De Beaunoir

écrivain français From Wikipedia, the free encyclopedia

De Beaunoir, né Alexandre-Louis-Bertrand Robineau, le à Paris où il est mort le , est un dramaturge français.

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Alexandre-Louis-Bertrand Robineau, dit Beaunoir
Biographie
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Louise-Céline Cheval (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Biographie

Fils d’un notaire et secrétaire du roi[1], Robineau a quitté fort jeune la maison paternelle, pour faire, sous le nom de « Beaunoir », anagramme de Robineau, des vers et des pièces de théâtre pour les petits spectacles. Un de ses amis l’ayant fait entrer à la bibliothèque royale, ce poste l’a déterminé à renoncer à ces occupations, et même à prendre le petit collet[2], mais sa réputation d'auteur libertin portant atteinte à la dignité de ses collègues, ceux-ci exigent de lui, en 1783, d'écrire sous l'anonymat[3]. Durant quelques années, c'est donc son épouse, Louise-Céline Cheval (1766-1821), qui signe ses pièces sous le nom de « Mme de Beaunoir ».

Passionné de théâtre, pour lequel il composera plus de 170 pièces[3], il écrit pour la troupe foraine de Nicolet. Sa première pièce, La Bourbonnaise, 1768), est fort applaudie, à tel point que Nicolet l'engage pour remplacer Taconet. Il écrit jusqu'à trois pièces par semaine, sous le nom d’« abbé Robineau », et gagne 18 francs par pièce. En 1777, il fait représenter L'Amour quêteur, petite pièce passablement scabreuse mais qui connaît un succès immédiat. L’archevêque Christophe de Beaumont lui ayant formellement enjoint de la désavouer, ou de renoncer à son titre d’abbé, il préfère sans hésitation se démettre que de se soumettre[4]

Beaunoir sert Nicolet jusqu'en 1780, puis écrit des pièces plus ambitieuses qui sont représentées au théâtre des Variétés-Amusantes et au Théâtre-Italien. en 1788, il quitte Paris pour diriger le Théâtre de Bordeaux. Un an plus tard, une gestion désastreuse terminée par une banqueroute retentissante il quitte la France, le lendemain même de la prise de la Bastille. À cette époque, il était orateur de la loge du Contrat-Social[4]. Il s’arrêta d’abord à Bruxelles où, en pleine révolution brabançonne, il prend part, de sa plume, aux dissensions politiques qui agitant ce pays, flattant tantôt Vonck, tantôt van der Noot. Après l’expulsion des Autrichiens, la manifestation trop franche de ses opinions, en faveur de Joseph II, l’a rendu suspect au gouvernement aristo-théocratique qui régnait alors dans Bruxelles. Répudié par van der Noot, il a essuyé des vexations, dont il a conservé un vif ressentiment, manifesté sans réserve, lorsque le retour des troupes autrichiennes lui en a fourni les moyens[4], en publiant brochures et libelles, comme un « drame historique » intitulé Histoire secrète et anecdotique de l'Insurrection belgique, ou Vander-Noot, pamphlet scandaleux dans lequel il dénonce les travers des révolutionnaires, ou une espèce d’histoire de la révolution du Brabant, intitulé les Masques arrachés, ou Vie privée de L. E. Henri Vandernoot et Van Cuper, de S. E. le cardinal de Malines, et de leurs adhérens, en 2 vol. in-18, 1790[2].

En 1791, après avoir passé quelques mois à Liège, où il rédige L'Ami des hommes ou le Vengeur, journal dirigé contre les principes de la révolution française, périodique qui n’a eu qu’une courte existence[4], il se remet à écrire pour le théâtre de la Monnaie de Bruxelles, où il donne Le Grand Dénouement de la constitution, (1791), Le Commissionnaire et le jockey, (1792), La Nouvelle Dibutade, (1793), L'Hommage de Bruxelles, (1793), Le Bouquet, (1793), La Séparation, (1794) et Le Médecin et l'apothicaire, (1794).

Pour se mettre à l'abri de la colère du tyran qu'il décrit, il s’enfuit de Bruxelles, pour parcourir successivement la Flandre, la Hollande, d'où il rédige une autre satire, Les Masques arrachés, qui se propage rapidement en Belgique et mènera à la chute de van der Noot, l’Allemagne, à Neuwied une colonie d'hommes de lettres français, parmi lesquels François Metra qui le fait collaborer à sa Correspondance littéraire secrète, Saint-Pétersbourg, où il dirige trois spectacles de la Cour, avant d’être obligé de quitter précipitamment ce pays, frappé par le bannissement, à la fin de 1801 de tous les Français de Russie.

Il passe alors plusieurs années à Berlin, attendant le moment propice pour rentrer en France, ce qu’il fait, le . Revenu à Paris, ne retrouvant ni ses amis et protecteurs, ni son public, ni sa place dans la société française du Consulat, il est correspondant littéraire d’étrangers de distinction, entre autres de Jérôme Bonaparte, alors roi de Westphalie. Il fait encore une tentative à Bordeaux, pour diriger le Théâtre en 1802, qui se solde par une nouvelle faillite. Revienu à Paris, l'année suivante, où il déniche, à la Restauration, un poste d’employé à la division littéraire à la Préfecture de police, écrivant quelques pamphlets politiques de couleur opposée, commandés par les administrations qui se sont succédé, avant de mourir, dans le dénuement complet, d’une maladie de langueur, deux ans après sa femme[4].

Théâtre

  • L'Amour quêteur, 1777.
  • Vénus pèlerine, 1777.
  • Jeannot, 1780.
  • Jérôme Pointu, 1781.
  • Fanfan et Colas, 1784.
  • Le Manteau, ou Les Deux Nièces rivales, opéra-bouffon en un acte, paroles de M. Beaunoir, musique de M. Champein, de l'Académie Royale de musique. "C'était tout simplement une pièce jouée déjà sur le Théâtre de Nicolet sous le titre de La Mère Nitouche, ou Les Deux Nièces rivales, du même M. Beaunoir." Théâtre des Beaujolais, le 2 septembre 1786[5].
  • Histoire secrète et anecdotique de l'Insurrection belgique, ou Vander-Noot, 1790.
  • L'Accordée de village, en collaboration avec Madame de Valory
  • Les Masques arrachés
  • L'Ami des hommes ou le Vengeur
  • Le Grand Dénouement de la constitution, 1791.
  • Le Commissionnaire et le Jockey, 1792.
  • La Nouvelle Dibutade, 1793.
  • L'Hommage de Bruxelles, 1793.
  • Le Bouquet, 1793.
  • La Séparation, 1794.
  • Le Médecin et l'Apothicaire, 1794.

Pour approfondir

Iconographie

  • Edmond-Denis de Manne et Charles Ménétrier (portrait de Beaunoir gravé à l'au-forte par Jean-Marie Fugère), Galerie historique des acteurs français, mimes et paradistes qui se sont rendus célèbres dans les annales des scènes secondaires depuis 1760 jusqu'à nos jours, N. Scheuring, Lyon, 1877.

Liens externes

Notes et références

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