Bellovèse
roi celte
From Wikipedia, the free encyclopedia
Bellovèse serait un chef biturige du VIe siècle av. J.-C. participant aux raids gaulois en Italie et menant aux premières phases de colonisation de la Gaule cisalpine. Il est mentionné dans Histoire romaine de Tite-Live mais son historicité est débattue.
Biographie
Les sources anciennes, notamment celles de Tite-Live, considèrent que la présence des Celtes en Italie peut s'observer par les échanges et la consommation de produits typiquement méditerranéen, comme le vin, et considèrent que « l'entrée en Italie des Gaulois » s'effectue au IVe siècle av. J.-C., mais positionnent une expédition antérieure se déroulant au VIe siècle av. J.-C. et dans laquelle les celtes sont décrits sous hégémonie des Biturige et de leur chef Ambigat. Pour des raisons démographiques, le souverain décrète que ses deux neveux, Segovèse et Bellovèse, mènent des expéditions ves de nouvelles terres. Le premier prend la direction de la forêt Hercynienne. Le second passe les Alpes et s’installe dans le nord de l’Italie (Gaule cisalpine)[1].
Après s'être confronté aux habitants de l'Étrurie padane, Bellovèse s'établit dans un territoire occupé par les Insubres et y fonderait la ville de Mediolanum (Milan). Il serait dès lors devenu un chef des Bituriges[1].
Caractère légendaire
Selon Venceslas Kruta[2], il s’agit probablement d’un mythe fondateur, dont l’origine proviendrait d’un autre peuple celte, les Insubres, qui occupait les territoires de l’actuelle Lombardie. Ce mythe explique notamment la fondation de Milan par les Gaulois (Insubres), connue dans les sources antiques sous le nom de Mediolanum[3]. De plus, des contradictions et incohérences sont identifiées dans la liste des peuples qui rejoignent ce potentiel raid, mais il est envisageable que ces désignations correspondent plutôt à celle de la situation politique de la Gaule centrale avant la conquête césarienne[4].
« Pour ce qui est du passage des Gaulois en Italie, voici ce qu'on en raconte : à l'époque où Tarquin l'Ancien régnait à Rome, la Celtique, une des trois parties de la Gaule, obéissait aux Bituriges, qui lui donnaient un roi. Sous le gouvernement d'Ambigatus, que ses vertus, ses richesses et la prospérité de son peuple avaient rendu tout-puissant, la Gaule reçut un tel développement par la fertilité de son sol et le nombre de ses habitants, qu'il sembla impossible de contenir le débordement de sa population. Le roi, déjà vieux, voulant débarrasser son royaume de cette multitude qui l'écrasait, invita Bellovèse et Ségovèse, fils de sa sœur, jeunes hommes entreprenants, à aller chercher un autre séjour dans les contrées que les dieux leur indiqueraient par les augures : ils seraient libres d'emmener avec eux autant d'hommes qu'ils voudraient, afin que nulle nation ne pût repousser les nouveaux venus. Le sort assigna à Ségovèse les forêts Hercyniennes ; à Bellovèse, les dieux montrèrent un plus beau chemin, celui de l'Italie. Il appela à lui, du milieu de ses surabondantes populations, des Bituriges, des Arvernes, des Éduens, des Ambarres, des Carnutes, des Aulerques ; et, partant avec de nombreuses troupes de gens à pied et à cheval, il arriva chez les Tricastins. Là, devant lui, s'élevaient les Alpes [...] Pour eux, ils franchirent les Alpes par des gorges inaccessibles, traversèrent le pays des Taurins, et, après avoir vaincu les Étrusques, près du fleuve Tessin, ils se fixèrent dans un canton qu'on nommait la terre des Insubres. Ce nom, qui rappelait aux Éduens les Insubres de leur pays, leur parut d'un heureux augure, et ils fondèrent là une ville qu'ils appelèrent Mediolanum. »
— Tite-Live, Histoire romaine - Livre V, 34.
Pour Jean Haudry, la légende gauloise des Bituriges Bellovesos et Segovesos est l'un des multiples exemples du mythe de l'expulsion des Jumeaux. Par ailleurs, la fondation de colonies est une réalité historique largement documentée, notamment dans le monde grec, mais aussi ailleurs, dans la pratique italique du ver sacrum, l'expulsion à l'âge adulte de la génération née au printemps d'une année particulière[5]. La figure de Bellovèse est également instrumentalisée dans les années 1340 par Galvano Fiamma qui décrit une opposition fictive entre Bellovèse et Brennus, souvent considéré comme l'autre fondateur potentiel de Milan. Fiamma imagine que Brennus procède à l'invasion, attiré par les richesses milanaises, et s'en prend au petit fils de Bellovèse. Les différentes traditions du mythe fondateur de Milan se caractérise par l'identification d'un héros fondateur où la figure de Bellovèse et Brennus peuvent se confondre[6].
Étymologie
Bellovèse, de son nom gaulois Bellovesos, estcomposé des éléments bello- (signification incertaine) et -vesos, « digne », ou « serviteur » (gaulois *uassos, à l'origine du mot vassal)[7][source insuffisante].
Hommage
L'astéroïde (48844) Bellovesos, découvert en 1998, est nommé en son honneur[8].
Le cycle de romans Rois du monde de Jean-Philippe Jaworski a pour héros et narrateur Bellovesos.