Arbella Stuart
noble anglaise (1575-1615)
From Wikipedia, the free encyclopedia
Arbella Stuart, ou Arabella Stewart[1] (1575 - ), est une aristocrate de la Renaissance de la maison Stuart, que l'on considéra comme une éventuelle héritière du trône d'Angleterre après la mort de la reine Élisabeth Ire. Durant le règne de son cousin Jacques VI et Ier, elle épouse en secret William Seymour. Le roi emprisonne alors William Seymour et la place en résidence surveillée. Quand le couple tente de fuir l'Angleterre, elle est capturée et détenue à la Tour de Londres, où elle meurt à l'âge de 39 ans.
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Sépulture | |
| Domicile | |
| Activité | |
| Famille | |
| Père | |
| Mère | |
| Conjoint |
William Seymour Somerset (à partir de ) |
| Propriétaire de |
Jewels of Arbella Stuart (en) |
|---|---|
| Lieu de détention |
Famille

Arbella Stuart est une descendante directe du roi Henri VII d'Angleterre. Fille unique de Charles Stuart, 5e comte de Lennox, et d'Elizabeth Cavendish, elle est la petite-fille de Matthew Stewart, et de Margaret Douglas, elle-même fille de Marguerite Tudor, veuve de Jacques IV d'Écosse, mère de Jacques V d'Écosse et fille d'Henri VII d'Angleterre. Margaret Douglas est issue du deuxième mariage de Marguerite Tudor, avec Archibald Douglas [2]. Ses grands-parents paternels ont eu deux fils : Charles, son père, et son frère aîné, Henry Stuart, lord Darnley, deuxième mari de Marie Stuart et père du roi Jacques Ier d'Angleterre.
Ses grands-parents maternels sont Sir William Cavendish et Bess de Hardwick[2].
Biographie
Enfance

Son père meurt en 1576[3] et elle élevée par sa mère[4] loin de la cour avec l'aide de sa grand-mère paternelle, Margaret Douglas[5]. Quelques semaines avant la mort de sa grand-mère en 1578, elle devient brièvement dame de compagnie de la reine Élisabeth Ire[3].
Elle est recueillie à la mort de sa mère en 1582 par sa grand-mère maternelle, Bess de Hardwick, et n'est pas confiée à Lord Burghley, pourtant responsable des pupilles de la Couronne[6]. Elle passe une enfance protégée et isolée à Hardwick Hall aux côtés de sa grand-mère et de son époux, George Talbot, 6e comte de Shrewsbury. Il semble qu'elle ait visité régulièrement la cour, notamment aux étés de 1587 et 1588 et de novembre 1591 à juillet 1592[7].
Début 1589, un étudiant de Cambridge nommé Morley « enseigne à Arbell et lui fait la lecture », ce que Bess de Hardwick rapporte à Lord Burghley dans une lettre datée du 21 septembre 1592[8]. Il a été spéculé que ce Morley pourrait être le poète Christopher Marlowe[9], dont le nom était parfois écrit ainsi. Parlant couramment le français, le latin, le grec, l'italien et l'espagnol[10], elle lit dès l'adolescence Platon, Plutarque et Aristote[5] et joue du luth, de la viole de gambe et du virginal[11].
Jusqu'en 1592, Arbella est considérée comme l'une des candidates naturelles à la succession de sa cousine issue de germains, la reine Élisabeth Ire[12]. Cependant, entre la fin de 1592 et le printemps de 1593, le Lord Trésorier, Lord Burghley, et son fils, le Secrétaire d'Etat Robert Cecil, détournent leur attention d'Arbella au profit de son cousin Jacques VI d'Écosse, qu'ils considèrent comme un successeur plus avantageux pour le royaume[13].
Projets de mariage

En raison de la proximité d'Arbella avec la couronne, les discussions concernant son mariage commencent dès l'enfance, et elle reçoit de nombreuses propositions, dont celle du fils de Robert Dudley, le favori de la reine, mais celle-ci refuse[5].
En 1588, il est proposé à Jacques VI d'unir Ludovic Stuart, 2e duc de Lennox, à Arbella[14]. Le roi est intéressé mais le serviteur de la comtesse de Lennox, Thomas Fowler, le dissuade[15].
D'autres prétendants sont alors envisagés, et parmi eux les fils d'Alexandre Farnèse, duc de Parme, descendants de Jean de Gand. Le but est d'apaiser les catholiques anglais, voire de convertir Arbella. Cependant, l'aîné, Ranuce, est déjà marié, et le cadet, Édouard, est cardinal. On rapporte alors que le pape serait près à libérer Édouard de ses obligations, mais l'hostilité d'Élisabeth Ire à une telle union met fin au projet avant même qu'Arbella soit approchée[8].
Dans les derniers mois du règne d'Élisabeth, Arbella est inquiétée quand il est dit qu'elle chercherait à épouser Edward Seymour. Ces rumeurs ont été rapportées à la reine par le grand-père du supposé fiancé, Edward Seymour, 1er comte d'Hertford. Arbella nie alors toute intention de se marier sans la permission de la souveraine.
Lorsque Élisabeth Ire meurt en 1603, elle insiste pour qu'Arbella Stuart «mène son deuil», l'empêchant de nouveau de se marier[5]. Ainsi, quand en 1604, Sigismond Vasa, roi de Pologne, envoie un ambassadeur pour demander sa main, l'offre est rejetée[16].
Vie à la cour
En mars 1603, Jacques VI devient donc roi d'Angleterre par l'Union des Couronnes. Peu après son avènement, Arbella est envoyée à Sheen, loin de Londres, avant de revenir à la cour où elle intègre la suite d'Anne de Danemark[17],[10].
Lorsque la peste atteint Londres en octobre, la cour se réfugie à Basing House puis à Winchester. Arbella écrit au comte de Shrewsbury et critique un masque, Prince Henry's Welcome at Winchester organisé par Anne de Danemark pour son fils, Henri-Frédéric, ainsi que les jeux et chants puérils appréciés par la cour de la reine [18].
En novembre 1603, les conjurés du Main Plot conspirent pour renverser le roi et couronner Arbella à sa place. Arbella est invitée à participer et accepte d'écrire à Philippe III d'Espagne, cependant, elle informe immédiatement le roi[19]. À la fin de 1609, Arbella s'attire des ennuis pour ses liens avec un imposteur, le "Prince de Moldovia" et d'autres de ses actions attirent la suspicion, mais elle est pardonnée, et le roi lui offre de l'argenterie d'une valeur de 200 livres pour ses étrennes[20],[21].
Le 5 juin 1610, Arbella danse dans un masque de Samuel Daniel, Tethys' Festival, organisé pour célébrer l'investiture du prince Henri-Frédéric comme prince de Galles. Elle est placée dans l'ordre de préséance juste après Anne de Danemark et la princesse Élisabeth[22].
Mariage secret
Très proche du futur duc de Somerset William Seymour, elle finit par l'épouser en secret le [1], sans l'autorisation officielle du roi[17],[3]. Un mois après les noces, le roi l'apprend, les déclare coupable de haute trahison et fait arrêter le couple le [17]. Arbella Stuart est enfermée à Durham et son époux à la Tour de Londres[17],[1]. De son exil, elle envoie de nombreuses lettres à son cousin pour lui faire changer d'avis, sans succès[23].
Transférée à Barnet, elle échafaude un plan pour s'enfuir avec son époux en France. Le , elle quitte l'établissement dans une pèlerine avec l'intention de retrouver Seymour à Lee, dans la banlieue de Londres mais celui-ci arrive en retard[23]. Alors que le navire sur lequel elle est montée approche des côtes françaises, elle est reprise par les hommes de Jacques Ier et ramenée à Londres où elle est enfermée à la Tour[23]. Son époux, Seymour, a réussi à passer en Flandres[1]. En 1612, elle est condamnée à la réclusion à perpétuité pour s'être mariée sans l'accord du roi[23]. Elle meurt finalement le à l'âge de 39 ans et est inhumée à l'abbaye de Westminster[3].
Hommages littéraires
Le poème d'Emilia Lanier Salve Deus Rex Judaeorum est dédié à Arbella. Emilia Lanier et Arbella étaient amies, et la poète la décrit comme : "Une dame très cultivée que j'ai longtemps connue, mais pas autant que je le désirais". Le poème de Felicia Hemans Arabella Stuart est à propos d'Arbella, et imagine ses pensées alors qu'elle est en train de mourir en prison.
Ascendance
| 32. John Stewart | |||||||||||||||||||
| 16. Matthew Stewart | |||||||||||||||||||
| 33. Margaret Montgomerie | |||||||||||||||||||
| 8. John Stewart | |||||||||||||||||||
| 34. James Hamilton | |||||||||||||||||||
| 17. Elizabeth Hamilton | |||||||||||||||||||
| 35. Marie Stuart | |||||||||||||||||||
| 4. Matthew Stewart | |||||||||||||||||||
| 36. James Stewart de Lorn | |||||||||||||||||||
| 18. John Stuart | |||||||||||||||||||
| 37. Jeanne Beaufort | |||||||||||||||||||
| 9. Elizabeth Stewart | |||||||||||||||||||
| 38. William Sinclair | |||||||||||||||||||
| 19. Eleanor Sinclair | |||||||||||||||||||
| 39. Marjory Sutherland | |||||||||||||||||||
| 2. Charles Stuart | |||||||||||||||||||
| 40. Archibald Douglas | |||||||||||||||||||
| 20. George Douglas | |||||||||||||||||||
| 41. Elizabeth Boyd | |||||||||||||||||||
| 10. Archibald Douglas | |||||||||||||||||||
| 42. John Drummond | |||||||||||||||||||
| 21. Elizabeth Drummond | |||||||||||||||||||
| 43. Elizabeth Lindsay | |||||||||||||||||||
| 5. Margaret Douglas | |||||||||||||||||||
| 44. Edmond Tudor | |||||||||||||||||||
| 22. Henri VII d'Angleterre | |||||||||||||||||||
| 45. Marguerite Beaufort | |||||||||||||||||||
| 11. Marguerite Tudor | |||||||||||||||||||
| 46. Édouard IV d'Angleterre | |||||||||||||||||||
| 23. Élisabeth d'York | |||||||||||||||||||
| 47. Élisabeth Woodville | |||||||||||||||||||
| 1. Arbella Stuart | |||||||||||||||||||
| 48. William Cavendish | |||||||||||||||||||
| 24. Thomas Cavendish | |||||||||||||||||||
| 49. | |||||||||||||||||||
| 12. Thomas Cavendish | |||||||||||||||||||
| 50. | |||||||||||||||||||
| 25. | |||||||||||||||||||
| 51. | |||||||||||||||||||
| 6. William Cavendish | |||||||||||||||||||
| 52. | |||||||||||||||||||
| 26. | |||||||||||||||||||
| 53. | |||||||||||||||||||
| 13. Alice Smith | |||||||||||||||||||
| 54. | |||||||||||||||||||
| 27. | |||||||||||||||||||
| 55. | |||||||||||||||||||
| 3. Elizabeth Cavendish | |||||||||||||||||||
| 56. | |||||||||||||||||||
| 28. | |||||||||||||||||||
| 57. | |||||||||||||||||||
| 14. John Hardwick | |||||||||||||||||||
| 58. | |||||||||||||||||||
| 29. | |||||||||||||||||||
| 59. | |||||||||||||||||||
| 7. Bess de Hardwick | |||||||||||||||||||
| 60. | |||||||||||||||||||
| 30. Thomas Leeke | |||||||||||||||||||
| 61. | |||||||||||||||||||
| 15. Elizabeth Leeke | |||||||||||||||||||
| 62. | |||||||||||||||||||
| 31. Margaret Fox | |||||||||||||||||||
| 63. | |||||||||||||||||||
Bibliographie
- (en) Encyclopedia Britannica (lire en ligne), « Arabella Stuart | English noble »

- Sabine Beauséjour, « Les aventures d'Arabelle Stuart », Historia, no 238,

- (en) Elizabeth Cooper, The Life and Letters of Lady Arabella Stuart,

- (en) David N. Durant, Arbella Stuart: A Rival to the Queen,

- (en) Sarah Gristwood, Arbella: England's Lost Queen,

- (en) P. M. Handover, Arbella Stuart: Royal Lady of Hardwick,

- (en) Blanche Christabel Hardy, Arbella Stuart: A Biography,

- (en) Lisa Hopkins, « On the Edge of the S(h)elf: Arbella Stuart », dans Lisa Hopkins et Aidan Norrie, Women on the Edge in Early Modern Europe, Amsterdam, Amsterdam University Press, (ISBN 9789048539178, DOI https://doi.org/10.1515/9789048539178-010), p. 159-178.
- (en) Terry Kilburn, Hardwick's Royal Princess: Arbella Stuart, 1575-1615, 2013-2015)

- (en) Rosalind Marshall, Dictionary of National Biography, Oxford, Oxford University Press, , « Arabella Stuart »
- (en) Ruth Talbot Plimpton, Mary Dyer: Biography of a Rebel Quaker,

- (en) Conyers Read, Lord Burghley and Queen Elizabeth,

- (en) Sarah Jayne Steen, The Letters of Lady Arbella Stuart,
