CG(X)

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Le programme CG(X), également connu sous le nom de Next Generation Cruiser, était un programme de recherche de l'US Navy visant à développer un navire de remplacement pour ses 22 croiseurs de la classe Ticonderoga. Les plans initiaux prévoyaient la construction de 18 à 19 navires, basés sur le destroyer de classe Zumwalt de 14 500 tonnes, avec des capacités supplémentaires de défense antimissile balistique et de défense aérienne étendue pour un groupe aéronaval. Ces navires devaient entrer en service à partir de 2017. Le programme a été abandonné en 2010, sa mission étant désormais confiée au successeur des destroyers de classe Arleigh Burke Flight III.

Déplacement20 000 à 25 000 t
PropulsionNucléaire
Armement
Faits en bref Caractéristiques techniques, Type ...
CG(X)
illustration de CG(X)
Le CG(X) aurait pu utiliser la coque du destroyer de classe Zumwalt, illustrée ici.
Caractéristiques techniques
Type Croiseur
Déplacement 20 000 à 25 000 t
Propulsion Nucléaire
Caractéristiques militaires
Armement
Histoire
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Commanditaire Pavillon de l'United States Navy United States Navy
Navires construits 0
Navires prévus 19
Navires annulés 19
Fermer

Histoire

Contexte

Au début des années 1990, les forces armées des États-Unis ont dû s’adapter à de nouvelles menaces et à des budgets réduits après la fin de la guerre froide. Le programme s’inscrivait dans le prolongement du programme SC-21 (Surface Combatant for the 21st Century) des années 1990, qui prévoyait un destroyer DD-21 et un croiseur CG-21. Après des réductions budgétaires en 2001, SC-21 a été remplacé par le programme moins ambitieux Future Surface Combatant, et le DD-21 est devenu le DD(X), futur destroyer de la classe Zumwalt. En avril 2002, le DD(X) devait constituer la base d’une famille de combattants de surface, incluant le CG(X) comme successeur du CG-21. Les croiseurs de classe Ticonderoga devaient atteindre leur âge de retraite de 35 ans entre 2021 et 2029, bien que la marine puisse prolonger leur service jusqu’à 40 ans grâce à des modernisations[2].

Next Generation Cruiser

Le programme CG(X) a été annoncé le 1er novembre 2001. Une exigence initiale de 18 navires CG(X) a été portée à 19 unités dans le cadre du plan de la marine de 313 navires en 2005.

Une réévaluation en 2007 a proposé de diviser le programme CG(X) en deux classes : quatorze croiseurs d’escorte de taille Zumwalt et cinq navires de 23 000 tonnes pour la défense antimissile balistique. Des pressions politiques ont également été exercées pour que certains ou tous ces navires soient à propulsion nucléaire.

Le budget de l’exercice 2009 (FY2009) prévoyait l’acquisition du premier navire CG(X) en 2011 et du second en 2013. Le 1er février 2010, le président américain Barack Obama a présenté son budget proposé pour l’exercice 2011 (FY2011), qui incluait notamment l’annulation de l’ensemble du programme CG(X)[3].

Le programme a été annulé lors de la revue quadriennale de la défense de 2010[4]. La mission prévue pour le CG(X) devait être assurée par les destroyers DDG-51 Flight III, après que la Marine américaine ait conclu que ces navires pouvaient s’appuyer sur des capteurs externes et spatiaux et n’avaient donc pas besoin d’un radar plus grand que celui qu’un DDG pouvait embarquer[5],[6].

Conception

Coque

En avril 2002, John Young, secrétaire adjoint à la Marine pour la recherche, le développement et l’acquisition, a indiqué que la coque du destroyer DD(X) servirait de base pour les modifications nécessaires à l’évolution vers le CG(X). Ces modifications pouvaient inclure, par exemple, l’allongement de la coque ou l’adaptation de sa taille, tout en conservant la forme générale et en ajoutant les caractéristiques requises pour la mission du CG(X)[7]. En 2005, le chef des opérations navales a précisé que la coque et le système de propulsion du DD(X) seraient repris pour la plateforme CG(X) avec environ 80 % de recoupement de conception[8], et que la conception d’une coque entièrement nouvelle aurait coûté environ 4 milliards de dollars.

Cependant, des inquiétudes ont commencé à émerger concernant la stabilité de la coque du programme Zumwalt. En avril 2007, l’architecte naval Ken Brower a expliqué que lorsque le navire tangue et roule en mer, une coque de type tumblehome, comme celle du Zumwalt, ne fournit pas suffisamment d’énergie de redressement pour ramener le navire à la verticale. Selon lui, lorsque les vagues viennent par l’arrière, le navire peut perdre sa stabilité transversale lorsque la poupe se soulève, risquant ainsi de chavirer[9]. Des doutes ont également été soulevés quant à la capacité de la coque du programme Zumwalt à accueillir des systèmes de défense antimissile balistique et un éventuel système de propulsion nucléaire. En juillet 2007, des premières suggestions ont été émises selon lesquelles l’analyse des options d’acquisition pourrait recommander une solution en deux classes : un croiseur d’escorte de 14 000 tonnes basé sur la coque furtive tumblehome du programme Zumwalt, et un navire de défense antimissile balistique de 23 000 tonnes[10]. Ce dernier utiliserait une forme plus conventionnelle, car l’emploi de radars pour la détection de missiles rendrait inutile une coque furtive[10]. En juillet 2008, Roscoe Bartlett, membre de la sous-commission Seapower de la Chambre des représentants, a déclaré qu’il était peu probable que la coque du programme Zumwalt puisse être utilisée dans le programme CG(X)[11].

Propulsion

Selon les estimations budgétaires de l’exercice 2009 publiées en février 2008, le CG(X) devait utiliser le système de propulsion électrique intégré (Integrated Power System, IPS) du destroyer de classe Zumwalt[12]. Les turbines à gaz du programme Zumwalt sont capables de produire environ 78 mégawatts (105 000 chevaux)[10], une puissance jugée à peine suffisante pour alimenter les radars et les futurs systèmes d’armes envisagés pour le CG(X). Les estimations de travail indiquaient que la charge électrique totale du navire, incluant un radar de défense antimissile balistique de théâtre, pourrait atteindre environ 31 mégawatts[13]. En juillet 2008, John Young a déclaré que, pour les systèmes radar les plus performants alors à l’étude, la coque du Zumwalt ne serait pas en mesure de les supporter[14].

Parallèlement, des membres de la sous-commission Projection Forces de la Chambre des représentants ont fait pression sur la Marine afin qu’elle adopte la propulsion nucléaire pour les principaux navires de combat, en partie en réponse aux préoccupations relatives au prix et à la disponibilité du pétrole. À leur initiative, des études ont été menées en 2005 et 2006. La seconde concluait que la propulsion nucléaire devenait économiquement comparable pour des navires d’escorte de 21 000 à 26 000 tonnes à forte consommation radar lorsque le prix du baril de pétrole se situait entre 70 et 225 dollars[13]. Ces conclusions ont conduit à l’adoption d’une disposition dans la loi d’autorisation de la défense pour l’exercice 2008 (FY2008 Defense Authorization Act)[15], stipulant que tous les grands navires de combat devaient être à propulsion nucléaire, sauf si cela n’était pas jugé conforme à l’intérêt national[16].

La Marine a étudié la propulsion nucléaire comme option de conception pour le CG(X), sans toutefois annoncer officiellement si elle privilégierait cette solution. L’adoption d’une propulsion nucléaire aurait entraîné un surcoût initial estimé entre 600 et 800 millions de dollars par navire, mais aurait permis de réduire les coûts d’exploitation à long terme[13]. Dans le cadre des pratiques budgétaires habituelles, les éléments à long délai de fabrication nécessaires à une propulsion nucléaire auraient dû être commandés dès l’exercice 2009 si la construction du premier navire avait été prévue pour l’exercice 2011. Dans l’hypothèse d’une solution en deux classes, il est probable que le croiseur d’escorte aurait conservé une propulsion à turbines à gaz similaire à celle du programme Zumwalt, tandis que le navire plus important dédié à la défense antimissile balistique aurait été doté d’une propulsion nucléaire, et aurait alors été désigné CGN(X).

L’analyse des options d’acquisition (Analysis of Alternatives, AOA) aurait examiné deux solutions de propulsion nucléaire. La première consistait à utiliser deux réacteurs S6W de 43 MW, similaires à ceux des sous-marins de classe Seawolf, dont environ 34 MW sont consacrés à la propulsion. Cette option n’aurait toutefois pas permis d’atteindre la puissance disponible sur le programme Zumwalt. La seconde option envisageait l’emploi d’une version réduite de l’un des deux réacteurs A4W de 550 MW thermiques utilisés sur les porte-avions de classe Nimitz. Si cette solution aurait probablement fourni une puissance suffisante, elle aurait été difficile à intégrer dans la coque du programme Zumwalt. En revanche, une telle capacité énergétique aurait offert une marge importante pour l’intégration de futurs systèmes d’armes à forte consommation électrique, tels que les armes à énergie dirigée ou les canons électromagnétiques (railguns). Cette perspective a contribué à la proposition d’un navire de défense antimissile balistique doté d’une coque plus grande et d’une propulsion nucléaire[10].

Capteurs

Le système radar du CG(X) aurait probablement été dérivé du radar AN/SPY-3 à double bande et à antenne active à balayage électronique (AESA) utilisé sur les destroyers de classe Zumwalt. Sa conception aurait également pu être influencée par le programme de remplacement du radar de poursuite de missiles AN/SPQ-11 (en) Cobra Judy installé sur l’USNS Observation Island. Comme indiqué précédemment, le radar envisagé pour une mission future de défense antimissile balistique de théâtre était estimé consommer environ 31 mégawatts de puissance électrique, contre environ 5 mégawatts pour le système Aegis embarqué sur un destroyer de classe Arleigh Burke[13].

Armes

Une version du CG(X) basée sur la coque du programme Zumwalt aurait probablement renoncé à un ou aux deux canons prévus, ceux-ci étant remplacés par un nombre accru de cellules de lancement vertical (VLS) destinées aux missiles antiaériens. Toutefois, les capacités limitées du programme Zumwalt en matière de défense aérienne et de défense antimissile balistique ont été citées comme l’une des principales raisons ayant conduit à la quasi-annulation de la classe en juillet 2008[17]. Par ailleurs, des informations de renseignement indiquant que la Chine développait des missiles balistiques antinavires ciblables dérivés du DF-21[18] auraient influencé la réflexion de la marine américaine sur les capacités requises pour le CG(X). Alors que les capacités de défense aérienne du programme Zumwalt avaient initialement été jugées suffisantes pour justifier le report du CG(X), l’évolution de la menace balistique aurait conduit à réévaluer les besoins opérationnels du futur croiseur[19].

Le programme Kinetic Energy Interceptor (KEI) visait à développer de nouveaux missiles destinés à intercepter les missiles balistiques. Toutefois, ces missiles auraient occupé un volume environ six fois supérieur à celui des SM-3[10], ce qui aurait empêché une coque de taille comparable à celle du programme Zumwalt d’en embarquer un nombre significatif[10]. Leur intégration au programme CG(X) a été envisagée, puis progressivement écartée avant que le programme KEI ne soit finalement annulé en mai 2009 pour des raisons techniques et financières[20].

Notes et références

Voir aussi

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