Badagry

village Nigérien From Wikipedia, the free encyclopedia

Badagry (ou Badagri) est une ville côtière et une zone de gouvernement local (LGA) de l'État de Lagos au Nigeria. Connue pour son rôle dans la traite transatlantique et dans la diffusion du christianisme en Yorubaland, la ville occupe une place importante dans l’histoire économique, politique et culturelle de la région. Badagry fonctionne actuellement comme un centre urbain dynamique, un site patrimonial reconnu et un lieu de mémoire commémorant l'histoire de la traite transatlantique des esclaves.

Faits en bref Administration, Pays ...
Badagry
Badagry
Localisation de Badagry dans l’État de Lagos.
Administration
Pays Drapeau du Nigeria Nigeria
Démographie
Population 351 900 hab. (2022[1])
Densité 790 hab./km2
Géographie
Coordonnées 6° 25′ 00″ nord, 2° 53′ 00″ est
Superficie 44 560 ha = 445,6 km2
Localisation
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Badagry
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Badagry
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    Géographie

    Badagry se situe à environ 8 kilomètres de Lagos. Elle est bordée au nord, par Ilaro (en), à l’ouest, par la République du Bénin, à l’est, par Ojo et au sud, par golfe de Guinée[2].

    Le territoire est traversé par de nombreux cours d’eau, marécages et lagunes, ce qui rend l’agriculture difficile. Depuis l’époque précoloniale, la pêche constitue l’activité principale des habitants, complétée par des échanges commerciaux permettant d’obtenir les produits agricoles manquants[2].

    Histoire

    Port commercial

    Les origines de Badagry sont débattues, mais la tradition retient que la ville est fondée dans les années 1720 par des communautés Goun et Awori (en). Badagry se transforme d’un village de pêche en une cité structurée, organisée autour de huit quartiers administratifs : Ahoviko, Awhanjigoh, Jegba, Boeko, Whrako, Asago, Posuko et Ganho. L'akran (roi de Badagry) réside dans son quartier royal, Jegba. Chaque quartier possède un chef pour l'administrer[2].

    Badagry devient l’un des ports majeurs de la traite transatlantique. Des captifs venus de l'arrière-pays yoruba y transitent avant d’être embarqués vers les Amériques. L’Empire d’Oyo utilise Badagry comme débouché principal pour son commerce extérieur. La ville prospère grâce à ce trafic, qui supplante l’économie locale et provoque un déclin de l’agriculture et de la pêche traditionnelle[2].

    Transformations du XIXe siècle

    Avec le déclin de la traite au XIXe siècle, Badagry s’intègre aux nouveaux circuits du commerce de l’huile de palme. Le port conserve une place stratégique dans les échanges. Avec l’essor économique du XIXe siècle, les chefs de Badagry gagnent en autonomie vis-à-vis des Oba de Lagos. Ils deviennent une élite influente, rivalisant parfois de prestige avec l’akran. Cependant, la colonisation britannique rétablit l’autorité royale et reconnaît l’akran comme dirigeant traditionnel suprême[2].

    La ville connaît plusieurs vagues de migrations Yoruba venues d'Apa puis, au XIXe siècle, de groupes Adjas fuyant le royaume du Dahomey. Mais c'est aussi par cette ville que le christianisme entre en Yorubaland. En 1842, le missionnaire Thomas Freeman y établit la première mission chrétienne de la côte du Bénin. La ville devient ainsi un centre de diffusion de l’évangélisation vers l’intérieur du pays. En 1845, Badagry accueille la première maison à étages du Nigeria, construite par des missionnaires[2].

    Héritage et mémoire

    Le commerce des esclaves transforme profondément la société locale, en créant une nouvelle élite et en réorganisant les institutions politiques. Aujourd’hui, ce passé est préservé à travers le Badagry Heritage Museum (en), installé dans un ancien bâtiment colonial. Le musée comporte huit galeries retraçant le processus de l’esclavage et de son abolition (Capture, Transport, Résistance, Industrie, etc.). Il expose des objets originaux liés à la traite (chaînes, entraves, instruments de punition) et constitue l’un des plus importants lieux de mémoire de l’esclavage au Nigeria[2].

    L'écrivaine Fabienne Kanor dans Humus (Gallimard, coll. "Continents noirs", 2006) fait de Badagry le point de départ de la déportation d'une de ses héroïnes vers les Antilles.

    Galerie

    Personnalités

    Voir aussi

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    Bibliographie

    • (en) Raphael Alabi, « Oral traditions, archaeology, and culture contacts between Badagry and her neighbours », in West African journal of archaeology, 2002, vol. 32 (1), p. 131-147
    • (en) A. Babatunde Olaide-Mesewaku, Peter Olaide-Mesewaku, Sola Adeyemi, Badagry: the cultural heritage, African Renaissance Foundation, Lagos, 2000, 116 p. (ISBN 9789780472641)
    • (en) Focus on Badagry, Public Information Department, Lagos State Ministry of Information and Culture, Ikeja, 1991, 21 p.
    • (en) Axel Klein, Fishing without formality : an economic anthropology of the Ewe of the Lagos-Badagry seabeach, University of London, 1998
    • (en) G.O. Ogunremi, M.O. Opeloye, Siyan Oyeweso (dir.), Badagry : a study in history, culture and traditions of an ancient city, Rex Charles Publications, Ibadan, 1994, 393 p. (ISBN 978-2137-24-3)
    • (en) Alaba Simpson, The culture of Vodun and ancestor worship in Badagry Town, Interlingua, Lagos, 2001, 69 p. (ISBN 9780523626)
    • (en) Caroline Sorensen-Gilmour, Badagry 1784-1863 : the political and commercial history of a pre-colonial lagoonside community in South West Nigeria, University of Stirling, 1995.

    Articles connexes

    Liens externes

    Notes et références

    Related Articles

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