Cafres
Noirs d'Afrique australe
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Le terme cafre ou caffre désigne les Noirs de la Cafrerie (partie de l’Afrique australe)[1], appelés en Afrique du Sud : Kaffer (Kaffir, Keffir ou Kaf). Kaffer est en afrikaans assimilable au mot nigger aux États-Unis[2] ou nègre dans la France coloniale.

Le terme cafrine (féminin de cafre) est souvent utilisé pour désigner les Réunionnaises possédant un phénotype africain, ou d'une manière générale, de jeunes Réunionnaises supposées d'origine africaine[3].
Origine
L’origine du terme est le mot arabe kafir (kfr) qui signifie « incroyant » ou « infidèle ». C'est ainsi que les marchands d'esclaves arabes désignaient les habitants des régions allant du comptoir mozambicain au Cap sud-africain, ces « non-convertis à l'islam » dont la doctrine religieuse permettait seul le commerce. Ce n'est que plus tard que les Européens, au premier rang desquels les Portugais, reprirent le terme jusque dans les formes qu'on lui connaît aujourd'hui en afrikaans (kaffer) et en créole réunionnais (caf ou kaf)[4].
L'ethnographie classique, comme au XIXe siècle, emploie encore le vocable pour désigner les cultures autochtones de l’Afrique du Sud. Cet usage est repris en français comme synonyme de Nguni, groupe qui comprend les Zoulous (Cafres du Natal) et les Xhosas (Cafres du Cap)[5].
- Femme et homme vu par Mungo Park en 1797.
Dans son récit de voyage paru en 1790, François Levaillant atteste, comme d'autres observateurs européens, que les colons du Cap médisent systématiquement des autochtones qu'ils appellent « Cafres » et que cela leur sert d'excuse pour les massacrer et voler leur bétail. En Afrique du Sud, ce terme est ainsi devenu une injure raciste[6].
Usage contemporain
À La Réunion, contrairement à d'autres pays ou régions du sud-ouest de l'océan Indien, le terme est d'un emploi courant, et non péjoratif. Il désigne « tout individu dont le phénotype renvoie plus ou moins aux origines africaines ou malgaches », comme le décrit le sociologue Paul Mayoka dans son essai intitulé L'Image du cafre[7],[8]. Il s'agit donc globalement de descendants d'esclaves ou de travailleurs « engagés » (Africains ou Malgaches) après l'abolition de l'esclavage en 1848.
Le terme reste associé aux lieux ou événements faisant mémoire par rapport au passé esclavagiste de l'île : la plaine des Cafres et la fête des Cafres, célébrant chaque 20 décembre l’abolition de l’esclavage proclamée en ce jour de 1848[9]. Il est encore chargé de cette histoire et des rapports sociaux et symboliques dont elle a été le témoin. Des travaux actuels explorent dans la société insulaire toutes les facettes attachées à l'usage du terme (Rose-May Nicole, Paul Mayoka, Lucette Labache, Philippe Bessière, etc.), relevant ainsi quelques connotations affectueuses comme « mon caf ! », « mon ti' caf ! », ou encore l'usage de son pendant féminin cafrine, utilisé pour désigner une jolie femme.
Faune et flore
Le « lis des Cafres » désigne l'Hesperantha coccinea, une plante de la famille des Iridacées.
Le martinet cafre Apus caffer est une espèce de Martinets présente dans l’Afrique subsaharienne.
En raison du caractère raciste du terme caffra, nombre d'espèces de plantes incluant ce terme dans leur dénomination scientifique devraient être rebaptisées en affra[10].