Auguste Cain

sculpteur français From Wikipedia, the free encyclopedia

Auguste Nicolas Cain, né le à Paris 5e, et mort le à Paris 10e, est un sculpteur animalier français.

Sépulture
Division 29 du cimetière de Montmartre (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Auguste Nicolas CainVoir et modifier les données sur Wikidata
Faits en bref Naissance, Décès ...
Auguste Cain
« À mon ami Cain » de Nadar (1859).
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Division 29 du cimetière de Montmartre (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Auguste Nicolas CainVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Conjoint
Julie Mêne (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Parentèle
Pierre-Jules Mêne (beau-père)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Maîtres
Alexandre Guionnet (d), François RudeVoir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions
Œuvres principales
Tigresse apportant un paon à ses petits (d), Lion et lionne se disputant un sanglier (d), Lion et Lionne (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
signature d'Auguste Cain
Signature au bas d’une lettre à Nadar, le 14 janvier 1860.
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Biographie

Fils d'un ancien soldat de la République et de l'Empire du quartier Rochechouart, Cain a dû s’imposer de lourds sacrifices dans sa jeunesse pour parfaire une éducation technique qu’il n’a pu acquérir dans les écoles et franchir péniblement tous les échelons séparant l’artisan de l’artiste[1]. Placé comme apprenti à 10 ans chez le tapissier décorateur Alexandre Guionnet (d), avant de devenir élève chez François Rude, dont le large atelier était ouvert à tous[2]. Peinant à recueillir les quinze francs réclamés à la fin de chaque mois par le massier de l'atelier, ses condisciples se cotisent, dès le troisième mois, pour payer cets frais, mais Rude refuse du faire payer. Ne voulant pas être à charge, il quitte l’atelier de Rude, et suit les cours d'Antoine-Louis Barye, qui n’avait pas d’atelier, mais professait le cours gratuit de dessin au Muséum d'histoire naturelle[3], et enfin de Pierre-Jules Mène, dont il deviendra le gendre en 1852[1].

En 1846, il commence à exposer au Salon avec un groupe en cire Fauvettes défendant leur nid contre un loir, aujourd'hui disparu, mais qui fut fondu plus tard en bronze et présenté au Salon de 1855. Pendant les années 1840 et 1850, outre la sculpture de petites figures animales, Cain crée aussi des objets décoratifs à motifs animaliers, comme des boîtes d'allumettes, des gobelets ou des bougeoirs.

En 1851, il obtient sa première récompense au Salon, une médaille de troisième classe. Sur les conseils de Mène, il se retient de s’atteler aux grands sujets, jusqu’à ce qu’il ait obtenu, en 1863, un rappel de médaille, avec une Buse chassant aux perdreaux. Cette médaille de 1864 ne s’adressait déjà plus au sculpteur de presse-papiers : elle récompensait, dans l’auteur de la Lionne du Sahara, un véritable statuaire. Dès lors, ses succès ne se comptent plus. Son Vautour fauve (1865), son Renard (1867), son Tigre au crocodile (1869) le désignent de plus en plus au public comme-un maitre. A l’Exposition universelle de 1867, il obtient une troisième médaille, et reçoit la Légion d'honneur en 1869. En 1875, il expose son groupe, Lion et Lionne se disputant un sanglier. Le bronze de sa Famille de tigres est très bien accueilli, en 1876[2].

Reconnu comme sculpteur animalier, à partir des années 1860, il commence à recevoir des commandes officielles, parmi lesquelles des sculptures monumentales encore en place dans les grands jardins parisiens. Ses œuvres, à la fonte desquelles il a lui-même procédé, ainsi qu’à celles de son beau-père, sont réalistes avec un grand souci du détail. Ses sujets représentent souvent les animaux dans leur contexte naturel, tant pour ses statuettes que pour les sculptures de plus grande taille. Les plus connues représentent de grands carnivores avec leur proie, parfois lors d'un combat, mais il a également modelé des animaux familiers, des bovidés, ou du grand gibier en les caractérisant, comme les lions des hôtels de ville d'Oran et les tigres de Poitiers. Après 1876, il exécute la Statue équestre du duc de Brunswick, pour Genève ; le Lion à l’autruche, des jardins du Luxembourg, le Tigre étouffant un crocodile et le Rhinocéros attaqué par des tigres, dont le même jardin est orné, du jardin des Tuileries, les Lions de l’Hôtel de Ville, la Lionne emportant ses petits (1883), et surtout les groupes de chiens de meute, exécutés, de 1880 à 1887, pour l’entrée du château de Chantilly et pour le jardin de l’Élysée[2]. En 1882, il est promu officier de la Légion d’honneur par Jules Gévelot[1].

Emporté en quelques heures par une crise d’étouffement causée par une maladie du larynx dont il souffrait depuis longtemps[4], en son hôtel de la rue de l’Entrepôt[5], il a été inhumé le au cimetière de Montmartre[6], où l’inspecteur général des Beaux-Arts, Henry Havard, a prononcé un discours, au nom du Ministre, et où Paul Champoudry a pris acte, au nom de la Ville de Paris, du legs que lui laissait Cain de son groupe en bronze, intitulé Aigle et vautours se disputant un ours mort, de 1895, destiné à orner le square Montholon. Cette œuvre a été détruite en , sous prétexte de la mobilisation des métaux non ferreux, par le gouvernement de Vichy[7].

Postérité

Après sa mort, la fonderie a été fermée et les moules vendus à Ferdinand Barbedienne qui a continué à effectuer des tirages au XXe siècle. Auguste Cain est le père du peintre et écrivain Georges Cain, et de l'homme de lettres et peintre Henri Cain[1]. Mathilde Thomas-Soyer a été son élève[8].

Jugements

« Malgré quelques recherches, je n'ai pu me passionner pour Caïn. J'ai seulement appris qu'il avait la réputation d'un animalier adroit. Cependant je pense souvent à lui. C'est une pente d'esprit qui vous vient à Oran. Voici un artiste au nom sonore qui a laissé ici une œuvre sans importance. Plusieurs centaines de milliers d'hommes sont familiarisés avec les fauves débonnaires qu'il a placé devant une mairie prétentieuse. C'est une façon comme une autre de réussir en art. Sans doute, ces deux lions, comme des milliers d'œuvres du même genre témoignent de tout autre chose que de talent. On a pu faire la Ronde de Nuit, Saint François recevant les stigmates, David ou L'Exaltation de la Fleur. Caïn, lui, a dressé deux mufles hilares sur la place d'une province commerçante, outre-mer. Mais le David croulera un jour avec Florence et les lions seront peut être sauvés du désastre. Encore une fois, ils témoignent d'autre chose[9]. »

 Albert Camus

Œuvres dans les collections publiques

En Algérie
  • Oran, hôtel de ville : deux Lions de l'Atlas, 1889, bronze, Jaboeuf et Bezout fondeurs à Paris.
Aux États-Unis
  • Philadelphie : Lionne apportant à ses petits un jeune sanglier, 1880, bronze.
En France
En Suisse

Iconographie

Le portrait de Cain peint en 1889 par Léon Bonnat est au Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris.

Notes et références

Bibliographie

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