Aubert Frère

militaire français From Wikipedia, the free encyclopedia

Aubert Frère est un général français, né le à Grévillers (Pas-de-Calais) et mort le au camp de concentration du Struthof[1].

Décès (à 62 ans)
Camp de concentration du Struthof
OrigineFrançais
AllégeanceDrapeau de la France France
Faits en bref Naissance, Décès ...
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Il dirige l'Organisation de résistance de l'Armée (ORA) en 1942[2].

Education

Aubert Achille Jules Frère est le sixième des onze enfants d'une famille d'agriculteurs. Il reçoit une éducation chrétienne, élève du collège Saint-Jean-Baptiste de Bapaume de 1891 à 1896 et fait ses études secondaires au collège Saint-Bertin de Saint-Omer. Jeune bachelier, il réussit à 19 ans le concours d'entrée de l'École militaire de Saint-Cyr de la promotion du Tchad (1900-1902). En 1908, il est lieutenant au 2e régiment de tirailleurs algériens au poste de Bou-Anan au Maroc[1].

Après une campagne au Maroc (1902-1912), il quitte l'Afrique du nord en et rejoint le 8e bataillon de chasseurs à Amiens, puis le 1er régiment d'infanterie à Cambrai.

Il épouse sa cousine issue-de-germaine Pauline Legrand, le , à Arras.

Première Guerre mondiale

En , il prend part à la bataille de Charleroi avec le 1er régiment d'infanterie. Il participe à la guerre des tranchées à Verdun, en Champagne, et sur la Somme[2]. En 1916, il est chef de bataillon au 1er régiment d'infanterie. En 1918, il est à la tête du 6e bataillon de chasseurs alpins[1]. Pendant ce conflit, il est blessé gravement à trois reprises et cité huit fois. Il devient commandeur de la Légion d'honneur le . Lieutenant-colonel en juin 1918, il est nommé au commandement du 1er régiment d'infanterie à Cambrai.

Entre-deux-guerres

Le colonel Frère dirigeant l'entraînement des chars à Issy-les-Moulineaux en 1928.

Il prend, en 1925, la direction de l'École d'application des chars, au grade de colonel[2]. Commandant l'École militaire de Saint-Cyr de 1931 à 1935[2], il est élevé à la dignité de grand officier de la Légion d'honneur le étant alors général de division[1].

De 1935 à 1937, il commande la 11e division d'infanterie à Nancy[2]. En avril 1939, il est nommé gouverneur militaire de Strasbourg[3].

Le général Frère à Strasbourg le .

Seconde Guerre mondiale

Lors de l'invasion allemande, à la suite de la percée de Sedan, il est propulsé le à la tête de la 7e armée reconstituée entre la Somme et l'Oise, et se trouve à ce titre le supérieur de Charles de Gaulle en mai-juin 1940. Il conduit le repli de la 7e armée au sein du groupe d’armées no 3 jusqu’au [2].

Après l'armistice du 22 juin 1940, il reste dans l'Armée de Vichy et est nommé gouverneur militaire de Lyon et commandant de la 14e division militaire (région administrative [4]).

Condamnation à mort du général de Gaulle

Le maréchal Pétain étant partisan de l'armistice franco-allemand, il fait immédiatement juger le général de Gaulle - qui a lancé un appel du 18 juin à continuer le combat avec les Alliés - et le , le chef de la France libre est condamné par contumace au palais de justice de Toulouse, à quatre années d'emprisonnement et à cent francs d'amende, par un conseil de guerre composé des généraux André Boris (président), Philippe, Alfred de Charry, Désiré Sivot, Lafontaine et Loubard [5],[6].

Mais Pétain trouve la peine trop légère, et Maxime Weygand (nouveau ministre de la Défense de Pétain) lance une procédure d'appel à Clermont-Ferrand [7]. Frère est chargé de présider le tribunal militaire de Clermont-Ferrand, qui dès le 2 août 1940 condamne Charles de Gaulle par contumace à la peine de mort, à la dégradation militaire et à la confiscation de ses biens [2]. Les sept membres du tribunal sont les généraux Aubert Frère (président), Onésime Noël, Benoît Fornel de La Laurencie, Joseph de la Porte du Theil, Jean Langlois, Louis Bérard, Jean-Marie Etcheberrigaray [8]. Selon de Gaulle, s'il était tombé entre les mains de Vichy, Pétain l'aurait fait fusiller dans les 24 h, sinon les Allemands l'auraient exigé [9].

Selon le général Jean-Marie Etcheberrigaray[10], membre du tribunal, le général Frère a montré peu d'enthousiasme lors de l'audience : « Très consciencieux, (il) nous lisait et relisait les pièces de ce mince dossier, interrogeait le commissaire du gouvernement, spécialiste de la justice militaire, sur notre rôle et les conséquences de nos votes. Il insistait en outre sur le fait de la contumace (l'accusé est absent, ne peut donc se défendre), était bourré de scrupules » [11].

Il prend la direction de l'Organisation de résistance de l'Armée (ORA) en [2], après l'invasion de la zone Sud, dont il prend le commandement[12].

Le , il est arrêté par la Gestapo à Royat avec son épouse[3] et incarcéré à Clermont-Ferrand[N 1],[13]. En août, il est transféré à Fresnes et comparait devant le tribunal le 1er décembre.

Le , il est embarqué dans un train pour l'Allemagne censé partir vers un château du Tyrol, mais qui, en réalité, s'arrête au camp de concentration du Struthof (Alsace). Il y meurt d'épuisement[14], le , assassiné lentement et cruellement[13]. Au moment de mourir, il dit à un adjudant : "Vous sortirez. Allez trouver le général de Gaulle et dites-lui qu'au conseil de guerre de 1940 nous avons été deux à voter contre la mort, dont moi" [15].

La plaque commémorative dans la cathédrale Saint-Louis-des-Invalides à Paris.

Son épouse, jusque-là incarcérée au fort de Romainville, est déportée à Ravensbrück le . Le camp ne sera libéré par l'Armée Rouge que le 30 avril 1945. « Elle en reviendra »[16].

Décorations et hommages

Décorations

Hommages

Plaque commémorative au quartier Général-Frère à Lyon.
Avenue Général-Frère à Lyon (8e arrondissement).

Le quartier Général-Frère à Lyon porte son nom ainsi qu'une avenue de la ville.

Ancien « Quartier Général Frére » à Coblence (de 1946 à 1969) - aujourd'hui la « Langemarck-Kaserne » de l'armée allemande

Depuis 1950, une rue de Strasbourg porte également son nom[19]. La ville de Vandœuvre-lès-Nancy a donné son nom à une de ses voies. De 1964 à 1999, le Quartier Frère à Haguenau a accueilli le Centre mobilisateur N° 172 (1964-1992) puis une emprise du 54e régiment de transmissions (1992-1999). Il a été rasé en 2000 pour donner naissance à un lotissement.

La 135e promotion de Saint-Cyr (1948-1950) porte son nom.

Notes et références

Voir aussi

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