Beni Ahsen
tribu arabe du Maroc
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Les Beni Ahsen, aussi orthographié Bani Hssen (du Gharb) (en arabe : بني أحسن) sont une confédération tribale arabe de la région du Gharb au Maroc issue des Banu Maaqil venu au XIIIe siècle dans le territoire marocain.
| Échelon |
Confédération Tribal |
|---|
| Région principale | |
|---|---|
| Province principale | |
| Chef-Lieu |
| Période d'apparition | |
|---|---|
| Mode de vie |
Nomade (Historiquement) Sédentaire (Actuellement) |
| Fait partie du groupe tribal | |
| Nombre de fractions |
2 |
| Fractions |
Awlad Alwane Awlad Seguir |
| Langue principale |
|---|
Origines
Les Beni Ahsen sont descendants de la confédération tribal des Banu Maaqil[1],[2], originaire de la péninsule arabique, dont la venu au Maghreb se fera en même temps que l'iconique confédération des Banu Hilal. Quant à la sous branche des Maaqil auxquels les Hasnaouis appartiennent, elle n'est pas sur, ce serait sois aux Dhawi Mansur sois aux Dhawi UbaydAllah[3]. Il existe cependant quelques clans d'origines chorfa (descendants du Prophète Muhammad) tel que les Melaïna, qui seraient des descendants de Jaafar as-Siddiq venu d'Algérie[4].
Histoire
Début d'Histoire
Fondation et longue pérégrination vers le Gharb
Le déclin et la chute de l'autorité mérinide va permettre à deux confédération maaqilites de traversé le Haut-Atlas et Moyen-Atlas, les Zaer et les Bani Ahsen vers le Gharb. Originellement les Hasnaouis occupaient la plaine de la Moulouya et de l'An-Segmir au XIVe siècle avant de lentement migré vers la région de Missour puis au XVIe siècle dans la vallée du Guigou dans la Moyen-Atlas.
Cette avancée ne s’explique pas seulement par l’effondrement de l’État, mais aussi par la pression exercée par la confédération des Ait Atta, qui cherche à diminuer le contrôle des tribus arabes dans le Maroc oriental. Durant le XVIIe siècle, les Ait Youssi chassèrent les Hassnauois loin de Séfrou, obligeant ces derniers à quitter la région du Guigou pour se déplacer vers la ville de Fès[5]. Cette longue pérégrination se finit au XVIIe siècle quand les Hassnaouis arrivent enfin dans les plaines atlantiques du Maroc[6].
Sous la dynastie alaouite (pré-colonial)
Guerre de succession entre Moulay al-Mostadi et Moulay Abd Allah ben Ismail
Les Zemmours et les Bani Ahsen, déjà en mauvaise relation, vont encore plus se fracturer. Les Zemmours seront fidèles tout au long à Moulay Abd Allah, ce dernier ayant attisé une haine immense envers les Bani Ahsen, allié de son frère et rival al-Mostadi ayant envahi et pris possession du Palais de Meknès sous les ordres d'al-Mostadi et avec l'aide des Abid Bukharis. De plus, Moulay al-Mostadi enverra contre Moulay Abd Allah, revenu d'expédition contre le Pacha Ar-Riffi, mais ce sera une cuisante défaite pour les Hasnaouis qui subiront une perte de plus de 1000 hommes et la pillage d'environ 5000 chevaux et pertes de leurs armes. Cette défaite va gravement faire chuter l'hégémonie des Bani Ahsen pendant un certain temps. Le sultan Moulay Abd Allah ne se contenta pas de cette victoire, il voulut en terminer avec les Bani Ahsen et les partisans de son frère, via l'extermination. Il réussit à nouveau à les piéger et inflige une nouvelle défaite au camp d'al-Mostadi quelque temps plus tard. Dans la panique, les Hasnaouis fuirent et beaucoup de prisonniers furent faits, ce qui contraint les Hasnaouis à se soumettre au sultan Moulay Abd Allah, qui ce dernier leur pardonnera et libéra les prisonniers faits. À la suite de ces combats, les Bani Ahsen commenceront peu à peu à s'installer dans le Gharb[2].
Ère de Moulay Yazid
Durant son règne, la tribu des Arab Sabbah qui est campent autour de Rabat (qui deviendra les Arab ar-Rabat) se révoltent contre le Sultan. Dès lors, le gouverneur de Rabat, Abu Ya’la al-Qastali, et des hommes des Abid Bukharis, Bani Ahsen, Oudaya et des Berbères furent mandaté pour maté la révolte des Arab Sabbah. Ce qui fut un succès et causa dès lors beaucoup de morts parmi la tribu révoltée[7].
Ère de Moulay Slimane
Lors des débuts du règne du sultan réformiste, après s'être rendu compte de la dépendance de son armée aux tribus berbères, décidera en 1796 de recruter des tribus arabes telles que les Cheraga et les Ouled Jamaa, puis les Oudaya, et enfin en 1798 de recruter les Bani Ahsen, qui étaient l'une des tribus arabes les plus puissantes[8]. Ce rapprochement a aggravé les relations avec les tribus Zemmours, déjà ennemies des Bani Ahsen dû au conflit sur la possession des terres de l'Azghar (actuelle Gharb). Les relations vont se crisper de plus belle quand en septembre 1798, le sultan ordonne aux Hasnaouis d'expulser les berbères Zemmours de l'Azghar ce qui attisera encore plus la division (fitna) entre les arabes (Seffiane, Bani Malik, Khlot) soutenant les Bani Ahsen et les berbères soutenant les Zemmours[9]. Ordre renouvelé en octobre 1813 d'expulser les Zemmours de leur territoire[10].
Ère de Moulay Abd ar-Rahman
Sous le règne de Moulay Abd ar-Rahman, les Bani Ahsen et les Zaer seront réunis sous un seule et unique commandement du caïd Driss Bel-Ghazi bel-Amri al-Hassnaoui, puis le Gharb tout entier sera unifié dans sa gestion sous les ordres de Mohamed Ben Ichechou. Toujours sous le règne de Moulay Abd ar-Rahman, aura lieu une forte révolte en 1849 menée par les Amer (une des fractions des Ouled Alouane des Bani Ahsen) avec le soutien des Zaër, avec qui ils iront assiéger les villes de Salé et Rabat[2]. En 1850, les pillages des Amer et des autres Hasnawis devenaient incessants et insupportables pour les habitants et voyageurs, que le sultan décida dès lors d'ordonné la fondation d'une garde de 1200 hommes, dirigés par le Pacha Fraji pour lutter contre les Bani Ahsen. En tout, 300 hommes des Amer furent envoyés en prison pour plusieurs tentatives de pillages[11].
Les Bani Ahsen iront participer à une harka (groupe militaire, mouvement militaire) punitive du sultan avec les Oudaya, les Zemmour, les Bani Malik, les Sefiane et Ait Idrassen contre les Cherarda de Marrakech qui se sont révoltés contre le Khalifa de Marrakech[2].
Ère de Hassan Ier
Vers la fin du règne du sultan, les Bani Ahsen (avec les Zaër et Zemmours) rentrent en Siba (mouvement et période de forte révolte et opposition au pouvoir des tribus marocaines) et Stephen Bonsal, dans sa description du Maroc, relate qu'ils massacrent les collecteurs d'impôts du Makhzen et pillent toutes les caravanes du Sultan qui passent chez eux[2].
Période Coloniale
Conflits avec la Colonne Gouraud
En mai 1911, le général Gouraud et ses troupes vont voir leur mission au Maroc décrite dans la presse, et les conflits avec les résistants marocains, dont les Bani Ahsen, dans ces conflits ont peu cité les combats de Sidi Gueddar qui opposa la colonne face aux Bani Ahsen, aux Guerrouanes et aux Zemmours, qui se soldera en une défaite pour les Marocains avec environs 200 morts le 22 mai[12]. Ensuite le même mois, une attaque de nuit sera faite par les tribus Bani Ahsen, Zaër et Zemmours contre les Français, plus de 100 morts du côté français et par la suite les combats de Doui Acha avec plus de 100 morts dans les rangs du général Gouraud, pour également 80 morts chez les Marocains, les deux derniers combats étant des « petites victoires » pour les tribus[13].
Fractionnement tribal
Beni Ahsen du Gharb
Les Bani Ahsen sont divisés en 2 grandes fractions, elles mêmes divisées en sous fractions, alliances et clans[14] :
- Ouled Alouane
- Houssin
- Ouled Oqba
- Dhawi Rafi’
- Riyah
- Sahoul
- Jiyahna
- Jouaneb
- Ouled Jaber
- Ouled Alouane
- Ouled Aziz
- Ouled Mbarek
- Amer
- Ouled Hilal
- al-’Aiyayidah
- Ouled Salama
- al-Mghaitha
- al-’Akarsha
- Zerdal
- Sakniyah
- Ouled Mbarek
- al-Kafifat ou al-Gafifat
- al-Brahma
- Ouled ’Arfa
- Khancha
- Ouled Wajih
- Ouled Moussa
- az-Za’itrat
- Ouled Nasr
- Dhoui Salim
- Ouled Melik
- Mokhtar
- Ouled Moussa Ahsain
- Ouled Ghiyath
- Ouled Barih
- Taghari
- al-Aqrat
- al-Hamidiyoun
- Ouled Hamid
- Ouled Youssef
- Ouled Mohamed
- Ouled Ben Dhib
- Sahim
- Messaada
- Melaïnah
- Ouled Houssin
- al-’Abiyat
- al-’Aroussiyoun
- al-Houakim
- al-Maharig
- al-Makhashim
- al-Guedadra
- al-’Assaljah
- Ouled Sidi Brahim
- Houssin
- Ouled Seguir
- Ouled Yahya
- Na’ā’sah
- Ouled Bou Jnoun
- Ouled Bou Thabet
- Ouled Melouk
- Ouled Hamid
- Khanashfa
- Tissān
- Zehana
- Ouled Ben Hamadi
- Ouled Sidi Abed al-Aghiyathi
- Ouled Na’im
- al-Taouazit
- Ouled Bou Rahma
- al-Mogadid
- Ouled Hamoudou
- Ouled Ya’ish
- Safāf’ah
- Rassoum
- al-Ababdah
- Ouled Abd Allah
- Ouled Hanoun
- Ouled Ziyan
- Touatiyoun
- Karimat
- Jebabrah
- Ouled Aissa
- Ghawanem
- Ramdiyoun
- Souala
- al-Boushtiyoun
- al-’Uqbiyoun
- Ouled Abd al-Mawla
- Ouled Larbi ben Ali
- Ouled Gamih
- as-Sa’ādnah
- al-Menasrah
- Ouled Saadoun
- Ouled Miloudi
- Ouled ’Adou
- ash-Shu’aybiyoun
- Khachachna
- ash-Shaguiriyoun
- Ouled Ziyan
- Banu Thawr
- Dawagher
- Ouled Yahya
Beni Ahsen de Ouizert
Il existe encore dans l'est marocain, à Ouizert, des communautés de Beni Ahsen qui sont restés dans la région. Ces derniers étant faibles sans le reste de la tribu, furent longtemps sous la protection, plus ou moins oppressante, des Ouled Khaoua, leur interdisant aussi de rejoindre leurs cousins du Gharb, ceci relaté dans le "Voyage au Maroc (1899-1901)" de l'explorateur René De Segonzac en 1904[15].

Religion
Les Beni Ahsen étaient autrefois principalement d'obédience soufie, appartenant, suivant les clans et alliances, principalement aux tariqah (confréries) Tijaniyah, Derqawiyah, Bouazzaouiyah et Hamdashah[4].
Personnalités
Personnalités religieuses
- Aywaīs al-Hasnawi (?-1695): cheikh, fqih et mufti de Fès, spécialisé dans le fiqh malikite[16].
- Mohamed ben Ahmed ben Cheikh Mohamed ben Abd al-Qader al-Kerdudi al-Guilali (?-1916): faqih et savant islamique. Mort le 25 décembre 1916[17].
- Allal ben al-Fqih ath-Thaghrawi : fqih et savant islamique malikite[18].
- Ali ben Idriss ben Aissa al-Hassini al-Hasnawi (?-1799) : ouléma, savant, mufti et qadi à Fès, mort le 5 juin 1799 (1er muharram 1214 de l'Hégire), il fut enterré à l'extérieur de Bab Ftouh, proche du dôme de Sidi Harazem[19].
- Larbi ben Mekki al-Hasnawi (?-1913) : érudit, savant et co-juge (qadi) de Meknès[20].
- Bou ’Assi ibn ’Ali ben Mas’ūd al-Mohamedi as-Sahimi al-Hasnawi (?-1918) : expert en droit, érudit, mufti et adjoint au juge de Meknès pour les tribus Beni Ahsen, il fut surnommé "Bou ’Assi" (litt : celui au bâton) dû au fait qu'il portait sur lui toujours un bâton qu'il usé contre ceux qui n'obéissaient aux ordres. Il fut enterré parmi sa tribu[21].
Personnalités politiques
- Idriss ben Ghazi as-Seguiri (? - 1799) : Issue des Ouled Seguir. Un des caïds les plus importants des Bani Ahsen. Mort le 27 décembre 1799[22].
- Sulayman ben al-Qurashi as-Seguiri : Issue des Ouled Seguir. Caïd des Bani Ahsen et des Arab al-Widan vers 1811[23].
- M'hammed al-Mokhtari al-Hasnaoui : Issue des Mokhtar. Caïd des Bani Ahsen vers 1911, mentionné dans le Quotidien La Patrie du 21 mai 1911[24].
Personnalités artistiques et universitaires
- Mohamed ben Abd as-Salam ad-Dha’if al-Hasnawi (?-1824) : historien et écrivain de ”L'Histoire de l'État Alaouite”[25].