Gervais Charpentier

libraire et éditeur français From Wikipedia, the free encyclopedia

Gervais-Hélène Charpentier, né le à Paris où il est mort le , est un libraire et éditeur français, père du livre de poche.

Naissance
Décès
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ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Gervais Hélène CharpentierVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Faits en bref Naissance, Décès ...
Gervais Charpentier
Portrait photographique de Franck.
Biographie
Naissance
Décès
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ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Gervais Hélène CharpentierVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Conjoint
Aspasie Generelli
Enfant
Autres informations
A travaillé pour
Éditions Charpentier (d) (à partir de )
Pierre-François Ladvocat (-)Voir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres principales
Revue nationale et étrangère (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Biographie

Rien ne prédestinait Gervais Charpentier, issu d'une famille de magistrats picards, au commerce des livres. Son père, Pierre Charpentier, avait choisi la carrière militaire. N'étant pas l'héritier d'une famille d'imprimeurs ou de libraires, il entra à l'âge de dix-neuf ans comme commis-voyageur chez les libraires Lecointe et Durey, puis chez Ladvocat, le « prince de la librairie romantique ». Abandonné par Ladvocat, vers 1825, à Lyon, où il était tombé très gravement malade, dès que sa santé a été rétablie, il est revenu à Paris. Peu de temps après, en 1827, il fonde, en société avec un de ses amis, un établissement de librairi, galerie d'Orléans, au Palais-Royal, il exploitant également un cabinet de lecture au passage du Petit-Saint-Antoine. Cette association rompue, il devint éditeur de romans, genre alors ascendant, dont son passage chez Ladvocat lui avait apporté une connaissance de premier ordre. N’ayant encore, comme tel, obtenu que de médiocres succès en 1838, il traite, à cette époque, qu’avec Henri Delloye, pour l’impression d’un choix des meilleurs romans de Balzac, qu’il publie à 3 fr. 50, sur grand papier jésus vélin, format in-18[1].

Naissance de la collection moderne

Comme tous les autres libraires et éditeurs de l'époque, il subit une crise de l'édition caractérisée à la fois par un cercle restreint d'acheteurs de livres et notamment de nouveautés, par la concurrence des éditeurs belges qui pirataient les auteurs français à succès en les vendant moins cher et par celle de la presse qui primait alors pour la publication des romans en feuilletons[2].

À la suite de l'échec de sa publication des œuvres d'Alfred de Vigny en , il comprit et écrivit que désormais « la loi du bon marché est devenue la condition de toute publication ». Les éditeurs belges avaient compris que la baisse du prix du livre résidait dans la baisse du prix du papier. Gervais Charpentier confia en 1837 à Eugène Roulhac, un imprimeur de la capitale, le soin d'obtenir un nouveau format permettant d'enfermer la matière de deux ou trois volumes in-8º, en utilisant un papier irréprochable. Ainsi, apparut un nouveau format, le « format in-18 grand-jésus vélin », de dimensions 11,5 x 18,3 cm (soit celles d'un livre de poche de la collection « Folio ») où l'espace typographique était rentabilisé au maximum de ses possibilités. Un format « compact » pouvant atteindre jusqu'à 500 pages de texte et permettant d'enfermer en un seul volume la matière de deux ou trois volumes in-octavo vendus entre 7 francs et 7,50 francs le volume et pour un prix moitié moindre et constant : 3,50 francs. Il prit soin également de recouvrir chaque volume de la collection d'une couverture jaune « serin ou beurre frais » en papier épais qui permettait d'identifier visuellement la collection.

Sa collection, qui prend le nom de Bibliothèque Charpentier, fut officiellement lancée au mois d'août avec la Physiologie du goût de Brillat-Savarin, suivie de la Physiologie du mariage de Balzac en octobre. Le succès immédiat rencontré auprès des lecteurs assura un développement rapide de la collection qui comprenait déjà en tous les auteurs romantiques : Honoré de Balzac (toutes ses œuvres), Victor Hugo, Théophile Gautier, Alfred de Musset, George Sand, Germaine de Staël, Charles Nodier, Sainte-Beuve, etc.

Le développement de la « Bibliothèque Charpentier »

Couverture de novembre 1860.

Dès , Gervais Charpentier se consacre entièrement à sa collection et, à partir de 1860, à la publication d'une revue, la Revue nationale et étrangère à laquelle collaborent Henri Brisson, Édouard Laboulaye, Pierre Lanfrey, Eugène Despois, etc. La création d'un nouveau format, reconnu comme « commode, élégant et portatif » par tous et répondant, dit l'éditeur Michel Lévy « aux goûts de tous » ne lui suffit pas. Dès 1841, son projet, qu'il expose ensuite au Jury de l'Exposition qui lui décerne en 1857 un des prix pour les meilleures réalisations techniques et artistiques, était de faire : « une vraie Bibliothèque réunissant ou pouvant réunir toutes les productions de l'esprit humain dans leur immense variété » et de « fournir à l'histoire littéraire ses classiques modernes ». Il y parviendra en créant plusieurs collections ; après la « Bibliothèque française », des collections d'auteurs étrangers avec les « Bibliothèques » anglaise, italienne, allemande, espagnole et portugaise, puis les « Bibliothèques » philosophique, scientifique et chrétienne.

Après Gervais Charpentier, le monde de l'édition a été contraint de s'aligner. Les autres éditeurs de l'époque tentèrent tous, dans les années 1850, de créer leur propre collection et d'abaisser encore le prix du livre. La concurrence était forte lorsque, en 1853, la « Bibliothèque des chemins de fer » de Louis Hachette fut mise sur pied et, deux ans plus tard, la « Collection Michel Lévy » à 1 franc le volume.

Cependant, Gervais Charpentier était également connu comme un personnage au caractère affirmé. Il n’était pas forcément désagréable en tant que tel, mais il opposait à la reprise des livres abimés ou invendus l’obligation de mettre en vue tous les titres de la Bibliothèque Charpentier ainsi que de distribuer au public un quota minimum de son catalogue (entre 500 et 1000 exemplaires). Pour s’assurer du respect de ses règles, il envoyait des inspecteurs, quand il le pensait nécessaire, alors que ceux-ci ne doivent intervenir qu’en cas de litige. Cela, ajouté aux possibles traitements infligés à ses auteurs, comme Théophile Gauthier, qu’il aurait enfermé à clé pour remettre ses œuvres dans le temps imparti, expliquent les multiples procès, où il a été une des parties concernées[3].

Il décida également de vendre ses livres en grande quantité sur un large territoire, avec comme politique, le septième livre gratuit et non le douzième comme précédemment. Cette stratégie de production de masse a fait de Gervais Charpentier un des éditeurs de son époque, l’un des plus marquants aux côtés de Michel Lévy ou de Louis Hachette entre autres.

À sa mort, ses exécuteurs testamentaires et amis, Georges Masson, Édouard Laboulaye et Ernest Lebaigue cédent, selon ses volontés, l'entreprise à Edmond Villetard[4]. En 1872, celui-ci se désiste et laisse l'entreprise à Georges Charpentier, fils unique de Gervais Charpentier, qui poursuit la publication la « Bibliothèque Charpentier ». Devenant l'éditeur attitré d'Émile Zola, il publie toutes ses œuvres avec grand succès et poursuit la publication de celles des Goncourt, de Flaubert, de Daudet et de nombre d'autres[3], apportant un souffle de renouveau avec le mouvement du naturalisme, dont Émile Zola était un des représentants.

En 1883, à la suite de mauvais placements immobiliers, Charpentier s'associe à Charles Marpon et Ernest Flammarion. En 1896, Eugène Fasquelle, le gendre de Marpon, reprend le fonds et l'intègre à sa maison d'édition[5].

Notes et références

Sources

Iconographie

Liens externes

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