Arman
artiste franco-américain, peintre, sculpteur et plasticien, renommé pour ses « accumulations »
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Arman ou Armand Fernandez, né le à Nice et mort le à New York, est un artiste français, peintre, sculpteur et plasticien, connu pour sa série des « accumulations ».

| Naissance | |
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| Pseudonymes |
Fernandez, Armand Pierre, KHEMAIS SOUKI |
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| Conjoint |
Éliane Radigue (de à ) |
| Enfant |
| Membre de |
Nouveau réalisme () Groupe ZERO The 8th Street Club (en) |
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| Mouvement | |
| Représenté par |
Société des auteurs dans les arts graphiques et plastiques, Galerie Templon (d), Galerie MiniMasterpiece (d), Sculpture to Wear (d) |
| Partenaire | |
| Genre artistique | |
| Influencé par | |
| Site web |
(en) www.armanstudio.com |
| Distinction |
Il fut l'un des premiers à employer directement, comme matière picturale, les objets manufacturés représentant pour lui les prolongements naturels et multiples de la main de l'Homme, qui subissent un cycle continu de production, consommation, destruction.
Biographie

Fils unique d'Antonio Fernandez, né en 1898, marchand de meubles et d'antiquités, d'origine espagnole ayant vécu en Algérie, et de Marie Marguerite Jacquet, née en 1907, issue d'une famille de fermiers de la Loire, le jeune Armand montre très tôt des dispositions pour le dessin et la peinture[1].
Après son baccalauréat, il étudie à l'École des arts décoratifs de Nice (aujourd'hui la villa Arson), puis à l'École du Louvre. Il rencontre Yves Klein et Claude Pascal à l'école de judo qu'ils fréquentent à Nice en 1947. Il embauche Elena Palumbo Mosca en tant que jeune fille au pair pour s'occuper de son enfant[2]. Avec ces deux amis, il s'intéresse un temps aux philosophies orientales et à la théorie rosicrucienne.
Fin 1957, Armand, qui signe ses œuvres de son prénom en hommage à Van Gogh, décide d'abandonner le « d » d'Armand et officialise sa signature d'artiste, en 1958, à l'occasion d'une exposition chez Iris Clert.[réf. souhaitée]
En octobre 1960, il fait l'exposition « Le Plein » où il remplit la galerie d'Iris Clert d'objets de rebut et du contenu de poubelles sélectionnées. Cette exposition est le contrepoint de l'exposition « Le Vide » organisée deux ans plus tôt à la même galerie par son ami Yves Klein.[réf. souhaitée]
Toujours le même mois, sous la houlette du critique d'art Pierre Restany, Arman devient, avec Yves Klein, l'un des membres fondateurs du groupe des Nouveaux Réalistes (proclamés par Restany : « nouvelles approches perceptives du réel »), aux côtés notamment de François Dufrêne, Raymond Hains, Martial Raysse, Daniel Spoerri, Jean Tinguely et Jacques Villeglé, rejoints plus tard par César, Mimmo Rotella, Niki de Saint Phalle, Gerard Deschamps et, en 1963, Christo.[réf. souhaitée]
À partir de 1961, Arman développe sa carrière à New York, où il réside et travaille la moitié de son temps, en alternance avec sa vie à Nice jusqu'en 1967, puis à Vence jusqu'à sa mort. À New York, il séjourne d'abord à l'hôtel Chelsea jusqu'en 1970, puis dans un loft du quartier de SoHo et, à partir de 1985, dans son immeuble à TriBeCa.
Fin 1989, Arman reçoit la Légion d'honneur des mains du président François Mitterrand[3].
Trois ans après sa mort à New York, une partie de ses cendres fut ramenée à Paris en 2008 pour être enterrée au cimetière du Père-Lachaise (division 11, à quelques mètres de Frédéric Chopin)[4].
Toute sa vie, Arman fut aussi un collectionneur passionné d'objets usuels (montres, armes, stylos…) et d'objets d'art, en particulier d'art africain traditionnel dont il était un connaisseur, spécialiste apprécié et reconnu[5].
Il est représenté par la Galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois à Paris et New-York[6].
Vie privée

Décoration
L'œuvre
Arman a expérimenté divers actions sur les objets aux travers de plusieurs séries : tantôt il multiplie un seul objet pour déconstruire la valeur de celui-ci, tantôt il découpe l'objet, tantôt il le détruit avec violence - voire le brûle - pour concevoir un nouveau objet. Il s'est intéressé ainsi au statut de l'objet et au rapport que les sociétés modernes entretiennent avec celui-ci, entre sacralisation et surconsommation-destruction[7].
Son œuvre se décompose en plusieurs séries, toutes différentes les unes des autres.
Cachets
Il s'agit de la première série d'Arman (débuté en 1956). Avec ces traces d'objets encrés ou peints, il s'intéresse à l'objet qui imprime l'encre ce qui l'amène à développer ses accumulations d'objets du quotidien[8].
Accumulations
Cette série est la plus connue de l'artiste. Initié en 1959, Arman utilise la conservation des objets par une réplication d'un même objet en plusieurs fois. Cette technique exprime la possibilité que l'art est constitué d'objets du quotidien, mélangeant ainsi un art élitiste et un art populaire. On peut également inscrire la pratique d'Arman dans un processus mécanique, notamment l'automatisation et le travail à la chaîne. Le langage de cette série est issu d’objets banals ou usagés, allant de cafetières et jusqu'à des voitures (comme c'est le cas dans Long Term Parking), en passant par des instruments de musique. Cependant, la composition de ces sculptures n'est pas laissée au hasard[9],[10].
Poubelles
Dans la suite logique des accumulations, il commence en 1959 la série des "Poubelles" : il expose des ordures ménagères, des détritus trouvés dans la rue et des déchets.[réf. souhaitée]
Destructions d'objets
Deux séries caractérises ces destructions. La série des "Colères" se concentre sur le démantèlement violent des objets. Dans NBC Rage, Arman détruit une contrebasse dont l'acte est retranscris en direct avec des caméras de la chaîne américain NBC. De cette destruction, l'artiste récupère les morceaux pour composer une forme nouvelle aux pièces des objets[11]. La série des "Combustions" (1963), quant à elle, est centré sur la destruction des objets par la feu. Ici, ce sont les différentes zones calcinés et non calcinés qui rythment la composition[12].
Œuvres dans l'espace public

Arman a investi les espaces publics de près d'une centaine de villes du monde en réalisant des commandes publiques sous forme d'œuvres monumentales.
- 1971 : Accumulation musicale , structure en béton et fer, Parco Sempione, Milan[13].
- 1976 : Divisionis Mechanica Fossilia[14], une accumulation de rouages et pièces métalliques prises dans le béton, installée à l'université de Bourgogne, à Dijon.
- 1982 : Long Term Parking sur le site de l'ex-Fondation Cartier à Jouy-en-Josas, une tour de 19,50 m constituée de véritables automobiles superposées les unes sur les autres, coulées dans le béton.
- 1984 : à la suite d'une commande de l'État, À la République[15], une accumulation de 200 drapeaux en marbre, est installée au palais de l'Élysée à Paris.
- 1984 : Contrepoint pour violoncelles, parc de sculptures, Fondation Pierre-Gianadda, Martigny, Suisse (achat, 2003).
- 1985 : à New York, une tour monumentale constituée de coupes de violoncelles en bronze, Rostropovitch's Tower, la même année sont mises en place à la gare Saint-Lazare de Paris une accumulation d'horloges L'Heure de tous et de bagages Consigne à vie.
- 1992 : Les Gourmandes accumulation de fourchettes géantes en bronze à Roanne.
- 1992 : Vénus des Arts coupe de statue avec instruments de musique, palette et livres en bronze installée rue Jacques-Callot à Paris.
- 1994 : œuvre située rue de la Cité (Paris), à l'entrée de la préfecture de police. Inaugurée par le président de la République François Mitterrand.
- 1995 : Espoir de paix une accumulation de véritables chars et tanks militaires réformés, inclus dans une pyramide de béton de 30 mètres, est réalisée à Beyrouth.
- 1999 : La Rampante une accumulation de Ferrari en bronze rouge, coupées et superposées, est érigée à l'entrée du circuit d'Imola autodromo Enzo e Dino Ferrari en Italie.
Estampes et livres illustrés
L'œuvre gravée et lithographiée d'Arman est très importante. Il a réalisé des livres illustrés, sérigraphies, gravures, lithographies et de nombreuses affiches. Les toutes premières essais de gravures de la main d'Arman sont des bois gravés réalisés en 1955, dont l'artiste n'a pas conservé de traces[16]. Sa carrière de graveur débute réellement avec la lithographie en 1959 à l'atelier Patrick où travaillent alors Corneille et Dubuffet. Arman revient ensuite à la lithographie en 1965 à l'atelier de Pietro Sarto en Suisse pour créer trois planches.
À partir de 1965 et son installation à New York, Arman se lance dans la sérigraphie. Il a en tête les sérigraphies de Jim Dine et Jasper Johns qu'il a découvertes en 1962, certainement par sa rencontre avec Andy Warhol[16].
Livres illustrés :
- André Verdet, Ritournelle pour Saint-Michel l'Observatoire, 1965[17]
En 1967, il entame une collaboration avec la Régie Renault dans le cadre d'une initiative Recherches Art et Industrie de son ami Claude-Louis Renard. Il sera le premier à bénéficier de cette initiative par laquelle la Régie Renault met à sa disposition des moyens techniques et du matériel industriel. Il réalisera ainsi plus de 110 œuvres de 1967 à 1974. Voir pour exemple Le Murex [18] au Musée d'Art Moderne de Paris
En 1976, il collabore au film de Yannick Bellon, Jamais plus toujours, et y fait apparaître plusieurs de ses objets[19].
Entre 1980 et 1999, l'éventail des œuvres et des techniques s'élargit. Arman décline et multiplie les diverses procédures d'exécution. À la fin des années 1990, l'œuvre se radicalise en une succession de gestes reliés à l'objet (Accumulations en Relation, Cascades, Sandwiches Combo). Il montre un intérêt renouvelé pour la peinture (par exemple dans les séries des Nuits étoilées et des émersions).[réf. souhaitée]
Marché de l'art
Les œuvres d'Arman sont collectionnées dans le monde entier.[réf. nécessaire]
Expositions (sélection)
2010
Arman, Centre Georges Pompidou, Paris, France[21].
