Fenêtrage

fonction utilisée en traitement du signal From Wikipedia, the free encyclopedia

En traitement du signal, le fenêtrage ou application d'une fonction fenêtre ou fonction d'apodisation (ou fonction de tapering en anglais) est l'application d'une fonction mathématique sur un intervalle de signal de longueur définie afin d'en atténuer les deux extrémités. Pour ce faire, la fonction fenêtre prend la valeur zéro en dehors de l'intervalle considéré. En général, la fonctions fenêtre est symétrique autour du milieu de l'intervalle, atteignant un maximum au milieu et s'amenuisant à mesure qu'elle s'éloigne du milieu et s'approche d'une extrémité.

Le fenêtrage est utilisé dès lors que l'on s'intéresse à un intervalle de données de longueur volontairement limitée, tel que la période d'un signal. De plus, un calcul informatique ne peut se faire que sur un nombre fini de points. Le fenêtrage permet ainsi de diminuer les effets de bord créés par la troncature volontaire du signal.

Principe

Pour observer un signal sur une durée finie, on le multiplie par une fonction fenêtre d'observation (également appelée fenêtre de pondération ou d'apodisation[1]). La plus simple est la fenêtre rectangulaire (ou porte), définie telle que :

Ainsi, quand on multiplie un signal s(t) par cette fenêtre, on n'obtient plus que la partie comprise entre T1 et T2 de ce signal : on l'« observe » sur une durée allant de T1 à T2. Toute observation étant de durée limitée, on applique forcément une fenêtre par rapport à un signal théorique infini ; on utilise donc au moins une fenêtre, même si on l'applique sans s'en rendre compte.

Au lieu d'étudier le signal s(t), on étudie le signal tronqué : sh(t) = s(t)h(t) ; en passant dans le domaine fréquentiel via une transformée de Fourier (TF), on obtient[2],[3] le produit de convolution Sh(h) = (SH)(f), où H(f) est la transformée de Fourier de la fenêtre h.

L'utilisation d'une fenêtre de pondération va donc changer la transformée de Fourier du signal. La fonction porte est la moins efficace, il existe de nombreuses autres fenêtres qui permettent de diminuer les artefacts ou effets de bord.

Fenêtres courantes

Allures temporelles de quelques fenêtres.

Fenêtre rectangulaire, qui conduit à l'approximation sigma :

Fenêtre triangulaire (de Bartlett) :

Fenêtre de Hann :

Fenêtre de Hamming[2] :

Fenêtre de Blackman :

Et d'autres : fenêtres de Kaiser (en) (de paramètre ), gaussienne, flat top, en cosinus relevé…

À noter : la fenêtre de Hann est quelquefois appelée « fenêtre de Hanning », peut-être par analogie avec la « fenêtre de Hamming[4] ». C'est incorrect, ces noms sont en fait issus des noms de leurs inventeurs (respectivement Julius von Hann et Richard Hamming).

Dans le domaine des fréquences

La TF du signal analysé est convoluée avec la TF de la fenêtre ; dans l'idéal, pour ne pas biaiser le spectre initial, il faudra que l'allure de la fenêtre spectrale soit une fonction de Dirac. Or, un tel signal temporel est un signal constant infini, ce qui est impossible en pratique.

Les allures spectrales des fenêtres de pondérations présentent une succession de lobes : pour se rapprocher d'une fonction de Dirac, il faut que le lobe principal soit le plus étroit possible, tandis que les lobes secondaires doivent être les plus faibles possible. Plus le lobe principal d'une fenêtre aura tendance à être étroit, plus ses lobes secondaires seront importants. Il y a donc toujours un compromis à faire entre largeur du lobe principal et importance des lobes secondaires.

Quelques visualisations dans le domaine des fréquences, les représentations sont linéaires à gauche, logarithmiques à droite (cliquez pour agrandir) :

On remarque que la fenêtre rectangulaire a le lobe principal le plus étroit, mais ses lobes secondaires sont les plus importants ; au contraire, celle de Blackman a les plus faibles lobes secondaires, mais un lobe principal plus large. Le type de fenêtre est à choisir selon ce qu'on souhaite observer d'un spectre : la localisation des maximums, la localisation de l'énergie selon les fréquences, la valeur des maximums, etc.

Davantage d’informations Lobe 2aire (dB), Pente (dB/oct) ...
Caractéristiques des fenêtres d'analyse courantes
Fenêtre Lobe 2aire (dB) Pente (dB/oct) Bande passante (bins) Perte au pire des cas (dB)
Rectangulaire −13 −6 1,21 3,92
Triangulaire −27 −12 1,78 3,07
Hann −32 −18 2,00 3,18
Hamming −43 −6 1,81 3,10
Blackman-Harris 3 −67 −6 1,81 3,45
Fermer

Influence de la taille de la fenêtre

Plus la fenêtre choisie aura une grande durée temporelle, plus elle sera étroite dans le domaine fréquentiel. Ainsi, en prenant une fenêtre infiniment longue temporellement, on aboutit à la limite à un Dirac en fréquence, qui est l'élément neutre du produit de convolution.

Ainsi, pour une fenêtre infiniment longue, on retrouve le spectre « réel » du signal analysé, qui correspond effectivement à la TFD d'un signal de durée infinie.

Références

Related Articles

Wikiwand AI