Aspar

commandant militaire consul et Patrice de l'empire d'Orient From Wikipedia, the free encyclopedia

Flavius Ardaburius Aspar (? - 471), d’origine alaine par son père et gothe par sa mère, est un commandant militaire (magister militum), consul et patrice de l’Empire d'Orient, de religion arienne. Sous les empereurs Théodose II et Marcien, il combat les Vandales, les Perses en Arménie et les Huns dans les Balkans.

Titreconsul
Autres titrespatrice
Grade militairemagister militum
Conflitscontre Jean l'usurpateur
Faits en bref Titre, Autres titres ...
Aspar
Image illustrative de l’article Aspar
Missorium d'Aspar daté de 434

Titre consul
Autres titres patrice
Grade militaire magister militum
Conflits contre Jean l'usurpateur
Biographie
Nom de naissance Flavius Ardaburius Aspar
Décès
Constantinople
Père Ardaburius général byzantin
Conjoint X
X
une tante de Théodoric Strabon
Enfants Ardabur
Patrice
Erménéric
deux filles
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Origine et enfance

Le sens du nom Aspar reste problématique. Il a été rapproché du moyen-perse aswar, qui signifie « cavalier ». Selon une autre hypothèse il dériverait d'une racine scytho-sarmate, *spar, signifiant « attaquer »[1].

Son père Ardaburius est un général alain[2], consul sous Théodose II. Dès son plus jeune âge, il exerce le métier des armes et suit son père dans ses campagnes.

Sous le règne de Théodose II

En 425, Aspar et son père sont envoyés en Italie par Théodose II, pour soutenir Valentinien III et sa mère Galla Placidia contre l'usurpateur Jean. Aspar marche sur Aquilée avec la cavalerie ; tandis que son père s'embarque avec l'infanterie pour aller assiéger Ravenne. Mais Jean capture son père Ardaburius, qui, cependant, profite de la liberté qu'on lui donne dans la cité où il est prisonnier pour se ménager des alliances. Ardaburius fait ensuite prévenir Aspar de s'approcher de la cité et, lorsque Aspar se présente, la cité tombe d'elle-même car Ardaburius se saisit de l'usurpateur. Trois jours plus tard, Aspar combat l'armée hunnique réunie par Aetius pour Jean, qu'il réussit à défaire.

Avec son père, il fait partie des personnages les plus puissants de l’empire sous le règne de Théodose II.

Il passe en Afrique pour soutenir le comte Boniface contre les Vandales de Genséric en 431. C'est un échec retentissant, et il repart pour Constantinople[3] mais obtient le consulat en 434. Ses origines barbares et sa religion arienne lui interdisent toute possibilité de porter la pourpre lui-même ; il va donc organiser les futures élections d'empereur sous son autorité.

Sous le règne de Marcien

Il est à l’origine de l’accession au trône de l’empereur Marcien, sénateur, ancien militaire thrace et ami de son père, en lui faisant épouser la sœur de Théodose II, Pulchérie en 450. Après le décès de Pulchérie en 453, Aspar est très influent. Il est fait patrice lorsque Marcien, qui avait été autrefois à son service, devient empereur[2]. Il devient magister militum per orientem en 457. Alors que son fils Ardabur repousse une incursion arabe près de Damas et repousse les barbares en Thrace, Marcien vient à mourir. La succession de l'empereur prend dix jours. Malgré le choix évident d'Anthémius magister militum et gendre de Marcien, Aspar aurait peut-être reçu une offre de la part du Sénat pour devenir lui-même empereur[4] ; mais il choisit un obscur soldat issu de ses troupes à la place.

Sous le règne de Léon Ier

C'est au début du règne de Léon Ier que l'influence d'Aspar semble à son paroxysme. En effet, l'ascension impériale du nouvel empereur doit beaucoup au général alain, dont il a probablement été le curateur des domaines et sous le commandement duquel il a exercé une bonne partie de sa carrière militaire. Il est donc fort probable qu'Aspar espère s'en servir comme d'une marionnette. En outre, Léon, sans être d'origines forcément très modestes, n'est pas aussi connu que d'autres officiers de premier plan. Enfin, âgé et dénué d'héritier mâle, il apparaît comme une solution de transition. Tous ces éléments lui permettent d'accéder au trône au terme d'un interrègne de plusieurs jours, signe malgré tout d'une certaine latence au sommet de l'Empire[5].

La cérémonie de couronnement témoigne du choix avant tout militaire de Léon. Aspar est présent tout du long et semble être monté sur le char qui mène l'empereur à travers les rues de Constantinople jusqu'à la basilique Sainte-Sophie.

En 459, Aspar fait construire une des grandes citernes qui caractérisent Constantinople et qui porte encore son nom, la citerne d'Aspar. Lors du terrible incendie qui ravage Constantinople en 465, Aspar mène la lutte contre l'incendie[6], et, s'il faut en croire le chroniqueur Jean Zonaras, donnant de sa personne, porte de l'eau lui-même sur ses épaules[7].

D'origine barbare, Aspar représente aux yeux des Romains une tutelle de plus en plus inacceptable sachant que c’est le cas pour l’Empire romain d’Occident, à l’époque sous le contrôle de Ricimer. Il gouverne avec l'appui de Théodoric Strabon et des Ostrogoths qui lui fournissent une garde de bucellarii. Théodoric, futur roi des Ostrogoths, reçu comme otage pendant son enfance, reçoit l'enseignement d'Aspar. Aspar, conscient de sa relative impopularité liée à ses origines, fait en sorte de s'associer à certaines grandes familles romaines. Ainsi, sa petite-fille Godisthée épouse Flavius Dagalaiphus, issu d'une lignée aristocratique[8]. Il tente également de promouvoir ses deux autres fils. Patrice devient consul dès 459 et son dernier fils, Erménéric, devient patrice en 465, ce qui confirme l'influence du clan d'Aspar[8].

Mais Léon Ier cherche, au milieu des années 460, à échapper à l’emprise des mercenaires alains et germaniques sur son armée et à son influence. Il fait enrôler de nombreux soldats isauriens pour contrebalancer le pouvoir des armées germaniques dans ses troupes impériales. L'empereur accueille à la cour le chef d'un clan isaurien, Tarasicodissa, qui lui fournit en 465 des informations à propos d'un complot d'Ardabur avec les Perses[9] , [10]. L'Isaurien prend le nom grec de Zénon et épouse une des filles de l'empereur, Ariane en 466[11]. Zénon se positionne contre le clan d'Aspar, tandis que Léon réorganise la garde du corps des Excubites formée uniquement de sujets de l'Empire, Isauriens, Thraces et Illyriens. Même si ces éléments peuvent faire croire à des conflits d'ordre ethnique au sein de l'Empire byzantin, les historiens ne s'accordent pas tous. Brian Croke estime par exemple que l'aspect ethnique n'est que l'un des aspects des divisions qui ont alors cours au sein de l'Empire d'Orient et qu'il n'est pas forcément évident de voir un parti germanique porté par Aspar, auquel s'opposerai une faction isaurienne menée par Zénon.

Quoi qu'il en soit, Aspar perd de plus en plus de pouvoir. Il s'oppose à toute guerre contre les Vandales mais, en 468, l'empereur lance une expédition confiée à Basiliscus, le frère de l'impératrice Vérine. C'est un désastre qui permet pour un temps le retour en force d'Aspar. Zénon est écarté de la cour impériale en étant nommé général en Orient (magister militum per orientem), au moins entre 469 et 471. Aspar regagne alors de l'influence, son fils Patrice reçoit le titre de césar et épouse Léontia, la fille de Léon Ier en 470. Il devient alors l'héritier potentiel[11]. Le peuple de Constantinople et le clergé, à l'annonce de ces évènements, provoquent des émeutes dans l'hippodrome de la ville. Ils refusent que le futur nouvel empereur ne soit pas orthodoxe. Aspar et Léon doivent assurer aux évêques que Patricius se convertira à l'orthodoxie avant de devenir empereur. En parallèle, d'autres accusations de complots frappent Aspar ou son fils Ardabur. Ainsi, en 469, le maître des milices pour la Thrace Anagaste se révolte, probablement insatisfait du manque de gratitude de la cour après sa victoire contre le Hun Dengitzic. Finalement, il se soumet et affirme qu'Ardabur l'a incité à se révolter contre l'empereur. Il est difficile de faire la part des choses parmi toutes ces rumeurs, qui peuvent relever également d'opérations de déstabilisation, sachant que ni Aspar, ni Ardabur, ne peuvent être réellement convaincus avec certitude de conspiration[12].

Ardabur, le fils aîné d'Aspar tente de corrompre les Isauriens mais il est trahi par un certain Martinus, qui avertit Zénon[13].

En 471, Léon Ier finit par choisir entre les deux clans de ces généraux. Il fait mettre à mort son ancien protecteur ainsi que ses fils Ardabur et certainement Patricius par ses eunuques. Seul Erménéric échappe au massacre. Patricius survit à ses blessures, mais doit renoncer à son titre de césar et à son mariage avec Léontia[11].

À la suite de son assassinat, les partisans d'Aspar se révoltent avec Théodoric Strabon et ravagent la Thrace. Léon Ier doit traiter avec ce dernier en 473.

Descendance

Détail du Missorium représentant Aspar et son fils Ardabur (vers 434) conservé au Musée archéologique de Florence

De son mariage avec une noble Gothe, tante de Théodoric Strabon, on lui connaît trois fils : Ardabur et Patrice, Erménéric. Il eut deux filles de deux autres épouses. Sa première épouse est la grand-tante de Théodoric le Grand[14].

Bibliographie

Notes et références

Liens externes

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