hôpital du Middlesex, où il suit une spécialisation en pathologie.
À cette époque, l’idée qu’un virus soit à l’origine du développement d’un cancer était acceptée pour les animaux. La découverte du virus du sarcome de Rous (RSV) en 1911 avait initié des recherches dans ce sens, mais aucun virus responsable d’un cancer n’avait encore été trouvé chez l’homme. Anthony Epstein commence sa carrière scientifique par l’étude du RSV. En 1956, il passe un an pour ses recherches, à l’université Rockefeller aux États-Unis, dans le laboratoire de George Palade (prix Nobel de physiologie ou médecine en 1974), pionnier de l’utilisation de la microscopie électronique pour l’étude de la structure des cellules. Cette technique jouera un rôle clé dans la découverte ultérieure du virus associé au développement du lymphome de Burkitt : le virus d’Epstein-Barr (EBV)[15].
Il était mécène d'Humanists UK[12].

Carrière
En 1968, Anthony Epstein devient professeur d’anatomopathologie[16] à l’université de Bristol[17] . Il va y consacrer sa carrière à essayer de comprendre le lien entre le virus d’Epstein-Barr et le cancer, et à développer un prototype de vaccin, avant de prendre sa retraite en 1985. Il est élu membre de la Royal Society en 1979, et est anobli par la reine Elisabeth II en 1991[18].
Histoire de la découverte
L’histoire de la découverte du virus d’Epstein-Barr est liée à celle d’un chirurgien britannique, Denis Parsons Burkitt, qui, après la seconde guerre mondiale, avait rejoint l’armée coloniale britannique en Ouganda. En 1957, Denis Burkitt s’intéresse à un cancer du système lymphatique présentant une incidence très élevée chez les enfants. Une vaste étude à travers le continent africain lui permis de démontrer que le lymphome, qui porte désormais son nom (lymphome de Burkitt), n’est présent qu’en Afrique subtropicale où sévit, notamment, le paludisme. Ses recherches l’amènent à suggérer que la maladie devait être transmise par des moustiques ou des tiques porteurs d’un agent infectieux. En 1961, Denis Burkitt, invité à l’hôpital du Middlesex, y donne une conférence intitulée The Commonest Children’s Cancer in Tropical Africa, à laquelle va assister Anthony Epstein[15].
Denis Burkitt y décrit non seulement la présentation anatomique inhabituelle de la tumeur, généralement au niveau de la mâchoire de jeunes enfants, mais aussi sa localisation géographique restreinte à l’Afrique subtropicale. Anthony Epstein émet alors l’idée qu’un virus, susceptible d’être transmis par une piqûre d’insecte, pourrait être à l’origine de la tumeur. Il propose une collaboration à Denis Burkitt pour valider son hypothèse. Après une visite d’Epstein à l’hôpital de Mulago de Kampala (Ouganda) où travaillait Burkitt, il est convenu que des échantillons de tissus provenant de patients atteints de lymphome seraient transportés par avion à Londres pour y rechercher la présence d’un virus[15].
Pendant près de trois ans, cependant, il s’avère impossible de mettre en culture sur plaque les cellules tumorales et donc de détecter la présence d’un virus par les techniques de virologie en cours à l’époque, même avec la microscopie électronique. Jusqu’à ce qu’en décembre 1963, le hasard faisant bien les choses, le début d’une nouvelle histoire commence. En effet, à cause du brouillard, l’avion transportant un échantillon de tumeur en provenance de Kampala est détourné vers Manchester. L’échantillon est passablement secoué durant le transport, qui, de plus, a été bien plus long qu’à l’habitude [19]. Arrivé au laboratoire à Londres, le liquide de conservation de l’échantillon apparaît trouble, laissant penser à une contamination bactérienne. Au lieu de le jeter comme l’aurait normalement fait tout chercheur voulant éviter de perdre du temps avec un échantillon ayant visiblement perdu tout intérêt, Anthony Epstein l’examine sous le microscope et s’aperçoit que, contrairement aux apparences, l’échantillon n’est pas contaminé mais contient de très nombreuses cellules détachées de la biopsie. Grâce à cette observation, Epstein comprend qu’il est possible d’obtenir en culture des cellules en suspension alors que jusque-là, il utilisait une méthode de culture en plaques qui ne fonctionnait pas[15].
À partir de cette simple observation et avec l’aide de son assistante de recherche, Yvonne Barr (1932-2016), il parvient à cultiver les cellules de lymphome de Burkitt et à produire une première lignée cellulaire, nommée EB1 (E pour Epstein, et B pour Barr). En quelques semaines, suffisamment de cellules sont obtenues pour être analysées en microscopie électronique, avec l’aide de leur collègue Bert Achong découvreur en 1971 du premier exemple de rétrovirus infectant naturellement les êtres humains : le foamy virus (ou virus spumeux). La première image montre une cellule contenant des particules de type herpèsvirus. Epstein envoie des cellules EB1 au laboratoire de virologie de l’hôpital pour enfants de Philadelphie (États-Unis), que Gertrude et Werner Henle tentent de caractériser, en utilisant des sérums de patients dirigés contre les différents herpèsvirus humains connus à l’époque. Leurs résultats montrent que le virus visualisé sous le microscope électronique dans les cellules EB1 est différent des herpèsvirus déjà identifiés[15].
Gertrude et Werner Henle nomment alors ce nouvel herpèsvirus, virus d’Epstein-Barr (EBV), d’après le nom de la lignée cellulaire (EB1) fournie par Anthony Epstein. En 1964, Anthony Epstein co-publie avec Yvonne Barr et Bert Achong, ces premières observations dans la revue The Lancet, sous le titre « Virus particles in cultured lymphoblasts from Burkitt’s lymphoma »[20]. Ce fut ainsi la première démonstration de la présence de particules virales dans une tumeur humaine. Si cette découverte représentait une avancée importante dans le sens de l’hypothèse émise au départ par Anthony Epstein, à savoir l’implication d’un virus dans le développement du lymphome de Burkitt, la démonstration formelle de cette hypothèse était encore loin d’être faite, d’autant plus que, rapidement, les études vont montrer que l’EBV est présent chez la très grande majorité des êtres humains adultes[15].
Distinctions
- Il est élu membre de la Royal Society of London en 1979 et en est le vice-président[3] de 1986 à 1991.
- Il reçoit sa médaille royale en 1992[21]
- Il reçoit l'ordre de l'Empire britannique en 1985 [22]
- Il est fait chevalier en 1991[3].
- Il est membre du Wolfson College d'Oxford de 1986 à 2001 et en est membre honoraire de 2001 à sa mort.
- Il est membre fondateur de l'Académie des sciences médicales en 1998[23].
Titre honorifique
En 2006, il obtient un doctorat honoris causa en sciences de l'université de Bristol.
Bibliographie
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- Henri Gruffat et Evelyne Manet Sir Anthony Epstein (1921–2024) : le découvreur du virus d’Epstein-Barr Med Sci (Paris) 2024 ; 40 : 665–668 https://doi.org/10.1051/medsci/2024090
