Auguste Forestier
(1811-1873) Ingénieur, inventeur
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Benoît Auguste Forestier, né en 1811, mort en 1873, est un ingénieur en chef des Ponts et chaussées.
Ambert, Puy-de-Dôme (France)
| Naissance |
Ambert, Puy-de-Dôme (France) |
|---|---|
| Décès |
(à 61 ans) Privas, Ardèche (France) |
| Nationalité | Français |
| Domaines | Ponts et chaussées, travaux maritimes |
|---|---|
| Diplôme |
École Polytechnique, 1830-1832 École des ponts et chaussées |
| Renommé pour |
Grands travaux dans les ports maritimes Inventions et innovations sur la conservation des bois à la mer |
| Distinctions | Grande médaille d'or du meilleur travail scientifique |
Il fait de grands travaux dans les ports et dirige d'utiles améliorations. Il est connu comme inventeur de nouveaux moyens de conservation des bois à la mer.
Biographie
Né à Ambert dans le Puy-de-Dôme le 26 octobre 1811[1], Benoît-Auguste Forestier, usuellement Auguste Forestier, est le fils de Jacques Benoît Forestier, receveur des finances révoqué à la Restauration, devenu négociant, et de Marie-Adélaïde Malmenayde[2] ; il est le cousin germain du missionnaire Benoît Forestier.
Polytechnicien et saint-simonien
Auguste Forestier entre à l'École Polytechnique en 1830. Le registre matricule de l'école précise[3] qu'il est boursier, titulaire d'une demi-bourse en 1830-1831 reconduite l'année suivante ; il est brun, mesure 1,73 m, et entre huitième à l'École[2]. Il figure parmi les quatre élèves que Prosper Enfantin compte parmi ses adeptes, et qui éprouvent « sympathie, estime et admiration » pour le saint-simonisme[4]. En 1831, il remercie de recevoir le journal saint-simonien Le Globe[5]. Il sort de l'École le neuvième en 1832[2], et entre ensuite à l'École des ponts et chaussées.
Ingénieur en chef des ponts et chaussées
Ingénieur des ponts et chaussées, il exécute de grands travaux, surtout dans les ports maritimes[1],[6].
Ingénieur à Saintes, il y dirige en 1842 les travaux pour le pont suspendu[7]. En 1844, il étudie l'hydrographie de la Charente et son évolution historique[8]. Il prend part à la création du haras national de Saintes en 1845[7]. En plus de ses fonctions d'ingénieur à Saintes, il y est conseiller municipal de 1843 à 1853[7].
Il est nommé ingénieur en chef des Ponts et chaussées pour la Vendée en 1853, puis pour l'Ardèche ; il est ingénieur en chef pendant vingt ans, sur quarante ans de carrière[7]. C'est en Vendée qu'il effectue ses travaux sur la conservation des bois à la mer. Dans les postes successifs qu'il occupe, il conçoit d'utiles améliorations et dirige leur mise en œuvre[7].
Travaux sur la conservation des bois

Auguste Forestier est surtout connu pour ses travaux et ses inventions sur la conservation des bois à la mer. Il publie ses observations et ses premiers résultats dans les Annales des ponts et chaussées en 1861, puis à la demande de son ministère de tutelle, il en fait un « grand mémoire » qu'il publie en 1868 ; La Grande encyclopédie signale en 1893 qu'on le « consulte encore avec fruit »[6],[9]. Il reçoit pour ce travail la grande médaille d'or du meilleur travail scientifique paru dans les Annales des ponts et chaussées[7].
Il étudie notamment la créosote, et met au point un créosotage optimal des bois. Le Grand dictionnaire universel du XIXe siècle note à « créosote » :
« M. Auguste Forestier, ingénieur en chef des ponts et chaussées, qui a fait des expériences très-concluantes sur le créosotage des bois, évalue à 300 kilogr. la quantité de créosote que doit absorber 1 mètre cube de bois, pour une imprégnation complète et efficace[10]. »
Décès, postérité

Auguste Forestier meurt à Privas, dans l'Ardèche, le 28 juin 1873. Il est enterré à Meursac[1],[7]. Il était chevalier de la Légion d'honneur et titulaire de plusieurs ordres étrangers[11].
Il a épousé Emma Eugénie Lachaud de Loqueyssie, fille de François Lachaud de Loqueyssie, payeur général à la Grande armée puis trésorier-payeur général de Dordogne, et de Louise Colard, et tante du député Joseph Lachaud de Loqueyssie.
- Il est le père de :
- Georges Forestier (1838-1905), inspecteur général des ponts et chaussées, président du Congrès international de l'automobile en 1900.
- Eugène Forestier (1841-1922), maire de Rioux.
- Marie Eugénie Berthe Emma Pauline (1848-1885) qui épouse Jules Dingler (1836-1901), ingénieur des Ponts et chaussées, directeur des travaux du canal de Panamá.
Distinctions
Chevalier de la Légion d'honneur (1843)[11].- Officier de l'ordre de la Couronne de chêne des Pays-Bas, 1870[11].
- Chevalier de la couronne royale de Prusse, 1867[11].
- Chevalier de l'ordre de la Couronne d'Italie, 1869[11].
- Grande médaille d'or du meilleur travail scientifique paru dans les Annales des ponts et chaussées[7].
Ouvrages
- Exposition des produits de l'industrie, de l'agriculture et des beaux-arts de Saintes, en 1851, Compte rendu du jury, Forestier, rapporteur, Saintes, Lacroix, s.d. (1851).
- Plan général du port des Sables d'Olonne, par A. Forestier, Paris, s.n., 1861.
- « Emploi à la mer des bois créosotés », dans les Annales des ponts et chaussées: Partie technique. Mémoires et documents, Commission des Annales des ponts et chaussées, p. 352 et suivantes, mai-juin 1861 [lire en ligne].
- Mémoire sur la conservation des bois à la mer, au point de vue surtout de leur préservation contre les attaques du taret, Paris, Dunod éditeur, 1868 [lire en ligne] (Pré-publié dans les Annales des ponts et chaussées, 1868, p. 307-392 [lire en ligne]).
Bibliographie
- S. Le Tourneur, « Forestier (Benoît-Auguste) », dans Prévost, Roman d'Amat, Dictionnaire de biographie française, vol. 14, Paris, Letouzey, , col. 450.
- « Forestier (Benoît-Auguste) », dans La Grande encyclopédie, t. 17, Paris, Lamirault, , p. 790 [lire en ligne].
- Henri Texier, « Forestier (Benoît-Auguste) », dans François Julien-Labruyère (dir.), Dictionnaire biographique des Charentais, Paris, Le Croît vif, (ISBN 2-907967-95-9), p. 537.
- L'Indépendant de Charente-Inférieure, 15 juillet 1873.
- Le Progrès de Charente-Inférieure, 11 juillet 1873.