Brut (média)

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Brut (également typographié Brut.), acteur de l'influence, est un média en ligne français fondé en par Renaud Le Van Kim, Guillaume Lacroix, Laurent Lucas et Roger Coste.

SloganBrut. Maintenant, partout.
Faits en bref Adresse, Slogan ...
Brut
Logo de Brut
Logo de Brut

Adresse brut.media
Slogan Brut. Maintenant, partout.
Commercial  Oui
Publicité  Oui
Type de site Média en ligne
Langue Français, anglais, japonais, hindi et espagnol
Siège social 17 Rue de l'Arrivée
75015 Paris
Drapeau de la France France
Propriétaire CMA CGM
Rédacteur en chef Laurent Lucas
Directeur de la publication Guillaume Lacroix
Lancement
État actuel  En activité
Fermer

Principalement destiné aux jeunes, Brut est essentiellement diffusé sur les réseaux sociaux et sous format vidéo ; des podcasts sont également disponibles. En , Brut lance sa propre plateforme de vidéos, BrutX, qui sera remplacée par Brut. Club, une nouvelle offre.

Historique

Brut est lancé le sur les réseaux sociaux Facebook et Twitter par Guillaume Lacroix, fondateur de Studio Bagel, et Renaud Le Van Kim, l'ancien producteur du Grand Journal de Canal+ d'où vient également le directeur des rédactions de Brut, Laurent Lucas[1]. Ce nouveau média veut se distinguer des médias plus traditionnels et tenter de s’adapter aux jeunes utilisateurs de smartphones et de réseaux sociaux. Il existe déjà des médias de ce type à l'international comme BuzzFeed ou AJ+, mais, en France, peu d'acteurs sont alors présents sur ce marché[1]. Renaud Le Van Kim a souvent mis en avant l'autonomie de ses journalistes, revendiquant l'absence, selon lui, de réelle ligne éditoriale pour le média[1].

Brut connaît tout de suite un réel succès avec, entre le lancement en et , des vidéos visionnées plus de 100 millions de fois[2] dont 29 millions pour le seul mois de février[2], et 6 mois après son lancement, déjà 80 millions de vues et une première place pour ce qui est de l'engagement par publication[3]. À cette date, Brut ne gagne pas encore d'argent.

Depuis , la régie publicitaire de France Télévisions est chargée de monétiser l'audience[4],[2] et certaines vidéos sont visibles sur le site et la chaîne France Info[2].

Depuis , Brut propose son contenu sur sa propre application mobile et sur son site internet et édite à cette date 1 000 vidéos chaque mois. En , Brut revendique 500 millions de spectateurs uniques par mois dans le monde, avec un contenu accessible dans 60 pays, et annonce une audience cumulée de 2 milliards de « vues » lors du mois de , toutes plates-formes confondues[5].

BrutX

Début , Brut « lance une nouvelle offre payante, “BrutX”, […] nourrie de la production de documentaires “faits maison” mais aussi de quelques séries inédites »[6]. La plateforme est disponible sur ordinateur, sur tablette, sur téléphone, sur la télévision, via les opérateurs Orange et Free, ou directement sur Apple TV et Android TV[7].

En , BrutX, la plateforme de streaming lancée par Brut, ferme ses portes à peine dix-huit mois après son introduction[8],[9]. Depuis le , tant le site web que l'application mobile de BrutX ne sont plus accessibles.

Interventions notoires

Le , le président Emmanuel Macron est invité dans les locaux de Brut et accorde un entretien diffusé en direct sur la chaîne YouTube du média[10]. Emmanuel Macron échange pendant 2 h 20 min avec deux journalistes et un historien au sujet d'enjeux sociaux majeurs d'actualité, notamment les violences policières et le lancement du projet Portraits de France[11],[12].

Le , Brut reçoit à nouveau le président Emmanuel Macron en direct, comme la plupart des candidats à l'élection présidentielle durant la campagne. Il est interrogé par le journaliste Rémy Buisine et l'historien Thomas Snégaroff sur différents thèmes, notamment la santé mentale et la précarité des étudiants, la crise des agriculteurs et l'écologie[13].

En , la première ministre Élisabeth Borne est invitée par la rédaction de Brut et répond en direct aux questions des journalistes Rémy Buisine et Canelle Sabourin. Durant l'interview, elle dévoile la « feuille de route du gouvernement pour la jeunesse » et des mesures tel que l'abaissement de l’âge minimum du permis de conduire[14].

Partenaire média du Festival de Cannes

En , Brut et France TV deviennent partenaires médias officiels du Festival international du film de Cannes pour une durée de 3 ans[15]. Ce partenariat sera renouvelé fin 2024[16].

"Faut qu'on parle"

En , Brut a organisé l'initiative "Faut qu'on parle" en collaboration avec La Croix[17]. Cet événement, adaptation française du concept "My Country Talks" lancé en Allemagne en 2017, a mis en relation des personnes aux opinions divergentes pour des conversations en face-à-face le . Les participants ont été associés via un algorithme basé sur leurs réponses à un questionnaire portant sur neuf sujets d'actualité. L'événement a recueilli plus de 6 000 inscriptions avant sa date limite du . Les rencontres se sont déroulées dans un rayon de 30 km autour du domicile des participants[18].

Rachat par CMA Média

En , CMA Média annonce entrer en négociation exclusive pour l'acquisition de Brut[19].

Le , le rachat de Brut par CMA Média est officialisé. Elsa Darquier reste directrice générale[20].

Principe et internationalisation

Une soixantaine de personnes dont 40 journalistes[5] au siège parisien travaillent pour Brut et produisent deux heures de direct diffusées sur Facebook Live et des courtes vidéos d'analyse et d'entretiens[2]. Il est rapidement question d'une internationalisation[21], avec des éditions produites par le bureau parisien à destination du Royaume-Uni, de l'Inde et de la Chine, et par le bureau de New York à destination des États-Unis et du Mexique[22] ; d'autres éditions sont en projet pour l'Afrique, le Japon, l'Allemagne, le Brésil et les États du Golfe[5],[23].

Les équipes de Brut s'adaptent aux formats des réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Snapchat, Instagram notamment) pour bénéficier de leurs dynamiques et varient les formats avec du direct, des entretiens et des reportages très courts au montage rythmé, l'ensemble utilisant la vidéo dans un format carré adapté au mobile, avec une grande place accordée au commentaire textuel pour permettre une compréhension sans le son[24],[25]. Selon Guillaume Lacroix, les fondateurs voulaient « créer un média qui soit un point d'entrée sur l'actualité pour toute une génération qui s'éloigne des acteurs traditionnels[2],[24],[26] ». Selon Renaud Le Van Kim, 70 % de l'audience est âgée de moins de 35 ans[5]. En effet, Brut vise clairement un public de 18–34 ans avec des sujets qui parlent aux Millennials, tels que la diversité, l'environnement ou encore les droits des femmes[27],[28].

La ligne éditoriale de Brut est jugée comme « se voulant progressiste » (écologie, féminisme, lutte contre l’homophobie ou accueil des migrants) par Le Monde[29] et comme « s'adressant aux jeunes gens partageant une vision progressiste de la société » par Les Échos[30].

Modèle économique et indépendance

Le média diffuse ses contenus gratuitement et est financé de trois manières différentes[31]. La première est la production de contenus publicitaires pour des marques (Netflix, Société générale, Leboncoin, etc.) ou pour le gouvernement français, qui reprennent les codes des vidéos réalisées par Brut. La deuxième est une activité de publicité classique assurée en totalité par France Télévisions. La troisième est le conseil aux entreprises en matière de publicité.

Arrêt sur images pointe l'ambiguïté de plusieurs médias, dont Brut, quant à l'utilisation des mêmes codes pour les reportages et les publicités. Bien qu'il soit indiqué sur le site de Brut lorsque la « vidéo a été produite en partenariat avec une marque », le fait que cela ne soit pas spécifié dans la vidéo en elle-même limite la claire distinction entre publicité et reportage d'après l'article[32].

Un article du quotidien Le Monde montrait, en , la dépendance de Brut au réseau social Facebook, sur lequel il diffusait la quasi-totalité de ses contenus[31]. Brut s'est depuis diversifié, et passe par exemple en Chine des partenariats avec Toutiao (ByteDance-TikTok), Weibo, Youku, Pear Video et Tencent Video.

En , Brut signe un partenariat rémunéré avec Facebook pour produire des vidéos quotidiennes d'actualité sur le nouvel onglet Facebook Watch du réseau social[33].

En février 2022, Brut annonce s’associer à l'enseigne d'hypermarchés Carrefour pour lancer une plateforme dédiée à l'achat de produits grâce à des événements en ligne. Pour Marianne, cette collaboration est inédite et « brouille un peu plus les frontières entre information et contenus publicitaires »[34].

Début 2024, Brut annonce avoir pour la première atteint l'équilibre fin 2023[35]. En juillet 2024, Brut annonce atteindre la rentabilité sur l'exercice[36],[37].

En 2023-2024, Brut a étendu ses activités aux services d'agence. L'entreprise a développé une expertise en planification stratégique et création de contenu adapté aux plateformes sociales. Ses équipes commerciales, souvent issues du secteur des agences, proposent désormais du conseil stratégique et de la gestion de projet. Brut se spécialise dans la connexion des marques à la culture numérique et l'organisation d'événements physiques générant du contenu pour les réseaux sociaux[38]. En 2024, le marketing de contenu (brand content) représentait 40 % du chiffre d'affaires de Brut[39].

Le , le média Brut est racheté par CMA Média, filiale de CMA CGM[40],[41].

Finance et actionnariat

Brut a fonctionné un temps grâce à l'investissement de ses cofondateurs Guillaume Lacroix et Renaud Le Van Kim, ainsi que du producteur Luc Besson (avec 39 % du capital en )[42] à travers la société Together Studio de Renaud Le Van Kim. Brut a également réalisé une levée de fonds de 10 millions d'euros en 2018[43], auprès notamment de Xavier Niel, de Bpifrance (Banque publique d'investissement), du fonds NextWorld de Sébastien Lépinard et du fonds Cassius d'Emmanuel Seugé[44].

Fin , Brut annonce la levée de 40 millions de dollars auprès de différents investisseurs pour développer ses revenus aux États-Unis et ainsi rentabiliser ce marché[45], cette levée valoriserait la start-up française à près de 130 millions de dollars[27].

En décembre 2022, le média en ligne qui se trouve dans une mauvaise passe financière, doit procéder à des licenciements aux États-Unis et fermer son bureau au Mexique. Confronté à la nécessité de renflouer ses caisses, il parvient finalement à boucler une levée de fonds auprès de ses actionnaires existants (Xavier Niel, Bpifrance, James Murdoch via son fonds Lupa Systems, François-Henri Pinault via Artémis, la société de portefeuille contrôlée par la famille Pinault, ou encore le fonds Tikehau Capital). Est alors évoqué le fait que le milliardaire franco-libanais Rodolphe Saadé est en discussion avec le dirigeant de Brut, Guillaume Lacroix, afin de rentrer au capital de la société française[46].

En avril 2023, Brut annonce avoir bouclé une nouvelle levée de fonds de 40 millions d'euros auprès de deux nouveaux investisseurs : l’américain MoonPay et Rodolphe Saadé, PDG de l'armateur français CMA CGM[47].

Le 20 juin 2023, les collaborateurs du bureau new-yorkais de Brut apprennent la fermeture de celui-ci, les seize salariés et un free-lance sont licenciés[48]. L'activité de Brut se poursuit aux États-Unis grâce à une équipe dédiée qui travaille depuis Paris[5].

Parodie

Broute, émission créée par Bertrand Usclat et diffusée sur Canal+ de 2018 à 2022, est une parodie de Brut.

Notes et références

Annexes

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