Bramidae

famille de poissons From Wikipedia, the free encyclopedia

Les Bramidae sont une famille de poissons téléostéens de l’ordre des Scombriformes.

Dénominations

La famille, tout comme certaines espèces qui la composent sont parfois appelées Castagnoles en français, ce même nom étant aussi utilisé pour des espèces du genre Chromis[1],[2]. Il semble plutôt restreint en France à l'espèce Chromis chromis[3],[4] qui n'est pas de la famille des Bramidae.

Il ne faut pas confondre cette famille, en particulier les espèces du genre Brama, avec l'espèce Abramis brama qui est un Cyprinidé ni plus généralement avec le nom vernaculaire « Brème » qui peut désigner différentes espèces de poissons d'eau douce. De même avec le terme « Brème de mer » qui désigne des sparidés marins.

Description

Les Bramidae forment une famille de poissons où la variété des genres rend difficile l’identification de traits communs à l’ensemble du groupe, ce qui complique la définition même de la famille. Certaines caractéristiques typiques des acanthoptérygiens, comme le nombre de vertèbres ou la structure des nageoires ventrales, se trouvent ici altérées, notamment chez les espèces vivant en eaux intermédiaires. Pourtant, leur silhouette reste reconnaissable : un corps souvent ovale et comprimé, aux reflets sombres ou argentés, qui les distingue clairement. Une particularité partagée par tous est leur nageoire dorsale unique, dont les épines antérieures s’intègrent au lobe dorsal. Leurs écailles, ornées de crêtes ou d’épines, sont présentes à différents stades de leur vie, tandis que les marges de l’opercule et du préopercule, lisses chez l’adulte, contrastent avec celles des juvéniles qui ont des bordures operculaires spiniformes. Ces détails morphologiques, bien que variables, contribuent à leur identité collective[5]. La taille maximale observée est de 85 cm, relevée chez Taractichthys longipinnis[6].

Liste des genres

Selon Catalogue of Life, FishBase et World Register of Marine Species (2 mars 2017)[7] :

  • genre Brama Bloch & Schneider, 1801
  • genre Eumegistus Jordan & Jordan, 1922
  • genre Pteraclis Gronow, 1772
  • genre Pterycombus Fries, 1837
  • genre Taractes Lowe, 1843
  • genre Taractichthys Mead & Maul, 1958
  • genre Xenobrama Yatsu & Nakamura, 1989

Selon ITIS (10 juillet 2014)[8] :

  • genre Brama Bloch & Schneider, 1801
  • genre Collybus Snyder, 1904
  • genre Eumegistus Jordan & Jordan, 1922
  • genre Pteraclis Gronow, 1772
  • genre Pterycombus Fries, 1837
  • genre Taractes Lowe, 1843
  • genre Taractichthys Mead & Maul, 1958
  • genre Xenobrama Yatsu & Nakamura, 1989


Habitat et répartition

La famille des Bramidae regroupe des poissons dont les espèces du genre Eumegistus, considéré comme le plus primitif, pourraient vivre près des fonds marins à l’âge adulte, tandis que leurs juvéniles, comme ceux des autres bramidés, sont pélagiques. Les adultes des autres espèces sont des poissons de haute mer, à l’exception de deux groupes, Brama orcini et B. caribbea ainsi que les espèces du genre Pterycombus, qui se trouvent plutôt à proximité des masses continentales et semblent s’être différenciés en conséquence. Les autres espèces sont océaniques, avec une répartition liée aux températures et aux structures des courants. Les jeunes de toutes les espèces représentent une part significative de l’alimentation des prédateurs océaniques comme les thons, les bonites, les poissons-voiliers et d’autres espèces pélagiques[5].

Il s'agit d'une famille ubiquitaire et cosmopolite dont les espèces peuvent être néritiques pélagiques, épipélagiques mais aussi méso- et bathypélagiques avec une espèce (Eumegistus brevorti) présente sur le talus continental et la zone bathyale entre 200 et 4000 m de fond. Les espèces de cette famille sont représentées en Mer Méditerranée et Mer Noire, dans l'ensemble des océans (Atlantique, Indien, Pacifique), y compris les océans Arctique et Antarctique, à l'exception de la zone Antarctique de l'Océan Pacifique[9].

Systématique et évolution

Le nom valide complet (avec auteur) de ce taxon est Bramidae Bonaparte, 1831[10].

Le taxon a été, et est parfois encore, attribué à Lowe 1836 qui le premier a nommé la famille des Bramidae, cependant l'autorité retenue est Bonaparte 1831 qui a nommé Bramini une sous-famille des Chetodontidae[11], sur la base du principe de conservation de l’autorité et de la date lors d’un changement de rang, sous réserve que le type nominatif reste inchangé (article 11.7 du code ICZN[12]).

L'étude de l'évolution des Bramidae a montré combien l'apparition de traits morphologiques extrêmes peut influencer le destin adaptatif d’un groupe. Au sein de cette famille, les poissons-éventails (Pteraclis[13] et Pterycombus) se démarquent par une nageoire dorsale démesurément avancée vers l’avant du crâne, une particularité qui a profondément remodelé leur anatomie. Cette adaptation, bien qu’avantageuse pour la manœuvrabilité, semble avoir limité leurs capacités d’alimentation par succion, révélant un compromis fonctionnel typique des innovations évolutives. Les analyses phylogénétiques montrent que ces transformations craniofaciales et des nageoires sont apparues rapidement et de manière corrélée, suggérant un lien évolutif fort entre la tête et les nageoires. La phylogénie place les poissons-éventails à la base des Bramidae et indique que les autres bramidés ont réduit leurs nageoires médianes et rétabli les crêtes supraoccipitales. Mais même après la réduction de ces nageoires chez les autres bramidés, l’héritage de cette morphologie ancestrale persiste, contraignant peut-être l’ensemble de la famille à des stratégies alimentaires restreintes. Ainsi, l’évolution de formes extrêmes peut avoir des effets persistants, même après la perte de ces traits, limitant la diversification écologique des lignées[14],[15].

WoRMS ne retient pas de sous-ordres dans la classification des Scombriformes, mais le Catalogue Eschmeyer classe les Bramidae dans le sous-ordre des Scombroidei[16].

Au plan phylogénétique, les Bramidae ont pour groupe frère les Caristiidae et sont placés au sein des Siluriformes dans un clade qui regroupe également les Scombrolabracidae, les Gempylidae, les Trichiuridae et le genre Lepidocybium dont la position reste incertaine[17].

Étymologie

Tout comme le nom de genre Brama Bloch & Schneider 1801 le nom de la famille provient de abramis, probablement sur la base du nom lesser sea‑bream (« brème de mer mineure ») mentionnée dans le « British Zoology » de Pennant (1769) ou d’autres ouvrages britanniques où les Bramidae sont désignés sous le nom de « bream »[18].

Publications originales

  • (it) Carlo Luciano Bonaparte, Saggio di una distribuzione metodica degli animali vertebrati, Roma, Italia, Presso Antonio Boulzaler, , 242 p. [lire en ligne (page consultée le 18 octobre 2025)]

Le taxon y apparaît sous la forme de Bramini, sous-famille des Chetodontidae, par la suite élevé au rang de famille sous le nom de Bramidae par Lowe en 1836 :

  • (la) « Piscium Maderensium species quaedam novae, vel minus rite cognitae breviter descriptae », Transactions of the Cambridge Philosophical Society, vol. 6, no Part I, , p. 195-202 (Pls. 1‑6) (lire en ligne). Ce document est parfois cité comme publié en 1838. Cependant, la couverture de la partie 1 est datée de 1836 alors que la partie 3 et la couverture du volume complet portent la date de 1838[19].

Les espèces et l'Homme

Certaines espèces de la famille sont de petite taille et rares, tandis que d’autres, plus abondantes, présentent un intérêt commercial notable, comme Brama brama, qui constitue une prise importante pour la pêche espagnole dans l’Atlantique. D’autres espèces, autrefois considérées comme rares, telles que celles du genre Taractichthys et Taractes rubescens, sont désormais capturées en quantités commercialisables, notamment au Japon, grâce à l’exploitation intensive des zones pélagiques par les pêcheurs de thons. Cependant, la rareté relative des juvéniles par rapport aux autres bramidés ou aux scombridés suggère que leurs populations ne sont pas très étendues[5].

En 2025, les 9 espèces de la famille évaluées par la liste Rouge de l'UICN sont classées en Préoccupation mineure (LC)[20].

Notes et références

Voir aussi

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