Bibiane
martyr du IVe siècle à Rome
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Bibiane, Viviane ou Vivienne est une vierge qui, selon la tradition, connut la gloire du martyre à Rome sous l'empereur Julien en 362[1]. Sanctifiée, elle est honorée le 2 décembre par l'Église catholique[2]. Son tombeau, d'abord érigé dans une chapelle, a donné lieu plus tard à l'église Sainte-Bibiane.
| Bibiane | |
Statue du Bernin, église Sainte-Bibiane, Rome, Italie. | |
| Sainte, martyre | |
|---|---|
| Date de naissance | v. 347 |
| Lieu de naissance | Rome |
| Date de décès | |
| Lieu de décès | Rome |
| Vénérée par | Église catholique |
| Fête | 2 décembre |
| Sainte patronne | de l'épilepsie, des maux de tête, des maladies mentales, et des victimes de la torture |
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Hagiographie
Bibiane (ou Viviane) est probablement une martyre des premiers siècles, mais aucune source historique précise ne l'atteste. Une légende riche et complexe s'est tissée autour de sainte Bibiane, conférant des titres de gloire à la sainte patronne de l’église présente sur l’Esquilin depuis le VIe siècle[3],[4]. Les détails de son martyr peuvent varier suivant les sources, mais la trame générale reste sensiblement la même.
Les premières mentions de sainte Bibiane se trouvent dans le Liber Pontificalis et dans la Passio Bibianae, œuvre d'un auteur du VIe siècle. Selon ce récit, Bibiane, née à Rome de parents chrétiens, connue pour sa beauté, sa modestie et sa chasteté, est l'une des victimes de la persécution antichrétienne de l'empereur Julien (361-363)[3],[4].
Surpris à enterrer les corps de trois martyrs, Prisque, Priscillien et Bénédicte (fêtés le 4 janvier), c'est d'abord son père Flavien qui est victime de la répression. Malgré son ancienne position de préfet de Rome, il est envoyé en exil près de Montefiascone, emprisonné, tourmenté et humilié par le marquage au fer rouge sur le front ; il finit par mourir[3],[4],[5].
Bibiane est contrainte de rester enfermée au domicile familial sans ravitaillement, en compagnie de sa mère Dafrose et de sa sœur Démétrie. Puis le nouveau préfet de Rome Apronianus prend les choses en main. Imputant aux chrétiens d'avoir perdu un œil, il veut se venger et décide d'envoyer la mère en prison, tout en gardant les filles sans nourriture et en leur infligeant des sévices. Tous leurs biens sont ensuite confisqués et Dafrose a la tête tranchée[3],[4].
Quelque temps après, le préfet convoque les deux filles au tribunal dans l'attente de leur apostat. Elles ont cependant vécu leur épreuve comme un temps de jeûne et de prière, perpétuant ainsi le rôle de lieu de rassemblement cultuel de la domus ecclesiae familiale. Se montrant inflexibles à renier leur foi et leur relation au Christ, Démétrie est envoyée en prison et Bibiane chez une entremetteuse, Rufina, qui use de plusieurs méthodes pour la pervertir, l'impressionner et la soumettre. Tandis qu'elle résiste aux assauts des tentations, sa sœur succombe aux mauvais traitements[3],[4].
Lorsque la femme de mauvaise vie relate son manque de réussite au préfet, il ordonne que Bibiane soit attachée à une colonne et flagellée à coups de flagrum. Durant son supplice, elle reste immobile, les yeux levés au ciel, puis meurt sous les coups infligés par le bourreau le [3],[4],[5].
Son corps fut abandonné sur la voie publique, mais deux jours plus tard un pieux prêtre nommé Giovanni l'emporta secrètement et l'enterra à côté de la tombe de sa mère et de sa sœur. Cet emplacement, appelé le cimetière de Sainte-Bibiane, donna lieu à la construction d'une chapelle en commémoration de la sainte. Son jeune âge, ses souffrances endurées avec fermeté, puis le miracle lié à la conservation de son corps suscitèrent la vénération populaire dans la Rome proto-chrétienne du IVe siècle et bientôt un culte local particulier s'installa quand une église fut bâtie à l'emplacement de la domus de la famille de Bibiane.
Mémoire et culte
En 468, le pape Simplice rebaptise l'église d'abord appelée Olympina, du nom de la bienfaitrice qui aida largement à la financer, et l'église devient l'église Sainte-Bibiane. L'archéologie a confirmée l'existence d'une basilique Sainte Bibiane à Rome au VIe siècle. En 1625, l'église se dégradant, le pape Urbain VIII décide de la rénover. Il y fait placer les reliques de Bibiane, de sa sœur et de ses parents réunis ensemble, et demande au Bernin de refaire la façade et de créer une statue qui est aujourd'hui installée dans l'abside. La colonne à laquelle Sainte Bibiane fut liée s'y dresse toujours[3],[4],[5].
Bibiane est inconnue du Canon Romain référençant les plus vieux saints de la ville jusqu'au XIIIe siècle où son nom apparaît pour la première fois, mais le pape Urbain VIII, après avoir reconnu ses reliques en 1624, l'introduit dans le Missel romain[4].
Martyrologe romain : « à Rome, sainte Viviane, martyre, sous le nom de laquelle le pape Simplice a dédié une église sur la colline de l'Esquilin ».
Sa mémoire est célébrée dans l’Église catholique le 2 décembre[3],[4],[5]. Elle est la patronne de l'épilepsie, des maux de tête, des maladies mentales, des femmes laïques célibataires, et des victimes de la torture[6].
Représentation
Le perron, symbole de la ville de Liège, était décoré par Jean Del Cour par six bustes en marbre de Carrare de Sainte Bibiane inspirés de Gian Lorenzo Bernini vers 1698. Ils sont, depuis 1717, dans la salle des pas perdus de l'hôtel de ville de Liège.
- Façade de l'église Sainte-Bibiane, Rome.
- La colonne de son martyre, église Sainte-Bibiane.
- Maître-autel avec sépulcre en albâtre romain contenant les reliques de sainte Bibiane, Démétrie et leurs parents, église Sainte-Bibiane.
- Châsse et figure de cire de sainte Viviane en l'église Saint-Sulpice de Fougères. Reliques offertes par le pape Pie IX en 1850.