Barons voleurs

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Barons voleurs (ang. robber barons) est une locution péjorative qu'on trouve dans la critique sociale et la littérature économique pour caractériser certains hommes d'affaires riches et puissants des États-Unis au XIXe siècle. Dans l'histoire des États-Unis, le Gilded Age ou âge doré voit l'éclosion de ces capitaines d'industrie qui façonnent le rêve américain mais sont aussi accusés, à cette période de capitalisme sauvage, d'exploiter et éventuellement réprimer la main-d'œuvre, ainsi que de pratiquer la corruption.

The protectors of our industries, caricature montrant Cyrus Field, Jay Gould, Cornelius Vanderbilt et Russell Sage assis sur des sacs de millions de dollars dans un grand radeau porté par les travailleurs issus de divers métiers.

Historique

L'expression trouve son origine dans la presse américaine dans le n°50 du magazine The Atlantic Monthly (1882) pour qualifier l'entrepreneur Jay Gould d'assassin[1] :

« A man who braves the heart-broken rage of fifty millions of men, and in day-light shoots their President, we call an assassin; George Washington hanged as a spy the man who traveled the high-road as an instrument in Benedict Arnold's treachery. We teach our children to execrate as traitors the men who stood up in a fair fight to divide the Union. What shall we call the man and the men who seduce but do not assassinate […] Private property is sacred, but plunder must not be private. A philosopher of the commune said, « Property is theft. » American self-government must have a philosophy to say, « Theft shall not be property ». »

Mais c'est le sénateur germano-américain Carl Schurz qui l'invente véritablement dans un de ses discours à Harvard pour désigner les entrepreneurs pratiquant l'exploitation pour accumuler leurs richesses. Leurs pratiques incluent le contrôle des ressources nationales, l'influence sur les hauts fonctionnaires, le paiement de salaires extrêmement bas, l'écrasement de leurs concurrents par leur acquisition en vue de créer des monopoles et de pousser les prix à la hausse, ainsi que la manipulation des cours des actions vers des prix artificiellement hauts, actions vendues à des investisseurs voués à l'appauvrissement dès le cours retombé, aboutissant à la disparition de la société cotée. L'expression, forgée par les journalistes dits muckrakers fouille-merde »), allie le sens de « criminel » (voleur) et celui de « noblesse douteuse » (un « baron » est un titre illégitime dans une république).

Le président Theodore Roosevelt est intervenu contre les monopoles en obtenant du gouvernement conservateur qu'il mette au pas ces capitaines d'industrie, qu'il appelle des « malfaiteurs de grande fortune » et des « royalistes de l'économie »[2].

Liste des hommes d'affaires qualifiés de barons voleurs

Les patrons du Sénat, par Joseph Ferdinand Keppler en 1889 dans Puck.

Les personnes listées ci-dessous sont citées par Matthew Josephson, dans son ouvrage Robber Barons, The Great American Capitalists (1934), sauf autre source mentionnée :

Culture populaire

La série télévisée The Gilded Age se réfère spécifiquement au New-York des années 1880 et aux tractations financières des grands industriels contestées par les syndicats ouvriers.

Notes et références

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