Baltaguia

dans le monde arabe, homme de main du pouvoir From Wikipedia, the free encyclopedia

Dans le monde arabe, un baltaguia (arabe : البلطجية) est un homme de main, payé par le pouvoir en place pour lutter contre l’opposition politique de toutes les manières. Ce terme peut être transcrit par baltajiyya comme en Algérie[1] ou avec une syllabe plus dure, baltaguiya, baltagueya[2] comme en Égypte. On peut considérer le terme barbouze comme ayant peu ou prou la même signification en français, en particulier depuis la fin de la guerre d'Algérie, où le terme a pris, de façon univoque, son sens péjoratif actuel.

Faits en bref
Baltaguia
Un policier (à gauche) et un Bassiji (à droite) arrêtent un jeune homme pour port de couteau devant le parlement iranien.
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Histoire du terme

Il désigne d’abord les sapeurs de l’armée ottomane. Vigoureux, disciplinés et loyaux, ils étaient aussi utilisés pour des tâches de maintien de l’ordre[3]. Il prend ensuite en dialecte égyptien le sens de « voyou »[4],[3]. Il donne le terme baltaguisme[5].

À la fin du XXe siècle et au XXIe siècle, les troupes de baltaguias sont recrutées parmi les délinquants et les criminels par les régimes autoritaires du monde arabe[1],[2], mais plus généralement chez les personnes analphabètes et sans ressources, hommes ou femmes[3]. Ces différents régimes les utilisent pour renforcer les forces de polices lors de missions où la violence est requise et lorsqu’il s’agit de conserver le pouvoir : bourrage d’urnes, tabassage d’opposants, attaque de manifestants, voire contre-manifestation violente comme lors de la « bataille des chameaux » place Tahrir au Caire, lors de la révolution égyptienne de 2011[5], mais aussi intimidation de candidats de l’opposition et achats de voix[3]. Leur nombre aurait été de 500 000 en Égypte à la veille de la chute du régime de Hosni Moubarak[3].

Pendant le Hirak algérien qui commence en , un mouvement marqué par des manifestations de rue surtout pacifiques, l'usage par les autorités de baltaguias est constaté fin , sous le mandat présidentiel d'Abdelmadjid Tebboune, élu le dans un scrutin largement boycotté. A Oran le , et à Bordj Bou Arreridj, Annaba et Batna le , les baltaguias s'attaquent verbalement et physiquement aux manifestants. Les témoignages vidéos circulent sur l'Internet. À Constantine le , afin de ne pas « entrer dans [le] jeu », les manifestants modifient leur chemin de marche et annulent un forum citoyen, évitant ainsi la confrontation physique avec trente baltaguias. Les baltaguias sont présents aussi à Skikda à la manifestation du [6].

Références

Voir aussi

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