Renforcement militaire des États-Unis au Moyen-Orient en 2026
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Le renforcement militaire des États-Unis au Moyen-Orient en 2026[1] désigne le plus important déploiement de forces américaines dans la région depuis l’invasion de l’Irak en 2003, mobilisant des moyens aériens, navals et de défense antimissile dans un contexte d'instabilités au Moyen-Orient et de tensions accrues avec l’Iran liées à son programme nucléaire, aux manifestations de 2025–2026 et à la répression gouvernementale ayant causé la mort de milliers de manifestants.
Pendant la crise américano-iranienne de 2026
| Type | Déploiement militaire |
|---|---|
| Localisation | Moyen-Orient |
| Planifiée par |
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| Cible |
|
| Date |
du au (1 mois et 2 jours) |
| Participant | |
| Issue | Début de la guerre d'Iran |
| Pertes |
1 drone iranien abattu 1 drone américain perdu |
Le 28 février 2026, cette montée en puissance aboutit à une série de frappes militaires conjointes menées en Iran par les États-Unis et Israël[2]. L’ampleur des dégâts et des pertes — ainsi que celles résultant de la riposte iranienne — n’est pas encore pleinement établie, le conflit étant en cours[3],[4].
Contexte
Les États-Unis maintiennent une présence militaire importante au Moyen-Orient depuis le début de la guerre froide, qu’ils ont considérablement renforcée après la guerre du Golfe et l’invasion de l’Irak en 2003, en établissant des installations militaires sur au moins dix-neuf sites dans la région, notamment au Bahreïn, en Irak, en Jordanie, au Koweït, au Qatar, en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis[5],[6],[7].
La pression exercée par les États-Unis sur l’Iran s’intensifie pendant le premier mandat de Trump. En mai 2018, l’administration Trump annonce que les États-Unis se retirent du Plan d’action global conjoint et qu’ils appliqueront une politique de pression maximale sur l’économie iranienne, centrée sur des sanctions économiques étendues[8],[9]. Le 4 février 2025, au début de son second mandat, Trump signe un Mémorandum présidentiel de sécurité nationale rétablissant la politique de pression maximale, ordonnant au Département du Trésor d’imposer des sanctions économiques sévères à l’Iran et au Département d’État de diriger une campagne visant à réduire à zéro les exportations pétrolières iraniennes[10],[11].
Les tensions s’intensifient fortement à la fin de 2025. Le 28 décembre 2025, des manifestations éclatent après l’effondrement brutal de la monnaie iranienne, dans un contexte d’inflation galopante et de détérioration des conditions de vie, débutant avec des commerçants du Grand Bazar de Téhéran avant de se propager à l’ensemble du pays[12]. Les autorités iraniennes répondent par une répression sévère et, le 8 janvier 2026, coupent tout accès à Internet dans le pays. Human Rights Watch relève des preuves d’une intensification coordonnée de l’usage de la force létale à partir du 8 janvier, avec des manifestants et des passants touchés à la tête et au torse[13]. Le bilan des victimes demeure incertain en raison de la coupure des communications : le gouvernement iranien fait état de 3 117 morts, tandis que les organisations de défense des droits humains en recensent au moins 6 126, tout en précisant que le nombre exact ne peut être confirmé de manière indépendante[14].
Le 13 janvier, depuis Détroit, Trump exhorte les manifestants iraniens à « poursuivre leurs protestations » et assure que « de l’aide est en chemin », promettant de punir les forces de sécurité responsables des violences et annonçant la suspension de toutes rencontres avec des responsables iraniens tant que la répression se poursuit[15],[16]. Par la suite, les États-Unis renforcent leur présence militaire dans la région[17].
Le Gang des Huit, un groupe de huit dirigeants du Congrès américain régulièrement informés sur les questions de renseignement classifié, est briefé sur l’attaque avant son commencement[18]. À la même période, Bloomberg News rapporte que des avions AWACS de l’OTAN ont surveillé l’Iran depuis l’aéroport de Konya[19], bien que la Turquie ait ensuite nié tout soutien aux frappes américaines et israéliennes contre l’Iran[20].
En février 2026, l’administration Trump affirme que l’Iran a relancé son programme nucléaire et développe des missiles capables d’atteindre les États-Unis[21]. Selon une source américaine anonyme, Trump aurait autorisé une frappe après que des renseignements ont indiqué que l’Iran pourrait lancer des missiles de manière préventive[22],[23]. Cependant, l’administration ne fournit aucune preuve qu’un tel plan existait réellement[24], et une source du Pentagone informe le Congrès, lors de briefings à huis clos, qu’aucun renseignement ne suggère que l’Iran prévoit de frapper les forces américaines en premier[25],[26]. En mars 2026, ABC News rapporte que les États-Unis ont « récemment obtenu des informations selon lesquelles, début février 2026, l’Iran envisagerait de mener une attaque surprise avec des drones depuis un navire non identifié au large des États-Unis, visant des cibles non précisées en Californie si les États-Unis frappaient l’Iran »[27].
Déploiement

Après les attaques du 7 octobre, les États-Unis maintiennent au moins un porte-avions au Moyen-Orient ou en Méditerranée orientale. Au début du second mandat de Trump, deux porte-avions sont déployés dans la région alors que les États-Unis mènent des frappes aériennes et navales contre les Houthis dans le cadre de l’opération Rough Rider. À partir d’octobre 2025, il n’y a plus de couverture aéronavale dans la zone lorsque l’USS Gerald R. Ford est envoyé dans les Caraïbes dans le cadre de l’opération Lance du Sud. En janvier 2026, le renforcement des moyens navals américains constitue le plus important déploiement dans et autour du Moyen-Orient depuis le début de la crise régionale en 2023[1].
Le 26 janvier 2026, le porte-avions à propulsion nucléaire USS Abraham Lincoln est déployé au Moyen-Orient avec son groupe aéronaval, composé de destroyers lance-missiles, de croiseurs, de navires de soutien et d’aéronefs de surveillance, comprenant notamment l’USS Frank E. Petersen Jr., l’USS Michael Murphy, l’USS Spruance, ainsi que des avions F/A-18E Super Hornet, EA-18G Growler, E-2 Hawkeye, des hélicoptères MH-60S Sea Hawk et MH-60R Sea Hawk, et des chasseurs F-35C Lightning II[28]. Parmi les autres bâtiments américains présents dans la région figurent l’USS McFaul et l’USS Mitscher dans le détroit d’Ormuz, l’USS Delbert D. Black en mer Rouge, l’USS Roosevelt et l’USS Bulkeley en mer Méditerranée, ainsi que les LCS USS Canberra, USS Tulsa et USS Santa Barbara dans le golfe Persique. Le porte-avions USS George H. W. Bush est également attendu dans les mois suivants. Le soutien aérien comprend des chasseurs F-15E Strike Eagle redéployés depuis la base britannique de base aérienne de la Royal Air Force à Lakenheath vers la base aérienne d'Azraq, en Jordanie[29],[30],[31],[32]. Des Typhoon britanniques sont par ailleurs déployés sur la base militaire d'Al-Udeid, au Qatar[33].
Le 11 février 2026, The Wall Street Journal indique que Donald Trump évoque des préparatifs en vue du déploiement d’un second groupe aéronaval dans la région, centré sur l’USS George H. W. Bush, alors engagé dans des exercices au large de la Virginie[34]. Il est également indiqué que six avions furtifs F-35A, jusque-là immobilisés sur la base aérienne de Roth, en Bavière, sont redéployés vers la base aérienne de Morón, en Espagne, tandis que six autres F-35A arrivent sur la base de RAF Lakenheath, au Royaume-Uni. Donald Trump envisagerait par ailleurs l’envoi d’un autre porte-avions au Moyen-Orient[35],[36]. Le 13 février 2026, des sources indiquent que l’USS Gerald R. Ford fait route vers le Moyen-Orient dans le cadre du renforcement du dispositif militaire américain dans la région[37]. Plusieurs officiers déclarent se préparer à des « opérations de plusieurs semaines contre l’Iran »[38],[39]. Le renforcement actuel de l’US Air Force constitue la plus importante présence aérienne américaine au Moyen-Orient depuis l’invasion de l’Irak en 2003[40]. Le 19 février 2026, The New York Times rapporte que l’USS Gerald R. Ford doit être déployé au large des côtes israéliennes[41]. Le lendemain, le navire est aperçu au large de Gibraltar[42],[43]. L’arrivée de l’USS Gerald R. Ford et de son groupe aéronaval constitue le plus important déploiement d’unités navales américaines dans la région depuis la concentration de cinq groupes aéronavals au début de l’opération Iraqi Freedom[1].
Le 24 février 2026, des informations font état du déploiement de douze avions de chasse F-22 sur la base aérienne d'Ovda (en), située dans le sud d’Israël et dotée d’abris d’aéronefs durcis. Selon ces sources, il s’agit du premier déploiement d’armements offensifs américains sur le territoire israélien. Fox News et The Wall Street Journal indiquent par ailleurs que des alliés des États du Golfe auraient refusé aux États-Unis l’accès à leurs bases et à leur espace aérien pour d’éventuelles frappes contre l’Iran, invoquant le risque de représailles[44],[45],[46]. Le 26 février 2026, Fox News indique que le quartier général de lUnited States Navy Fifth Fleet, à Bahrain, est réduit à moins de 100 personnels essentiels aux missions. Des images satellites révèlent que l’ensemble des navires américains stationnés à Bahreïn ont quitté le port. Ces deux mesures ont déjà été prises à titre préventif en 2025 avant les frappes américaines contre des sites nucléaires iraniens[47],[48].
Le 27 février 2026, le porte-avions américain USS Gerald R. Ford est déployé au large d’Israël[49]. Parallèlement, le nombre d’avions ravitailleurs de l’US Air Force stationnés à l’aéroport Ben Gourion s’élève à quatorze, augmentant la portée des opérations aériennes américaines dans la région[50]. Le lendemain, les États-Unis et Israël annoncent avoir mené des frappes militaires contre l’Iran[51]. Des responsables iraniens de haut rang sont visés lors des premières frappes, dont le Guide suprême Ali Khamenei[52].
Le 19 mars 2026, l’USS Boxer est déployé de manière anticipée afin de soutenir l’opération Epic Fury. Le navire quitte San Diego pour entamer son transit vers le Moyen-Orient. Il est accompagné par l’USS Portland et l’USS Comstock. Ce groupe doit rejoindre celui de l'USS Tripoli, accompagné de l'USS New Orleans et de l'USS San Diego, déjà en opération dans la zone[53].
Incidents
Le 3 février 2026, six vedettes armées de la marine du corps des gardiens de la révolution islamique tentent d’intercepter et de saisir un pétrolier américain dans le détroit d'Ormuz. Le pétrolier Stena Imperative ignore leurs injonctions et poursuit sa route vers la mer d’Arabie sous l’escorte du destroyer USS McFaul[54]. Par ailleurs, un avion de chasse américain F-35 a abattu un drone iranien Shahed-139 s’approchant du porte-avions USS Abraham Lincoln dans la mer d’Arabie[55],[56].
Le 5 février, le Corps des gardiens de la révolution islamique intercepte et saisit deux pétroliers étrangers dans le détroit d'Ormuz lors d’une opération maritime. Des vedettes rapides iraniennes approchent les navires et leur ordonnent de modifier leur route avant de les escorter vers des eaux sous contrôle iranien. Les équipages sont placés en sécurité et les navires conduits vers un port iranien pour enquête[57].
Selon Defense Express, un drone Northrop Grumman MQ-4C Triton a disparu le 26 février au-dessus du détroit d'Hormuz après avoir émis un « code 7700 », signal international indiquant une situation d’urgence[58].
Réactions
Iran
La réponse de l’Iran à la concentration de forces combine des signaux militaires et une rhétorique renforcée. Le 22 janvier, le commandant du CGRI, le général Mohammad Pakpour, publie une déclaration écrite à l’occasion de la journée commémorative annuelle de la force, avertissant les États‑Unis et Israël « d’éviter toute erreur de calcul » et affirmant que les Gardiens sont « plus prêts que jamais, le doigt sur la gâchette, pour exécuter les ordres et mesures du commandant en chef suprême »[59],[60]. Le chef d’état‑major des forces armées iraniennes, Abdolrahim Mousavi, annonce par ailleurs que l’Iran a révisé sa doctrine militaire, passant d’une posture défensive à une posture offensive après la guerre Iran-Israël des Douze Jours[61],[62].
Le 16 février, le CGRI lance des exercices navals à feu réel dans le détroit d'Ormuz, annonçant la fermeture temporaire de certaines sections de la voie navigable, une mesure rare qui n’avait pas été observée depuis les années 1980[63],[64],[65]. Le lendemain, le guide suprême Ali Khamenei menace de couler navires de guerre américains déployés dans le golfe[66],[67],[68]. L’ambassadeur iranien auprès des Nations unies déclare que toutes les bases et installations américaines dans la région seraient considérées comme des cibles légitimes en cas d’attaque. Le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, met en garde l’Europe contre le fait qu’elle « attise les flammes » d’un conflit potentiel plus large et qualifie la désignation des Gardiens de la révolution comme organisation terroriste par l’Union européenne de « grave erreur stratégique ». En riposte, le parlement iranien désigne les forces armées des États membres de l’UE comme organisations terroristes au regard du droit national[69],[70],[71].
Le 26 février, l'AFAGIR effectue des exercices simulant des frappes de missiles contre la base aérienne d’Al Dhafra aux Émirats arabes unis[72]. Des images satellites, relayées par le New York Times, montrent que l’Iran accélère la remise en état de ses sites de missiles tout en procédant à des réparations limitées de ses installations nucléaires endommagées par les frappes américaines, signalant une focalisation sur l’infrastructure balistique[73]. Parallèlement, un radar de surveillance anti‑furtivité chinois YLC-8B à bande UHF et longue portée, capable de détecter les aéronefs furtifs, est déployé en prévision de frappes éventuelles[74],[75],[76],[77]. Les médias officiels indiquent que l’installation du missile balistique Khorramshahr-4 dans les sites souterrains du CGRI « correspond au passage annoncé de la doctrine militaire d’une posture défensive à une posture offensive et transmet un message clair aux adversaires régionaux et extra-régionaux »[78]. Le commissaire à la sécurité, Yahaya Safavi, menace la Maison-Blanche d’une attaque par missile[79],[80].
États-Unis

Les autorités américaines affirment que la voie diplomatique avec l’Iran reste envisageable malgré le renforcement de la pression militaire. La porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, confirme le maintien de discussions prévues avec des responsables iraniens, tout en soulignant que l’administration privilégie la négociation sans exclure d’autres options. Elle rappelle que la diplomatie repose sur un engagement réciproque et précise que le président Donald Trump favorise en priorité une solution négociée, tout en conservant l’ensemble des options militaires[81],[82].
Politico rapporte que certains hauts conseillers de la Maison‑Blanche s’opposent à une action militaire directe des États-Unis, invoquant un manque de soutien politique face à d’éventuelles pertes américaines et le risque qu’une vaste campagne visant à changer le régime épuise les stocks de munitions. Ces conseillers estiment qu’il serait préférable qu’Israël frappe en premier, considérant que toute réplique iranienne contre les intérêts américains dans la région fournirait ensuite une justification politique plus claire pour l’intervention américaine[83],[84],[85].
Le secrétaire d’État Marco Rubio souligne pour sa part que toute négociation crédible doit porter sur le programme iranien de missiles balistiques, le soutien de Téhéran à des groupes armés régionaux et d’autres enjeux majeurs de sécurité. Il exprime néanmoins son scepticisme quant aux perspectives d’un accord, malgré l’affichage d’une ouverture diplomatique[86].
Par ailleurs, les États-Unis recourent à des instruments économiques pour accroître la pression sur Téhéran, en imposant de nouvelles sanctions à la fin du mois de janvier 2026. Celles-ci visent plusieurs personnalités politiques et économiques iraniennes, dont le ministre de l’Intérieur Eskandar Momeni et l’homme d’affaires Babak Zanjani, en réaction à la répression des manifestations et afin d’encourager le respect des normes internationales[87]. Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, déclare que des hauts responsables iraniens transfèrent des dizaines de millions de dollars hors du pays, qualifiant ces sorties de fonds de preuve que le régime « abandonne le navire » dans un contexte de manifestations persistantes et d’effondrement économique. Il précise que le Trésor américain suit ces transferts vers des banques et institutions financières à l’étranger[88].
Parallèlement, l’ambassade des États-Unis en Iran émet en janvier et février 2026 des alertes de sécurité recommandant aux citoyens américains de quitter le pays en raison des troubles et des perturbations des transports. L’institution conseille notamment de partir par voie terrestre via les frontières ouvertes avec les pays voisins[89],[90].
Dans son discours sur l’état de l’Union de 2026, le président Donald Trump déclare que le régime iranien reconstitue son programme d’armes nucléaires, qu’il qualifie de « sinistre »[91].
Autres pays
Afghanistan : Le porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid, indique que l’Afghanistan se tient prêt à soutenir l’Iran en cas d’attaque américaine sur demande de Téhéran, affirmant que l’Iran, victorieux de son conflit avec Israël, pourrait de nouveau l’emporter face à Washington[92].
Arabie saoudite : L’Arabie saoudite appelle à une résolution pacifique par la voie diplomatique[93].
Chine : La Chine condamne les menaces américaines et appelle à un règlement politique du différend[94]. Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, avertit lors de la 62e Conférence de Munich sur la sécurité que tout conflit impliquant l’Iran aurait des répercussions sur l’ensemble de la région, soulignant que l’escalade des tensions pourrait déstabiliser le Moyen-Orient dans son ensemble[95]. L’Organisation de coopération de Shanghai met en garde les États-Unis contre toute ingérence dans les affaires intérieures iraniennes[96].
Corée du Sud L'ambassade de Corée du Sud à Téhéran émet une alerte rouge de niveau trois et ordonne aux ressortissants coréens de quitter l'Iran[97],[98].
Émirats arabes unis : Les Émirats arabes unis annoncent qu’ils n’autoriseront aucune opération militaire à partir de leur territoire ou de leur espace aérien[99]. La Turquie s’oppose à une action militaire américaine et propose de jouer un rôle de médiateur[100].
France : Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, exhorte Téhéran à accepter des négociations et à consentir à des compromis afin d’éviter un conflit armé[101].
Inde : L’Inde réduit ses achats de pétrole iranien sous la pression des sanctions et en raison des mesures de contrôle visant la « flotte fantôme » de Téhéran. En février 2026, les autorités indiennes saisissent plusieurs navires liés à des livraisons illicites de pétrole iranien, dans le cadre d’efforts plus larges pour limiter le commerce énergétique sanctionné et se conformer aux initiatives internationales d’application des sanctions. Plusieurs de ces navires sont eux-mêmes visés par des sanctions américaines[102],[103],[104]. Par ailleurs, l’Inde reste vigilante face à la possibilité d’un conflit d’une durée indéterminée, si une telle situation devait survenir[105],[106]. Toutefois, lors de l'« International Fleet Review 2026 », organisée dans la ville indienne de Visakhapatnam, le navire iranien IRIS Dena et le destroyer américain USS Pinckney participent ensemble à l’événement[107].
Irak : L’Irak avertit qu’une nouvelle escalade menacerait la stabilité régionale et appelle à la retenue ainsi qu’au respect de sa souveraineté[108].
Israël : Israël soutient la pression exercée par les États-Unis sur l’Iran, tout en restant méfiant à l’égard des intentions de Téhéran. Le Premier ministre Benyamin Netanyahou exhorte à garder un esprit critique lors des pourparlers nucléaires renouvelés et souligne que l’Iran ne doit pas être considéré comme digne de confiance pour respecter les accords[109].
Pakistan : Le Pakistan exhorte l’ensemble des parties à faire preuve de modération et souligne l’importance du dialogue pour prévenir une crise régionale majeure[110].
Pays-Bas : les autorités ont saisi des bagages appartenant à un diplomate du régime iranien transportant des armes. Le régime iranien convoque l’ambassadeur néerlandais pour protester[111],[112].
Qatar : Le Qatar intensifie ses efforts diplomatiques régionaux afin de désamorcer les tensions et d’éviter un conflit élargi[113].
Royaume-Uni : le Premier ministre Keir Starmer refuse aux États-Unis l’utilisation des bases aériennes britanniques de RAF Fairford en Angleterre et de Diego Garcia pendant toute attaque contre l’Iran, estimant que cela pourrait constituer une violation du droit international[114].
Russie : La Russie plaide en faveur d’une solution diplomatique et propose de stocker et de traiter l’uranium enrichi iranien[115],[116].
Turquie : la Turquie s’oppose à toute action militaire américaine et propose de jouer un rôle de médiateur dans les négociations[100].
Organisations régionales
CCG : Le Koweït, l’Égypte, la Jordanie et l’Irak appellent à la retenue[117].
G7 : Le G7 menace d’imposer des sanctions au régime iranien en réponse au massacre[118].
OTAN : L'OTAN ajuste ses opérations de surveillance aérienne dans la région en réorientant l’accent de sa surveillance depuis la Russie vers l’Iran, intensifiant les vols de ses avions radar AWACS depuis la Turquie pour suivre de plus près la situation iranienne[119],[120].
Union européenne : La vice‑première ministre estonienne, Kaja Kallas, déclare que son pays souhaite éviter tout nouveau conflit[121]. Dans le même temps, la Pologne, la Finlande, Chypre, la Suède et la Serbie recommandent à leurs citoyens de quitter l’Iran sans délai[122],[123].
Groupes non étatiques
Al-Qaïda : Le chef d’Al-Qaïda, Saif al-Adel, adresse un message au dirigeant suprême afghan Haibatullah Akhundzada, appelant au déplacement temporaire de la direction de l’organisation vers l’Afghanistan et invitant ses combattants présents en Iran à regagner le pays en cas d’effondrement de la République islamique[124].
Hezbollah : Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Qassem, présente le guide suprême iranien Ali Khamenei comme le représentant de l’Imam Mahdi, affirmant que le Hezbollah et des dizaines de millions de ses partisans entretiennent un lien idéologique et religieux profond avec sa direction, considérant toute menace à son encontre comme une menace pour leur propre communauté et une obligation d’y répondre.
Houthis : Le mouvement houthiste au Yémen menace de reprendre les attaques contre la navigation commerciale dans la mer Rouge[125]. Le 11 février, des rapports indiquent que les Houthis déploient des plateformes de missiles et creusent des tunnels, suggérant la préparation possible d’attaques contre les voies maritimes de la mer Rouge[126].
Résistance islamique en Irak : Les Forces de mobilisation populaire et d’autres milices chiites en Irak déclarent être prêtes à participer à un conflit éventuel en soutien au régime iranien[127]. Ces groupes sont également impliqués dans des massacres et des répressions visant les manifestants iraniens[128],[129].
Pourparlers
Les contacts diplomatiques entre les États-Unis et l’Iran reprennent au début du mois de février 2026, les deux gouvernements cherchant à éviter une confrontation militaire tout en maintenant des positions profondément divergentes. Oman assure un rôle de médiateur tout au long du processus, son ministre des Affaires étrangères, Badr al-Busaidi, transmettant les messages entre les délégations et accueillant ou participant à chaque session[130].
Le premier cycle de pourparlers indirects se tient le 6 février à Muscat. La délégation américaine comprend l’envoyé spécial Steve Witkoff, Jared Kushner et le commandant du CENTCOM, l’amiral Brad Cooper, marquant la première participation d’un haut responsable militaire américain à des négociations avec l’Iran[131],[132]. La délégation iranienne est conduite par le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi. Les discussions se déroulent sous forme indirecte, Badr Al-Busaidi assurant la transmission des positions entre les parties installées dans des salles distinctes. Abbas Araghchi qualifie la session de « bon début », tout en soulignant que les négociations doivent se tenir « sans tension et sans menaces ». Le vice-président J. D. Vance exprime publiquement des réserves quant au format, déclarant dans un podcast animé par Megyn Kelly qu’il est « étrange » de négocier avec un pays « sans pouvoir parler à la personne qui dirige », en référence à l’absence du guide suprême iranien Ali Khamenei[133]. De son côté, le secrétaire d’État Marco Rubio indique à l’issue du premier cycle ne pas être certain qu’un accord puisse être conclu[134].
Un deuxième cycle de discussions se tient le 17 février à Genève. Un responsable américain indique que l’Iran doit revenir avec des propositions détaillées afin de combler les divergences restantes et estime que le risque d’un conflit militaire imminent demeure faible[135]. Abbas Araghchi déclare que les deux parties sont parvenues à une entente provisoire sur les principes généraux encadrant la poursuite des discussions, tout en précisant qu’aucun accord de fond n’a encore été conclu[136]. Le même jour, le guide suprême iranien Ali Khamenei prononce un discours dans lequel il rejette l’exigence américaine d’un enrichissement zéro, qualifie les conditions posées par les États-Unis de « stupides » et avertit que des navires de guerre américains pourraient être coulés[66],[68].
Un troisième cycle de négociations se tient le 26 février à Genève. La session se déroule selon deux formats : des échanges indirects, avec Badr bin Hamad Al-Busaidi transmettant les messages entre les délégations, ainsi que, par moments, des discussions directes entre les négociateurs américains et iraniens[137]. Le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, participe également aux pourparlers. Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi déclare que « de bons progrès ont été réalisés » et que les parties ont entamé « un examen sérieux des éléments d’un accord, tant dans le domaine nucléaire que sur les sanctions », un quatrième cycle étant envisagé dans un délai d’environ une semaine[138]. Badr Al-Busaidi qualifie l’issue des discussions de « progrès significatifs » et annonce la tenue, la semaine suivante à Vienne, de discussions techniques entre experts du nucléaire[139].
Les positions fondamentales des deux parties demeurent profondément divergentes tout au long des négociations. Les États-Unis exigent que l’Iran cesse totalement l’enrichissement d’uranium, remette son stock existant, réduise son programme de missiles à longue portée et mette fin à son soutien à des groupes armés régionaux. De son côté, l’Iran affirme que les discussions doivent rester strictement limitées aux questions nucléaires et considère son droit à l’enrichissement comme non négociable[140],[141]. Lors du troisième cycle, la délégation américaine demande qu’un éventuel accord soit conclu sans limitation de durée et que l’Iran renonce à son stock d’environ 10 000 kilogrammes d’uranium enrichi, tout en se montrant disposée à une certaine flexibilité sur la question de l’enrichissement si Téhéran peut démontrer l’absence de toute voie vers l’acquisition de l’arme nucléaire[137]. À la veille de ce troisième cycle, l’administration du président Donald Trump impose de nouvelles sanctions visant quatorze navires et entités liés aux exportations pétrolières iraniennes, présentant cette décision comme s’inscrivant dans la poursuite de la campagne dite de « pression maximale »[142].
Plaidoyers contre les négociations
Le 8 février, des informations indiquent que des Iraniens résidant en Iran exhortent Donald Trump à ne pas engager de négociations avec la République islamique à la suite des massacres survenus dans le pays[143]. Dans le même temps, un ressortissant iranien originaire de Bouchehr, Pouria Hamidi, publie une vidéo dans laquelle il appelle le président américain et les gouvernements occidentaux à s’abstenir de conclure tout accord avec la République islamique, avant de mettre fin à ses jours[144],[145]. Par ailleurs, des appels en faveur de frappes militaires américaines contre l’Iran se multiplient, tant à l’intérieur du pays qu’au sein de la diaspora iranienne[146]. De même, lors des négociations du 26 février à Genève, des manifestants iraniens protestent contre la République islamique devant l'Office des Nations unies à Genève[147].