Catherine Bellier
première maîtresse de Louis XIV
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Catherine-Henriette Bellier (1614 - ), dite « Cateau-la-Borgnesse » et parfois « baronne de Beauvais » est une noble française qui fut femme de chambre d'Anne d'Autriche et passe pour avoir dépucelé Louis XIV.
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Biographie
Famille et milieu
Catherine-Henriette Bellier naît dans une famille issue de la domesticité de la Couronne de France[1]. Sa grand-mère paternelle, Catherine Robert, fut remueuse pour Louis XIII et Christine de France dès 1601 puis femme de chambre de la reine Anne d'Autriche. Ses parents sont Michel Bellier, sieur de Filandre et Marie Chesneau. Son père fut valet de chambre puis huissier du cabinet tandis que sa mère succède à sa belle-mère comme femme de chambre de la reine en 1636[1]. Catherine épouse en 1634 à Saint-Germain-en-Laye un ancien marchand de rubans devenu substitut du procureur général du Parlement nommé Pierre de Beauvais. En 1646, Catherine de Beauvais devient propriétaire d'une maison à Saint-Mandé. Après avoir acquis une seigneurie à Gentilly en 1647, elle acquiert en 1654, avec son époux, une propriété située à Paris, auprès de Nicolas Fouquet et Marie-Madeleine de Castille, qu'ils font détruire pour la construction de l'hôtel de Beauvais en 1655 par Antoine Lepautre[2].
Femme de chambre de la reine de France dès 1625, Catherine-Henriette de Beauvais succède à sa mère comme première femme de chambre d'Anne d'Autriche entre 1646 et 1666[1].
Elle eut cinq enfants qui atteignent l'âge adulte. Deux d'entre eux, Olympe et Étienne de Beauvais, entrent en religion. Sa fille, Claire-Angélique de Beauvais devient femme de chambre de la reine. Son fils, Louis de Beauvais, fut éduqué au sein de la maison de Louis XIV, il devient baron de Gentilly et maître d'hôtel du roi. Enfin, sa fille, Anne-Jeanne-Baptiste de Beauvais devient marquise de Richelieu en épousant Jean-Baptiste Amador de Vignerot du Plessis[1].
Lorsque la reine-mère meurt en 1666, Madame de Beauvais perd sa charge et se retrouve submergée par les dettes. Son veuvage en 1674 aggrave la situation, elle doit solliciter la protection de Colbert en 1677 et finit par vendre tous ses biens en 1683-1684. Grâce au roi, elle peut rester dans son domaine de Gentilly où elle meurt en 1690[1].
Saint-Simon[3] la décrit comme une « créature de beaucoup d'esprit, d'une grande intrigue, fort audacieuse, qui eut le grappin sur la reine-mère, et qui était plus que galante ».
Éducatrice sexuelle de Louis XIV
Catherine-Henriette de Beauvais sert fidèlement Anne d'Autriche dont elle devient la confidente[4], elle côtoie aussi les surintendants des finances ou encore Pierre Séguier. Bien que disgracieuse et peut-être même borgne (on la surnommait « Cateau-la-Borgnesse »[5]), on lui soupçonna d'avoir de nombreux amants dont Clair-Gilbert d'Ornaison et André de Béthoulat.
D'après Primi Visconti, elle se chargea de dépuceler le jeune Louis XIV âgé d'une quinzaine d'années au Louvre sur la demande de la reine-mère[6].