Ariana
ville tunisienne
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Ariana (arabe : أريانة ⓘ prononcé en tunisien : [æriɛːnæ]) ou L'Ariana est l'une des plus importantes villes de la banlieue de Tunis. La ville se trouve au nord de la capitale, à proximité de l'aéroport international de Tunis-Carthage.
(mandat 2018-2023 : Fadhel Moussa)
| Ariana | |
Avenue Hédi-Nouira dans la cité Ennasr. | |
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Gouvernorat | Ariana |
| Délégation(s) | Ariana Ville |
| Maire | Vacant (mandat 2018-2023 : Fadhel Moussa) |
| Code postal | 2080 |
| Démographie | |
| Gentilé | Arianais |
| Population | 109 693 hab. (2024[1]) |
| Densité | 5 910 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | 36° 51′ nord, 10° 12′ est |
| Altitude | 25[2] m |
| Superficie | 1 856 ha = 18,56 km2 |
| Localisation | |
| Liens | |
| Site web | www.commune-ariana.gov.tn |
| modifier |
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Chef-lieu du gouvernorat du même nom, la municipalité compte 109 693 habitants (appelés Arianais) selon le recensement de 2024 (en légère baisse par rapport aux 114 486 habitants de 2014, due à l'extension suburbaine vers les délégations voisines comme Ennasr et La Soukra). Le gouvernorat entier atteint 668 552 habitants en 2024.
Géographie
La municipalité de l'Ariana (délégation d'Ariana Ville) couvre une superficie de 18,56 km2 (environ 1 856 hectares)[1]. Elle constitue le pôle central d'une agglomération urbaine intégrée à la banlieue nord de Tunis, au sein du gouvernorat de l'Ariana qui compte sept délégations et une superficie totale de 482 km2.
Elle se situe au milieu d'une vaste plaine bordée au nord par les plages de Raoued et de Gammarth, à l'est par la ville de Carthage et la colline de Sidi Bou Saïd, et à proximité de l'aéroport international de Tunis-Carthage. L'urbanisation intensive a transformé les anciens jardins et zones agricoles en quartiers résidentiels et commerciaux denses.
La population de la municipalité est de 109 693 habitants selon le recensement de 2024, en légère baisse par rapport à 2014[1]. Le gouvernorat entier atteint 668 552 habitants en 2024[3], reflétant une forte croissance suburbaine dans les délégations voisines (La Soukra, Ennasr, etc.).
Histoire
Le nom de la ville n'est pas d'origine arabe : une hypothèse étymologique ancienne le rapproche du latin ariani (ariens), en référence à l'arianisme des Vandales qui ont occupé la région au Ve siècle siècle[4]. Des auteurs du début du XVIe siècle[Lesquels ?] décrivent la localité comme remplie de vestiges antiques datant des Goths et des Vandales.
C'est dans les environs de l'Ariana que se trouvait le parc d'Abou Fihr avec ses bosquets et ses lacs artificiels à l'usage des princesses hafsides, les poètes tunisiens ayant longtemps chanté les roses des jardins de l'Ariana. Un autre souvenir de l'époque hafside est le mausolée Sidi Ammar, tombe d'un saint mort de maladie en combattant les croisés débarqués à Carthage en 1270.
Les origines de la ville remontent aux Zirides. Le souverain hafside Abû `Abd Allah Muhammad al-Mustansir fait de l'Ariana la résidence d'une partie de l'aristocratie musulmane et juive andalouse réfugiée en Tunisie au XIIIe siècle. C'est aussi le lieu de naissance (en 951) de Sidi Mahrez (saint patron de Tunis), qui y vit avant de s'installer à Tunis. La municipalité est instituée le [5].
De nos jours, très peu de choses subsistent des « riants jardins donnant quantité de fruits » dépeints par Léon l'Africain ou des palais et demeures des XVIIIe et XIXe siècles aux influences variées (italianisantes, arabisantes ou renaissance), huileries, écoles et autres témoins d'une histoire prestigieuse. Rien ne dévoile le riche passé de la ville si ce n'est quelques palmiers centenaires derrière de hauts grillages. Les pentes boisées et les jardins ont été envahis par l'urbanisation de Tunis. La municipalité connaît une forte croissance démographique jusqu'aux années 2010, mais sa population stricte est en légère baisse (109 693 habitants selon le recensement de 2024[1]), tandis que le gouvernorat atteint 668 552 habitants[3], en proie à une urbanisation rapide alliant béton et verre teinté. L'Ariana conserve toutefois quelques palais :
- le Palais Ben Ayed, abritant l'hôtel de ville depuis 1983 et classé monument historique en 2022[6] ;
- le Palais Baccouche abritant le Centre national de danse.
Après la démolition des palais Caïd Essebsi et Mestiri et de l'huilerie Baccouche, le Palais Zaouche, qui occupe une large parcelle sur l'axe principal reliant l'Ariana à Tunis, reste menacé de démolition en 2026.
Politique
La municipalité de l'Ariana est renouvelée à la suite des élections municipales de 2018, les premières depuis la révolution de 2011.
Fadhel Moussa (liste indépendante Al Afdhal) est élu président du Conseil municipal (équivalent du maire) le [7]. Son mandat s'achève le , à l'expiration des cinq ans prévus par la loi organique relative aux collectivités locales.
Aucune élection municipale générale n'a eu lieu depuis pour renouveler le Conseil municipal de l'Ariana (contrairement aux élections locales partielles de 2023-2024 limitées aux Conseils régionaux et de districts). La municipalité fonctionne en gestion intérimaire ou avec un conseil réduit, comme de nombreuses municipalités tunisiennes dans le contexte post-2022 (réforme des collectivités locales et priorité donnée aux scrutins nationaux).
| Ville | Ennahdha | Nidaa Tounes | Courant démocrate | Front populaire | Autres partis | Listes indépendantes | Total | Maire élu (2018-2023) |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Ariana | 6 | 6 | 0 | 0 | 3 | 21 | 36 | Fadhel Moussa |
Économie
Agriculture
L'Ariana doit sa renommée historique à son essor agricole, notamment à la production de fleurs, et surtout des roses, qui en font un symbole patrimonial de la ville.
Le Jardin de la Rose, situé dans le parc Bir Belhassen (ou Sidi Bellahassen), couvre environ 3 000 m2 et abrite 16 000 rosiers et boutures, dont 90 % appartiennent à la variété dite « rose de l'Ariana » (introduite en 1637 par les Andalous réfugiés en Tunisie). Le jardin se prolonge par la Galerie de la Rose, qui met en valeur les aspects historiques, naturels et culturels de cette fleur.
Un Festival de la rose se déroule tous les ans au printemps au parc Bir Belhassen. La 28e édition se tient du au sous le slogan « La Rose de l'Ariana embellit la Tunisie », avec des expositions, plantations (dont 2 000 rosiers supplémentaires), salons économiques (121 exposants), ateliers culturels et initiatives environnementales[9],[10]. Bien que l'urbanisation intensive ait réduit la production agricole commerciale de roses dans la municipalité, cet événement annuel contribue à valoriser le patrimoine floral et à promouvoir l'environnement local.
Technopôle d'El Ghazala
L'Ariana abrite le technopôle d'El Ghazala (également appelé Technoparc El Ghazala), premier pôle technologique de Tunisie créé en 1992 et dédié aux technologies de l'information et de la communication (TIC), à l'électronique, aux logiciels et à l'innovation.
Il réunit sur un même site (environ 90 hectares) :
- des établissements de formation d'ingénieurs et de techniciens, notamment l'École supérieure des communications de Tunis et l'Institut supérieur des études technologiques en communications de Tunis ;
- des centres de recherche et de développement, dont le Centre d'étude et de recherche des télécommunications ;
- une pépinière d'entreprises et d'incubateurs (Elgazala Incubator) ;
- des sociétés nationales et internationales, parmi lesquelles Nokia (anciennement Alcatel-Lucent), STMicroelectronics (R&D et design), Ericsson (IoT et innovation), ACTIA (unité de production active), HP Inc Tunisie, Archimed, Bilog, et de nombreuses start-ups tunisiennes spécialisées en développement logiciel, cybersécurité, IA, blockchain et e-commerce.
L'activité de recherche et développement y est en forte expansion, soutenue par des partenariats universitaires et industriels. Le technopôle accueille également des événements innovants comme le Global Game Jam Tunisia 2026.
Des objectifs stratégiques pour 2025-2035 visent à :
- doubler le nombre d'entreprises installées à plus de 160 ;
- créer 3 000 emplois qualifiés supplémentaires dans les TIC ;
- porter les exportations de services numériques à 3 milliards de dinars.
Fin 2025, le ministre de l'Équipement et de l'Habitat, Slah Zouari, ordonne la relance accélérée des travaux d'extension du technopôle (avancement estimé à 80 % avant leur arrêt), un projet prioritaire du gouvernement pour renforcer le hub d'innovation[11],[12].
Le technopôle s'inscrit dans la stratégie industrielle et d'innovation Horizon 2035 et contribue significativement à l'attractivité économique du gouvernorat de l'Ariana.
Transport

La ville de l'Ariana est desservie par la ligne 2 du métro léger de Tunis, dont l'un des deux terminus se trouve à l'Ariana (station Ariana, dans le quartier Le Batoire). Les stations locales principales sont L'Indépendance (avant-dernière) et Ariana (terminus actuel).
La ligne relie la place de la République (centre de Tunis) à l'Ariana depuis 1989, avec un parcours d'environ 6,2 km et douze stations. Des projets d'extension (vers la cité Ennasr le long de l'avenue Hédi-Nouira, ou vers Raoued/El Ghazala) sont étudiés depuis les années 2010, mais aucun n'a été réalisé en 2026.
L'Ariana bénéficie également d'un réseau de bus de la Transtu (lignes régulières vers Tunis, rabattement vers des stations comme Carthage), de taxis collectifs (louages) et de sa proximité avec la ligne du TGM. Le futur Réseau ferroviaire rapide de Tunis prévoit une ligne F reliant Tunis au nord de l'Ariana (rive ouest du lac de Tunis), mais elle reste en phase de planification en 2026.
Santé

L'Ariana dispose de plusieurs infrastructures sanitaires publiques et privées, avec l'hôpital de pneumo-phtisiologie Abderrahmen-Mami comme son établissement public phare[13].
Hôpital universitaire public, il est spécialisé principalement en pneumo-phtisiologie (maladies respiratoires chroniques, tuberculose, asthme, etc.), mais il a élargi ses compétences. Situé rue Pasteur à l'Ariana, il dispose d'unités de soins intensifs respiratoires, de chirurgie thoracique et cardio-vasculaire, et réalise des interventions innovantes comme la cryo debulking (cryothérapie pour ablation de tumeurs pulmonaires sans chirurgie ouverte, une première en Tunisie en 2025)[14],[15].
En 2025-2026, l'hôpital est renforcé par :
- l'inauguration d'une nouvelle unité de stérilisation au service de réanimation (, grâce à l'association Carthage Horizon)[16] ;
- l'acquisition de technologies de pointe et le recrutement de personnel supplémentaire (techniciens, infirmiers, aides-soignants en 2025)[17] ;
- des activités de recherche et formations continues (études sur l'asthme pédiatrique, résistance aux antibiotiques, et prise en charge cardio-vasculaire).
Sport
Le club principal de la ville est l'Association sportive de l'Ariana, fondée en 1938 ; elle évolue en Ligue II lors de la saison 2025-2026[18].
Le handball occupe une place historique importante, avec l'Association sportive de handball de l'Ariana, qui remporte plusieurs titres en divisions inférieures (championnat d'honneur 1967 et 1991 et Nationale B 2013) et atteint la finale de la coupe de Tunisie en 2015. Le club participe aux championnats nationaux comme lors de la saison 2025-2026[19].
D'autres sports comme le basket-ball et l'athlétisme sont pratiqués au niveau amateur et jeunesse via des clubs locaux et scolaires.
- Salle omnisports de l'Ariana.
- Stade Borj Louzir.
- Portrait de Hédi Berrekhissa, ancien joueur de l'ES Tunis, à l'Ariana (fresque murale en 2020).
Jumelages
La ville de l'Ariana est jumelée avec la ville de Grasse (France) depuis le [20].
Ces deux villes partagent un héritage commun autour de la culture des roses et de la production d'hydrolats (eaux de fleurs) et de parfums, ce qui motive des échanges culturels et, dans une moindre mesure, économiques (convention de partenariat spécifique sur les fleurs de l'Ariana et les parfums de Grasse en 2015)[21].
Personnalités
L'Ariana est un lieu d'attraction artistique au XXe siècle, particulièrement pendant les années 1930-1960, grâce à ses jardins, cafés et ambiance festive. De nombreux musiciens et artistes y ont séjourné, s'y sont produit ou y ont résidé temporairement, dans un contexte de tolérance intercommunautaire (musulmans, juifs et chrétiens)[22]. Parmi eux on peut citer Cheikh El Afrit, Oulaya, Ali Riahi, Louisa Tounsia, Fethia Khaïri, Maurice Meimoun, Raoul Journo, Henri Tibi, Isaac Kakino De Paz, Acher Mizrahi, Sayed Chatta (ar), Safia Chamia, Hana Rached, Ridha Kalaï ou Ali Sriti qui animent concerts estivaux, mariages et fêtes privées dans les cafés et jardins de la ville[22].