Biville
ancienne commune française du département de la Manche
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Biville (prononcer /bivil/) est une ancienne commune française du département de la Manche et de la région Normandie, peuplée de 523 habitants.
| Biville | |
L'église Saint-Pierre. | |
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Région | Normandie |
| Département | Manche |
| Arrondissement | Cherbourg |
| Intercommunalité | CA du Cotentin |
| Statut | Commune déléguée |
| Maire délégué Mandat |
Philippe Mercier 2020-2026 |
| Code postal | 50440 |
| Code commune | 50057 |
| Démographie | |
| Gentilé | Bivillais |
| Population | 523 hab. (2022) |
| Densité | 60 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | 49° 36′ 49″ nord, 1° 49′ 16″ ouest |
| Altitude | Min. 2 m Max. 179 m |
| Superficie | 8,70 km2 |
| Élections | |
| Départementales | La Hague |
| Historique | |
| Fusion | |
| Intégrée à | La Hague |
| Localisation | |
| modifier |
|
Depuis le , elle fait partie de la nouvelle commune de La Hague et a le statut de commune déléguée.
Géographie
Localisation
Les communes limitrophes sont Sainte-Croix-Hague, Vasteville et Vauville.
- Entrée du bourg.
- Entrée de La Croix Frimot.
- Biville, village fleuri.
Milieux naturels et biodiversité
Ses dunes (190 hectares), propriété communale, gérées par le Conservatoire du littoral, sont parmi les plus vieux massifs dunaires en Europe.
- Biville, les dunes.
Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous les formes Buistot villa entre 1013 et 1020[1], Buistotvilla vers 1020 et Boivilla en 1062[2], Buevilla vers 1080, Boevilla au XIIIe siècle, Buievilla vers 1280, Buievilla en 1251, Boevilla en 1278 et en 1279, Biville au XVe siècle[1].
Biville est issu de l'anthroponyme anglo-saxon parmi les plus répandus dans la toponymie normande Boia[3] et de l'ancien français ville dont le sens originel était « domaine rural ». Ce dernier a ici remplacé son équivalent scandinave topt, simplifié en tot[4].
Littéralement, la villa de Boia[5].
Histoire
Protohistoire
Au milieu du XIXe siècle, on pouvait encore voir, entre deux monticules nommés les Huches, les restes de deux tombelles coupées par la route de Biville à Sainte-Croix-Hague[6].
Antiquité
En en un lieu nommé la Mine, près du village de Vinebus, et qui était au moment de la découverte la possession de la famille Groult, il fut exhumé un grand nombre de monnaies de Trajan, petit bronze[6].
Moyen Âge
L'église, placée sous le vocable de saint Pierre, avait pour patrons les prieurs de Vauville[7].
Léopold Delisle, avait exhumé du fonds Saint-Germain[Note 1], qui était conservé à la Bibliothèque impériale, deux chartes relatives à Biville, où figure notamment Guillaume, roi d'Angleterre, qui se qualifie de comte du Cotentin ; Robert Bertran, vicomte du même territoire ; Richard, vicomte d'Avranches ; Heudon, frère de Néel de Saint-Sauveur, plus tard vicomte de Cotentin ; Onfroy de Bohon qui se distinguèrent à la journée d'Hastings[7].
Temps modernes
En 1567, Jehan du Gardin, sieur de Biville, est taxé pour ce fief de 6 livres dans le rôle des nobles et roturiers, au titre du ban et de l'arrière ban de la vicomté de Coutances, réalisé par Gilles Dancel, seigneur d'Audouville, lieutenant général du bailli de Cotentin, tenu à Coutances les -. Le fief du Roy à Biville, acheté aux commissaires du roi, relevait de la vicomté de Valognes[8].
En 1699, la paroisse a pour seigneur Pierre du Gardin[9].
En 1786, Jacques François Dugardin, écuyer, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, lieutenant-colonel au corps royal d'artillerie, était patron et seigneur de Biville, du chef de sa femme, née de La Haye[7].
Parmi les personnes notables habitants Biville, on peut citer la famille de Beaudrap, et celle de Dugardin qui avait pour armes : d'azur chargé d'une aigle d'argent becquée d'or et au soleil[10]. En outre, la paroisse abritait plusieurs centenaires, parmi lesquels on cite une femme répondant au nom de Renep qui y mourut en 1697, à l'âge de 116 ans[10].
Époque contemporaine
Au XIXe siècle, un tumulus fut ouvert et dans lequel furent découverts des corps brûlés attestant de la présence d'une léproserie[11].
Politique et administration
Liste des maires
Le conseil municipal était composé de quinze membres dont le maire et trois adjoints[14].
Liste des maires délégués
Population et société
Les habitants de la commune sont appelés les Bivillais.
Démographie
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[16]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[17],[Note 3].
En 2022, la commune comptait 523 habitants, en évolution de −4,21 % par rapport à 2016 (Manche : +0,44 %, France hors Mayotte : +2,49 %). Biville a compté jusqu'à 491 habitants en 1821.
Manifestations culturelles et festivités
Sports et loisirs
Les dunes de Biville sont réputées pour leurs sentiers de randonnée, notamment jusqu'au calvaire des Dunes. On y trouve un écosystème particulier (lié à la présence d'une nappe phréatique sous les dunes et la proximité de la réserve naturelle nationale de la mare de Vauville), ainsi que de nombreux vestiges de chars et blockhaus datant de la Seconde Guerre mondiale. Le sentier de grande randonnée 223 longe les dunes de Biville[20].
Cultes
La nouvelle paroisse dont elle dépend porte le nom de Bienheureux Thomas Hélye de la Hague et se trouve dans le doyenné de Cherbourg-Hague[21].
Économie
Culture locale et patrimoine
La commune est un village fleurie (deux fleurs) au concours des villes et villages fleuris[22].
Lieux et monuments
Patrimoine religieux
- Église paroissiale Saint-Pierre des XIIIe, XVIIe, XIXe – XXe siècles. Le chœur du XIIIe siècle et le clocher en bâtière (1632) sont construits autour du tombeau du bienheureux Thomas Hélye, originaire de la paroisse, maître d'école à Cherbourg, prêtre et missionnaire, mort en odeur de sainteté le et béatifié par le pape Pie IX le . Une nouvelle nef fut construite de 1922 à 1926 par les soins du Révérend Père Jean Le Coutour, curé de la paroisse, en remplacement de l'ancienne, devenue trop petite pour accueillir les pèlerins, particulièrement nombreux lors des fêtes annuelles du Bienheureux, chaque 19 octobre. Le porche ancien (XVIIe siècle), conservé et classé monuments historiques depuis le [23], fut remonté à l'extrémité occidentale de la nouvelle nef. Hormis le porche classé, l'édifice est inscrit depuis le [23] et abrite plusieurs œuvres classées au titres objet dont sept bas-reliefs, tableau du bienheureux Thomas Hélye, verrière du XXe de Barillet, la chasuble de Thomas Hélye, un calice de vermeil[24].
- Lors de la Révolution, la chapelle de Thomas Hélye fut profanée et ses reliques furent cachées jusqu'en 1803 dans une maison de Virandeville[25].
- Dans le cimetière, on peut notamment voir les tombeaux de Pierre Henry (1749-1826)[26], de Jacques Henry (1794-1812)[27], de Jean-Charles Fleury (1773-1853)[28], et celui de la famille Coquoin et d'un curé mort en 1815[6].
- Ancien presbytère, devenu centre d'accueil Thomas Hélye.
- Ancien petit séminaire (orphelinat), près de l'église, fin XIXe siècle[29], devenu des appartements.
- Calvaire des dunes à 125 mètres d'altitude.
- Croix de la Mieille et croix Frimot du XVIIe siècle, à l'angle de la rue qui mène à la fontaine Bienheureux Thomas.
- Croix du Longs Bois (XVIIIe siècle), dans le bourg.
- Croix de chemin dite croix de La Haye[30] ou des Croisiers du XIXe siècle, sur la D 118, allant de Biville à Sainte-Croix-Hague. La croix de granit porte l'inscription : « CETTE CROIX FUT DETRUITE - PAR JACQUES DE LA HAYE - ET A ETE ABATTUE. SON EPOUSE - L'A REEDIFIEE EN 1807. - B(ENITE) P(AR) M(ONSIEUR) L(E) V(ERRIER) C(URE) D(E) B(IVILLE) ».
- Croix et fontaine du bienheureux Thomas Hélye du XVIIIe siècle.
- L'église Saint-Pierre.
- Sainte Anne et sainte Marie lisant la bible.
- Bas-relief de Saint Louis.
- Presbytère, centre d'accueil Thomas Hélye.
- L'ancien orphelinat en 1975, côté sud.
- L'ancien orphelinat en 2018, devenu bâtiment d'appartements, côté ouest.
- Calvaire des dunes.
- Croix de chemin au bourg.
- Croix de chemin à La Croix Frimot.
Patrimoine civil
- Monument aux morts.
- Architecture civile ancienne.
- Manoir de la Grand'Cour au hameau Gardin avec un escalier intérieur style Louis XIII.
- Ferme du Croisé près du bourg du XIIe siècle.
- Maisons trapues en granit gris.
- Le monument aux morts.
Personnalités liées à la commune
Thomas Hélye (Biville, v. 1180 – Vauville, ), né, selon la tradition, au hameau Gardin[31], maître des écoles de Cherbourg puis prêtre et missionnaire, déclaré « bienheureux » par le pape Pie IX le (Il s'agit d'une béatification « équipollente », le pape reconnaissant que, depuis le XIIIe siècle, la vox populi l'a toujours considéré comme un saint).
Voir aussi
Bibliographie
- Daniel Delattre et Emmanuel Delattre, La Manche les 602 communes, Grandvilliers, Éditions Delattre, , 280 p. (ISBN 978-2-9159-0709-4), p. 31.
- Léopold Delisle, « Vie du bienheureux Thomas Hélie, de Biville, composée au XIIIe siècle par Clément, publiée avec une introduction et des notes », dans Mémoires de la Société impériale académique de Cherbourg, t. 8, 1861, p. 173-242.
- René Gautier et al. (préf. Jean-François Le Grand, postface Danièle Polvé-Montmasson), 601 communes et lieux de vie de la Manche : Le dictionnaire incontournable de notre patrimoine, Bayeux, Éditions Eurocibles, coll. « Inédits & Introuvables », , 704 p. (ISBN 978-2-35458-036-0), p. 94.
- Mgr Bernard Jacqueline et Chanoine Georges Hyernard, Le Bienheureux Thomas Hélye, prêtre de Biville. Vie et miracles, Cherbourg, La Dépêche, 1985, 128 p. ;
- Hugues Plaideux, Le Bienheureux Thomas Hélye de Biville, Cherbourg, La Dépêche, 1989, 61 p., bibliographie.
- Hugues Plaideux, « L'église de Biville », dans Annuaire des cinq départements de la Normandie, Congrès de Cherbourg et de la Hague, 2008, p. 111-116.
- Hugues Plaideux, « Biville : 750 ans de pèlerinages au bienheureux Thomas Hélye », dans Pèlerinages et lieux de pèlerinage en Normandie, Actes du 44e Congrès des Sociétés historiques et archéologiques de Normandie (Fécamp, octobre 2009), vol. 15, 2010, p. 97-110.
Articles connexes
Liens externes
- Site officiel
- Ressources relatives à la géographie :
- Biville sur le site de La Hague
- Biville sur le site de l'Insee

