Mustela
genre de Mammifères de la famille des Mustelidae
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Belettes (Lato sensu), Hermines (Lato sensu), Putois (Lato sensu), Visons (Lato sensu)
- Putorius Frisch, 1775[1][2]
- Mustella Scopoli, 1777[3]
- Putorius G. Cuvier, 1817[4]
- Arctogale Kaup, 1829[5]
- Ictis Kaup, 1829[5]
- Foetorius Keyserling & J.H. Blasius, 1840[6]
- Gale J.A. Wagner, 1841[7]
- Lutreola J.A. Wagner, 1841[7]
- Vison J.E. Gray, 1843[8]
- Gymnopus J.E. Gray, 1865[9]
- Hydromustela Bogdanov, 1871[10]
- Mustelina Bogdanov, 1871[10]
- Cynomyonax Coues, 1877[11]
- Eumustela Acloque, 1899[12]
- Mammustelaus Herrera, 1899[13]
- Kolonokus Satunin, 1911[14]
- Kolonocus Satunin, 1914[15]
- Plesiogale Pocock, 1921[16]
- Pocockictis M. Kretzoi, 1947[17]
- Cryptomustela Abramov, 2000[18]
Mustela est un genre de mammifères carnivores de la famille des Mustélidés. Ce groupe comprend les animaux communément désignés sous les noms de « belette » ou « hermine » pour les plus petites espèces, et « putois » ou « vison » pour les espèces plus grandes. Ce sont des prédateurs vifs et rapides, caractérisés par leur corps allongés et leur membres courts.
Classification
Histoire
Le genre Mustela a été conceptualisé pour la première fois dans la taxonomie moderne dès la première édition du Systema Naturæ de Carl von Linné. Il s’agit du genre nominal de la famille des Mustélidés. Dans la première édition, le genre est représenté par des espèces appelées M. martes, M. zibellina, M. viverra, M. mustela et M. putorius[19]. Les espèces issues de la dixième édition du Systema Naturæ sont :
- Mustela lutris - La saricovienne (Loutre de mer)
- Mustela lutra - La loutre
- Mustela gulo - Le glouton
- Mustela barbara - Le Tayra
- Mustela Martes - La Martre
- Mustela putorius - Le Putois
- Mustela furo - Le furet
- Mustela zibellina - La zibelline
- Mustela erminea - L’hermine - qui est l’espèce-type de ce genre, la belette (Mustela nivalis) ne sera décrite que dans la douzième édition du Systema Naturæ en 1766 [20].
Par la suite, ce genre s’enrichira d’un grand nombre d’espèces au cours de l’Histoire, qui intègrent d’autres genres comme les Martes (Martes), les Zorilles (Ictonyx), d’autres familles comme les méphitidés ou les Eupléridés, voire d’autres classification comme certains marsupiaux comme les Daysures.
Le genre se dote également de plusieurs synonymes, comme Putorius par la zoologiste Frédéric Cuvier en 1817[21].
En 1877, Elliott Coues réévalue ce dernier terme comme un sous-genre et n’intègre que le putois d’Europe, le furet et le putois des steppes. Le putois à pieds noirs (Mustela nigripes), auparavant placé dans un sous-genre distinct nommé Cynomyonax[22].
En 1911, le zoologiste Alexei Satunin a proposé une distinction plus fine en créant le sous-genre Kolonokus, afin de regrouper les mustélidés asiatiques présentant cette morphologie intermédiaire entre le vison et l'hermine, comme l’Itatsi (Mustela itatsi) indigène du Japon, mais surtout le kolonock (Mustela sibirica), désigné à la fois sous le nom de belette, de putois ou de vison de Sibérie. Cette velléité d'indépendance taxonomique a été poussée plus loin par d'autres auteurs, comme Janusz Domaniewski en 1926, qui a élevé ce groupe au rang de genre à part entière sous la graphie Kolonocus[23].
Aujourd’hui encore, certaines espèces rejoignent de nouveaux genres et de nouvelles espèces sont découvertes. Les espèces décrites dans la première édition du Mammal Species of the World en 1982 sont[24] :
- Mustela africana - La Belette tropicale
- Mustela altaica - La Belette de Montagnes
- Mustela erminea - L’hermine
- Mustela eversmanni - Le Putois d’Eversman
- Mustela furo - Le furet
- Mustela felipei - La Belette de Colombie
- Mustela frenata - La Belette à longue queue
- Mustela kathiah - Le Quataquil
- Mustela lutreola - Le Vison d’Europe
- Mustela lutreolina - La Belette d’Indonésie
- Mustela nigripes - Le Putois à pieds noirs
- Mustela nivalis - La Belette
- Mustela nudipes - La Belette à pieds nus
- Mustela putorius - Le Putois
- Mustela sibirica - La Vison de Sibérie
- Mustela strigidorsa - Le Belette à dos rayé
- Mustela vison - Le Vison d’Amérique
Histoire contemporaine
En 1997, le genre Neovison est érigé par les zoologistes Gennady F. Baryshnikov et Alexei V. Abramov pour y classer le Vison d'Amérique, auparavant nommé Mustela vison. Cette distinction taxonomique repose principalement sur l'analyse comparative de la morphologie du baculum (os pénien) au sein de la famille des Mustelidae, révélant des différences structurelles majeures avec les autres membres du genre Mustela. Cette séparation est également appuyée par des particularités cytogénétiques, notamment un nombre de chromosomes distinct (2n = 30), ainsi que par des caractéristiques crâniennes et dentaires spécifiques montant clairement d'une lignée évolutive indépendante[25]. Ce genre a par la suite inclus le Vison de mer (Neovison macrodon).
Durant le XXe siècle, au sein du genre Mustela, les espèces ont longtemps été classées de manière informelle en trois catégories morphologiques : les « petites belettes » (Mustela ou anciennement ictis), les « grandes belettes » ou « visons » (Lutreola) et les « putois » (Putorius). Toutefois, une étude moléculaire publiée en 2008, fondée sur l'ADN mitochondrial, a démontré que ces subdivisions étaient invalides, révélant notamment que le Vison d'Europe (Mustela lutreola) est génétiquement plus proche des putois que des autres espèces autrefois classées dans le sous-genre Lutreola[26].
Le Vison d'Amérique, déjà reclassé dans son propre genre, l’a été une nouvelle fois, dans le genre Neogale en 2021 aux côtés cette fois-ci d’autres Mustela du nouveau monde, à savoir la Belette à longue queue (Mustela frenata), de la Belette d'Amazonie (Mustela africana) et de la Belette de Colombie (Mustela felipei)[27]. Entre temps, l’hermine subit une scission en trois espèces : Une eurasienne (M. erminea), une américaine (M. richardsonii) et une autre cantonnée à certaines îles du Nord-ouest du Canada (M. haidarum) [28],[29],[30]
En 2025, une analyse phylogénomique publiée a affiné l’idée selon laquelle le genre Mustela est scindé en en deux clades frères : le sous-genre Mustela pour les « petites belettes » et le sous-genre Putorius pour les « grandes belettes », tout en préconisant l'exclusion définitive des mustélidés indo-malaisiens dont la belette à dos rayé (Mustela strigidorsa), identifié comme une lignée indépendante ayant divergé il y a environ 11,5 millions d'années[31].
Espèces
Espèces actuelles, selon Mammal Species of the World (version 3, 2005) (8 septembre 2013)[32], ITIS (8 septembre 2013)[33], Catalogue of Life (8 septembre 2013)[34], et Mammal Diversity Database (8 janvier 2026)[35] :
| Groupes | Espèces | Répartition et habitat | Statut UICN |
|---|---|---|---|
| Groupes des « putois » | Mustela putorius Linnaeus, 1758 Putois d’Europe |
Habitat : Forêts claires, zones humides et bocages d'Europe. |
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| Mustela furo Linnaeus, 1758 Furet |
Répartition mondiale. Habitat : Milieux domestiques. |
(Non évalué) | |
| Mustela eversmanii Lesson, 1827 Putois d’Eversman |
Habitat : Steppes et milieux ouverts d'Eurasie. |
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| Mustela lutreola (Linnaeus, 1761) Vison d’Europe |
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| Mustela nigripes (Audubon & Bachman, 1851) Putois à pieds noirs |
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| Groupe des « belettes asiatiques », « belettes jaunes », « visons » (parfois dans le sous-groupe des « putois »). | Mustela itatsi Temminck, 1844 Itatsi |
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| Mustela sibirica Pallas, 1773 Kolonock |
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| Groupe des « belettes » ou « petites belettes » | Mustela subpalmata Hemprich & Ehrenberg, 1833 Belette d’Égypte |
Égypte (Vallée du Nil). Habitat : Zones anthropisées et fertiles. |
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| Mustela mopbie Wei, Cao, He et al., 2025 |
Monts Hengduan, Sichuan (Chine). Habitat : Forêts de montagne. Morphologie extrêmement svelte. |
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| Mustela nivalis Linnaeus, 1766 Petite belette |
Habitat : Zones agricoles, boisées et jardins. |
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| Mustela aistoodonnivalis Wu & Kao, 1991 |
Shaanxi et Sichuan (Chine). Habitat : Forêts de montagne. |
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| Mustela altaica Pallas, 1811 Belette des montagnes |
Habitat : Haute altitude et steppes rocheuses. |
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| Groupe des « hermines » | Mustela erminea Linnaeus, 1758 Hermine d'Eurasie |
Habitat : Milieux variés (toundra, forêts, prairies). | |
| Mustela haidarum Preble, 1898 Hermine des Haïdas |
Haida Gwaii et archipel Alexandre. Habitat : Forêts pluviales tempérées côtières. |
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| Mustela richardsonii Bonaparte, 1838 Hermine d’Amérique |
Amérique du Nord (Canada et USA). Habitat : Forêts boréales et tempérées. |
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| Groupe du clade « Indo-malais » | Mustela lutreolina Robinson & Thomas, 1917 Belette d’Indonésie |
Habitat : Forêts de montagne (Java et Sumatra). |
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| Mustela nudipes Desmarest, 1822 Belette à pieds nus |
Habitat : Forêts tropicales humides d'Asie du Sud-Est. |
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| Mustela strigidorsa Gray, 1853 Belette à dos rayé |
Habitat : Forêts tropicales de montagne. |
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| Mustela kathiah Hodgson, 1835 Quataquil |
Habitat : Forêts de pins et de chênes d'altitude (Himalaya). |
Phylogénie du genre Mustela
Cladogramme des espèces actuelles du genre Mustela d'après Totikov et al. (2025)[31] :
| Genre Mustela |
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