Berjou
commune française du département de l'Orne
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Berjou est une commune française, située dans le département de l'Orne en région Normandie, peuplée de 417 habitants[Note 1] (les Berjouins[réf. nécessaire]).
| Berjou | |
La gare. | |
Blason |
|
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Région | Normandie |
| Département | Orne |
| Arrondissement | Argentan |
| Intercommunalité | Flers Agglo |
| Maire Mandat |
Didier Vieceli 2020-2026 |
| Code postal | 61430 |
| Code commune | 61044 |
| Démographie | |
| Population municipale |
417 hab. (2023 |
| Densité | 47 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | 48° 51′ 01″ nord, 0° 28′ 51″ ouest |
| Altitude | Min. 58 m Max. 257 m |
| Superficie | 8,82 km2 |
| Type | Commune rurale à habitat dispersé |
| Unité urbaine | Hors unité urbaine |
| Aire d'attraction | Condé-en-Normandie (commune de la couronne) |
| Élections | |
| Départementales | Canton d'Athis-Val de Rouvre |
| Législatives | Troisième circonscription |
| Localisation | |
| modifier |
|
Géographie
Localisation

Communes limitrophes
Géologie et relief
Berjou se situe en zone de sismicité 2 (sismicité faible)[1].
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par le Noireau, le Casse-Cou[2], le fossé 01 du Haut Rocher[3], le fossé 02 des Bouillons[4] et un autre petit cours d'eau[5],[Carte 1].
Le Noireau, d'une longueur de 43 km, prend sa source dans la commune de Saint-Christophe-de-Chaulieu et se jette dans l'Orne à Ménil-Hubert-sur-Orne, après avoir traversé 15 communes[6]. Les caractéristiques hydrologiques de le Noireau sont données par la station hydrologique située sur la commune de Cahan. Le débit moyen mensuel est de 6,95 m3/s[Note 2]. Le débit moyen journalier maximum est de 106 m3/s, atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de 123 m3/s, atteint le [7].

Voies de communication et transports
La commune était autrefois reliée à Caen, Flers et Falaise par les lignes de chemin de fer Caen - Flers et Falaise - Berjou.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[8]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[9]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique[10] et est dans la région climatique Normandie (Cotentin, Orne), caractérisée par une pluviométrie relativement élevée (850 mm/a) et un été frais (15,5 °C) et venté[11]. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[12],[13].
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 10,2 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 13 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 876 mm, avec 1,4 jours de précipitations en janvier et 7,6 jours en juillet[8]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Pierrefitte-en-Cinglais à 9 km à vol d'oiseau[14], est de 11,2 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 806,5 mm[15],[16]. La température maximale relevée sur cette station est de 39,8 °C, atteinte le ; la température minimale est de −11,1 °C, atteinte le [Note 4].
Urbanisme
Typologie
Au , Berjou est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[17]. Elle est située hors unité urbaine[18]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Condé-en-Normandie, dont elle est une commune de la couronne[Note 5],[18]. Cette aire, qui regroupe 7 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[19],[20].
Occupation des sols
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (84,5 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (84,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (49,8 %), zones agricoles hétérogènes (32,1 %), forêts (12,7 %), zones urbanisées (2,9 %), terres arables (2,6 %)[21]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].

Toponymie
Histoire
Lors de la bataille de Normandie pendant l'été 1944, les hauteurs de Berjou et de la commune voisine de Cahan sont données comme objectifs à la 214e brigade de la 43e Wessex Division. Le 30e British Corps franchit l’Orne à Thury-Harcourt le 13 août. Au même moment, l’opération Blackwater doit permettre d’établir une tête de pont sur le Noireau. La 43e Wessex Infantry Division du Major-General Ivor Thomas combat à l’est de Condé-sur-Noireau. Les Britanniques se préparent à franchir la rivière. Dans cette région, le Noireau est très encaissé et dominé par des hauteurs boisées et les Allemands ont détruit tous les ponts.
Les combats commencent le 15 août à 17 h 30. La 214e Infantry Brigade tente la traversée en plusieurs endroits, avec le soutien des mortiers et des mitrailleuses. La bataille se poursuit lors de la traversée du Noireau ainsi que dans les bois sur les pentes.
Au nord de Berjou, près du pont de chemin de fer effondré, les hommes du 1er Battalion The Worcestershire Regiment sont pilonnés par les Allemands de la 276e Infanterie-Division. Le Major Mowbray Morris Souper, à la tête de la D Company galvanise ses hommes et force le passage. Le 5e Battalion The Duke of Cornwall’s Light Infantry suit dans la foulée. Les Britanniques installent un périmètre défensif pour la nuit. Le 16 au matin, le Grenadier-Regiment 986 lance une violente contre-attaque. La bataille se déroule toute cette journée du 16 sur les hauteurs, et les Britanniques subissent des pertes mais sont sauvés par l’arrivée des chars Sherman du Sherwood Rangers Yeomanry de la 8e brigade blindée britannique. Le Lieutenant-colonel Osborne Smith et son régiment arrivent devant Berjou, où sont retranchés fantassins et blindés allemands. Après un puissant barrage d’artillerie, les soldats du 1er Battalion The Worcestershire Regiment délivrent le village et font une soixantaine de prisonniers. Entre 1 600 et 2 200 civils trouvent abri dans le tunnel des Gouttes pendant les combats et les jours qui les ont précédés. Cet épisode marque pour les deux unités britanniques la fin de la bataille de Normandie et prennent dans les hameaux alentour une pause de quelques jours avant de s'élancer vers la Seine et la Belgique.
Le bilan des tués est estimé à plus de cinquante Britanniques dans les quatre bataillons engagés (1er Worcesters Regiment, 5e Duke of Cornwall Light Infantry, 7e Somerset Light Infantry, Sherwood Rangers Yeomanry), plus du double (voire triple, sans source disponible) pour les groupes de combats allemands (soldats appartenant à la 276e div. d'infanterie et à la 3e div. parachutiste) et environ une trentaine de civils, y compris des communes environnantes, à cause des mitraillages et autres tirs d'artillerie. Plusieurs milliers d'impacts d'obus de tout calibre ont marqué les deux communes où se sont déroulés les combats. Le bourg de Berjou est fortement détruit.
Cette bataille a fait l'objet de commémorations avec les vétérans britanniques au monument aux morts de la commune en 1994, 2004 et 2014. Un musée leur est dédié à Berjou.
Politique et administration
Population et société
Démographie
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[26]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[27].
En 2023, la commune comptait 417 habitants[Note 6], en évolution de −9,54 % par rapport à 2017 (Orne : −2,88 %, France hors Mayotte : +2,36 %).
Enseignement
Économie
Culture locale et patrimoine
Lieux et monuments
- L'église Notre-Dame et son perron circulaire en granite.
- La gare de Berjou.
- Le monument aux morts des deux guerres mondiales et les plaques commémoratives à la 43e Wessex Division et au Sherwood Rangers Yeomanry.
- Le musée de la Libération, situé sur les hauteurs de Berjou, retrace les combats de la bataille du Noireau des 15,16 et , en s’appuyant sur de nombreux objets retrouvés sur place et les éclairages d’un guide. Avant-dernier point de la résistance allemande avec la fermeture de la poche de Falaise, la libération de Berjou fut un épisode sanglant en raison des défenses désespérées des troupes allemandes en position autour de la commune. Le musée rend hommage aux soldats britanniques de la 43e division d’infanterie « Wessex » et de la brigade du Sherwood Rangers Yeomanry qui s’y illustrèrent.
L’église Notre-Dame. Le monument aux morts. Le monument aux morts. Les plaques commémoratives.
Personnalités liées à la commune
- Georges Le Febvre (1862-1911) : peintre postimpressionniste né à Berjou.
- Roland et Jeanne Ricordeau, instituteurs à Berjou, résistants, qui ont reçu le titre de Justes parmi les nations pour avoir sauvé des enfants juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. L'école communale porte leur nom.
Héraldique
| Blason | D'or à la jumelle en bande ondée d'azur, accompagnée en chef de deux feuilles de houx de sinople posées en chevron renversé et fruitées de deux pièces de gueules; au franc-quartier de gueules chargé de deux léopards d'or, armés et lampassés d'azur, l'un au-dessus de l'autre[29]. |
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|---|---|---|
| Détails | Les deux léopards d'or sur champ de gueules rappellent les armes de la Normandie. |
Voir aussi
Bibliographie
Articles connexes
Liens externes
- Berjou sur le site de l'Insee
- Berjou en 1944 sur le site du musée de la Libération de Berjou
- Répertoire géographique des communes
- « Climadiag Commune : diagnostiquez les enjeux climatiques de votre collectivité. », sur Météo-France, (consulté le ). Site élaboré à partir des données de projections climatiques de référence DRIAS-2020. Entrer le nom de la commune pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques.

