Compagnie de Signaux et d'Entreprises Électriques
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La Compagnie de Signaux et d'Entreprises Électriques (CSEE) est une entreprise française fondée en 1902, spécialisée dans la signalisation, d’abord ferroviaire puis routière. Son siège social historique est rue Caroline, dans le XVIIe arrondissement de Paris[1],[2],[3].
| Compagnie de Signaux et d'Entreprises Électriques | |
| Création | 13 février 1902 |
|---|---|
| Fondateurs | Francis Cumont |
| Forme juridique | Société anonyme[1] |
| Siège social | Paris |
| Activité | Construction mécanique et électrique, optique, radio |
| SIREN | 351347232 |
| Site web | https://csignaux.com/ |
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Historique
La CSEE a été fondée le 13 février 1902, pour une durée de 50 ans, sous la forme d’une société anonyme française[3] par Francis Cumont[4],[5], un pionnier de la signalisation électrique pour les chemins de fer et le métropolitain[5]. Au début, elle se nomme « Compagnie des Signaux pour Chemins de Fer[6] ». La société devient rapidement une référence dans les domaines mécanique, électrique puis électromécanique[5].
En 1904 a lieu la mise en service du premier poste d'aiguillage électrique de France à Pont de Lyon, près de Bercy. Le poste d’aiguillage a été conçu par la Compagnie des Signaux pour la société du Chemin de fer. À partir de 1912, la société étudie des dispositifs et appareils de signalisation électrique pour chemins de fer. Elle obtient en 1913 son premier contrat pour la maintenance de la signalisation du métro parisien. En 1921, elle ouvre à Riom (Puy-de-Dôme) une usine pour la fabrication de relais[7].
Ayant étendu son activité à la fabrication de câbles électriques, l'entreprise change sa raison sociale en 1920[6] (ou 1934 selon d’autres sources[5]) et devient la Compagnie des Signaux et d'Entreprises Électriques (CSEE)[5],[6],[7].
En 1923-1924, la CSEE conçoit un nouveau système d'espacement des trains qui autorise la circulation des rames à deux minutes d'intervalle, le « block automatique lumineux » (BAL)[5],[7]. Ce système est installé sur la ligne Paris / Saint-Germain-en-Laye[5] entre les gares de Paris-Orsay et Paris-Austerlitz[7]. C'est une première en France[5]. La CSEE équipe de la même manière des postes d’aiguillage sur les lignes du Midi, du Po et de l'État français[7].
En 1927, la CSEE ouvre au 57, rue du Théâtre à Paris, près de la rue de Lourmel, une usine pour fabriquer des lampes électriques à incandescence Sigtay. En 1933, la CSEE crée les premiers Postes à Leviers Individuels (PLI) qui sont installés à Viroflay en 1933, à Vouvray et Colombes en 1935. L’usine de Riom fabrique des câbles à longue distance[7].
Entre 1935 et 1939, la CSEE souscrit une augmentation de capital à la Société d’applications générales d’électricité et de mécanique (SAGEM), qui prend le contrôle en 1939 de la Société Anonyme de Télécommunications (SAT)[7]. En 1944, Marcel Môme (1899-1962), diplômé des Arts et Métiers et fondateur de la SAGEM en 1924 et de la SAT en 1939, devient directeur général de la CSEE. Le groupe compte alors 10 000 salariés[8]. Il devra faire face à des défis considérables, car la Seconde Guerre mondiale provoque une destruction massive du réseau ferré français[7], et en 1945 pratiquement tout est à reconstruire.
En 1946, la société ouvre une succursale en Algérie alors française, la SARL CSEE Alger[9].
Dès 1948, de nouveaux postes CSEE sont installés à Corbeil-Essonnes. En 1951, c’est à Chalon-sur-Saône. Entre 1954 et 1962, la CSEE met au point les circuits de voie électroniques à fréquences musicales (300, 850, 1000, 1500 Hertz) qui simplifient considérablement les installations électriques associées[7].
En 1955, la CSEE intègre lors de sa création le groupe qui regroupe les entreprises CSEE, SAGEM et SAT[10]. En 1967, le groupe des trois sociétés prend le nom de G3S[7].
Dans les années 1970, la CSEE, dont l’activité historique était la signalisation ferroviaire, diversifie son activité vers le secteur routier[10].
Dans le domaine de la signalisation ferroviaire, la CSEE reprend en 1969 la branche signalisation ferroviaire de la Société des Compteurs et Moteurs Aster[6],[7]. Les origines de cette société remontent au tout début du XXe siècle, avec les Ateliers de Construction mécanique L'Aster, installés rue Gabriel Péri à Saint-Denis (Seine), qui produisent des moteurs, châssis et boîtes de vitesses pour automobiles. Renommée « Société des Compteurs et Moteurs Aster[6] », elle fabrique des postes d'aiguillage à leviers d'itinéraires, mais aussi du matériel de signalisation[6],[7] et des mécanismes de passage à niveau[7].
Le premier prototype de Poste d’Aiguillage Informatisé (PAI) est réalisé en 1979. Il est installé en 1985 à Châteauroux, en parallèle d’un poste à relais[7]. Dans les années 1970, la CSEE développe la « Transmission voie machine » (TVM), qui permet aux conducteurs des trains à grande vitesse de lire la signalisation. C’est la première fois qu’il est possible de voir apparaitre sur le pupitre des trains, les indications qui figuraient autrefois au bord des voies. Cette avancée technologique est ensuite déployée sur toutes les lignes à grande vitesse, en France et sur les réseaux qui en adoptent les normes[11]. La CSEE a été pionnière du contrôle commande de sécurité, d’abord avec la première ligne grande vitesse (LGV) Paris-Lyon[12], qui est équipée en 1981 de la TVM300[7], puis sur toutes les LGV en service commercial. Progressivement, tous les trains à grande vitesse (TGV, Eurostar, Thalys) en France comportent des équipements de sécurité CSEE, leur permettant d’atteindre une vitesse de 320 km/h avec un intervalle entre chaque train de seulement 2 minutes 30 secondes[12].
Les systèmes CSEE équipent aussi des LGV en Angleterre, en Corée du Sud, en Chine, en Espagne et en Belgique. Ce succès à l’international fait que, certaines années, la CSEE réalise près de 70 % de son chiffre d'affaires à l’exportation. Une filiale est créée en Espagne pour le projet Grande Vitesse Madrid-Barcelone, et une autre filiale en Suède[12].
Dans la décennie 1980, l’entreprise dispose d’un savoir-faire technique de première qualité dans de nombreux domaines. Elle fabrique des produits stratégiques pour la signalisation du TGV, certains systèmes de défense (l'équipement électronique du char Leclerc, des lance-leurres pour la marine nationale) et des systèmes de téléphonie. Parallèlement, elle a aussi des faiblesses : la production technique du groupe se situe au meilleur niveau, mais la commercialisation ne suit pas. À partir de 1984, la CSEE cède plusieurs de ses activités. Elle vend l'un de ses deux pôles, la branche entreprises, à GTM, Bouygues et Spie Trindel[13]. Dans ce contexte, le contrôle de la société passe progressivement à des entreprises étrangères. Fin 1989, le groupe est réorganisé en trois filiales. L'une des trois, la division transport est cédée pour 49% au groupe public italien Finmeccanica. Un an plus tard, c'est le tour de la division défense. Parallèlement, la CSEE investit. En 1989, la troisième division, informatique et communication, rachète aux États-Unis Telcom, une société spécialiste de la technologie numérique appliquée à la commutation téléphonique. Les pouvoirs publics français donnent l'autorisation à Finmeccanica de franchir le seuil de 20% dans le groupe d'électronique et de monter jusqu'à 33% de participation. Déjà actionnaire à 49% de deux des trois filiales (transport et défense), Finmeccanica prend donc le contrôle de fait de la CSEE[13].
Après avoir été rachetée par Ansaldo STS[12], entreprise de construction ferroviaire apparue en 1843, elle-même absorbée par Finmeccanica en 1993[6],[11], la CSEE passe dans le groupe Hitachi Rail STS quand celui-ci prend le contrôle d’Ansaldo. La CSEE devient une simple filiale cantonnée au marché français, où la clientèle est déjà acquise. Les autres marchés, européens et mondiaux, sont réservés aux autres filiales d’Hitachi[11]. En 2003, la CSEE devient « CS Communications et Systèmes »[9].
En octobre 2023, la Commission européenne et l’Autorité de la concurrence et des marchés du Royaume-Uni approuvent l’acquisition de Thales GTS par Hitachi Rail, à condition que celle-ci cède ses principales activités de signalisation en France, en Allemagne et au Royaume-Uni. Pour satisfaire aux conditions fixées par les autorités antitrust, Hitachi Rail signe donc avec l’entreprise italienne MERMEC S.p.A. un accord pour la vente des principales activités de signalisation de Hitachi Rail en France, ainsi que ses unités commerciales de signalisation en Allemagne et au Royaume-Uni[14]. MERMEC rachète la CSEE en 2024[7],[11]. Émancipée d’Hitachi Rail, la Compagnie des Signaux reprend en août 2024 son nom d’origine. C’est un signe vers le marché ferroviaire en France et à l’international, qui rappelle la tradition d’innovation dans le domaine des technologies ferroviaires, et en particulier de la grande vitesse. Ayant toujours gardé son autonomie et sa culture d’entreprise, même en faisant partie des grands groupes Ansaldo STS et Hitachi Rail[12], la CSEE compte en 2024 environ 600 salariés, répartis entre son siège aux Ulis (Essonne) et l’usine de Riom[11].