Antoine Pottier
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Antoine Pottier, né à Spa le et mort à Rome le , est un prêtre catholique, sociologue, théologien et homme politique belge considéré comme l'une des figures de proue du catholicisme social et de la démocratie chrétienne en Belgique.
| Antoine Pottier | ||
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| Biographie | ||
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| Naissance | Spa |
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| Ordination sacerdotale | ||
| Décès | (à 74 ans) Rome |
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| – | ||
| Autres fonctions | ||
| Fonction religieuse | ||
| camérier secret surnuméraire (1907), de prélat domestique (1913) et protonotaire apostolique (1916) | ||
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Biographie
Jeunesse, formation et enseignement
Antoine Pottier naît à Spa le , quatrième des huit enfants d'une famille de négociants[1]. Il étudie au Petit Séminaire de Saint-Trond, avant d'être envoyé par son évêque, Mgr de Montpellier, au Collège Capranica de Rome où il étudie de 1868 à 1875, année où il devient docteur en théologie de l'Université Grégorienne[2]. Ordonné prêtre en 1874, il est chargé dès 1875, sans passer par le vicariat, du cours de philosophie au Petit Séminaire de Saint-Trond puis, à partir de 1876, dirige le Collège Saint-Quirin de Huy. Trois ans plus tard, il est appelé à enseigner la théologie morale au Grand séminaire de Liège, un poste qu'il occupera jusqu'en 1902[2] et dont il devient l'un des éléments les plus célèbres, marquant à la fois ses élèves et ses collègues[1].
« Pottierisme »
Défendant le rôle des coopératives, du syndicalisme, du juste salaire et l’actionnariat ouvrier, ses prises de position, entrainant une partie du jeune clergé dans ce que ses adversaires on appelé « le pottierisme »[3], lui valent le soutien de l'évêque de Liège Victor-Joseph Doutreloux — qui le nomme chanoine honoraire — mais l'opposition des milieux conservateurs locaux[2] : en effet, si les positions de Pottier relèvent du catholicisme social issu de l'intégralisme, lui-même n'éprouve aucune nostalgie de l'Ancien Régime et se caractérise par un sens aigu de la démocratie et de la modernité[4], comptant des personnalités du « modernisme social » comme Romolo Murri au nombre de ses amis[5].
Le « pottiérisme » peut se résumer en cinq « remèdes » essentiels que l'abbé Pottier propose face au désarroi de la condition ouvrière : il s'agit d'octroyer un salaire correspondant « aux exigences de la justice » — Antoine Pottier développant la théorie d'un salaire familial — , de mettre en œuvre de l'actionnariat du travail et des contrats collectifs de travail, enfin de développer les coopératives ainsi que de mettre sur pied des syndicats[6].
Carrière romaine
L'influence des milieux conservateurs poussent le Saint-Siège à l'inviter en 1895 de cesser ses activités politiques et sociales pour se consacrer exclusivement à l'enseignement de la théologie[2]. À la suite d'une grave maladie pulmonaire, il doit cesser d'enseigner et part se soigner à Spa puis en Suisse[7].
À la suite du décès de Mgr Doutreloux en 1901 et conseillé par son médecin, l'abbé Pottier s'exile alors à Rome dès 1902 où il est nommé par Pie X à la chaire de sciences sociales du Collegio Apostolico Leoniano qui accueille les étudiants n'ayant pas de collège national à Rome[7], poste qu'il occupe de 1905 à 1915[2].
A Rome — où il va mener une activité débordante[8], correspondant notamment avec le sociologue catholique Giuseppe Toniolo[5] —, s'il est introduit à son arrivée dans les milieux antimodernistes, sa pensée sociale, bien qu'elle se veuille en accord avec le Pape, lui vaut de nouvelles accusations de « modernisme social » que ne contredisent pas ses prises de position dans les dernières années de sa vie contre Mussolini ou Maurras[8].
Néanmoins, il mène carrière à Rome est élevé successivement à diverses fonctions et dignités : chanoine de la basilique Santa Maria in Montesanto en 1905, membre du Conseil de Vigilance du diocèse de Rome en 1907, camérier secret surnuméraire en 1910, chanoine coadjuteur de Sainte-Marie Majeur en 1912, prélat domestique du pape Pie X en 1913[9] et protonotaire apostolique de la Congrégation pour la propagation de la foi en 1916[2], ce qui a pu être considéré comme une forme de réhabilitation[10]. Il meurt à Rome le .
