Avranchin
pays normand
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On appelle Avranchin le pays normand centré autour de sa ville principale qui est Avranches dans le sud-ouest du département de la Manche. Il est tourné vers la baie du Mont-Saint-Michel. Le gentilé des habitants de l'Avranchin est Avranchinais.
| Avranchin | |
| Pays | |
|---|---|
| Région | Normandie |
| Département | Manche |
| Villes principales | Avranches, Pontorson, Saint-Hilaire-du-Harcouët |
| Coordonnées | 48° 41′ 24″ nord, 1° 21′ 36″ ouest |
| Géologie | Massif armoricain |
| Régions naturelles voisines |
Cotentin |
Carte de l’Avranchin et du Mortainais, 1716. | |
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Géographie

L'Avranchin se situe dans la partie normande du Massif armoricain au sud du Cotentin dans le département de la Manche en Normandie occidentale ou Basse Normandie. Sa côte appartient à la baie du Mont-Saint-Michel. Le secteur côtier avranchinois était compris entre deux rivières : le Thar, au nord, et le Couesnon, au sud-ouest, cependant le cours du Couesnon ayant été dévié vers l'est à partir du XVIIIe siècle (canalisation), sa limite se trouve à l'heure actuelle à 4 km à l'ouest de ce fleuve. Vers l'est, l'Avranchin se prolonge jusqu'au cours de l'Égrenne, sous-affluent de la Mayenne. La limite sud correspond aujourd'hui, tout comme la limite sud-ouest, à la frontière entre les départements de la Manche (Normandie) et d'Ille-et-Vilaine (Bretagne) à 5 km de l'embouchure du Couesnon à vol d'oiseau. Le Mortainais est une ancienne partie de l'Avranchin, dont le nom n'est pas attesté avant le XIXe siècle. Sur le rocher du mont saint-Michel est construite l'abbaye du Mont-Saint-Michel.
Histoire
Antiquité
L'Avranchin correspond sans doute aux limites territoriales du peuple gaulois armoricain des Abrincates, qui établissent leur oppidum sur le site de ce qui sera Avranches[1],[2],[3]. Jules César ne le mentionne cependant pas dans sa liste des peuples armoricains, contrairement aux Unelli du Cotentin. Lors de la partition de la Gaule lyonnaise sous Constantin Ier, il est rattaché à la Lyonnaise seconde qui correspond à peu près aux limites de la Normandie actuelle et dont la capitale est Rotomagus (Rouen)[4].
Moyen Âge

C'est sur ce cadre administratif romain que vont s'ériger les diocèses dépendant de la province ecclésiastique de Rouen et dont fait partie le diocèse d'Avranches.
Sur le plan politique, après la chute de l'Empire romain, il fait partie de la Neustrie qui comprend tout l'archidiocèse de Rouen et est donc directement sous l'autorité d'un comte nommé par le roi des Francs. Sa frontière occidentale semble être matérialisée par la Sélune. En 765, une série de donations indique que le littoral entre la Sélune et le Couesnon relève du pays de Rennes[5],[6]. En revanche, le Mont-Saint-Michel dépend déjà de l’Avranchin[5]. Cette région fait l’objet d’une revendication du diocèse d’Avranches au milieu du IXe siècle, au détriment du diocèse de Rennes[7], dont il n’est pas encore clairement établi si ses limites orientales confinaient avec le Couesnon dès l’époque mérovingienne ou plus tard lors de la naissance de la Normandie au Xe siècle[6].
Avec l'émergence du royaume de Bretagne[8], les Bretons annexent probablement l'Avranchin dans la foulée des raids menés contre la ville de Bayeux en 846[9],[10]. Lors du traité de Compiègne de 867, le roi des Francs Charles le Chauve reconnaît l'autorité du roi Salomon de Bretagne sur le Cotentin mais garde le contrôle du diocèse de Coutances. Il est à supposer que les Bretons s'étaient déjà rendus maîtres de l'Avranchin, qui sépare alors le Rennais du Cotentin, et que le roi carolingien a entériné de facto cette situation[6]. C’est dans ce contexte que le diocèse d’Avranches, d’après É. Van Torhoudt, passe temporairement sous la tutelle doloise[7].
La plus grosse partie de l'Avranchin est incorporée dans le duché de Normandie par Guillaume Longue-Epée en 933. La frontière est encore repoussée en 966 au détriment de la Bretagne par Richard Ier de Normandie retrouvant ainsi plus ou moins les limites traditionnelles de l'archidiocèse de Rouen. C'est à cette époque que Richard Ier aurait fondé l'abbaye bénédictine du Mont-Saint-Michel[réf. nécessaire].
Les historiens hésitent à placer la frontière entre l'Avranchin et la Bretagne sur la Sélune ou le Couesnon[11]. Il semble toutefois que le littoral du pays de Rennes et son arrière-pays ne sont intégrés à la Normandie qu'à partir de 1009[6]. Face aux Bretons, Néel de Saint-Sauveur et Auvray le Géant reçoivent la garde de la forteresse de Carues située à Sacey sur le Couesnon vers 1030[10]. Après le milieu du XIe siècle, le Couesnon semble marquer la frontière entre le diocèse d'Avranches et le diocèse de Dol[4].
En 1204, dans le cadre de la conquête des possessions continentales des Plantagenêts, le roi de France Philippe Auguste s'empare définitivement du duché de Normandie, dont l'Avranchin[12].
Le diocèse d'Avranches va perdurer jusqu'à la fin de la Révolution française. À cette époque, il est supprimé et l'Avranchin est rattaché au diocèse de Coutances, tandis que le Mortainais, qui en faisait partie, est rattaché à celui de Sées. La Révolution fait en effet correspondre les diocèses aux départements nouvellement créés[réf. nécessaire].