Festival international de bande dessinée de Lausanne

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Le Festival international de bande dessinée de Lausanne (BDFIL) est un festival de bande dessinée organisé chaque année depuis 2005, à Lausanne. Initialement pensé sur quelques jours, depuis 2023, le festival se déroule sur deux semaines, dont les jours de semaine sont dédiée aux classes scolaires[1].

Chacune de ses éditions accueille, en moyenne, 80 artistes (suisses et internationaux) et 30 000 visiteurs. En 2025, à l’occasion de son vingtième anniversaire, le festival attire, selon les organisateurs, 35 000 visiteurs et 150 classes scolaires[2],[3].

TypeFestival de bande dessinée
LocalisationLausanne, Drapeau de la Suisse Suisse
Date de la première édition2005
Faits en bref Type, Localisation ...
Festival Internationale de Bande Dessinée de Lausanne
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Festival Internationale de Bande Dessinée de Lausanne
Festival Internationale de Bande Dessinée de Lausanne
Type Festival de bande dessinée
Localisation Lausanne, Drapeau de la Suisse Suisse
Coordonnées 46° 31′ 12″ nord, 6° 38′ 00″ est
Date de la première édition 2005
Fréquentation 35 000 visiteurs et visiteuses visiteurs
Site web www.bdfil.chVoir et modifier les données sur Wikidata

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Festival Internationale de Bande Dessinée de Lausanne
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Histoire

Création du festival (2005)

À la suite de la faillite du Festival de bande dessinée de Sierre en 2004, consécutive à la suppression de ses subventions[4], un nouveau festival consacré à la bande dessinée est créé à Lausanne. Le Festival de bande dessinée de Lausanne (BDFIL) tient sa première édition en 2005, dans le quartier du Flon. Il est organisé sous l’impulsion de la Ville de Lausanne, de la Société coopérative des commerçants lausannois (ACL) et de l’association DECLIC[1].

La direction générale et artistique de cette première édition est assurée par Pierre-Alain Hug, ancien directeur du festival de Sierre[5]. Pour justifier la reprise lausannoise, la Ville met en avant « notamment le fonds BD possédé par sa bibliothèque municipale, le plus important du genre en Suisse », et le festival bénéficie d’un budget initial de 50 000 francs[5]. Cette première édition inaugure une collaboration durable entre la Ville de Lausanne et le champ de la bande dessinée[1].

Développement et consolidation (2006–2014)

Dès la deuxième édition, la direction du festival est confiée à Philippe Duvanel[1]. La programmation s’amplifie progressivement avec la mise en place d’un concours pour la relève de la bande dessinée, d’un programme cinéma, de performances, de nombreuses animations, ainsi que de projets de commandes et de cartes blanches intégrés à la grille des expositions[1]. La fréquentation connaît une croissance globalement continue, à de rares exceptions près[1].

Les quatre premières éditions se déroulent dans le quartier du Flon. En 2009, en raison de la disparition quasi totale des lieux disponibles dans ce secteur, le festival se déplace dans le quartier de la Riponne et s’installe dans les locaux de l’ancien cinéma Romandie[1]. Au fil des éditions, BDFIL investit divers lieux situés dans le périmètre immédiat de la Riponne, notamment l’Espace Arlaud (en 2009, 2012, 2013 et 2014), le Musée cantonal de design et d’arts appliqués contemporains (MUDAC) et le Musée historique de Lausanne[1].

En 2010, le Musée historique de Lausanne accueille l’exposition patrimoniale Black is Beautiful, consacrée au noir et blanc. En 2011, le festival y propose une exposition sur la couleur directe (La couleur dessinée), présentant près de 150 planches originales. En 2012, une grande exposition dédiée à la ligne claire est organisée à l’Espace Arlaud, réunissant plus de 300 originaux et reproductions et attirant plus de 7 800 visiteurs sur deux semaines.

À l’issue de sa première décennie, BDFIL atteint un record de fréquentation avec près de 35 500 visiteurs[1].

Direction Dominique Radrizzani (2015–2021)

En 2014, Philippe Duvanel transmet la direction du festival à Dominique Radrizzani. Entre 2015 et 2021, une nouvelle phase s’ouvre pour BDFIL, marquée par une diversification des formats et une ouverture renforcée à l’échelle régionale[1].

Cette période voit la création d’un espace dédié à la micro-édition, le déploiement d’un programme OFF dans différents lieux de la ville et l’organisation de duels graphiques entre artistes de bande dessinée[1]. En 2015, le festival lance sa revue Bédéphile, qui comptera six numéros. La même année, l’auteur français Blutch est l’invité d’honneur, tandis que la création du festival Delémont’BD entraîne des tensions entre BDFIL et le Centre BD de Lausanne[6].

Les éditions suivantes sont marquées par plusieurs expositions d’envergure, notamment des rétrospectives consacrées à Derib en 2016, à Anna Sommer et à Théophile-Alexandre Steinlen en 2017, ainsi qu’à Dave McKean en 2018. Lors de la quinzième édition, en septembre 2019, l’affiche du festival est réalisée par l’auteur suisse Alex Baladi.

À partir de 2018, une baisse de la fréquentation est observée, conjuguée à des divergences de vues sur l’avenir du festival entre la direction et la fondation organisatrice, ainsi qu’à l’impact de la crise sanitaire. Ces éléments conduisent à une réflexion approfondie sur le renouvellement nécessaire du festival[1].

Année de transition (2022)

L’année 2022 constitue une période de transition pour BDFIL. Le festival, le Centre BD et les Bibliothèques de la Ville de Lausanne s’associent pour présenter l’exposition Il était une fois des monstres : naissance monstrueuse dans la bande dessinée, visible du 21 mai au 29 octobre 2022 dans les six bibliothèques municipales de la ville[1],[7].

Cette année est marquée par de nombreuses rencontres et animations, dont une série de conférences dessinées en lien avec la thématique de l’exposition. Pour la première fois dans l’histoire du festival, les artistes participant aux séances de dédicaces sont défrayé·e·s. La gestion générale de cette édition est assurée par Marlyse Audergon.

Depuis 2023

Depuis 2023, BDFIL connaît une évolution marquée de son format, de sa temporalité et de son implantation urbaine[1]. La direction du festival est désormais assurée par deux co-directrices, Gaëlle Kovaliv et Léonore Porchet, qui assurent conjointement la programmation générale et artistique[8].

Le festival adopte un nouveau rythme en s’étendant sur deux semaines et s’inscrit plus étroitement dans les dynamiques de développement de la Ville de Lausanne. Son centre de gravité se déplace vers le quartier de la gare, avec des manifestations organisées notamment à La Rasude, à Plateforme 10 et sur la Place de la Gare de Lausanne[1]. Lors de l’édition 2023, Pénélope Bagieu est l’invitée d’honneur[9].

Une attention accrue est portée à l’accessibilité des publics ainsi qu’à la diversité et à l’égalité des représentations, qu’elles soient de genre, générationnelles, sociales ou culturelles[1]. Par ailleurs, le festival étend désormais ses activités sur l’ensemble de l’année, avec une exposition estivale consacrée à un enjeu contemporain, conçue comme une déambulation urbaine pour les adultes et un jeu de pistes pour les enfants, ainsi qu’un concours en faveur de la relève bénéficiant d’une exposition spécifique à l’automne[1].

Organisation

Le BDFIL dure trois à quatre jours. À chacune de ses éditions, ce sont entre 8 et 10 expositions (majoritairement créées sur mesure) qui accueillent environ 80 artistes suisses et étrangers, une grande librairie ainsi que des stands de fanzines et de bouquinistes. Les artistes invités sont aussi là pour signer des dédicaces et discuter avec les lecteurs et lectrices.

Invités d’honneur

BDFIL accueille pour chacune de ses éditions un invité d’honneur. Cette personnalité réalise l’affiche du festival et une exposition originale lui est consacrée.

  • Didier Tronchet, 1re édition, 2005 (exposition « L’univers pitoyable de Tronchet »)
  • Christophe Bertschy, 2e édition, 2006 (exposition « Chez Nelson »)
  • Cosey (Suisse), 3e édition, 2007 (exposition « Les lueurs du monde » et catalogue)
  • André Juillard, 4e édition, 2008 (exposition « Destins-Dessins » et catalogue)
  • Frederik Peeters, 5e édition, 2009 (exposition « Histoires naturelles » et catalogue)
  • Zep, 6e édition, 2010 (exposition « Le portrait dessiné », exposition de longue durée, présentée au MUDAC, en coproduction avec le MUDAC, et catalogue)
  • Loustal, 7e édition, 2011 (exposition « Chambres avec vue » et catalogue)
  • Christophe Blain, 8e édition, 2012 (exposition « Odyssée(s) »)
  • - Enrico Marini, 9e édition, 2013 (exposition « Inspirations-conspirations »)
  • Lewis Trondheim, 10e édition, 2014 (exposition « Promenade à Trondheimland »)
  • Blutch, 11e édition, 2015, (exposition « Rétrospective Blutch »)
  • Derib, 12e édition, 2016, (exposition « Rétrospective Derib »)
  • Anna Sommer, 13e édition, 2017
  • Dave McKean, 14e édition, 2018
  • Alex Baladi, 15e édition, 2019
  • Jacques Tardi, 16e édition, 2020
  • Pénélope Bagieu, 17e édition, 2023
  • Tom Tirabosco, 18e édition, 2024
  • Guillaume Long, 19e édition, 2025

Expositions

BDFIL a, entre 2005 et 2018, réalisé plus d'une centaine d'expositions originales, monographiques ou thématiques.

À noter, plus particulièrement, les expositions réalisées pour chacun des invités d’honneur ; les expositions thématiques, telles que celles réalisées autour des héroïnes de séries de la bande dessinée franco-belges (« Femmes de bulles », 2008), du mariage du pop-up et de la bande dessinée (« Pop-up & Comics », 2009), du noir et blanc dans la bande dessinée mondiale (« Black is beautiful », 2010), de la couleur directe (« La couleur dessinée », 2011), de la ligne claire (« Les aventures de la ligne claire », 2012), des dessinateurs reporters (« Journalisme BD », 2011), des flip-books (2013), ou des expérimentations artistiques des années 1960-70 (« Flower Power? », 2016) ; ainsi que les expositions monographiques réalisées autour des œuvres de Blanquet (2006), Noyau (2006 et 2009), Hugo Pratt, Wazem et Camuncoli (2007), Matt Madden (2007), Thomas Ott (2008), Alex Baladi (2009), Tom Tirabosco et Wazem (2010), Manuele Fior (2010), Mathieu Berthod (2011), David Vandermeulen (2011), Hannes Binder (2012), Daniel Bosshart (2012), Grzegorz Rosiński, Roman Surzhenko et Gilulio De Vita (« Les Univers de Thorgal », 2013), Dimitri Planchon (2013), Brecht Vandenbourcke (2013), Matthias Picard (« Jim Curious », 2013), Emmanuel Lepage Fragment », 2014), Tébo Superhéros, slips & crottes de nez », 2014), Joe Sacco La grande guerre », 2014), Riad Sattouf L'arabe du futur », 2015), Mix & Remix, Noyau, Frédéric Pajak et Anna Sommer Les étoiles souterraines », 2015), Alex Baladi Les cow-boys et les indiens », 2015) ou Catherine Meurisse La légèreté », 2016)[10], Tom Tirabosco (2024).

Autour du Festival

La Revue

Depuis 2015, BDFIL publie après chaque édition une publication qui retrace les grandes lignes de l'édition du festival et présente des planches inédites. D'abord existante sous le nom de Bédéphile, elle devient en 2023, L'Echo de BDFIL[11],[12],[13].

La Revue Bédéphile

BDFIL lance sa revue Bédéphile lors de la 11e édition. Cette revue contient une grande section d'images ainsi que divers articles journalistiques, académiques ou amateurs. Ils concernent le projet de commande de l'année en question, les divers artistes dont le travail est exposé, ainsi qu'un chapitre contenant plusieurs enquêtes en rapport à la bande dessinée[12].

En 2018, le numéro 4 paraît au moment du festival avec plusieurs contributions consacrées à Dave McKean, Nikita Mandryka et Jacques Lob[14],[15],[16]. En 2019, le numéro 5[17] paraît avec plusieurs contributions consacrées à Alex Baladi, Hélène Becquelin, JC Menu, Tif et Tondu, Lewis Trondheim, Zep.

Récompenses décernées

À l’inverse d’autres festivals, BDFIL ne décerne pas de prix saluant des publications. Il organise néanmoins chaque année, et depuis sa création, un concours de bande dessinée intitulé Concours nouveau talent. Ce concours vise la promotion de nouveaux talents. Il est ouvert à toute personne âgée de plus de 15 ans n'ayant jamais été publiée. En moyenne 200 participants en provenance de 20 pays y prennent part chaque année. Leurs travaux sont présentés dans le cadre d'une exposition organisée aux dates du festival. Trois prix (1er, 2e et 3e prix) dotés de sommes en espèces sont décernés par un jury présidé par l'invité d'honneur du festival. Un prix du public, depuis 2007, est également décerné pendant le festival[18],[19].

Notes et références

Liens externes

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