Bania
sauna russe
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Le bania (en russe : ба́ня)[1] est un bain public en Russie. Pratiqués avant qu'apparaissent les salles de bain, qui, aujourd'hui, équipent les logements particuliers ou collectifs, les bania restent très prisés des Russes[2].

Histoire
Dans le Traité de Constantinople rédigé en 907, on retrouve la mention des bania. L'usage du bania se trouve chez les Scythes[3].
Processus
Le bania est un bain de vapeur chaude contrairement au sauna scandinave qui utilise la chaleur sèche[4].
La préparation, qui amène la température de la salle aux environs de 60°C, peut prendre 3 à 6 heures. Un poêle, traditionnellement en brique, produit la chaleur nécessaire.
Pour produire la vapeur souhaitée, les usagers aspergent ce poêle d’eau chaude.
Un houssoir (venik, веник), formé de quelques branches de bouleau ou de chêne séchées ou non (avec les feuilles), est mis à la disposition de l'usager[5]. Celui-ci commence par en imprégner d’eau les branches, puis effectue deux ou trois passages. A chaque fois, il se fouette d'abord vigoureusement avec les branches d l'houssoir, qui dégage un agréable parfum. Cette flagellation est réputée nettoyer et assouplir la peau, activer la sudation et favoriser la circulation du sang. La séance se termine par un plongeon dans la neige ou l’eau - qui peut être glacée - d'un lac ou d'un cours d'eau[6]. En ville, l'eau versée d'un baquet basculant, accroché en hauteur, en tient lieu. La prise d'un thé et de douceurs dans la salle de repos termine la séance de bania.
Bania noir et bania blanc
- Pour le bania noir (баня по-чёрному), qui apparaît au XVIe siècle, la fumée sort du poêle à l'intérieur de la salle pendant les 3 à 6 heures de chauffage préalable. Avant son élimination vers l'extérieur et l'arrivée des usagers, elle est censée exterminer tous les microbes et germes de la salle, mais elle en noircit les murs, d'où son nom de bania noir. Cette pratique est maintenant très rare; on la trouve encore en Sibérie[7].
- Pour le bania blanc (баня по-белому), un tuyau de cheminée rejette immédiatement la fumée à l'extérieur ; il est aujourd'hui bien plus largement répandu.
Traditions
Il existait en Carélie jusqu’au début du XXe siècle, un culte païen nommé lembi. On croyait que le « lembi » qui désignait l’attrait et la beauté de la femme, pouvait être transmis à d’autres femmes, lors du bain de noces de la fiancée, lorsque ses amies et ses sœurs se lavaient avec elle. Les femmes utilisaient la même eau et le même houssoir que la mariée, puis tissaient leurs rubans dans ses tresses, leur permettant ainsi de recevoir certains de ses charmes[8].
L’eau avec laquelle la mariée avait été lavée dans le bania de noces ou d’après-noces était en outre utilisée pour préparer la pâte d'un gâteau que l’on servait au marié, pour renforcer l’amour du couple[8].
Galerie
- Intérieur d'un bania, Musée national de l'architecture et de la vie populaires, Strochitsy (en) (Biélorussie)
- Veniki en cours de séchage
- File d'attente dans le bain
- Bains publics de l'Institut des femmes de 1911
- Seleznevskie bains
Culture populaire
Voir aussi
Liens externes
- (ru) « Histoire des bains russes » (consulté le )
- « A Russian Banya Experience - You Won't Believe it! », sur YouTube (consulté le )