Ploubazlanec
commune française du département des Côtes-d'Armor
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Ploubazlanec [plubalanɛk][Note 1], Plaeraneg en breton, est une commune située dans le département des Côtes-d'Armor en région Bretagne. Ploubazlanec appartient au pays historique du Goëlo.
| Ploubazlanec Plaeraneg | |||||
La baie de Launay. | |||||
| Administration | |||||
|---|---|---|---|---|---|
| Pays | |||||
| Région | Bretagne | ||||
| Département | Côtes-d'Armor | ||||
| Arrondissement | Guingamp | ||||
| Intercommunalité | Guingamp-Paimpol Agglomération | ||||
| Maire Mandat |
Richard Vibert 2021- |
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| Code postal | 22620 | ||||
| Code commune | 22210 | ||||
| Démographie | |||||
| Gentilé | Ploubazlanécain, Ploubazlanécaine | ||||
| Population municipale |
2 932 hab. (2023 |
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| Densité | 195 hab./km2 | ||||
| Géographie | |||||
| Coordonnées | 48° 48′ 05″ nord, 3° 01′ 56″ ouest | ||||
| Altitude | 36 m Min. 0 m Max. 72 m |
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| Superficie | 15,04 km2 | ||||
| Type | Commune rurale à habitat dispersé | ||||
| Unité urbaine | Paimpol (banlieue) |
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| Aire d'attraction | Paimpol (commune de la couronne) |
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| Élections | |||||
| Départementales | Canton de Paimpol | ||||
| Législatives | Cinquième circonscription | ||||
| Localisation | |||||
| Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : Côtes-d'Armor
Géolocalisation sur la carte : Bretagne (région administrative)
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| Liens | |||||
| Site web | ploubazlanec.bzh | ||||
| modifier |
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Ses habitants sont appelés les Ploubazlanécains et les Ploubazlanécaines.
Géographie
Localisation
Ploubazlanec est une ville au nord du département des Côtes-d'Armor, bordée par la Manche sur environ 19 kilomètres de côtes et qui s'étend sur 15,04 km2 soit 1 504 hectares. Elle est située sur la côte du Goëlo au nord-ouest de la baie de Saint-Brieuc[1] et de la réserve naturelle nationale de la baie de Saint-Brieuc.
Son altitude varie de 0 à 72 m et est en moyenne de 36 m.
Elle est longée par le Trieux, petit fleuve côtier dont l'embouchure est encadrée d'amont en aval par Pleudaniel puis Lézardrieux à l'ouest, et Plourivo puis Paimpol puis Ploubazlanec à l'est[2].
La commune est bordée au nord-ouest par l'entrée de l'estuaire du Trieux, avec Lézardrieux de l'autre côté de l'estuaire. Or l'estuaire qui les sépare est considéré comme un bras de mer et donc « hors territoire » à proprement parler. Techniquement, l'estuaire du Trieux commence vers le moulin à marée près de Porz Lec'h sur Pleudaniel, avec en face Toull ar Huiled sur Plourivo[2].
Il en va de même pour la contigüité avec l'île de Bréhat, qui est une commune hors intercommunalité séparée de Ploubazlanec par une étendue de mer. La seule commune effectivement contigüe à Ploubazlanec est Paimpol au sud.
Cadre géologique

Située à l'extrémité orientale du plateau du Trégor, Ploubazlanec est localisée dans la partie médiane du domaine nord armoricain, unité géologique du Massif armoricain qui est le résultat de trois chaînes de montagnes successives. Le site géologique de Ploubazlanec se situe plus précisément dans le batholite du Trégor, pluton qui fait partie d'un ensemble plus vaste, le batholite mancellien[Note 2],[4].
L'histoire géologique du plateau du Trégor est marquée par le cycle icartien (de ca. -2 200 Ma à -1 800 Ma) dont la géodynamique est mal connue, et le cycle cadomien (entre 750 et 540 Ma) qui se traduit par la surrection de la chaîne cadomienne qui devait culminer à environ 4 000 m[5] et regroupait à cette époque (avant l'ouverture de l'océan Atlantique) des terrains du Canada oriental, d'Angleterre, d'Irlande, d'Espagne et de Bohême[6]. Cette ceinture cadomienne se suit à travers le Nord du Massif armoricain depuis le Trégor (baie de Morlaix) jusqu'au Cotentin. À une collision continentale succède une période de subduction de l'océan celtique[7] vers le sud-est, sous la microplaque Armorica appartenant alors au supercontinent Gondwana. Des failles de direction N40°-N50°enregistrent un raccourcissement oblique, orienté environ NNE-SSW[8]. Cette tectonique régionale entraîne un métamorphisme à haute température et basse pression. À la fin du Précambrien supérieur, les sédiments briovériens issus de l’érosion rapide de la chaîne cadomienne sont ainsi fortement déformés, plissés, formant essentiellement des schistes et des gneiss[9]. Les massifs granitiques du Mancellien (notamment le massif côtier nord-trégorrois, le granite de Plouha, les diorites et gabbros de Saint-Quay-Portrieux), dont la mise en place est liée au cisaillement nord-armoricain[10] scellent la fin de la déformation ductile de l'orogenèse cadomienne[11]. À leur tour, ces massifs granitiques sont arasés, leurs débris se sédimentant dans de nouvelles mers, formant les « Séries rouges » qui se déposent dans le bassin ordovicien de Plouézec-Plourivo, hémi-graben limité au nord par la faille de Trégorrois. Les grands traits de l’évolution géologique du Trégor sont alors fixés. L'altération a également transformé les roches métasédimentaires en formations argilo-sableuses. Enfin, au Plio-quaternaire, les roches du substratum sont localement recouvertes par des dépôts récents issus de l’action du vent (lœss, limons sur les coteaux)[12].
La région de Ploubazlanec est ainsi formée d'un plateau granitique (750-650 Ma) recoupé par un champ filonien extrêmement dense de dolérite du Trieux, roche massive noire, à cristallisation très fine, ayant une composition de basalte tholéïtique[13]. Elle correspond à la subduction d'un domaine océanique vers le sud-est sous la marge nord du Gondwana, entraînant un métamorphisme à haute température et basse pression (subduction engendrant un bassin intra-arc ou une zone de chevauchement, les deux hypothèses restant débattues)[14].
Pétrographiquement, le granite représente une microgranite monzonitique de Launay (hameau de Ploubazlanec). « Cette formation dessine une bande que l'on observe depuis les·falaises de la pointe de l'Arcouest à l'est, jusque dans les rives du Jaudy à l'ouest, où elle ne forme plus que des affleurements limités au sein de la micro-granodiorite. Cette roche a des aspects souvent variables. Le type le plus caractéristique peut être cependant examiné le long de la côte, entre l'Arcouest et Loguivy-de-la-Mer. Il s'agit d'une roche de teinte rose lorsqu'elle s'altère. Au sein d'une mésostase dont les éléments sont indiscernables à l'œil nu, on reconnaît des phénocristaux automorphes de feldspaths blancs, très nombreux, et de minéraux ferro-magnésiens noirs (amphibole, biotite)[15] ».
Touristiquement, les principaux aspects de la géologie dans cette région peuvent être abordés au cours de balades naturalistes et géologiques qui permettent d'observer sur un espace réduit du territoire, des roches d'âge et de nature différents, témoins de phénomènes géologiques d'ampleur (magmatisme, tectogenèse, métamorphisme, érosion…). La pointe de l'Arcouest permet notamment d'observer les filons de dolérite et de microgranites de Loguivy-de-la-Mer (réseau dense à orientation générale N 60°) qui recoupent le batholite du Trégor[16].
Relief
Le finage de Ploubazlanec est constitué d'un plateau recouvert de limon d'une altitude moyenne de 50 à 60 mètres incliné vers la Manche et limité à l'ouest par l'escarpement de rive droite de la ria du Trieux. Son altitude maximale atteint 72 mètres (à un endroit situé à peu près au centre du territoire communal ; le bourg, excentré vers l'est de la commune, est aux environs de 55 mètres d'altitude ; quelques fonds d'anses sont à basse altitude (quelques mètres seulement) car ils ont été comblés par des sédiments marins, notamment au Launay ou encore au sud de l'Anse du Ouern.
- Le GR 34 aux environs de la Pointe de Bilfot.
- La Baie de Launay (carte postale, vers 1930).
- La Pointe de l'Arcouest (carte postale, vers 1910).
- Loguivy et les nombreux écueils qui en sont proches.
- L'entrée de l'embouchure du Trieux près de Loguivy et l'Île-à-Bois (carte postale, vers 1930).
Ploubazlanec est à l'extrémité nord d'une presqu'île limitée côté est par la Baie de Saint-Brieuc (Côte du Goëlo) et côté ouest par l'estuaire ou ria du Trieux ; en conséquence, la commune est limitée par la mer sur trois côtés : à l'est, l'Anse de Paimpol découvre largement un vaste estran à marée basse et se termine par la Pointe de la Trinité, près de laquelle se trouve le port de Porz Even, la chapelle de la Trinité et la Croix des Veuves, puis l'anse de Launay va jusqu'à la Pointe de l'Arcouest ; côté nord, le littoral est plus rectiligne, d'est en ouest, jusqu'à l'Anse du Ouern au nord-ouest de laquelle se trouve la Pointe du Ouern et le port de Loguivy-de-la-Mer ; enfin, côté ouest, la rive droite de la ria du Trieux est à peu près rectiligne, d'orientation nord-est au sud-ouest, et forme des falaises ayant un dénivelé d'une bonne cinquantaine de mètres jusqu'à la limite communale avec Paimpol et même au-delà.

De nombreux écueils parsèment l'estran sur les côtés est et nord de ce littoral qui contient une seule île notable appartenant à la commune : l'Île Saint-Riom, qui culmine à 41 mètres d'altitude. Au large du littoral nord de trouve l'archipel de Bréhat, mais celui-ci forme une commune distincte (Île-de-Bréhat).
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Traou, un très modeste fleuve côtier qui se jette dans l'Anse de Paimpol et forme une bonne partie de la limite communale entre Ploubazlanec et Paimpol[17],[Carte 1].

Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[18]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[19]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique[20]. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments[21]. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[22],[23].
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 11,2 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 0,5 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 720 mm, avec 12,7 jours de précipitations en janvier et 6,4 jours en juillet[18]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune d'Île-de-Bréhat à 6 km à vol d'oiseau[24], est de 12,5 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 760,5 mm[25],[26]. La température maximale relevée sur cette station est de 34 °C, atteinte le ; la température minimale est de −9 °C, atteinte le [Note 4].
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune[27], un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Voies de communication et transports
Ploubazlanec est reliée à Paimpol grâce à la ligne 24 du réseau de bus Axéobus.
Des vedettes sont également disponibles à la Pointe de l'Arcouest pour aller sur l'île de Bréhat.
Ploubazlanec est traversée par la route départementale 789. La petite D 15 mène de Kerpalud à Loguivy.
Hameaux et lieux-dits
Ploubazlanec inclut de nombreux lieux-dits et écarts, dont certains remarquables[28].
L'Île Saint-Riom
L'île Saint-Riom fait partie du territoire de Ploubazlanec - mais non l'île de Bréhat qui est une commune à part entière.
- L'Île Saint-Riom en arrière-plan de la Croix des Veuves.
Pors-Even

Pors-Even ([pɔʁzevɛn]) est le second port de pêche de la commune, qui donne sur l'anse de Paimpol. Il est renommé pour ses viviers accessibles à tous. On peut y acheter des coquillages (coquilles Saint-Jacques, praires…) et des crustacés (homards, crabes…).
- Notre-Dame de Perros-Hamon ("Croix des Veuves") vers 1910 (carte postale Émile Hamonic).
- Retour de coquilliers à Pors-Even.
C'est cet endroit qui, avec la ville voisine de Paimpol, a inspiré Pierre Loti pour son roman Pêcheur d'Islande.
La Croix des Veuves (à la Pointe de la Trinité, début du XVIIIe siècle) et le Pilier de la Vierge, sont deux endroits remarquables. Les femmes de pêcheurs se rendaient à la Croix des Veuves pour guetter le retour des navires, partis en longues et difficiles campagnes de pèche sur les bancs de Terre Neuve.
Loguivy-de-la-Mer

Loguivy est ainsi décrit en 1922 :
« Loguivy (..) c'est un havre de pêcheurs (..). Au fond de l'horizon veille le phare des Héaux. L'archipel de Bréhat, à droite, prolongé sa ceinture de granite rouge. Ces aspects splendides continuent pendant qu'on descend vers le village. La route aboutit au fond de l'anse minuscule où s'abritent les bateaux des pêcheurs. Une trentaine, les plus grands, vont chercher la langouste sur les côtes anglaises, pendant la saison d'été, rentrant tous les quinze jours. Loguivy est resté jusqu'à nos jours un havre de l'ancien temps : à peine si quelques môles se prêtent à l'accostage. Un grouillement de maisonnettes s'accroche sur le contour de l'anse. À cette agglomération se sont ajoutés depuis quelques années des quartiers composés surtout de villas créées par des habitués de ce merveilleux littoral (..) [attirés par] le double attrait des beaux horizons de mer et des vivants tableaux que présente, à chaque instant du jour, l'animation d'un petit port de pêcheurs[29]. »

Le port de pêche de Loguivy se situe à l'entrée du Trieux. Ce port est réputé pour ses coquilles Saint-Jacques qui font l'objet d'une fête annuelle en alternance avec Saint-Quay-Portrieux et Erquy. Le port est géré par la Chambre de commerce et d'industrie des Côtes-d'Armor.

Le port de Loguivy est également réputé pour son championnat du monde de Loguivy-de-la-Mer des bateaux à moteur pop-pop dont le premier champion fut Louis Valier[30].
À noter la présence d'un poisson et non d'un coq sur le clocher de l'église. Le village est majoritairement constitué de maisons de pêcheurs transformées en coquettes résidences secondaires. Lénine séjourna à Loguivy durant l'été 1902. Tristan Bernard y établit sa maison secondaire au début du XXe siècle.
Une chanson célèbre de François Budet (Loguivy-de-la-Mer) évoque ce petit port.
- Henri Rivière : Le port de Loguivy à marée haute (1894).
- Le phare de la Croix au large de Loguivy.
- Henri Rivière : Vieux moulin à Loguivy (1910, lithographie sur papier vélin).
- Le port de Loguivy à marée basse (carte postale, vers 1910).
- Le port de Loguivy vers 1910 (carte postale).
Au début du XXIe siècle, Loguivy-de-la-Mer n'abrite plus qu'une vingtaine de bateaux et la plupart de ses commerces ont fermé. La réhabilitation amorcée en 2020 des anciens viviers Saint-Suliac, inutilisés depuis une douzaine d'années, en le transformant en 26 petits viviers à vocation ikejime, vise à insuffler à Loguivy un nouveau dynamisme[31].
L'Arcouest


L'Arcouest est une pointe fermant au nord-ouest l'anse de Launay. Elle abrite le port d'embarquement pour l'île de Bréhat, desservi depuis Paimpol par la ligne 24 de l'Axéobus, le service de transports en commun de Guingamp-Paimpol Agglomération.
L'Arcouest a aussi servi à baptiser l'un des premiers et plus grands prototypes d'hydrolienne construit et testé en France par OpenHydro[32]. Une hydrolienne sera d'ailleurs testée au large de l’île de Bréhat, sur le plateau de la Horaine.
Sur la façade de cette pointe donnant sur l'anse, se trouvent un certain nombre de maisons appartenant (ou ayant appartenu) à des scientifiques ou intellectuels français qui s'y installèrent à partir du début du XXe siècle, tels que Louis Lapicque, Charles Seignobos, Jean Perrin[33],[34],[35], Marie Curie, Irène Joliot-Curie, Jean Zay[36], Victor Auger, Pierre Auger ou Georges Pagès[37]. Dans un reportage de Paris Match en 1939, les journalistes baptisèrent le lieu du nom ironique de « Sorbonne-Plage »[38] car plusieurs de ces personnalités étaient professeurs à la Sorbonne[39].

Cette vague d'installations commence en 1901, sur l'initiative de Louis Lapicque, Charles Seignobos et d'Anatole Le Braz, qui souhaite quitter Port-Blanc après la disparition de plusieurs membres de sa famille noyés lors d'un naufrage dans l'estuaire du Jaudy (dont sa sœur, mariée à Léon Marillier, professeur de Religion des peuples primitifs, dont Lapicque suivait les cours à l’École pratique des hautes études et dont la mère était l’épouse de Seignobos), Il "découvrent" la pointe de l'Arcouest ; il n'y a à l'époque qu'une chaumière en ruine sur le plateau. En 1904 le physiologiste Louis Lapicque est le premier à faire bâtir sa maison, Roc'h Ar Had, sur un large terrain dont il revend progressivement des parcelles à ses amis. Charles Seignobos, dit le Capitaine, le suit avec sa maison Taschen Bihan construite en 1910[37]. Cette maison sera entièrement détruite par les Allemands, à la fin de la guerre, et reconstruite quasiment à l'identique. Finalement, une trentaine de familles de scientifiques et d'intellectuels s'installent dans le secteur ; certaines des demeures qu'ils s'y firent construire appartiennent encore aux descendants[40]. De nombreux noms de rue et chemins témoignent de leur présence[41]. L'ambiance de cette période est retransmise dans les films réalisés par Irène Joliot-Curie[42] et Hélène Langevin[42].
En 1923, une pétition de 26 marins pêcheurs de Launay amène la construction d'une cale de 50 mètres de long ; elle permet de débarquer la pêche d'une dizaine de bateaux[37].
Assistant-préparateur du professeur Victor Auger à la Sorbonne, Eugène Schueller s'installe à l'Arcouest en 1926, le premier à faire poser une clôture - qui coupe le chemin du GR36 ou chemin des douaniers, obligeant celui-ci à quitter le haut des falaises. Dans sa maison à colonnades[37] à la pointe de la baie, sa fille et son gendre Liliane et André Bettencourt reçoivent le président Georges Pompidou et son épouse lors du voyage de ces derniers en Bretagne en .
De nos jours, les abords du port de l'Arcouest sont très urbanisés, en contraste avec le reste de la commune dont l'habitat est resté en majorité traditionnel dans son aspect ; dans les zones rurales les maisons restent plutôt discrètes[37].
En 1973, une sculpture de granite pour Frédéric et Irène Joliot-Curie, sur le thème de l'énergie nucléaire est installée à la pointe de l'Arcouest.
Launay
Launay (dit Launay - mal nommé, pour le différencier de Launay, village voisin sur la presqu’île de Pleubian, au pied du Sillon de Talbert) est un ancien village de pêcheurs devenu un lieu de villégiature recherché. C'est dans son anse que « Sorbonne-Plage » est née et s'est développée[37]. L'anse contient des réservoirs de pêcheries, datant d'avant que cette pratique soit interdite[43]. On y trouve une plage et un petit port de plaisance.
- La Baie de Launay vers 1930 (carte postale).
La réserve Paule Lapicque borde la baie de Launay. En 2003, Paule Lapicque (1909-2001), militante dès les années 1970 de l'agriculture biologique, lègue à l'association Bretagne vivante 11 ha de milieux naturels variés et trois bâtiments. L'association a mis en place trois sentiers de découverte, la maison « Notéric » (villa datant de 1904) devenue la maison d'accueil du public, et un écolo-gîte[44] géré par des bénévoles[45].
Lannévez

« Lannévez est mentionné en 1189 dans les chartes des abbayes de Saint-Rion et de Beauport. Après avoir été donnée à l'abbaye de Saint-Rion, entre 1184 et 1189, son église devient une possession de l'abbaye de Beauport en 1202. Dès 1664, Lannévez est une paroisse succursale de celle de Perros-Hamon. Lannévez devient commune au début de 1790 »[46].
Urbanisme
Typologie
Au , Ploubazlanec est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à 7 niveaux définie par l'Insee en 2022[47].
Elle appartient à l'unité urbaine de Paimpol, une agglomération intra-départementale dont elle est une commune de la banlieue[48],[49]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Paimpol, dont elle est une commune de la couronne[Note 5],[49]. Cette aire, qui regroupe 13 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[50],[51].
La commune, bordée par la Manche, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral[52]. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des 100 mètres, ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit[53].
Occupation des sols
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (62 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (70 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (36,5 %), zones agricoles hétérogènes (25,5 %), zones urbanisées (25,2 %), forêts (6,4 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (4,2 %), zones humides côtières (2,1 %)[54]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].

Toponymie
Son nom vient de l’ancien breton ploe qui signifie paroisse et, semble-t-il, de banadl qui désigne le genêt. Le toponyme associe au breton balan (en vieux breton banadl et en moyen breton banazl) le suffixe ek. Bannalec signifie « l'endroit où pousse le genêt ». Le lieu doit probablement son nom du fait que le genêt à balais y poussait en abondance[réf. souhaitée]. Le z est muet dans le nom complet ([plubalanɛk]) mais se prononce dans le raccourci familier Ploubaz ([plubaz]).
La commune de Ploubazlanec a été nommée de différentes façons au cours du temps : Ploibanazlech (en 1224), Ploibanazlec (en 1230), Ploubanelec (en 1232), Plobanalec (en 1239, en 1250, en 1255), Plobalanech (en 1252), Ploebanalec (en 1267), Plebanalec (en 1274), Ploebalannec (en 1421), Ploubalaneuc (en 1427), Pleubalneuc (en 1428), Pleublannec ou Pleubalannec (en 1480), Ploeballanec (en 1514), Ploebazlannec (en 1543), Ploubalanec (en 1569), 'Ploubazlannec (1627) et Ploubazlanec dès 1684.
Histoire
Néolithique
Des vestiges préhistoriques sont présents sur Ploubazlanec, notamment l'allée couverte de Mélus qui date du Néolithique récent (-3000/-2500 B.C.) et le promontoire préhistorique barré de Roch'an Evned (rive droite du Trieux).
Des éclats de silex ont été trouvés en contrebas de Roc'h Kurun (Rocher du Tonnerre) ; quelques deux mille pierres taillées ont été trouvées parmi les galets de la Pointe de l'Arcouest ; un site d'habitat préhistorique a été fouillé au pied de Karreg an Yellan (Rocher du Cornec); des pierres taillées ont aussi été trouvées à la Pointe de la Trinité et sur la côte nord-ouest de l'île de Saint-Riom[55].
Antiquité
La région était peuplée par les Osismes, puis devint gallo-romaine(aucune trace n'en a été trouvé à Ploubazlanec, mais plusieurs dans son voisinage) ; un castellum aurait existé à la Pointe du Château et des traces d'empierrement laissent supposer une voie romaine entre Paimpol et Loguivy[55].
Moyen Âge
Entre 685 et 687, saint Ivy, venant d'Outre-Manche aurait débarqué à Ploubazlanec avant de fonder un ermitage (loc en breton) en un lieu qui a pris par la suite le nom de Loguivy-de-la-Mer. Par ailleurs, saint Riom, nom que porte la seule île de la commune (Île Saint-Riom), quasi inconnu sous ce nom, est probablement une déformation de "Rhian",(nom d'un compagnon de saint Maudez francisé plus tardivement en « Adrien »)[56].
Ploubazlanec est mentionnée pour la première fois en 1224 (Ploibanazlech) lors d'une donation faite à l'abbaye de Beauport, et est désignée comme une paroisse dès 1232. Les villages de Lannévez et de Perros-Hamon, annexés plus tard par Ploubazlanec, étaient avec Bréhat une enclave du diocèse de Dol.
'ors de la réformation de 1427, Alain Tanouarn et Jean Herscouet sont cités comme nobles et à celle de 1514, pour la paroisse de Lannévee, Guillaume de Kerraoul et Guillaume du Varu[57].
Renaissance
Durant les Guerres de la Ligue, la commune de Ploubazlanec est occupée par un corps d'armée anglais envoyé par Elisabeth 1re d'Angleterre en 1591 et débarqué à Paimpol pour soutenir Henri IV contre la menace espagnole en Bretagne et la Ligue.
L'ancienne paroisse de Ploubazlanec ressortissait avant la Révolution à Saint-Brieuc, son évêché, et avait pour subdélégation et pour siège de sa haute justice, Paimpol. Elle faisait partie de l'ancien comté de Goëlo.
Temps modernes
Selon une ordonnance royale de Louis XV, la paroisse de Perros-Hamon devait fournir 27 hommes et payer 177 livres pour la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne [58].

Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Ploubazlanec en 1778 :
« Ploubaz-nalec ; sur une hauteur, au bord de la mer ; à 7 lieues trois quarts au Nord-Ouest de Saint-Brieuc, son évêché et son ressort ; à 28 lieues de Rennes et à deux tiers de lieue de Paimpol sa subdélégation. Cette paroisse, dont la cure est à l'alternative a une haute justice qui s'exerce à Paimpol; on y compte 1 200 communiants[Note 6]. Ce territoire est peu étendu, mais fertile et très exactement cultivé : on y voit les maisons nobles de Poulois et de Kerfach[59]. »
Il décrit aussi la paroisse de Perros-Hamon et sa trève de Lannevez, depuis annexées par la commune de Ploubaznalec :
« Peros-Hamon ; à 21 lieues à l'ouest-nord-ouest de Dol, son évêché ; à 18 lieues de Rennes ; et à deux tiers de lieue de Paimpol, sa subdélégation. Cette paroisse ressortit à Saint-Brieuc, et est enclavée dans le diocèse de ce nom. On y compte 800 communiants[Note 6], y compris celles de Lannevez et de Lanvignec, ses trèves ; la collation de la cure appartient à l'abbé de Beauport. Ce territoire est borné par la mer au nord, à l'est et au sud ; il est fertile et bien cultivé[60]. »
Révolution française
Ploubazlanec devient une commune et élit sa première municipalité au début de 1790.
Au printemps 1794, « chaque nuit, dans toute la région paimpolaise, à Plouézec, à Lanloup, à Yvias, à Ploubazlanec, des paysans en bande, tète nue, disant leur chapelet ou récitant les litanies, visitent les chapelles dispersées dans les campagnes »[61].
En 1798 le département des Côtes-du-Nord accordé aux patriotes de Ploubazlanec, « malheureusement pas très nombreux » la libre disposition de l'église pour y tenir leurs réunions, sous la présidence de l'agent communal, mais ordonne la fermeture des églises de Lannévez et Lanvignec, où deux tisserands « qui tiennent notoirement au parti des réfractaires et par suite des ci-devant privilégiés » tiennent des réunions[62].
Le XIXe siècle

Le six bateaux de Paimpol prirent dans le port de Porsdon, commune de Ploubazlanec, 70 souffleurs dont certains pesaient entre 2 000 et 2 500 kilos.

Le , Ploubazlanec annexe les communes de Lannévez et Perros-Hamon par décret royal. Cette annexion a eu pour effet de réunir à Ploubazlanec ses deux exclaves : l'une contenait le village de Traoupel, à l'intérieur de Lannévez, l'autre, au nord-est, comprenait le village de l'Arcouest, jusque-là situé entre Lannévez et Perros-Hamon et qui ne communiquait avec le reste de Ploubazlanec que par un carrefour[63].
A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Ploubazlanec en 1853 :
« Ploubazlanec : commune formée de l'ancienne paroisse de ce nom ; aujourd'hui succursale. (..) Principaux villages : Larcouest, Cornec, Kerninon, Ar-Ruz, Kervodin, Launay-Mal-Nommé, Boussoul, Perros-Hamon, Port-Even, Toul-Broc'h, Kerroc'h-ar-Guervian, Lervellec, Kervenous, Kersa, Kerascouet, Croyas-don-Yan, Ar-Gouéno, Kerveur, Kerloc'hdu, Gauperecq, Kergal, Kerendon, le Cleusiat, Kertanouarn, Gilard, Lan-ar-Ven, l'Irsue, Ar-Hastel, Loguivy, Crec'h-Baelan. Superficie totale 1 503 hectares 54 ares dont (..) terres labourables 1 071 ha, prés et pâturages 94 ha, bois 23 ha, vergers et jardins 16 ha, landes et incultes 220 ha (..). Moulins : 6. (..). Géologie : schistes modifiés par les roches feldspathiques ; granite amphibolique à Lannevez. On parle le breton[64]. »
Joachim Gaultier du Mottay écrit en 1862 que Ploubazlanec possède une école de garçons ayant 157 élèves et une de filles en ayant 60, que l'église paroissiale Saint-Pierre a été reconstruite vers 1830 (« convenable, mais né possède rien qui mérite d'être cité », que les anciennes églises de Lannévez et Perros-Hamon sont désormais de simples oratoires et que les autres chapelles sont celles de la Trinité , de Saint-Maudez, de Loguivy et de Saint-Jean. Il écrit aussi que « les deux ports de Loguivy et Pors-Even possèdent chacun une cinquantaine de bateaux de pêche servent à la pêche du poisson frais ; ces bateaux sont montés par quatre hommes en moyenne » et que les bancs de l'Arcouest et de la Trinité fournissent du sable coquillier qui sert de fertilisant pour l'agriculture[65].

Guillaume Hamon[Note 7], de Kerroc'h, fit partie des bretons, la plupart paysans, qui émigrèrent en Argentine en 1888 (avant de revenir au pays en 1891) ; il déclare en 1955 : « Mes aïeux étaient corsaires et mon père, le capitaine Hamon, (..) fut l'un des premiers capitaines paimpolais à pratiquer la pêche en Islande, voilà juste un siècle »[66].
Au XIXe siècle, l'activité économique est centrée sur la pêche, notamment en Islande à partir du Second Empire.

Armand Dayot écrit en 1888 dans un article écrit à Loguivy et intitulé "Au pays des veuves" que le quartier maritime de Paimpol comptait pas moins de 2 000 veuves parmi des inscrits (« les hommes font les dangereuses péches de la morue dans les mers d'Islande, et du homard dans les pages de l'Île de Sein ») ; il décrit ensuite les conditions de vie très difficiles de ces veuves et des nombreux orphelins[67]. Un article de Pierre Loti publié dans la presse décrit la douleur des veuves lors du naufrage de deux '"Islandais" de Paimpol, la Petite-Jeanne et la Catherine en 1887[68] ; ce double naufrage fit 30 veuves et 80 orphelins, principalement dans les communes de Ploubazlanec, Plouézec et Kérity ; Pierre Loti fut à l'initiative d'une souscription en faveur de ces familles[69].
Le XXe siècle
Au cours de la première moitié du XXe siècle, amenés par le biologiste Louis Lapicque et l'historien Charles Seignobos, la commune devient le lieu de villégiature de nombreux scientifiques : Les Curie (Marie Curie, puis Frédéric et Irène Joliot-Curie), les Perrin, les Langevin, l'historien Georges Pagès, Marcel Cachin, ou le fondateur de L'Oréal, Eugène Schueller.
La Belle Époque
La tempête du en Mer d'Islande fit 117 victimes laissant 45 veuves et 167 orphelins dans les cinq communes de Plouézec, Ploubazlanec, Kérity, Plouha et Pléhédel « qui fournissent en presque totalité le recrutement des "Islandais" (..) Pareille catastrophe ne s'était point vue depuis 1854 »[70].
Le | fut bénie la première pierre de l'église paroissiale Sainte-Anne et l'église est consacrée le [71].
- Vue intérieure de l'ancienne église Saint-Pierre.
- Le pardon de la chapelle de Perros-Hamon vers 1902 (carte postale A. Waron).
- Perros-Hamon ː le porche des disparus (1903).
- Perros-Hamon ː le monument des endeuillées (1903).
- Le mur des disparus en mer au cimetière de Ploubazlanec (La Semaine illustrée du 4 novembre 1900).
- Le mur des disparus en mer dans le cimetière vers 1910 (carte postale).
- Cimetière : le coin des disparus (carte postale, vers 1910).
- Cimetière de Ploubazlanec : la tombe de Guillaume Floury, décédé en 1899 (le "Grand Yann" dans Pêcheurs d'Islande de Pierre Loti).
- La route de l'Arcouest vers 1910 (carte postale).
- Le château de Kersa.
Consacré à la mémoire des disparus en mer, le porche funèbre de Perros-Hamon, garni d'étranges inscriptions, est décrit par Pierre Loti dans Pêcheur d'Islande. Le monument des endeuillées est l'endroit où les veuves des disparus en mer viennent prier le jour des morts. C'est là aussi que les femmes s'assemblent dans l'attente des retardataires qui souvent ne reviennent pas[72].
Première Guerre mondiale
Le monument aux morts de Ploubazlanec porte les noms de 114 soldats et marins morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale ; parmi eux, 14 ont péri en mer (dont 11 marins de commerce parmi lesquels François Bideau, Jean Camus et Sylvestre Coajou, tous les trois lors du naufrage du trois-mâts goélette Paul-et-Marie coulé par le sous-marin allemand U-34 le , les autres étant victimes des naufrages de leurs bateaux respectifs, aussi coulés par les Allemands ; 3 étaient dans la marine de guerre : Alexis Le Guen victime du naufrage du chalutier armé Kerbihan, reconverti en dragueur auxiliaire le , Guillaume Léon lors du naufrage du contre-torpilleur Arbalète le et Jean Derrien sur le remorqueur patrouilleur Pluvier le , plus d'un an après l'armistice, victime d'une tempête en Méditerranée). Par ailleurs 7 au moins sont morts en Belgique (la plupart étaient des fusiliers marins, dont 3 dès 1914, 3 en 1925 et 1 en 1917) ; Ernest Corfdir, sergent, a été tué à l'ennemi lors de la Bataille de Sedd-Ul-Bahr (Turquie) ; Jean Milon a été tué à l'ennemi le en Serbie ; 3 sont des marins morts de maladie en 1918 en Grèce (Jean Brézelec et Pierre Evenou à Corfou et Eugène Guillou à Salonique ; François Brézelec, lui aussi marin, est mort de maladie le à Alger, trois jours après l'armistice. La plupart des autres sont morts sur le sol français ; toutefois ni la date ni le lieu de leurs décès n'est indiqué pour 36 victimes de cette guerre[73].
La plaque commémorative située dans l'église paroissiale contient 115 noms ; le nom supplémentaire par rapport au monument aux morts est celui de François Joubert, lieutenant au 63e régiment de tirailleurs marocains, tué à l'ennemi le au Maroc[74].
L'Entre-deux-guerres


Le monument aux morts de Ploubazlanec est érigé en 1921 et est l'œuvre du sculpteur Yves Le Meur, le décor en bronze étant de Jean Rabiant. Il a la forme d'un obélisque posé sur un socle ; sa face avant est ornée d'une couronne, d'une palme et d'une croix latine en bronze. Une plaque en marbre blanc porte les noms des victimes de la Première Guerre mondiale ; ceux des victimes de la Seconde Guerre mondiale ont été rajoutés après celle-ci sur deux piliers situés de part et d'autre du monument initial[75].
La première pierre de la nouvelle chapelle de Loguivy est bénie le et la chapelle, dédiée à saint Ivy, consacrée le ; elle devint église paroissiale en 1945[71].
- Ploubazlanec ː la Grande Rue vers 1920 (carte postale).
- Pointe de L'Arcouest ː l'hôtel Barbu près de la jetée du port (carte postale).
La culture des pommes de terre primeurs était importante (région de la Ceinture dorée), mais avec un décalage de date par rapport aux communes littorales pour celles situées un peu à l'intérieur : le journal L'Ouest-Éclair écrit le : « les communes favorisées de Bréhat, Plouézec, Ploubazlanec, Kérity, région de la côte, ont presque terminé les arrachages ; les communes de Plounez, Plourivo, Yvias, Kerfot, livrent actuellement »[76].
Seconde Guerre mondiale
Le monument aux morts de Ploubazlanec porte les noms de 56 soldats et marins morts pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale, dont 9 qui ont péri en mer (parmi eux Alphonse Bernard, lors du naufrage du PLM 15 le ;Jacques Caous, marin sur le cuirassé Bretagne, victime de l'attaque anglaise de Mers el-Kébir le ; Louis Marie Corfdir lors du naufrage du paquebot Meknès le au large de Dieppe) ; Joseph Breuil,François Cleuziat et Jacques Le Collen sont morts au printemps 1940 lors de la Bataille de France ; trois sont morts de maladie (François Pouhër dès le dans un hôpital de Rennes ;Yves Batard en Algérie en 1942 et Ernest Rebillard, marin, à Diego-Suarez (Madagascar) en 1943) ; des résistants FFI (Marcel Le Calvez, fusillé le à la caserne du Colombier à Rennes ; François Bernard, déporté au camp de concentration de Mauthausen est mort le à Sankt Georgen an der Gusen (Autriche) ; les frères Joseph et Yvon Denis, du maquis de Coat-Lann, tués le à Pommerit-le-Vicomte et Désiré Le Rousseau, membre du même maquis, le même jour au Merzer ; Yves Caous, FFI tué le à Pommerit-Jaudy ; Henri Courson, résistant FFI, est mort le à Peumerit-Quintin ; Geneviève Kerfriden, agente de liaison, tuée accidentellement le ; le lieutenant Miguel Desprez de Gesincourt, tué à l'ennemi le lors de la libération de Marseille ; Yves Marie Ollivier-Henry, sergent-chef au 9e régiment de zouaves, tué le à Audincourt (Doubs) ; Jean Menguy, déporté au camp de concentration de Neuengamme où il est décédé le ). Les dates et circonstances des décès des autres victimes ne sont pas précisées[73].
Une plaque commémorative placée sur un mur du bureau de poste de Loguivy-de-la-Mer, contient 11 noms de résistants dont, outre ceux déjà indiqués sur le monument aux morts, ceux de Rolland Bernard, d'Auguste Bonniord et d'Édouard Riou[77].
Parmi les noms inscrits sur le Mur du Souvenir du cimetière se trouvent ceux de trois membres de la famille Koscziusko, victimes civiles de la Shoah mortes en déportation au camp de concentration d'Auschwitz : Léon (décédé le , Jeannette et Hélène, toutes deux décédées le [78].
Une stèle située près de la chapelle de Loguivy-de-la-Mer rappelle le crash du B-26 Sketeer le lors duquel 7 aviateurs américains trouvèrent la mort[79] ; une autre stèle porte les noms de 11 aviateurs américains décédés lors de deux crashes de bombardiers américains survenus les et [80] ; la même stèle porte aussi le nom d'un aviateur britannique, Reginald Gittus, mort le [81] ; son nom est aussi inscrit sur une autre stèle située au lieu du crash re son avion, un Typhoon Mark 1B, au bois du marquis à Cleuziat[82].
Les Allemands, avant de quitter la commune, incendièrent une vingtaine d'embarcations à Loguivy le . La Pointe de l'Arcouest est prise par des blindés américains et des résistants le [71].
L'après Seconde Guerre mondiale
La restructuration paroissiale
La paroisse de Loguivy-de-la-Mer est créé en 1945 au détriment de celle de Ploubazlanec. Par une ordonnance épiscopale du est fondée la paroisse de Loguivy, devenue d'abord Loguivy-Ploubazlanec puis Loguivy-de-la-Mer en 1949.
La Guerre d'Indochine
Le monument aux morts de Ploubazlanec porte les noms de 3 soldats morts pour la France pendant la Guerre d'Indochine : Louis Balcou, Claude Cousinet-Roué et Jacques Dessinais[73].
Le XXIe siècle
Politique et administration
Ploubazlanec fait partie de Guingamp Paimpol Armor Argoat Agglomération, du canton de Paimpol, de la cinquième circonscription des Côtes-d'Armor et de l'arrondissement de Saint-Brieuc.
Élections municipales
Le maire élu en 2020 est Jean-Pierre Le Normand, premier adjoint sortant. Décédé en octobre 2021, il est remplacé par Richard Vibert.
| Tête de liste | Liste | Premier tour | Sièges | |||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Voix | % | CM | CC | |||||
| Jean-Pierre Le Normand[83] | DVG | 788 | 55,84 | 18 | 2 | |||
| Ploubaz avec vous | ||||||||
| Marcel Brézellec[84] | DVG | 623 | 44,15 | 5 | 1 | |||
| Ploubaz ensemble | ||||||||
| Inscrits | 2 824 | |||||||
| Abstentions | 1 336 | 47,31 | ||||||
| Votants | 1 488 | 52,69 | ||||||
| Blancs et nuls | 77 | 5,17 | ||||||
| Exprimés | 1 411 | 94,83 | ||||||
Liste des maires
La liste des maires de Perros-Hamon et Lannévez est fournie sur les pages consacrées à ces anciennes communes.
Administration municipale et politique environnementale
Ploubazlanec est dotée d'un Plan d'Occupation des Sols (POS) approuvé en 1994. La commune a prescrit la révision de son document d'urbanisme en 2008 afin d'en adapter le contenu aux objectifs de développement qu'elle se fixe, notamment en faveur de l'accueil d'une population nouvelle, mais également afin d'en assurer une protection plus efficace de son patrimoine naturel.
L'urbanisation de la commune était autrefois liée à l'agriculture et à la pêche mais est actuellement due à la pression touristique.
Certains sites de la commune présentent un intérêt écologique et paysager si bien que des sites ont été classés et inscrits et il y a une délimitation d'Espaces Naturels Sensibles (ENS). Le littoral de la commune intercepte les périmètres de protection de deux sites d'intérêt communautaire (réseau Natura 2000) :
- La Zone Spéciale de Conservation (ZSC) « Côte de Trestel à la baie de Paimpol, estuaires du Jaudy et du Trieux, archipel de Bréhat », instituée au titre de la directive « habitats »
- La Zone de Protection Spéciale (ZPS) « Trégor Goëlo », instituée au titre de la directive « oiseaux ».
Jumelages
La commune de Ploubazlanec est jumelée avec la commune de Bischoffsheim (Bas-Rhin) depuis le . Le choix d'un jumelage avec une autre commune a été fait en 1990 car à cette époque, l'Europe était au centre des intérêts. Le fait que ce soit une commune alsacienne qui ait été choisie vient de ce que certaines villes alsaciennes souhaitaient un jumelage avec une commune bretonne[88].
Population et société
Démographie
Évolution démographique
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[89]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[90].
En 2023, la commune comptait 2 932 habitants[Note 22], en évolution de −2,72 % par rapport à 2017 (Côtes-d'Armor : +2,18 %, France hors Mayotte : +2,36 %).
Pyramide des âges
La population de la commune est relativement âgée. En 2018, le taux de personnes d'un âge inférieur à 30 ans s'élève à 21,7 %, soit en dessous de la moyenne départementale (30,7 %). À l'inverse, le taux de personnes d'âge supérieur à 60 ans est de 46,1 % la même année, alors qu'il est de 32,9 % au niveau départemental.
En 2018, la commune comptait 1 441 hommes pour 1 588 femmes, soit un taux de 52,43 % de femmes, légèrement supérieur au taux départemental (51,7 %).
Les pyramides des âges de la commune et du département s'établissent comme suit.
Santé
On trouve à Ploubazlanec plusieurs spécialistes à savoir : (la commune recherche, actuellement un médecin)
- une pharmacie
- des infirmiers
- des kinésithérapeutes
- des dentistes.
Établissements scolaires
Plubazlanec est située dans l'académie de Rennes. Elle compte deux écoles primaires : l'école du Bourg (public) et l'école Sainte-Anne / Saint-Denis (privé), et le lycée Sainte Élisabeth – KERSA (privé)[95].
Sports
Équipements sportifs
- Stade Marcel Le guyader (deux terrains)
- Le terrain de handball de l'école de Loguivy-de-la-Mer
- Terrain multisports[96]
- Le plateau sportif de l'école du bourg
- Le gymnase du lycée Sainte-Élisabeth – KERSA
- Le terrain de football du lycée Sainte-Élisabeth – KERSA
- Salle de danse
- Le terrain de basket-ball de l'école de Loguivy-de-la-Mer
- Le centre nautique de Loguivy-de-la-Mer
- Terrains de tennis
Les clubs
- Club Pêche sportive
- Étoile Sportive de Ploubazlanec
- Pôle nautique Paimpol-Goëlo
- Club de badminton « Sports Loisirs Ploubazlanec ».
Tourisme
Capacité d'hébergement touristique
La commune comprend 6 hôtels (611 chambres au total) dont 1 à trois étoiles (21 chambres) et 5 à deux étoiles; ainsi que deux campings, dont 1 à deux étoiles (65 emplacements) et 1 à une étoile (35 emplacements).
Économie
- Agriculture (primeurs)
- Pêche
- Mytiliculture et ostréiculture
- Commerce de détail
- Développement du tourisme.
- Agro-industrie : unité de méthanisation
Chiffres clés
Endettement
Le bilan 2014 de la commune montre une dette de 1,566 millions d'euros, soit 469 €/habitant - nettement en dessous des 710 €/an de moyenne pour les communes de la même strate[97].
Fiscalité
En 2014 la moyenne de la taxe d'habitation est de 1 431 euros, soit une augmentation de euros sur la moyenne pour les communes de la même strate (1 183 euros).
La même année, la commune collecte 750 000 euros en taxe d'habitation (soit 225 €/habitant ; la taxe d'habitation moyenne pour cette strate en 2014 est 152 €), 585 000 euros en impôt sur le foncier bâti (taux voté à 18,14% ; le taux moyen pour cette strate est 17,64%) et 67 000 euros en impôt sur le foncier non bâti (taux voté à 70,41% ; le taux moyen pour cette strate est 50,92%)[98].
Logement
Le nombre total de logements à Ploubazlanec augmente de façon régulière depuis 1975[99].
Moins des deux tiers des maisons sont des résidences principales alors que le tiers est composé de résidences secondaires en 2011.
Près de 80 % des ménages étaient propriétaires de leur résidence principale en 2011.
Emploi - Chômage
En 2011 le taux de chômage était de 7,8 % à Ploubazlanec contre 7,6 % en Cotes-d'Armor et le taux d'activité était de 66,4 %[100].
Le taux de chômage est actuellement de 9,6 % à Ploubazlanec.
Établissements
Part des établissements par secteur à Ploubazlanec[101] :
- Agriculture : 29,3 %
- Industrie : 4,7 %
- Construction : 6,3 %
- Commerce, transports et services divers : 51,1 %
- Administration publique, enseignement, santé et action sociale : 8,5 %.
Culture locale et patrimoine
Lieux et monuments
La tour de Kerroc'h
([kɛʁɔx] ou [kɛʁɔʁ]) Cette tour de granite est érigée en 1873 au sommet d'une butte que l'on appelle alors Krech'Mazé (Mathieu en breton) par les demoiselles Janoly. Elle est surmontée de la statue de la Vierge et de saint Joseph avec l'Enfant Jésus. On peut admirer dans ce quartier un calvaire construit par Yves Cornic. Il est remarquable pour sa forme triangulaire (symbole de la Trinité). L'endroit offre un beau panorama sur la baie de Paimpol.
- La tour de Kerroc'h vers 1920 (carte postale).
- La tour de Kerroc'h (carte postale début XXe siècle).
- Ploubazlanec : la tour de Kerroc'h vue du port de Paimpol.
- Le calvaire Cornic près de Kerroc'h.
La Croix des Veuves
Cette croix catholique de granite édifiée en 1714 d'où les femmes de pêcheurs d'Islande attendaient le retour des marins. Les goélettes étaient visibles à plus de dix mille par temps clair, depuis cet observatoire situé à 60 mètres au-dessus de la mer. Ce calvaire est inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du [102].
La chapelle de Perros-Hamon
La chapelle de Perros-Hamon a été construite en 1683, dédiée à Notre-Dame de Perros et remaniée en 1728 et en 1770 ; elle fut église paroissiale de Perros jusqu'en 1792. Elle est inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du [103]. Elle était une enclave de l'ancien diocèse de Dol en l'évêché de Saint-Brieuc À l'origine, la célébration des « péris en mer » avait lieu dans la chapelle de Perros-Hamon. Des ex-votos et plaques des marins morts à la Grande pêche ornent toujours le porche sud de la chapelle. Le "mur des disparus" du cimetière de Ploubazlanec s'y est substitué ensuite.
- L'église de Perros vers 1920 (carte postale Jean-Baptiste Barat).
- La chapelle de Perros-Hamon vers 1925 (carte postale).
- Vue extérieure d'ensemble.
- Façade et clocher.
- Le tympan de la chapelle.
- Le porche des disparus.
- Autel latéral.
- Statue de saint Yves.
La chapelle de la Trinité
- La chapelle de la Trinité et les îles (carte postale, vers 1910).
- La chapelle de la Trinité et les îles (carte postale, vers 1910).
- La chapelle de la Trinité et l'Île Saint-Riom.
La chapelle de Lannévez
- Le calvaire et la chapelle de Lannévez.
- Ancien moulin en ruines.
L'église Sainte-Anne
L'église Sainte-Anne est construite de 1906 à 1908, en remplacement de l'ancienne église et était dédiée autrefois à saint Pierre. De style néoroman, avec alternance des piles, elle est due aux plans d'Ernest Le Guerranic et fut exécutée par M. Canivet, de Coray. La première pierre fut bénite le et la bénédiction de l’église eut lieu le .
- La nouvelle église Sainte-Anne vers 1910 (carte postale).
- L'église Sainte-Anne: vue extérieure d'ensemble.
- L'église Sainte-Anne : la façade et le clocher.
Le Mur des Disparus
Le mur ouest du cimetière, qui jouxte l'ancien presbytère, est surnommé « Mur des disparus » : des plaques commémoratives en bois et en marbre y sont fixées qui rappellent la mémoire des disparus en mer, notamment depuis le début de la pêche « à Islande »[104] (on estime à près de 150 le nombre des goélettes naufragées, dont 70 perdues corps et biens) ; entre 1852 et 1935, plus de 2 000 marins du Goëlo ont péri en mer au cours des campagnes morutières[105].
- Le Mur des disparus en mer (dessin, revue L'Illustration, 1891).
- Femmes se recueillant devant le monument des péris en mer dans le cimetière de Ploubazlanec (Le Petit journal illustré du ).
- Le Mur des disparus : vue générale.
En 1952, à l'occasion du centenaire du premier départ d'une goélette pour l'Islande (celui de l' Occasion), la commune fit refaire les plaques commémoratives (les nouvelles étant de couleur noire) dans l'ordre chronologique des naufrages.
L'Allée couverte de Mélus

L'Allée couverte de Mélus est située au lieu-dit Parc-ar-Rhamb et date du néolithique récent (-3000/-2500 av J.C.).
Des fouilles sont opérées en 1933 par un certain Fournier. Il y découvre de grandes lames de silex, dont deux sont attestées comme provenant du Grand-Pressigny. Il a également découvert des haches de pierres et des poteries, parfois en excellent état, qui démontrent les échanges européens de marchandises de cette époque.
Elle est classée aux monuments historiques depuis le [106].
Le promontoire préhistorique
Au lieu-dit Roc'h an Evned se trouve un promontoire préhistorique barré, inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du [107]. C'est la « Roche aux Oiseaux » près de l'impasse de la Moisie, à environ 500 m au nord de l'allée couverte de Mélus[107].
Chapelle et calvaire de Lancerf
La chapelle date du XVIe siècle.
Le calvaire de la chapelle de Lancerf placé au sommet de l’arche de la chapelle de Lancerf est inscrit au titre des monuments historiques[108] par arrêté du .
Le château de Kersa
Le château de Kersa, de style éclectique, néo-Louis XIII, caractéristique d'une "architecture de villégiature", a été construit vers 1897 (d'après date inscrite sur un vitrail) pour l'armateur Joseph-Achille Joubert-Bonnaire. Il est désormais occupé par le lycée d'enseignement professionnel Sainte-Elisabeth de Kersa[109].
- Le parc et le château de Kersa (carte postale Émile Hamonic).
Patrimoine naturel
La commune comprend un nombre assez important de zones protégées ou remarquables[110].
La commune est concernée par une seule zone de ce type : la ZNIEFF continentale de type 2 des « Estuaires du Trieux et du Jaudy »[111], soit 12 387,76 hectares sur huit communes : Kerbors, Lanmodez, Lézardrieux, Paimpol, Ploubazlanec, Plougrescant, Plouguiel et Trédarzec. Le Jaudy est lui aussi un petit fleuve côtier à environ 8 km à l'ouest du Trieux. Les terrains visés sur l'ensemble de la zone sont avant tout les salines ; une surface importante de vasières côtières et bancs de sable dépourvus de végétation est également incluse, ainsi que des prés salés, quelques points d'eau douce stagnantes et des eaux courantes, et des prairies humides. Le tout est une réserve de chasse et de faune sauvage du domaine public maritime. Sur Ploubazlanec cette ZNIEFF inclut tout le littoral depuis le Trieux jusqu'à la pointe de l'Arcouest (elle s'arrête environ 180 m à l'Est du débarcadère du port de l'Arcouest), avec des incursions sur la terre comme la pointe de Gouern qui est entièrement incluse dans la zone, et une partie des falaises ouvrant sur le Trieux et sur le nord.
Toutes les côtes de la commune sont incluses dans la grande zone de protection spéciale (ZPS) de « Tregor Goëlo »[112], un site Natura 2000 selon la directive Oiseaux qui couvre 91 228 hectares répartis sur 27 communes des Côtes-d'Armor[Note 23].
Les mêmes zones de la commune sont également incluses dans la Zone spéciale de conservation (ZSC) de « Tregor Goëlo »[113], un site d'intérêt communautaire (SIC) selon la directive Habitat qui couvre 91 438 hectares au total.
- Espaces protégés et gérés
L'espace protégé et géré de l'« Anse de Gouern »[114] est fait de deux petits terrains totalisant 0,211 hectare, acquis par le Conservatoire du Littoral et soumis à un arrêté de protection de biotope passé le . Ils sont situés en bordure sud-ouest du parking ouest (entrée par l'impasse Gardenn an Inizi).
Musée
- Le musée Mémoire d’Islande et de Terre-Neuve a réouvert le dans la salle Saint-Denis rénovée.
Personnalités liées à la commune

- Louis-Marie Faudacq (1840-1916), peintre, mort à Ploubazlanec.
- Pierre Loti (1850-1923) : dans son roman Pêcheur d'Islande, il évoque Ploubazlanec, le village de Yann Gaos.
- Charles Seignobos (1854-1942), historien français, mort à Ploubazlanec, y avait une maison, appelée Taschen Bihan.
- J.-H. Rosny jeune (1859-1948), écrivain né à Bruxelles et mort à Ploubazlanec.
- Louis Lapicque (1866-1952), physiologiste, y avait une maison, appelée Roc'h Ar Had.
- Marie Curie (1867-1934), physicienne, prix Nobel de chimie 1911, s'est fait construire une maison à Ploubazlanec avec l'argent de son prix Nobel.
- Marcel Cachin (1869-1958), fondateur du Parti communiste, vécut à Loguivy-de-la-Mer et à Lancerf.
- Jean Perrin (1870-1942), physicien, prix Nobel de physique 1926, s'est fait construire une maison à Ploubazlanec avec l'argent de son prix Nobel.
- Jean-Georges Cornélius (1880-1963), peintre, mort à Ploubazlanec.
- Pierre-Marie Lec'hvien (1885-1944), prêtre et écrivain de langue bretonne, né à Ploubazlanec et mort recteur de Quemper-Guézennec en 1944.
- Eugène-Joseph-Marie Le Bellec (1890-1970), évêque de Vannes (1941-1964), né à Ploubazlanec et mort à Lannion.
- Irène et Frédéric Joliot-Curie, prix Nobel de physique 1935, ont séjourné régulièrement à Ploubazlanec, un mémorial en granit rose sur la côte témoignant de leur présence.
- Lucien Ott (1872-1927), peintre, y vécut pour exercer son art.
- Joseph Bocher (1898-1973), homme politique né à Ploubazlanec, maire d'Équeurdreville-Hainneville, sénateur de la Manche.
- Maurice Borgeaud (1909-2006), sidérurgiste, mort à Launay, Ploubazlanec.
- Joseph Lec'hvien (1919- ), prêtre et écrivain de langue bretonne, né à Ploubazlanec, neveu de Pierre-Marie Lec'hvien.
- François Flohic (1920-2018), résistant, aide de camp du général de Gaulle.
- Liliane Bettencourt (1922-2017), femme d'affaires, a résidé à Ploubazlanec.
- Olivier Rolin (1947-), Prix Femina 1994 pour son roman Port-Soudan, écrit intégralement à Ploubazlanec.
- Emmanuel Carrère (1957-), Prix Femina 1995 pour son roman La Classe de neige, écrit au même endroit qu'Olivier Rolin un an auparavant.
Ploubazlanec dans la littérature et la fiction
Le port de Loguivy est le sujet de la chanson de François Budet nommée Loguivy-de-la-Mer. Celle-ci a rendu son auteur et ce lieu populaires. Elle est considérée comme l'un des grands chants de marins contemporains.
Pierre Loti parle de Ploubazlanec dans son roman Pêcheur d'Islande.





